VACUUM, la Fée à l'Envers (1er épisode)

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Auteur-compositeur-interprête en tous genres. Nouvelles, romans, poésie, stratégie, blues, rocks et ballades https://www.youtube.com/user/FayardPierre  [+]

"Erase una vez", "once upon a time", il était une fois "uma criatura" bien particulière dans le Panthéon des Fées, le PdF, car c’en était une à n’en point douter mais d’un genre assurément peu coutumier. Elle portait, ce qui ne la distinguait guère, une longue tunique grise parsemée de... ? Mais d’étoiles bien sûr, de grosses étoiles d’or à cinq branches qui la couvraient de la tête aux pieds et qui lui permettaient de passer inaperçue dans l’azur bleu du ciel et jusqu’en plein midi quand le soleil se dore l’ego en solo pour rappeler que c’est bien lui, la seule et unique source de vie.
Et la nuit ? La nuit, mais la nuit tous les chats sont gris et les fées se reposent, c’est bien connu. Mais cette belle fée, car toutes les fées sont belles c’est entendu, cette belle fée pour demeurer active sans craindre les critiques et autres jalousies, cette fée s’éteignait les étoiles pour préserver son incognito, car elle était discrète ce qui la distinguait de ses consœurs qui adoraient qu’on parle d’elles.

Elle avait des cheveux... blonds, comment pourrait-il en être autrement, même si certains la soupçonnaient, à juste titre d’ailleurs, de porter une longue perruque de boucles d’or sur une coupe très courte de cheveux noirs de geai. Toute fée qu’elle était, elle devait composer avec les clichés et les standards des fées.
Son visage offrait la régularité d’un visage de fée, classique, avec un nez long et fin, régulier au contraire de celui des sorcières qui se le cassent à dessein pour effrayer les enfants et rendre leur ricanement plus effrayant. Son teint était pâle, sa bouche petite avec des lèvres fines car on sait que l’appétit des fées est limité, qu’elles se contentent d’odeurs et de saveurs, et parfois de parfums, mais juste pour le dessert. Elle avait des chausses, type poulines argentées, qui remontaient haut à leurs extrémités et supportaient de minces clochettes qui résonnaient du plus bel effet alors qu’elle naviguait en empruntant la nef des nuages.

À la différence des autres membres de sa Conféérie, cette belle fée d’un genre si particulier ne se reposait guère. Boulot, boulot, cela s’applique aussi à certaines catégories de fées qui, en service, portent le costume comme dans n’importe lequel des corps de métiers.
Voilà en quelques mots, la description de cette fée d’un genre peu coutumier. Mais qu’avait-elle donc de si particulier mise à part sa tunique grise ? Qu’est-ce qui la rendait donc si originale ? Ah, mais bien sûr, nous n’avons pas encore parlé de son attribut majeur, de sa baguette ! De sa baguette qui était... magique, cela s’entend mais encore ? À première vue, elle présentait un aspect fort classique, sauf qu’elle était magique d’un genre si particulier que cela la rendait singulière. Soit encore, mais bon ?
À y regarder de plus près lorsque l’on s’en approchait révérencieusement et avec précautions, on découvrait qu’elle était creuse, ce qui donnait à penser que cette fée n’était pas comme les autres et qu’elle voulait s’en distinguer ? Que non ! Il s’agissait tout simplement d’un nouveau genre de baguette, plus léger et plus adapté aux mouvements gracieux d’un poignet de fée hyper active qui expédie avec célérité des torrents miraculeux d’étoiles scintillantes et transforme une citrouille en carrosse, des souris en coursiers ou un tapis poussiéreux en véhicule de rêve qui ignore les distances et damne le pion aux TGV. Si sa baguette était creuse, c’était avant tout par commodité et pour moins se fatiguer, ce qui prouvait aussi que cette fée était moderne et avisée.
Mais, ce qui distinguait de façon radicale cette fée d’un genre si particulier ne résidait ni dans son habit, ni dans son apparence, encore moins dans ses traits, ni tout à fait dans ses attributs. Précisons, ni tout à fait, parce que, évidemment, il y avait quelque chose de différent dans l’instrument majeur de cette fée d’un genre particulier, et cela se localisait... au bout de sa baguette !

Alors que ses consœurs affichaient une ostensible et prétentieuse étoile d’or pur à cinq branches à leur extrémité, celle de la fée d’un genre particulier était petite et mate. À la considérer de près, on devinait qu’il ne s’agissait pas d’un métal mais plutôt d’une pierre, d’une pierre très précieuse et très dense, très dure et dotée d’un éclat puissant tourné vers le dedans.
Comment cela tourné vers le dedans ! Mais pourquoi donc, était-ce cela qui lui conféérait ce genre particulier ? Oui, assurément car cette fée ne créait pas, mais aspirait ! Cela en désappointait plus d’un, et c’est pourquoi à l’inverse des fées pourvoyeuses qui donnent et qui engendrent, symboles d’une société de surconsommation, cette fée d’un genre particulier fut dénommée Vacuum.
Mais pourquoi donc la qualifier de fée ? Les fées sont des êtres bienveillants surtout pour les enfants et parfois, lorsqu’il leur reste un peu de temps, pour les grands enfants que l’on appelle les adultes, ou les endultes selon le lutin Antonin. Tout le monde aime les fées pour les bienfaits qu’elles dispensent avec grande générosité tout autour d’elles, car on sait que même si les choses de la réalité ne vont pas dans le sens que l’on souhaite, même si le monde est souvent triste et la fatalité grise, même si l’on se sent abandonné de tous et que l’orage et la disgrâce menacent bien trop souvent que nécessaire, on sait, oui on le sait mordicus, que les fées sont là pour changer la couleur du temps, mettre des perles sur les épines, transformer les gouttes de sang en rubis éclatants, changer l’eau douce en diabolo fraise, faire grossir les modestes paquets de Noël, ou convertir la laideur, la méchanceté et toutes les tares de la société en leur contraire. Voilà la merveilleuse fonction et l’admirable mission des fées, et c’est pour cela qu’on veut toujours y croire indépendamment de son âge.
Pour découvrir pourquoi cette fée d’un genre particulier avait une baguette creuse terminée par une sobre étoile de pierre très précieuse bien plus dure que l’acier, il faut se souvenir que les fées furent créées quelque temps après qu’Adam et Ève ne quittent le Paradis Terrestre. Cela remonte bien au-delà des Calendes Grecques, aux temps dits de l’Ancien Testament. Mais le testament de qui ? D’un certain Gardien de la Bibliothèque qui se prenait pour dieu comme nous allons le voir plus loin. Mais, auparavant, découvrons les raisons de la naissance de Vacuum, la première fée à l’envers de l’Univers !

À SUIVRE : 2e épisode, La panique s’installe sur la Terre. La naissance de Vacuum
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