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Une dernière fois

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Ophélie Conan

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Après plusieurs années de vie commune, Annette et moi nous sommes séparés. C'est elle qui le voulait. Elle disait qu'on n'était pas fait pour vivre ensemble. A dire vrai, j'étais plutôt du genre métro, boulot, dodo, tandis qu'elle, elle aimait bien sortir, notamment en ville, pour regarder les magasins. Moi, je pensais qu'on aurait pu faire des concessions, surtout qu'elle avait été d'accord pour se marier et avoir un enfant. Entre nous, sur un plan sexuel, avant notre différend, ça se passait bien. C'était d’ailleurs plus que sexuel, je veux dire par-là qu'on faisait l'amour comme dans le Kama-Soutra.

Un jeudi soir, elle est allée fêter le départ d'un de ses collègues de travail. J'attendais son retour vers dix ou onze heures, mais elle n'est rentrée que vers une heure du matin, saoule au point de pisser dans sa culotte. Le lendemain, j'étais très en colère, parce que j'avais été inquiet et jaloux. Je l'ai quand même emmenée à son travail et, dans la voiture, lui ai dit que j'avais l'intention de me venger, en me rendant sans elle, le soir même, dans une discothèque. J'y suis allé et j'ai bu. Au retour, rond comme une bille, dans un virage j'ai cassé ma voiture. A partir de ce jour, Annette a jugé que j'étais un être irresponsable, et n'a plus voulu avoir d'enfant avec moi, ce qui fait qu'elle a repris la pilule, sans me demander mon avis.

Alors, on a décidé de se séparer, ou plutôt, c'est elle qui m'a plaqué. Je lui ai dit qu'elle pouvait garder la maison, et que moi, je m'en irais. A bien réfléchir, je pense qu'on n'avait pas les mêmes goûts. J'étais de droite et elle de gauche. Pourtant, je lui disais que j'étais heureux avec elle. Les jours suivants, pour me rendre à mon travail, j'ai acheté une vieille voiture, et je suis allé m'installer chez mes parents. Un lundi, elle avait préparé toutes mes affaires, et quand je suis rentré à la maison, mes paquets étaient prêts.

Quelques jours plus tard, vers six ou sept heures du soir, je suis quand même allé chez elle, c'est à dire chez moi, puisque j'étais encore le locataire officiel de la maison. J'ai sonné et je lui ai demandé si je pouvais téléphoner. Elle n'a pas ouvert la porte, juste la petite trappe. Elle m'a dit:
— Non, je ne veux pas te voir, fiche le camp!

J'ai vu qu'il y avait un type dans le corridor. J'ai dit: c'est dur. Je suis reparti et j'ai gambergé. Alors, je me suis réfugié dans l'alcool. J'ai bu plusieurs pastis, du whisky, mais au lieu de m'endormir, ça m'a réveillé, et vers onze heures, je suis retourné chez elle. J'ai sonné plusieurs fois, voyant bien qu'ils étaient à l'intérieur. Personne ne voulait me répondre. Alors j'ai eu l'idée de passer par derrière. J'ai escaladé la véranda, et j’ai réussi à me hisser jusqu'à la fenêtre du premier étage. Là, j'ai vu Annette et son amant, nus tous les deux, en train de faire l'amour. Elle était vautrée sur le canapé du salon et elle se faisait tringler béatement. A un moment, le type a ressorti son sexe du vagin d’Annette, et il s'est redressé, comme épuisé. Annette s'est alors levée et a pris appui sur un des bras du canapé. Dans cette position, elle lui a offert son postérieur, en écartant bien les cuisses, et lui a repris du service en la prenant comme ça, en levrette, profitant de la posture pour lui tripoter les seins. La salope aimait ça, ça se voyait. Elle se trémoussait de plaisir, et moi, j'étais fou de rage.

Je suis redescendu et j’ai pris une bûche dans le coin à bois. Avec, j'ai cassé un carreau du rez-de-chaussée, et je suis rentré dans la maison. Elle a dû entendre du bruit, car je l'ai trouvée rhabillée, sur le palier du premier. Elle a voulu m'empêcher d'entrer dans le salon. Alors, je l'ai tirée par le bras, et j'ai vu le type en train de remettre la ceinture de son pantalon. Elle s'est approchée de moi, furieusement, et a essayé de me donner un coup de genou dans les parties génitales. Je l'ai giflée. Puis, je suis redescendu, comme fou, ne comprenant pas qu'elle ne veuille plus de moi. J'ai demandé au type de partir, ce qu'il a fait sur-le-champ, en sortant par la porte d'entrée.

