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Une famille comme les autres.

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Sunlight

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Chapitre 1 Toi ?



-Qu'est ce que tu fais ?

Comme d'habitude il ne me répond pas.

Il a l'air bizarre, je ne sais pas, il a l'air différent. D'habitude il est assis là-bas dans me coin sur sa chaise. Quelque chose ne va pas...c'est difficile à expliquer.



-Tristan? Tristan !

C'est toujours comme ça. Tous les jours de la semaine. Il ne fait rien, oui vraiment il ne fait rien. Bon on ne peut pas ne rien faire.

Ce que je veux dire c'est qu'il ne fait rien d'intéressant , rien de productif. Il reste scotché devant son ordinateur...

Je sais qu'il n'aime pas quand je l'espionne mais il a l'air si calme couché par terre. Il n'a pas besoin de se soucier de grand-chose, oui ça doit être ça. C’est sûrement de la que vient son calme. Pourtant, pour une fois il y a une bonne raison de réagir au lieu de rester planté devant sa chambre.

Son corps n'est pas en phase, ses pied pointent le plafond. Par contre sa tête défie le sol. Pourquoi fait-il cela? Totalement inutile.

Il y a un tel contraste par rapport à juste avant qu'il se retrouve à terre. Il semblait être arrivé au bout de sa vie, il n'en pouvait plus. Quelque chose e le préoccupait, il ne dormait plus. Du matin au soir il était sous tension.

-Tristan mais réponds-moi bon sang. Tristan !

Voilà ça recommence. Elle me remue comme si elle voulait que je vomisse. D'ailleurs ça me fait penser, je n'ai rien mangé de la journée. Que quelqu’un me nourrisse. Sérieusement n’y a-t-il pas une once de responsabilité dans cette maison ?

-Qu’as-tu encore fait ? Je n'en peux plus il faut que tu arrêtes ! Tu minsuportes au plus au point je vais finir par craquer tu sais !

Elle doit être folle, oui c'est ça elle est folle, mais je n'ose pas lui dire.

Elle continue, elle est devant moi à bouger ses lèvres et à me remuer comme un pantin désarticulé, que je suis ? Je me trompe sûrement mais elle doit être muette, la pauvre . Vous vous imaginez ne plus pouvoir s'exprimer, se mouvoir sans prononcer un seul mot, sans pouvoir faire sortir ce qui bouillonne en chacun de nous. Tant de mots de souffrance. Je préfère la laisser dans le dénis, qu'elle soit en paix, comme mon grand frère par terre.



Chapitre 2 La fin

Je n'en peux plus de ce gosse je ne sais plus quoi faire de lui. L'emmener dans un asile ? Non ! Personne ne saurait s'occuper de lui comme Moi je le fais. C’est impossible je ne saurais pas le quitter. Ce n'est pas l’envie qui me manque mais je ne peux pas. C'est comme ça, c’est ma condamnation.

En réalité il me fait peur, et il le sait. Il s'en sert pour me manipuler, mais que faire ? Personne ne me comprends je suis seule. Oh non, il recommence!

-Arrête, Tristan arrête ! Regarde moi, regarde moi!

Je suis conne c'est trop tard il fait une crise. Comment en ai-je pu en arriver là ? Il ne comprend même pas qu'il est sourd le pauvre. Le pauvre ? Non les malheureux se sont les victimes, ses victimes.

Ça y est il s'approche de moi une main vers moi prête à m'étriper l'autre dans sa poche.

L'enveloppe. Pourquoi tant de mise en scène ? Mes mains tremblent, je ne peux pas...Mais pourtant il le faut, pour ma petite. Nous avons fait un pacte, depuis ce jour je suis morte je ne vis plus que pour lui et en même temps pour elle.



Chapitre 3 Lucie

Elle tourne dans le vide, tourne dans le vide. Elle dessine des cercles en marchant autour de la table. Un manège sans fin, des hauts des bas.

Je l'aime ma maman mais des fois elle se fâche très fort. Elle ne crie pas, elle hurle. Je sais que les parents se fâchent des fois, mais elle, ce n'est pas la même chose. Ma mère n’est plus, c'est une autre. Quelqu'un qui aurait pris sa place.

Je sais aussi que les enfants de mon âge, on ne les croit pas parce que souvent on invente des choses et on en ne dit pas toute la vérité vraie. Mais moi, je suis différente je comprends ce qu'il se passe. Quand elle est comme ça, je la laisse se calmer, elle se change, nettoie, et tout rentre dans l'ordre. Comme si rien ne s'était passé.



Je suis courageuse, je le sais parce que mon papa me le disait tout le temps quand j'étais plus petite. Mais quand j'ai vu mon tout grand frère par terre, je n'ai pas pu rester calme. J'ai couru dans ma chambre, pris pistache mon doudou dans mes bras et l'ai serré très fort. Cette image je la déteste, elle ressemble à celle d'il y a un an avec mon père. Ce souvenir...



