Une année mouvementée

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De composition plutôt Petite (framboises *p* !) et dynamique, j'aime écrire, dessiner et m'évader. Baignant dans la magie des mots et des arts depuis mon plus jeune âge, j'ai toujours favorisé le  [+]

Image de Harry Potter Fanfictions
La valise gémit, pleine à craquer. Elle avait l'impression que cela ne faisait que quelques jours seulement qu'elle était en vacances, dans sa chère terre natale, près du loch Lomond, loin du vacarme de ses élèves, et elle commençait tout juste à s'y habituer qu'il fallait de nouveau retourner à Poudlard, l'école de sorcellerie. Minerva McGonagall agita sa baguette pour faire rentrer dans la valise surchargée un set de verre à pied en cristal qui s'était soudainement changé en 6 magnifiques mouchoirs de soie pour qui la malle, qui menaçait ouvertement de tout régurgiter, eu un peu plus de considération.
Car en effet, le lendemain, le professeur McGonagall enseignerait de nouveau la métamorphose à des jeunes sorciers de 11 à 17 ans. Alors qu'elle ajustait son chignon gris sous son élégant chapeau pointu vert émeraude, elle claqua la langue autoritairement et le gémissement de la valise se tue immédiatement. Car si la magie du professeur était puissante et d'une très grande beauté, comme elle ne tarda pas à le montrer dans la minute qui suivie en faisant apparaître des ailes d'une blancheur éclatante à la valise, sa sévérité l'était d'autant plus. Quiconque faisait du bruit dans sa classe était très sévèrement puni. Redoutée mais appréciée pour son sens aiguë de la justice et ses brillantes compétences en tant que professeur et directrice adjointe du célèbre professeur Albus Dumbledore.

Cette année cependant, elle reverrait un jeune sorcier qu'elle n'avait pas vu depuis 10 ans, alors qu'il n'était encore qu'un bébé. Elle se souvenait encore de cette chaude journée, passée sur le mur des voisins de l'oncle et de la tante du jeune bambin, sous sa forme féline. Des gens passablement horribles, même pour des moldus. Ils avaient cependant accepté de prendre le jeune Harry Potter sous leur toit et de s'en occuper, lorsque Dumbledore l'avait laissé devant leur porte, au 4, Privet Drive. Une cicatrice en forme d'éclair zébrait le front de l'enfant, faisant éclat de la défaite du mage noir qui avait tué ses parents.
Et voilà que Harry Potter allait entrer à Poudlard pour y apprendre la magie. Avait-il été bien traité par son oncle et sa tante ? Elle en doutait, au vu du peu qu'elle avait observé de ses yeux jaunes. Sera-t-il doué pour la magie ? Certainement, ses parents l'étaient au plus haut point. Dans quelle maison sera-t-il envoyé ? De toute manière, elle saurait tout cela bien assez tôt. Mais s'il devait se comporter comme son père, elle n'hésiterait à lui mettre autant de retenues que nécessaire et elle avait bien d'autres choses à penser cette année là.

Conduisant la malle ailée d'une baguette distraite, elle se dirigeait vers le bord du loch d'où elle pourrait transplaner à Pré-au-Lard. Elle réfléchissait à la manière dont elle allait protéger la pierre, ce soir. Elle avait déjà trouvé depuis longtemps le stratagème qu'elle allait utiliser, mais elle se demandait si c'était toujours une bonne idée. Elle avait passé une bonne partie de l'été à s'entraîner à jouer aux échecs. Elle était douée, sans conteste, mais cela suffirait-il ? Elle chassa cette pensée de sa tête. Personne de toute manière ne pourrait passer devant tous les pièges prévus pour protéger la pierre philosophale. Et si quelqu'un voudrait s'en emparer, il devra tout d'abord entrer dans Poudlard sous le nez de Dumbledore et de cet affreux chien à trois têtes que Hagrid leur avait prêté pour l'occasion. Et ensuite affronter tout ce que elle et ses collègues auront concocté durant l'été. Elle ne savait pourtant pas pourquoi Dumbledore avait décidé de cacher la pierre dans Poudlard cette année et peut-être celles à venir, plutôt que de la laisser à Gringotts, bien gardée. Enfin, soi-disant. Quand on pense que le jour même où Hagrid a été la chercher, Gringotts a été cambriolée ! Gringotts, la banque des sorciers, réputée imprenable. On dit même qu'il y a des dragons dans ses plus profondes galeries. McGonagall n'y croyait pas trop, cependant. Tout ce que les sorciers pouvaient inventer pour se faire peur ou se vanter était absolument phénoménal.
Dans un CRAC sonore, elle se retrouva devant la vitrine des Trois Balais, le pub de Pré-au-Lard. Elle fit un signe de main à la patronne Rosmerta et se dirigea vers l'allée qui menait au château.

