VERS LE 22e SIECLE

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Nouvelle étape qui commence, changement de décennie. Le chemin est toujours là, présent, pour les pas devenus  [+]

En cette fin de 21e siècle, dans ce matin de printemps, le vieil homme marche, appuyé sur sa canne, dans la rue de son enfance. Il est surpris de ne pas retrouver, reconnaitre dans les personnes qu’il croise, des visages connus comme cela devrait être le cas, s’il se réfère à ce qu’écrivait Z. Miloszewski : « Il manquait d’un endroit où les traits des voisins et des amis disparus, pouvaient être retrouvés dans ceux de leurs enfants ou de leurs petits-enfants. D’un endroit où on réussissait à se sentir comme partie prenante d’un grand ensemble. Où trouver le sentiment d’être le maillon d’une chaine longue et puissante ».

Tout cela semble au vieil homme, avoir disparu, les personnes qu’il croise sont jeunes, leur attitude est différente de ce qu’il attendait. Il a nettement l’impression d’être la seule personne de race blanche dans cet environnement pourtant si connu de lui. Il ne comprend pas, a-t-il changé à ce point, il s’interroge sur ses capacités mentales. Car c’est bien sa rue, son ancien quartier certes, et il ne lui semble pas l’avoir quitté depuis si longtemps. Comment est-ce possible un tel changement ? Que sont devenus ses amis, les enfants de ses amis et les enfants de ces derniers ? Evidemment il y a le mouvement « Childfree » mais cela peut-il expliquer tout ? A l’époque de sa jeunesse dans les années 2020 seulement 5,3 % de ses concitoyens respectaient cet engagement. Un demi-siècle plus tard sont-ils devenus si nombreux à y adhérer, et cette adhésion a-t-elle à ce point influé sur le renouvellement des générations ? C’est vrai que les mouvements écologistes venus du nord de l’hémisphère éponyme sont aujourd’hui très écoutés, mais peut-on penser à une relation de cause à effet ? Il avait bien entendu le slogan : « moins d’enfants pour sauver la planète » repris par ce parti, quand il s’est agi de lutter contre la surpopulation du monde ! Mais en est-ce l’unique raison ?

Le vieil homme se souvient de l’étude parue dans la revue « Lancet » le 14/07/2020 prenant le contrepied de toutes les prévisions de l’ONU, cette étude prévoyait une baisse et un vieillissement de la population mondiale, à partir du dernier tiers du 21e siècle, avec d’énormes répercutions dans le monde. Et c’est bien comme cela qu’à partir de 2064 on a constaté que la population mondiale était en net diminution. Aujourd’hui par exemple il est constaté que loin des 10,9 milliards prévus la population n’est en fait que de 8 milliards. Avec des constats stupéfiants, par exemple la Chine se retrouve avec 735 millions d’habitants, l’Inde avec 1,1 milliards d’habitants. En revanche on constate qu’en Afrique c’est l’explosion, par exemple dans certains pays la population a presque triplé, au Mali 85 millions d’habitants pour 20 millions en 2020, et 45 millions au Cameroun pour 27 millions en 2020, au Nigéria la population a été multipliée par 4 ! Le résultat, c’est que cette population africaine a migré vers l’hémisphère nord en grande quantité, submergeant la population autochtone vieillissante. Il faut aussi préciser que culturellement les peuples africains sont hostiles au mouvement « Childfree « !

Le vieil homme avait entendu parler de la lutte pour la survie, puis de la lutte des classes, aujourd’hui c’est de la lutte des races dont il s’agit, et où cela conduira-t-il le monde ? Sa vie touche à sa fin, mais le vieil homme est quand même inquiet. Que va-t-il se passer ? La race blanche va-t-elle disparaitre au profit de la race noire dont la croissance ne cesse de s’intensifier ?