Après, il y a eu une bagarre entre nous. Je lui ai dit que je voulais absolument qu'elle me fasse un cadeau d'adieu, autrement dit que, pour une dernière fois, elle accepte de faire l'amour avec moi. Je lui ai promis qu'ensuite, je lui ficherais la paix. Mais elle s'est débattue et a refusé, me traitant de tous les noms. Je me suis servi de ma force physique et l'ai couchée sur le canapé, en lui arrachant son peignoir, si bien qu'elle s'est retrouvée complètement nue. Abusant de ma force, je lui ai peloté les seins et ai tenté de la pénétrer à mon tour. Mais elle se débattait et essayait de m'étrangler. Manquant d'érection, sans doute à cause de la bagarre, je n’ai pu m'introduire en elle. Au bout d'un moment, elle s'est bizarrement raccoisée et s'est laissée faire, si bien que j'ai pu lui sucer le bout des seins. Alors, mon érection est venue. Mais au lieu d'en profiter et de tenter de m'introduire, j'ai pleuré comme un gosse et l'ai suppliée de m'accorder gentiment la faveur que je lui demandais, une dernière fois. Elle a profité de ma faiblesse pour m'attraper le sexe et le tordre sauvagement, ce qui m'a fait horriblement mal. Puis, très en colère, elle m'a demandé de sortir immédiatement. Alors, je me suis rhabillé, tout penaud. J'ai profité de ce qu’elle se penchait en avant dans le but de ramasser les lambeaux de son peignoir, pour la projeter sur le canapé d'un violent geste de la main sur les fesses, et j'ai crié:
— Tu n'es qu'une salope!
— Et toi, un salaud! Je te déteste, fous le camp!

Elle était très belle. De la voir nue et en tigrerie m'excitait. Elle s'en rendit parfaitement compte, car au lieu de se cacher ou d'aller se rhabiller, elle me regarda partir en me faisant impudemment face, exhibant ses beaux nichons bien dressés qu'elle pointait avec superbe.

Je suis parti et, le lendemain, je n’ai pu me rendre à mon travail. Je suis allé me réfugier chez ma sœur, parce que j'avais très peur. Le soir de cette altercation, en revenant chez ma mère, avec ma chemise ensanglantée, je lui ai dit que j'avais violé Annette. Pourtant très souffrante, ma mère est allée chez elle, le lendemain matin, pour lui demander de me pardonner et de ne pas porter plainte. Annette a accepté, mais à la condition que je n'aille plus jamais l'importuner. Lors du partage, j'avais récupéré notre chien, mais ma mère étant malade, je ne voulais pas lui infliger la présence et la charge de cet animal. Me refusant à le conduire à la SPA, je l’ai donné à un fermier, et durant toute la journée, j’ai pleuré sur le sort de cette pauvre bête, et sur le mien, tout aussi malheureux...

A partir de ce moment-là, je me suis réfugié dans l'alcool. Ma mère devenait de plus en plus malade, et moi, je buvais comme un trou. Parfois, j'allais revoir Annette. Elle m'ouvrait la trappe de sa porte et me disait maussadement:
— Tu me déranges! Fiche le camp!

Un peu plus tard, elle est venue me voir chez ma mère, à cause d'une facture de téléphone. Elle m'a dit qu'elle était licenciée de son travail, et bizarrement, on est redevenu copains. Je lui ai expliqué que j'avais besoin d'aide. C'est alors que j'ai eu une petite lueur d'espoir. Je l'ai d'abord invitée à prendre le café, puis à venir dîner au restaurant, un soir prochain. Elle a accepté, et moi j'ai accepté de payer sa facture de trois cent cinquante quatre euros. Après le restaurant, on est allé au cinéma, et on est redevenu vraiment copains. Dans le ciné, je l'ai embrassée, et elle s'est laissée faire. J'étais heureux et me suis fait très entreprenant. J'ai ouvert son chemisier, et j’ai eu la surprise de constater qu'elle ne portait pas de soutien-gorge, que sa poitrine était complètement libre sous l'étoffe, prête à être cueillie. De même, en risquant ma main sous sa jupe, j'ai rapidement constaté qu'elle ne portait pas de slip. J'ai interprété ces omissions comme une invite. Très excité, je l'ai caressée un peu partout, lui ai demandé de faire l'amour tout de suite, là où elle voudrait.
— Pas ce soir, m'a-t-elle répondu, demain soir tu viendras chez moi, et je ferai tout ce que tu voudras!

Rassuré par cette géniale proposition, j'acceptai de différer mon plaisir et, en attendant, me proposai de la faire jouir uniquement avec mes mains. Elle refusa, n'acceptant soudain plus du tout que je la touche:
— Demain soir, ne cessait-elle de répéter, tu feras tout ce que tu voudras!

