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Vilain, acte final

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Ils m’ont appelé Vilain.

Fallait pas.

J’ai gardé le plus sadique pour la fin.

Celui qui m’humiliait dans le réfectoire.
L’homme qui me donnait des claques sans prévenir.
Parce que, c’était comme ça la vie de l’internat.

J’essayais de lui faire des blagues, comme celle du pendu qui consistait à accrocher son effigie au plafond grâce à des boulettes de pain mouillées.

De pisser dans la corbeille de son bureau, alors qu’il faisait sa ronde dans la cour de récré.

De découper son cher agenda avec un cutter au manche jaune.

Evidemment, j’étais dans son collimateur.

Le garnement, le p’tit môme, le Vilain à remettre dans le droit chemin.
Celui qui se faisait la belle.

J’ai pourtant échappé au pire des brimades de sa part.

Il devait me réserver pour la fin, mais, un jour, il a disparu.

Il avait toujours l’air d’un gros pépère gentil, mais, ses joues rouges démontraient le contraire.

A la moindre contrariété, il devenait un monstre, capable de faire subir les pires sévices aux enfants des dortoirs.

Une de ces manies consistait à faire sonner les clés de son trousseau sur les barreaux des lits en fer des internes, bien sûr, après l’extinction des feux.

Martelant de ses pieds lourds le plancher, tout en sifflotant des airs militaires.
Au moindre bruit ou élément non conforme à sa règle, comme un morceau de drap pas plié comme il faut, le tyran attrapait le fautif par les cheveux et l’entrainait dans les douches.

Nous, on se bouchait les oreilles pour ne pas entendre les hurlements.

Plus tard, le gamin revenait, blanc comme un cierge de Pâques, tremblant, les fesses serrées dans son pyjama. Une drôle de larme à l’œil.

Le tyran, repassait dans l’autre sens, toujours avec la chanson des clés sur nos barreaux de lit et disparaissait dans la nuit.

30 ans plus tard, la vie est comme ça, je l’ai enfin retrouvé, lui aussi.

Un vieux, une loque, du coté des côtes normandes.

Il va quand même payer et très cher.

Je vais le punir et soulager sa conscience, le faire souffrir pour tous les coups donnés aux élèves du collège.

Pour toutes les peurs et les supplices infligés gratuitement.

J’ai survécu à la colonie des sadiques, pervers et méchants.

Ce temps est terminé, c’est Fatal.

Un monstre reste un monstre, même s’il doit bien avoir dans les 70 ans.
Je l’ai suivi une semaine, en repérage.

Le surveillant général fait bridge tous les mardis, parfaite approche.
Il fait aussi moules-frites et danse tous les jeudis avec sa rombière.

Le reste du temps, il fait télé et boit du thé.

Il faut du temps au temps.

J’ai séquestré sa femme boniche, depuis trois jours déjà.

Facile, je l’ai chopé sur le parking du supermarché où elle faisait le plein de courses.
Elle ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Elle n’y est pour rien, mais elle va faire parti du jeu.
Elle est plus jeune que lui, encore appétissante, les fesses dodues et la poitrine généreuse.

Mais, là, attachée, elle semble moins mise en valeur, faut dire que la cage est petite, toute en verre et elle se demande ce qu’il se passe.

C’est allumé 24 sur 24 avec de la musique techno à fond. J’adore.

Le sadique des dortoirs, ça a été encore plus simple, je l’ai battu au bridge et invité à une soirée privée.

Il est aussi dans une cage en verre, à coté de sa femme. Enfin, de ce qu’il en reste, car, elle est en morceaux.

L’idée est de lui faire manger la totalité de son corps.

Ca va prendre du temps, car, il peut rester longtemps sans rien avaler.

Y’a un passe-plat entre les deux cellules.

Il n’y a qu’à se servir.

Deux semaines plus tard.

Il fait froid dans l’ancienne boucherie.

Comme, il n’a rien mangé des morceaux pourtant cuisinés avec amour de son ex, il va devoir s’autoalimenter.

C’est à dire avec son propre corps.

C’est le jour h, h comme hachoir.

S’il a faim, il va devoir passer son corps à la moulinette. Trop top.

Il a tous les outils à sa disposition.

Il n’y a pas d’issue, c’est ça qui est Fatal.

Il n’a rien mangé.

Finalement, je l’ai achevé à la chevrotine à sanglier.

Son propre corps puant la mort. Ce n’était pas possible.

Puis, j’ai mis le feu, ma marque de fabrique !

Voilà, Vilain est libre et va pouvoir respirer.
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JACB · il y a
Impressionnant Vilain a assumé son nom!!! Mon Dieu quelle vengeance ...Si bien sûr on se doute que la fin n'est que fantasme, on en a moins sur les sévices évoqués au début et c'est abominable.

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