Ce mouvement écologiste, partant du principe qu’il fallait réduire la progression de la population mondiale, pour sauver la planète, n’a-t-elle pas ouvert la boite de pandore ? Ses spécialistes ont-ils intégré dans leurs préconisations que les cultures étaient différentes d’un hémisphère à l’autre ? Car si dans l’hémisphère nord le mot d’ordre « moins d’enfants pour sauver la planète » a eu l’effet escompté, il n’en fut pas de même dans l’hémisphère sud où au contraire : « plus d’enfants amène la sécurité » ! Les faits sont là aujourd’hui pour le confirmer.

Le 22e siècle sera le siècle de tous les changements, où on verra la suprématie de la race noire, sur les autres races. Car la culture suit la population et non l’inverse. Et donc le principe culturel : « soyons les plus nombreux, pour être les plus forts » s’installera sur les deux hémisphères au détriment des races blanches et autres.
Juste retour des choses si l’on considère que la suprématie de la race blanche n’était en fait liée qu’à son esprit conquérant exacerbé. Fut un temps où d’éminents savants blancs avaient même osé affirmer que les hommes noirs n’étaient ni plus ni moins que des sous-hommes. Voir leurs écrits du 18e siècle ! Ils ont même osé les exposer dans des zoos, comme bêtes curieuses. Toutes ces affirmations sont contrôlables à qui veux s’en donner la peine !

Le but de ce récit d’anticipation n’est pas d’exposer à la vindicte les civilisations passées, mais plutôt de rendre justice aux peuples opprimés par ces siècles d’obscurantisme uniquement tournés vers les profits et la domination. C’est le seul objectif poursuivit.

Un peu d’histoire pour rafraichir les mémoires sur ces sujets particulièrement polémiques.
En premier lieu, retournons au 18e siècle pour se remémorer la façon dont étaient perçues en Europe, les populations Noires d’Afrique. Et pour cela rien ne vaut que de se reporter aux travaux de Georges Cuvier.

Mais qui était Georges Cuvier 1769/1832 ?
Anatomiste Français, il fait partie des 72 savants dont les noms sont inscrits sur la tour Effel à Paris, en hommage !
Il représentait la pensée scientifique dominante en France, en accord avec les théories et les préjugés racistes de l’époque au 18/19e siècles, et son influence était très grande.
Dans ce contexte, il a fait des recherches sur les Noirs africains qu’’il tenait pour « La race la plus dégradée des races humaines, dont la forme s’approchait le plus de la brute, et dont l’intelligence ne s’est élevé nulle part au point d’arriver à un gouvernement régulier »
C’est aussi Cuvier qui, après sa mort en 1815, entrepris de disséquer le cadavre de Sarah Saatgie Baatmann plus connue comme (La vénus hottentote) pour l’étudier, puis ensuite il fit exposer sa dépouille au musée de l’homme à Paris comme curiosité ! (Sources WIKIPEDIA)
Il a fallu attendre 2002 et une loi spéciale du 6 mars pour que la France daigne rendre la dépouille de Sarah à son pays d’origine, pour que ce dernier puisse enfin lui offrir une sépulture digne d’un humain. (Sources WIKIPEDIA)

L’humain « respectable » a horreur de la différence, il faut sortir du même moule pour ne pas risquer d’être rejeté, mis à l’index, considéré comme moins que rien. Cela peut peut-être expliquer mais pas excuser l’attitude de nos ancêtres envers les autres peuples et en particulier les Noirs. Mais encore, se souvient-on que dans notre propre Nation, fut un temps où les serfs étaient taillables et corvéables à merci, ils étaient la chose du seigneur ! Que de chemin parcouru si on y réfléchit bien. Enfin les illusions aident à vivre !

Peut-être aussi regarder que dans de nombreux mythes, l’humanité est vue à partir de terre glaise. Noir couleur de la mort, le noir représente la mort et les ténèbres. C’et la couleur du Dieu des enfers, Hadis, dans les mythes grecs. Chez les égyptiens, la couleur noire est associée à Seth, le Dieu maléfique et également au Dieu embaumeur Anubis, faut-il chercher plus loin l’attitude de nos ancêtres, à propos des Noirs ?