Je me suis toujours demandé pourquoi ma maman se mettait dans un état pareil. Seulement je n'ai jamais osé lui poser la question. Elle m'aurait prise pour une demeurée. Comme elle le dit tout le temps quand elle parle de sa cousine.

Cette image, encore. Je le vois couché, sa tête tranchée retournée face au sol. Les dizaines d'entailles sur son torse. Ses tripes sortant de leur tanière, le sang dégoulinant sur le parquet. Cette image, elle me fait penser à la viande hachée que l’on utilise pour les hamburgers .

C’est marrant mais ça me donne faim c’est vrai qu’on a pas mangé de la journée. Mon ventre se plain il me fait mal.

En sortant de ma chambre je me rend compte que ma maman ne s'est toujours pas changée. Le corps, ou plutôt ce qu’il en reste gît encore là.

Tristan quant à lui, est comme à son habitude devant la fenêtre. Il n’est plus la non plus. Comme si ce que l'on faisait n'avait aucun impact sur lui.

Comme le jour de l'incendie, si mon papa n'avait pas été là pour le sauver il serait resté assis à contempler les flammes qui n’attendaient plus que lui.

Il est comme ça mon frère. Il ne fait qu'observer, c'est tout, il n'agit pas. A chaque fois je demande à maman si Tristan est handicapé ou autiste mais elle essaye de ma rassurer en me disant que non. Elle est dans le dénis.



Chapitre 4 fuite

De toute ma carrière je n'ai jamais vu un tel massacre. Je reste là sans réellement comprendre ce que je vois.

D'abord cette femme pendu au lustre puis le gamin à terre il ne ressemble plus à rien. Cee qui m'a fait le plus peur c'est la réaction de la petite, elle n'a pas eu l'air d'avoir peur, elle se plaignait d'avoir faim c'est tout. Heureusement les voisins ont appelés directement, complètement affolés. Je n'ose même pas imaginer leur tête en voyant le massacre. Ils ne savaient pas quoi faire de la petite qu'ils avaient l'habitude de voir jouer dans le jardin. Apparemment quand elle est allée sonner à leur porte elle avait l'air tout à fait normale, comme n'importe quel après-midi.

-Chef, on vous demande.

-Oui une minute j'arrive.

Elle me met mal à l'aise cette baraque j'ai besoin de prendre l'air. En sortant je sens une présence ou non plutôt des regards. Ce sont les photos, elles me fusillent, me mettent mal à l'aise. Je comprends que je ne suis pas le bienvenu ici. Ils ont pourtant l'air d'une famille ordinaire. C'est effrayant, j'ai le même résonnement à chaque fois: tous autant que nous sommes, nous pouvons basculer vers cette situation extrême et si dramatique.



En inspectant de plus près les photos je me rends compte qu’il y a quelqu'un sur les photos ou plutôt quelque chose. Il n'a même pas l'air humain. Un frisson me traverse au plus profond de mon être.



En arrivant dans le jardin un officier s'approche.

-Vous la connaissez ? On a essayé de lui parler mais elle exige le "chef"

-Non pas du tout, où est-elle ?



Dehors la petite fille m'attend à côté des voisins.



-Monsieur, monsieur ?

Quelque chose ne va pas chez elle, je le sens.

-Dis moi petite.

-Il s'est enfuit vous devez le retrouver !

-Qui ça ?

-Mon frère !

-On va le retrouver ne t'en fais pas. Mais d'abord tu vas nous suivre au commissariat, on va te poser quelques questions.

-Mais, non je ne veux pas.

-Pourtant il le faut, tu sais tu peux nous faire confiance on est de la police.

-Non j'ai dis non!



Chapitre 5 Tristan ?

Il n'eut pas le temps de répondre, tout s'était passé si vite. Le conducteur perdit

le contrôle de son bus qui fini sur le côté. Ce n'était pas un accident mais bien un homicide.

Les deux seuls survivants étaient les sous-fifres du "chef", ils ne purent bouger et restèrent figés avant de s'écrouler sur le trottoir. Le choc était trop dur à supporter, tous ses corps écrasés mais surtout la tête de leur chef, leur mentor, qui dépassait de la carrosserie du véhicule. Quel spectacle!



-C'est ce que tu voulais Lucie n'est ce pas ?

-Noooooooon!

-Tu pleures parce que je ne me suis pas vraiment enfuit du coup tu m'as trouvé tout de suite ? J'en avais marre de me cacher.

Ou bien c'est parce que ces gens sont morts ? J'avoue que parfois j'ai du mal à te suivre...

Le jeu de la vie et de la mort c'est comme une partie cache-cache pour toi alors.

-Pourquoi tu dis ça ?

-Tu pleures aussi fort pour ces gens que lorsque tu perds.

-Non c'est pas vrai !

-Avoue au moins que tu voulais que le procureur meurt non ?

-D'habitude c'est toujours les petits policiers qui se font avoir, jamais ceux en costard.

-Tu pouvais juste dire oui dans ce cas. Allez arrêtons ces gamineries et allons-y.