Je la raccompagnai chez elle, et au moment de nous quitter, j'étais excité en diable. Durant tout le trajet, en voiture, elle n'avait rien trouvé de mieux que de sortir ses seins de son chemisier et de m'exhiber son minou, en retroussant sa jupe. En la quittant, je lui fis un gros bisou sur la joue, et lui dis:
— A demain!
— A demain! me répondit-elle, enjouée et coquine.

Le lendemain, je la rappelai. Elle me répondit, d'une voix impatiente et rogue:
— Non, tu me déranges!

Alors, j'ai continué de sombrer. Je pensais à ma mère qui était de plus en plus malade à cause de son cancer, à mon chien que je ne revoyais plus, et à Annette qui me jetait à la poubelle comme un objet inutile et encombrant. Je picolais. Un jour, Annette a voulu qu'on arrête de se voir. Un soir, j'ai de nouveau escaladé la véranda, vers deux heures et demi du matin, et comme la précédente fois, je l'ai vue avec son mec. Il était affalé, tout habillé, dans le canapé. Elle était nue. Accroupie entre ses jambes, elle lui faisait une pipe, le plus consciencieusement du monde, en prenant tout son temps. Je pensais qu'elle était vraiment une salope, car quand nous étions ensemble, elle m'avait toujours affirmé que la fellation la dégoûtait au plus haut point. Là, je pouvais constater, au contraire, qu'elle y prenait beaucoup d'intérêt et de plaisir. Curieusement, je n'étais même pas en colère, mais je restais bêtement interdit, pendant de longues minutes, à la regarder savourer la bite qu'elle s'enfonçait de plus en plus profondément dans le gosier. Je fis sans doute du bruit, car elle se retourna et, me voyant, s'approcha de la fenêtre. Elle me demanda, sans l'ouvrir, ce que je faisais là. Je lui répondis stupidement:
— Rien, je veux te parler!
— Tu ne vois pas que je suis occupée?
— Ouvre-moi, hurlai-je.
— Non, tu me déranges, si tu veux me parler, tu me téléphones!

Elle n'a pas voulu que je redescende par la porte. Alors, je suis resté, et elle a fait venir son copain près de la fenêtre. Là, ils se sont enlacés devant moi, et c'est elle, je l'ai bien vue, qui a introduit la queue du type dans son vagin, de sorte qu'ils ont baisé devant mes yeux. Cette fois, fou de rage, n'y tenant plus, je suis redescendu, et dans la rue, j'ai volé l'antenne de toit de sa voiture. D'une cabine publique, je lui ai téléphoné pour lui dire que je pourrais lui redonner son antenne, à condition qu'elle revienne. Peu de temps après, son mec est sorti, et vers quatre heures du matin, elle est venue me retrouver dans la rue. Il faisait bon et la lune éclairait comme en plein jour. Nous avons discuté ensemble jusqu'à six heures. Elle m'a finalement invité à boire un café, et je lui ai demandé qu'on refasse l'amour, une dernière fois. Elle a dit non. J'ai insisté, et elle a encore dit non. Je lui ai demandé pourquoi. Elle m'a répondu que c'était parce que c'était complètement fini entre nous. Je ne pouvais y croire. C’était impossible. Elle était trop désirable, avec ses seins magnifiques qu’elle me laissait voir entre les pans mal fermés de son nouveau peignoir. Pour terminer, je lui ai demandé si je pouvais me masturber devant elle. Elle a accepté, à condition que je ne dégueulasse pas tout. Alors, elle s'est installée dans le canapé, et moi, je me suis mis en face d'elle, dans un fauteuil.
— Tu veux que j'ouvre mon peignoir? m'a-t-elle demandé d'une voix lasse.
— Ça ne te dérange pas?

Elle l'a fait et a même écarté les cuisses afin que je puisse correctement mater sa chatte.
— Tu es vraiment une salope, lui ai-je simplement dit, en éjaculant dans un sopalin
— C’est tout ce que tu trouves à me dire? Je fais ça pour te faire plaisir, tu as l'air si malheureux!

Malgré la terrible envie que j'avais de lui empoigner les seins qu'elle m'exhibait comme au bon vieux temps où nous étions amants, je ne l'ai pas touchée. Je l'ai remerciée.

