Une Aventure extra-ordinaire

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Littéralement extra-ordinaire : qui n'est pas selon l'usage ordinaire, selon l'ordre commun.
Qui étonne, suscite la surprise ou l'admiration par sa rareté, sa singularité.
« Pour réaliser une chose vraiment extraordinaire, commencez par la rêver. »

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Il y a de nombreuses années qu’une aventure me surprit par hasard, au détour de liens électroniques inattendus.
Je naviguai ici et là, sur des sites de lecture où j’avais commis quelques textes.
Je reçus, un beau jour, une sorte de commentaire qui aiguisa mon attention.
Je pris contact.
De fil en aiguille, plus exactement, de clavier en plume, une relation s’établit.
Le plaisir des mots échangés, des pensées confiées.
Durant des semaines, voire des mois, des messages, des lettres manuscrites,
suivies de conversations téléphoniques, parfois étonnantes, tant les diapasons s’accordaient.
Tutoiement, voussoiement alternaient selon les humeurs, l’inspiration.
L’échange de photos, sages et moins sages, rendait évident que, physiquement aussi, le diapason résonnait favorablement.
Je saute les étapes, sinon, cela va prendre l’aspect d’un mini-roman !
L’intimité était intense, parfois brûlante.
La dame, appelons-la Sophie, était une provinciale, divorcée, habitant une jolie ville de Touraine, à une heure de TGV.
Là encore, le hasard s’en est mêlé. C’est dans cette ville que j’avais réalisé une de mes premières mises en scène !
Vint le jour où reculer n’était plus possible. Sauter les kilomètres était devenu une évidence.

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A la date convenue, je saute de très bon matin dans un TGV.
Sophie habite dans un charmant petit appartement, agrémenté d’un jardinet, tel qu’elle me l’avait décrit.
Je ne vois pas le temps du voyage passer, tant mon esprit est tourné vers cette rencontre.
Il fait frais mais le soleil pointe déjà ses rayons.

« S’il vous plaît, durant le trajet, ne mangez pas, ne buvez pas, pensez à nous.
Quand vous serez près de chez moi, appelez-moi, j’ouvrirai ma porte.
Ne cherchez pas à voir où je me cacherai dans ma chambre, je veux vous observer pénétrer mon chez moi.
Visitez, regardez, fouillez si vous voulez dans mes tiroirs, mettez la hifi en marche si cela vous fait envie,
puis vous irez vous asseoir dans mon vieux fauteuil en cuir, face à ma bibliothèque et à la cheminée. »

La demande est originale, étonnante mais plaisante.
Je l’appelle.
« Je t’attends, la porte t’est ouverte. »
Petit immeuble de trois étages, à dix minutes de la gare.
La porte est entrouverte, j’entre directement dans le salon.
Tout plein de livres dans des rayonnages qui encadrent une petite cheminée.
La porte-fenêtre donne sur le petit jardin, où trônent deux fauteuils en toile.
C’est agréablement bordélique. Je regarde les bouquins.
J’enlève mon blouson que je pose sur une chaise.
Des papiers épars sur un petit bureau.
Dans un coin du salon, une grande psyché ovale, probablement assez ancienne.
Je m’approche d’une petite cuisine américaine. J’aperçois une cafetière, j’ai très envie d’un café.
Une autre porte donne sur la salle de bains, pas très grande. Un grand lavabo, les toilettes, une douche italienne.
Cela me donne envie de faire pipi. Mais j’ai surtout envie d’un café, dois-je attendre ?
L’ambiance est très agréable et correspond à l’idée d’un environnement de femme célibataire.
Je vais alors m’asseoir dans ce profond et large fauteuil.
Quelques minutes passent.
« Fermez les yeux, Vladimir, ne me regardez pas approcher. »
Je sens sa présence derrière moi.
Une main glisse dans mes cheveux, jusqu’à ma nuque.
Puis deux mains fraîches se posent sur mes yeux, descendent jusqu’à ma bouche, remontent sur mes yeux.
« Bienvenue chez moi, je suis tellement heureuse que nous nous rencontrions enfin. Cela m’intimide. Mais je suis très exaltée.
Merci de vous être prêté à mon petit scénario. »

********** ********** **********

« Durant des jours et des semaines, vous m’avez transportée, vous m’avez envahie de désirs,
vous m’avez inoculé des envies ; je voulais apprendre à mentir... sur mes désirs.
Car dès que vous deviniez mes envies, vous me laissiez alanguie, puis exaspérée. »
Elle s’est penchée, la bouche contre mon oreille, les mains posées sur mon torse.
Ses cheveux me chatouillent. Je reconnais la sonorité de sa voix, si souvent entendue au téléphone.
Je garde les yeux fermés, à sa demande.

« Durant les mêmes jours et semaines, tu ne t’es pas privée d’exalter ma sensualité, mon imagination,
en me confiant les fantasmes qui t’habitaient, sans que j’aie pu discerner s’ils étaient récurrents
ou si c’était moi qui te les avais inspirés. »

« N’ouvre pas les yeux, redresse-toi, laisse-moi te guider. »
(j’ai toujours autant envie de faire pipi et d’un café revigorant, je n’ai pas reçu ma dose habituelle de caféine depuis mon lever.)
Je me lève donc, je la sens derrière moi, collée à mon dos ; elle pose une étoffe sur mes yeux, qu’elle noue soigneusement.
« Tu as pu me découvrir par les photos, comme moi je t’ai découvert mais, ici, maintenant, j’ai envie que tu sois aveugle,
que tu puisses me connaître, me reconnaître, par la sensibilité de tes mains. »