Autre éclairage : de Yolande Girard, qui répond à la question : « que signifie la couleur noire dans la Bible ? » « Dans la Bible, les couleurs ont un sens théologique. Elles désignent des aspects de la réalité. La couleur noire a, dans les textes prophétiques, un sens négatif. Elle sert à exprimer les conséquences de l’éloignement de Dieu : elle évoque le rappel de la situation d’esclavage (Is 50.3), l’incroyance (Ir 2.31), le désespoir (Ir 8.21), la venue du mal ou du malheur (Ap 6,5,12). »

Cela n’excuse pas, mais peut aider à comprendre une certaine attitude, partagée par Cuvier lui-même, il faut le rappeler. Ce sera la conclusion de cette nouvelle !



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Mickaël Gasnier · il y a
Comme LaNif pour écourter mon commentaire... :-)
Avec cependant une petite remarque de mise en forme :
Je pense qu'il serait préférable que vous modifiez le ° en /ème siècle ( car cela fait penser au degrés °C )
À bientôt Daniel, sur nos lignes.

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Daniel Grygiel Swistak · il y a
merci pour votre visite, j'en tien compte
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Mickaël Gasnier · il y a
Merci pour votre correction de ° en :" e " ;-)
À bientôt !

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Olivier Pélissier · il y a
Une analyse intéressante et documentée qui pousse à la réflexion sur le passé, le présent et le futur. Mon vote.
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Daniel Grygiel Swistak · il y a
Merci pour votre passage
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Nicolas Auvergnat · il y a
CE n'étais pas un simple racolage mais un VRAI pt de vue
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Nicolas Auvergnat · il y a
Très courageux de s'attaquer à ce genre de sujet... Une analyse critique remet les pendules à l'heure. Nous somme bien loin d'une concorde, c'est un fait. Que nous reste t-il à faire ? Rendre vivante de petites concordes est possible. Dans mon métier d'ouvrier, je côtoie des gens de toutes les origines et nous parvenons fort bien à vivre ensemble, à collaborer pour obtenir un résultat viable. Si c'est possible à petite échelle, pourquoi pas à grande ?
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Daniel Grygiel Swistak · il y a
Très bon point de vue ! merci de votre visite
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LaNif · il y a
Votre texte est très intéressant. C'est une synthèse éclairante qui va du passé à un futur présupposé mais qui pourrait s'avérer vrai dans les années et siècles à venir. si la Nature le permet ...
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Daniel Grygiel Swistak · il y a
Merci de votre visite
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Mome de Meuse · il y a
Un texte riche et intéressant et une page d'histoire qui m'a beaucoup appris. Merci Daniel.
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Daniel Grygiel Swistak · il y a
Merc pour votre passage
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Daniel FAUQUENOT · il y a
J'ai aimé votre récit, c'est un sujet passionnant. Sans remonter jusqu'au moyen-âge et les serfs, au début du XXème siècle encore la condition d'une "bonne" de Bretagne partie travailler dans une maison bourgeoise parisienne n'était pas plus enviable alors (Bécassine, "née" en 1885) que les migrantes Africaines d'aujourd'hui. Des enfants de 12 ans travaillaient dans les mines de charbon du Nord ou dans les fermes avant la 1ère guerre mondiale...
La route est encore longue et pleine d'embuches vers une égalité des peuples...

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Daniel Grygiel Swistak · il y a
Merci de votre passage Daniel
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Gérard Jacquemin · il y a
Une nouvelle qui pourrait être une conférence.
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Daniel Grygiel Swistak · il y a
Merci pour votre lecture Gérard
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Thara · il y a
Merci pour cette lecture, votre texte nous parle d'un passé qu'on a malheureusement oublié...
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Daniel Grygiel Swistak · il y a
Merci pour votre lecture
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JD Valentine · il y a
Je ne sais pas si je comprendrai un jour l'attitude de Cuvier mais, votre texte m'a appris certaines choses qui m'étaient "étrangères" jusque là.
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Daniel Grygiel Swistak · il y a
Merci pour votre passage