1
min

Une mer plus sportive que moi

Image de Jonathan Behar

Jonathan Behar

174 lectures

8

La plage de Pontaillac, à Royan, est calme et plutôt déserte. Ce matin, je m'étais levé tôt, avec l'idée de courir sur le sable, mais au dernier moment, j'ai changé d'avis et ai préféré contempler le lever du soleil près du rivage.
Je n'ai jamais cru que la nature avait une âme, mais j'ai révisé ma position ce jour-là. Alors que le soleil commençait à se lever, j'ai senti que les vagues prenaient de drôles de formes, comme si elles s'étaient mises au sport. Une vague a pris brusquement une forme ovale, comme si elle voulait que je joue au rugby avec elle, deux vagues plus petites se sont renvoyées une boule d'écume pendant quelques secondes... Etaient-elles amatrices de tennis, de ping-pong, voire de badminton ?
Quand le soleil a commencé à légèrement m'éblouir, une vague à ma gauche s'est mise à clapoter à trois reprises, avant de s'écraser sur le sable... Difficile de dire si elle aurait été championne de triple saut !
Juste après, une vague à quelques mètres de moi s'est retournée sous mes yeux en arrière, laissant échapper une boule d'écume de sa crête et l'envoyant à seulement quelques centimètres de mes pieds... Elle avait raté son tir au but.
Sans que je n'aie pu l'expliquer, deux vagues qui la suivaient se sont roulées en boule, formant deux gros poings distincts, qui se sont entre-choqués, puis ont éclaté en gerbes d'eau, comme deux boxeurs qui s'étaient neutralisés mutuellement. Les gerbes sont passées à côté de moi en un éclair, je n'ai pas eu le loisir de voir à quoi ressemblaient les deux adversaires.
Tout à coup, la mer s'est mise à rugir, ce qui n'était pas dans ses habitudes, la plage de Pontaillac étant si paisible, d'ordinaire...
Et pourtant, une grosse vague s'est brusquement dressée sous mes yeux, mugissant à la manière d'un moteur d'une Formule 1 et filant vers moi, comme s'il s'agissait d'une voiture conduite par un pilote aveugle. Je n'ai pas eu le temps de réagir et ai été éclaboussé frontalement. Certes, c'était moins grave que si une vraie Formule 1 m'avait heurté, mais c'était suffisant pour me faire quitter la plage et me faire prendre une douche chez moi. Le vrai sport, lui, devrait encore attendre.

8

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,