Je sens qu’elle se déplace pour se trouver face à moi.
Je fais le contour de son corps, à l’aveuglette, en l’effleurant.
Je perçois son parfum. J’ignore comment elle s’est vêtue.
Mais le tissu est soyeux, léger, je devine qu’il est ample.
Je sens une ceinture du même tissu.
Mes mains se posent sur ses épaules, les manches sont très ouvertes, me semble-t-il.
Je pense à une sorte de kimono.
Je glisse le long de son dos, je ne rencontre aucun soutien-gorge.
Mes mains sentent qu’elle frissonne.
Je m’aperçois qu’elle a déboutonné deux ou trois boutons de ma chemise.
« Au fait, as-tu apporté le présent... parfumé que je t’avais envoyé, à ta demande ? »
« Pourquoi poser une question dont tu connais la réponse ! oui, je l’ai apporté.
Laisse donc ma chemise... Il n’est pas temps... »
« Où est-il ce présent ? »
« Il est... là-bas, ou ici, dans une poche... Il me permettra de comparer... plus tard...»

Sa respiration est plus rapide, plus profonde, comme si elle voulait maîtriser ses émotions.
Je me rapproche d’elle, une main au creux de ses reins.
L’autre a glissé sur son ventre, cherche l’ouverture, je sens sa peau tiède, très douce.
« Enlève le bandeau que tu m’as mis. »
********** ********** **********
« Tes mains ne m’ont pas encore explorée... Nous avons si souvent évoqué ces moments, tant et si bien que j’étais dans un état d’une sensualité incroyable.
J’aime l’idée que tu prennes ainsi possession de moi, par tes mains audacieuses, par ton regard brûlant, puisque maintenant je te libère de ce bandeau... »

Très lentement, doucement, elle libère mes yeux, caressant mon visage, mon nez, mes joues
du petit bandeau qui apparaît alors fait du même tissu que son kimono, je ne m’étais pas trompé.
Je me recule légèrement pour mieux la regarder. Ses joues roses m’émeuvent, je trouve dans son regard
toute la complicité qui s’était installée entre nous depuis des semaines.
Je la prends dans mes bras, me plaçant derrière elle, je nous place face à ce grand miroir,
je contemple son reflet, je sens ses frissons lorsque ma main s’incruste entre les pans du kimono...

« Regardez ma main, Sophie, ma main si impatiente de vous couvrir de douceurs et d’audaces...
Je vous suis infiniment reconnaissant d’avoir accédé à ma demande en laissant repousser votre toison ;
je suis ému que vous ayez accepté de ne plus rester toute épilée. »

Je m’évertue à ne pas la caresser ; simplement laisser ma main pressée son pubis.
« Vous avez bien senti au début que cette demande ne me plaisait pas beaucoup,
mais j’ai voulu vous démontrer que j’étais capable d’accéder à certains de vos désirs,
tout comme j’ai senti que vous-même étiez prêt à en faire autant... Rappelez-vous, mon ami... »

Un rayon de soleil se reflète dans la psyché, très joli effet. Je tourne mon regard vers le petit jardin.
Malgré l’heure matinale, le soleil est vif, on sent la chaleur monter.
Ce qui me ramène à la réalité, je contemple Sophie dans le miroir, elle a posé sa main sur la mienne.
Je perçois la brillance de ses yeux et la pression de ses fesses contre moi me trouble.

« Je suis réveillé depuis longtemps, je n’ai pris ni café ni rien du tout, comme tu le voulais,
je n’ai pas pris de douche, je me suis habillé des vêtements préparés la veille au soir.
Il faisait chaud dans le train, ce serait une douce attention que tu prépares enfin un bon café
pendant que je prendrai rapidement une douche... »

« Je serai heureuse de t’offrir un café, et bien plus encore, mais il est hors de question
que je te laisse seul, ne serait-ce le temps prendre une douche. »

« Non, Sophie, je te sais espiègle et provocatrice...
mais il survient parfois des urgences auxquelles il faut céder et par ailleurs... »

«Par ailleurs ? Non, Vladimir, tu es chez moi, je suis ton hôtesse, la maîtresse de maison qui se doit de s’occuper de son invité tant attendu... »
« Dis-moi, dis-moi, dis-moi ce que tu attends de moi. »
« Je veux de toi tout ce que, toi, tu veux de moi. »
« Serions-nous sur la route de l’osmose ? »
« Sans doute, tu as sur moi, depuis longtemps une profonde influence. »
« Et tu sais que la réciproque est vraie... car si ce n’était pas le cas... »
« Oh oui, si ce n’était pas le cas, Monsieur, vous n’auriez pas accepté... »
« Je n’ai pas encore tout accepté, Ma Dame... »
« Pas encore, il est vrai. »

Elle s’échappe de mes bras, fait une jolie pirouette qui fait voler les pans de son kimono et va s’asseoir dans le fauteuil que j’occupais.
Son léger sourire accompagne un regard scrutateur, je la regarde croiser ses jambes et attacher ses longs cheveux.

« Vous vouliez prendre une douche, mon ami, il vous faut alors vous déshabiller. Faîtes-le devant moi, tentez-moi, excitez-moi. »

« Petite hypocrite, tu es déjà excitée, tu ne peux le dissimuler, ton regard, ta respiration tout à l’heure. »

« Loin de moi le désir de dissimuler mon excitation, au contraire ; depuis que tu m’as appris à ne plus me cacher derrière une pudeur naturelle, j’éprouve un plaisir réel à revendiquer ce que je ressens au creux de mon être, même si je suis parfois gênée de... »
********** ********** **********
La suite viendra... probablement!
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