- Je ne comprends toujours pas l'intérêt d'un tel dispositif, Albus.
Les professeurs McGonagall et Dumbledore se dirigeaient vers le couloir de l'aile droite, au deuxième étage, pour mettre en place le dernier dispositif de protection, les autres professeurs s'étant déplacés plus tôt.
- Je crains que ce ne soit malheureusement nécessaire, Minerva. Mon ami Nicolas Flamel m'a confié cette tâche car il craint pour sa pierre. Il a été approché à trois reprises l'année passée. De différentes manières et par différentes personnes, mais il pense, et je suis d'accord avec lui, qu'il vaut mieux la mettre complètement à l'abri pour un certain temps. C'est ainsi que je lui ai proposé mon aide et celle du château. Je pense que Voldemort ne dirait certainement pas non à un élixir de vie dans l'état où il se trouve probablement actuellement. Ne frissonnez pas, Minerva, vous ne devriez pas avoir peur d'entendre ce nom, je ne cesse de vous le répéter.
- Pensez-vous vraiment que Vous-Savez-Qui va revenir ? demanda-t-elle en retenant une mine réprobatrice.
- Oui.
Ils venaient d'arriver devant la porte et entendaient déjà des grognements de l'autre côté.
- Il semble que Touffu n'aime pas beaucoup être enfermé ici. Il tiendra donc son rôle à merveille, s'enchantât le professeur Dumbledore d'une voix enjouée.
Une drôle de mélopée sortit alors de ses lèvres, tandis qu'il ouvrait la porte, le professeur McGonagall derrière lui, légèrement en retrait et pas vraiment rassurée, la main crispée sur sa baguette magique. Cependant, l'énorme chien à 3 têtes somnolait déjà et ils purent l'enjamber pour atteindre la trappe. McGonagall retint un haut-le-cœur et se jura de ne passer devant la bête que pour cet aller et le retour qui suivra. Un grondement s'éleva tout de même de sa gorge : elle n'aimait pas les chiens.
Au bas de la trappe, après une courte chute de 5 mètres, ils se retrouvèrent alors sur quelque chose de mou et qui gigotait. Absolument pas en confiance, elle se releva d'un bond en maintenant son chapeau sur sa tête. En quelques pas, elle fut vite hors de portée des longues lianes qui avaient déjà commencés à s'entortiller autour de ses chevilles et des poignets du directeur. D'un coup de baguette elle se débarrassa des tentacules. Ceci ressemblait fort à un filet du diable, placé ici par la très délicate professeur Chourave, qui enseignait la botanique. Elle ne doutait pas que pour quiconque ignorant la nature de cette plante gigantesque, la mort l'attendrait au tournant.
Elle entendit alors des battements d'ailes à travers le battant d'une porte qui se trouvait derrière eux. Elle interrogea Dumbledore du regard mais celui-ci lui répondit par un de ses délicieux sourires énigmatiques. Ce qu'elle y découvrit en ouvrant la porte l'émerveilla. Ses yeux perçants, qui sondaient habituellement les élèves en quête d'un quelconque mensonge, aperçurent des milliers de clés ailées qui papillonnaient dans tous les sens et très haut sous le plafond de cette ancienne salle de classe aux allures de cathédrales. Elle repéra aussi quasiment immédiatement un vieux balai dans un coin de la salle.
Cela lui rappela aussitôt l'équipe de Quidditch de Gryffondor, qui brillait ces dernières années par son incompétence magistrale. Quatrième au tournoi de Quidditch depuis au moins 6 ans. Non, 7 ans, le professeur Rogue s'était chargé de le lui rappeler. L'année dernière, l'équipe était moins mauvaise, mais après l'expédition de leur tout nouveau attrapeur à l'infirmerie, celui-ci avait déclaré forfait après le premier match et l'équipe s'était vu obligée de jouer sans attrapeur, ce qui était une première. Depuis, elle évitait Rogue avec encore plus de ferveur que d'habitude. Cela faisait aussi bien longtemps que la Coupe des Quatre Maisons n'avait pas été remise à une autre maison que Serpentard. Elle en bouillonnait de rage en y repensant, se jurant de donner le maximum d'encouragements cette année aux élèves de sa maison et de remporter la coupe.