Trois semaines plus tard, comme j'avais bu, j'ai regrimpé, parce qu'elle refusait de nouveau tout contact. J'ai cassé un carreau et je suis rentré chez elle. Elle était absente. J'ai cherché l'adresse de son copain, mais ne l'ai pas trouvée. En revanche, j'ai découvert un album de photos. Toutes sortes de photos, notamment des photos d'elle à poil, en compagnie de son copain qui devait être le photographe. Ce qui m'a étonné, c'est l'endroit d'où les photos avaient été prises, une propriété à la campagne, sans doute la maison du type. Annette posait complètement nue, allongée sur la pelouse, ou debout près d'un arbre ou d'une statue, ou encore confortablement installée dans une chaise longue. Sur d'autres photos, le type était à ses côtés, en tenue de ville, et sur d'autres, il était à poil, lui aussi, tout seul, parfois en érection, ou à côté d’Annette qui prenait des poses érotiques extrêmement suggestives. Enfin, je trouvai quelques clichés où ils posaient visiblement emboîtés l'un dans l'autre, elle étant assise sur lui. De colère, je me suis masturbé devant les photos où Annette m'apparaissait particulièrement excitante, et j’ai aspergé l'album de mon sperme. Puis, j'y ai foutu le feu, et j'ai jeté le tout sur le canapé qui s'est rapidement mis à flamber. J'ai ouvert le gaz de la gazinière et je suis sorti, fou de rage.

Je suis retourné à ma voiture. Même saoul, je me suis mis à penser que je venais de faire une connerie. C’était grave. En repassant devant chez elle, j'ai vu un attroupement devant sa porte, et j'ai tout de suite compris que l'incendie venait d'être maîtrisé. J'en fus soulagé. C'était un jeudi du mois d'août, et j'ai appris, un peu plus tard, qu’Annette était partie en vacances avec son copain.
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Jean-Jacques Michelet · il y a
le premier d'une longue série
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Grenelle · il y a
Je vais me fendre (mais je crois que vous aimez bien ça) d’un long commentaire. Au début, j’aime bien votre style, précis, concis (pas circoncis) et clair.
Je n’ai pas bien compris pourquoi faire l’amour comme dans le Kama-Soutra était plus que sexuel.
Le moment de la séparation est destructuré puisque s’il va vivre chez ses parents (on saura plus tard qu’il ne s’agit que de sa mère) il ne peut pas retrouver ses affaires en rentrant chez lui un lundi.
Je ne vois pas bien ce qu’est une petite trappe dans une porte et l’histoire du gars aperçu dans le couloir à travers la porte n’est pas très vraisemblable. De même comment peut-il ensuite voir qu’ils sont à l’intérieur s’ils n’ouvrent pas la porte ?
J’ai eu l’idée de passer par derrière doit-il être compris au premier ou au second degré ? Après avoir lu la suite je pense que c’est le second d’ailleurs il est monté au premier.
Je trouve votre description de l’acte d’amour un peu schématique, se voulant provocante sans réussir à l’être vraiment. Ce type est-il un bête voyeur (ce qui expliquerait la trappe) ?
La scène suivante est difficile à imaginer, car on se représente mal les lieux ; pourquoi est-il redescendu et n’a-t-il pas cassé la fenêtre du premier étage ?
Petite faute de temps je lui ficherai(s). Finalement elle ne s’était pas rhabillée, elle avait simplement enfilé un peignoir.
Je ne connais pas la signification du verbe se raccoiser, s’il existe ?
On déduit de la suite que vous attachez plus d’importance aux glandes mammaires qu’à la beauté de l’esprit.
Le style se relâche et l’histoire perd toute cohérence quand arrivent le chien et la sœur.
Elle me déçoit beaucoup cette jeune femme, pour trois cent cinquante quatre euros …
Je l’ai caressé un peu partout, c’est nulle part ça !
Je continue un peu lassé, et je vois que tout recommence, c’est décourageant !
J’en arrive trois semaines plus tard espérant un dénouement. En vérité il n’y a pas vraiment de dénouement.
Je suis plutôt déçu. Avant que vous foutiez le feu à mon commentaire, je tiens à vous dire que je suis sûr que vous pouvez mieux faire : une vraie histoire avec de l’érotisme vrai. Pas une histoire siliconée.

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Image de Ophélie Conan
Ophélie Conan · il y a
Merci Grenelle pour ce long commentaire. Cette histoire est écrite par un narrateur taré qui dit n'importe quoi parce qu'il se trouve sous l'emprise de la jalousie, de la haine et de ce qu'il croit être de l'amour. Sa perception est totalement faussée par ses sentiments du moment, et il est probable, effectivement, que le lecteur ne se repère pas très bien dans cette maison qu'il s'acharne obsessionnellement à escalader, uniquement pour voir et consommer "une dernière fois" l'objet qui le fait souffrir. Mais le narrateur s'en fout, il n'a pas écrit ça pour être lu et compris. Quant à moi, je n'ai pas voulu écrire une histoire érotique, mais une banale histoire de séparation, comme il en existe parfois, entre les hommes et les femmes. Le narrateur n'est sans doute pas un imbécile, il est même certainement cultivé (par exemple, il sait que se raccoiser est un vieux mot français qui veut dire se calmer), mais la situation, sa jalousie et sa haine du moment, font de lui un minable.
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