-Encore ? Je ne veux plus à chaque fois tu échoues, jamais tu n'auras la famille parfaite que tu souhaites et à chaque fois tu tueras des innocents! Tu ne comprends pas que ça ne fonctionnes pas ?

-Je n'ai juste pas encore trouvé la bonne méthode c'est tout.

-Tu détruis des familles entières pour ramener à la vie notre famille mais elle n'est plus là, elle est morte. En plus tu te rends bien compte que ce n'est plus vraiment eux, qu'ils n'agissent pas de la même manière !. Au contraire c'est de pire en pire.

-Tu préfères donc mourir ?

-Ma mère a fait un pacte avec toi tu ne peux pas me tuer.

-Mais elle morte depuis longtemps. Tout comme toi d'ailleurs.

-Comment ça ?

-Tu es aussi vieille que moi tu sais. A chaque fois je te ramène à la vie pourquoi tu crois que je perds mon temps à renverser ce bus ? Allez viens, on y va.



-Tristan je te déteste

-Moi aussi.

-Qu'est-ce qu'on fait alors ?

-A Dieu

En moins de dix secondes elle n'était plus que poussière. Ses petites épaules non plus ne pouvaient supporter le poids de la mort de toutes ces victimes.

Enfin! Je n'en pouvais plus. Elle pensait avoir tout compris, c'était tout le contraire. Elle pensait que c'était moi qui dirigeait, mais c'était elle qui me menait à la baguette. Quelle manipulatrice.

Je ne tuais pas ces gens, c'était elle le monstre. C'est elle qui en voulait à son père parce qu'il ne lui avait pas acheté sa Barbie. Quel enfant gâtée.



Et puis, quand elle a su en quoi consistait ce que faisait son grand frère, elle s'est sentie si démunie. Elle s'est prise pour madame le juge.

Le peu d'espoir qu'avait son frère pour qu'on le comprenne était fondé sur elle. Elle pensait différemment. Elle ne l'a pas compris.

Au lieu de ça, son puissant sentiment de justice a pris le dessus.

Elle s'est sentie si seule, elle ne pouvait plus lui faire confiance c'était fini. Il fallait s'en débarrasser. Quelle égoïste.



Oui c'est vrai j'ai fait un pacte avec sa mère, sa fille ne mourrait que lorsqu’elle aurait compris une chose. Assez simple pour qu’elle le comprenne pensait-elle. Elle devait se sacrifier pour sauver des innocents. Tout le contraire de ce qu’elle faisait lors de sa misérable et courte vie.

C'est bien la faute de Lucie si sa mère était veuve et son frère en morceaux. La pauvre mère, je tourmentais son âme ou plutôt LUCIE la tourmentait. Une vraie psychopathe.



Le principe était simple. Je donnais la fameuse enveloppe à sa mère, en voyant le nom de la victime elle était éprise d'une folie meurtrière. Tel un animal elle se déchainait sur sa proie. Le tout devant sa fille. Lucie...sa fascination pour le meurtre était plus forte que sa peur. Courageuse quand même.



Chapitre 6 Au revoir



Il pense que je ne l'entends pas mais je sais qu'il est là à m’observer. Ça m'énerve ! L'autre jour il m'a surpris en plein dans mon boulot. J'y peux rien chacun gagne sa vie comme il peut non ? Quand ma mère l'a su, elle a pleuré toutes les larmes de son corps.



-Mais tu te rends comptes ? Tu es un meurtrier !

-Pas du tout, ils se jettent eux-mêmes. Je les aide à passer le pas, c'est tout.

-Tu penses vraiment que c'est normal de faire ça ? Arrêtes de nier les faits sont là.

-Au moins ils ne se suicident pas seuls, ils sont en groupe. En général ils se sentent si seuls, tu n'imagines même pas. Je ne fais que les regrouper

-Tu ne sais même plus ce que tu dis, quelle horreur.



-Lucie ! Va dans ta chambre on parle de choses de grandes personnes.

Regardes, maintenant elle aussi elle sait. Elle n'est pas si idiote tu sais, elle comprends ce qu'il se passe.

-Bon et alors ? Je retourne bosser, on m’attend.



C'est vrai que fond je les aide, ils sont si désespérés et désespérants à la fois.

Quand je trouverais mieux je changerais, je travaillerais dans... n'importe quoi mais autre chose. Je ne suis pas aussi insensible que j'en ai l'air. C'est juste que personne ne comprends que je les aide réellement et qu'au final tout le monde se porte mieux.



Par contre Lucie, peut-être qu'elle me comprendra elle est si intelligente.



Quelqu'un frappe à la porte.

-Oui ? Ah Lucie c'est toi.

-Tiens

-Une balance ? Tu as toujours été contre les injustices. Tu es si jeune et pourtant tu comprends tant de choses.

-Au revoir.

-Au revoir ?

Elle s'en va en riant.



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Sauvagere · il y a
Je vous envoie un message.
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KELM · il y a
you make my day ( comme on dit en anglais ) , vraiment , j'aime bien
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Sunlight · il y a
Merci Elmorabethi =)
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KELM · il y a
Avec plaisir
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