Un toussotement de Dumbledore la ramena dans l'ancienne salle de classe. Les joues légèrement rosées, elle lui demanda qui allait se charger d'attraper la clé qui servirait à ouvrir la porte suivante.
- Hum, je vois que vous avez déjà compris le principe. J'imagine que Filius ne vous a pourtant pas prévenu ? L'interrogea poliment Dumbledore.
- Non, en effet. C'est très ingénieux. Il faudra être habile et intelligent pour pouvoir avancer jusqu'à la pierre. Mais je vous préviens, je suis aussi douée sur un manche à balai que Hagrid à cacher ses sentiments.
- Haha, ne vous inquiétez pas Minerva, je m'en charge.
Il enfourcha le balai et s'envola aussitôt, tandis que convergeaient vers lui toutes les clés, à une vitesse hallucinante. Malgré son âge très avancé et sa longue barbe argentée qui volait derrière lui, McGonagall ne put retenir une exclamation étouffée devant l'habileté que montrait son directeur. Il attrapa la clé requise avec délicatesse en un rien de temps et ouvrit la porte à la volée. Les deux professeurs s'y engouffrèrent très vite et refermèrent la porte derrière eux. Ils se trouvaient alors devant une grande salle, entièrement vide.
- J'imagine que c'est là que j'interviens, dit le professeur McGonagall en fouillant dans le sac qu'elle avait prit avec elle.
Elle en sorti un très bel échiquier, celui avec lequel elle s'était entraînée cet été.
Il va me manquer, soupira-t-elle.
Alors qu'elle disait ces mots, elle alla poser l'échiquier au centre de la salle. Elle s'écarta alors et se mit à l'ouvrage, sous l'œil admiratif de Dumbledore.
- Votre délicatesse et ingéniosité m'étonnera toujours, Minerva, dit-il d'un ton flatteur lorsqu'elle eût terminé.
Cette fois-ci, elle rougit fortement. Fière de son œuvre, elle observa l'échiquier géant qui prenait à présent toute la salle. Les statues animées étaient à présent immobiles à leur place, mais impressionnantes, mesurant près de trois mètres de haut. Après avoir vérifié qu'elles interdisaient bien le passage à ceux qui se présentaient pour la porte suivante, Dumbledore lui demanda si elle souhaitait faire une partie pour apprécier les dispositifs de tout ses collègues. Légèrement épuisée après une heure d'enchantements, elle refusa poliment et demanda à retourner à son bureau.

En haut de l'escalier du grand hall, elle attendait les premières années qui n'allaient pas tarder à arriver. C'était le lendemain soir, 1er septembre, et le Poudlard Express était arrivé deux heures auparavant. Alors ils arrivèrent, tous trempés par la pluie qui tombait drue.
Elle les informa qu'ils allaient participer à la cérémonie de répartition, puis s'en retourna dans la grande salle pour vérifier que tout le monde était déjà installé. Elle aimait beaucoup cet instant de l'année et était très heureuse d'en avoir la responsabilité. Elle revint les chercher 2 minutes plus tard et les entraîna à sa suite, sous le faux plafond qui reproduisait le ciel d'une manière stupéfiante. La pluie s'arrêtait quelques mètres au dessus de leurs têtes, là où des chandelles flottaient immobiles dans les airs.
Elle arriva devant le Choixpeau et l'écouta chanter d'une oreille distraite. Elle regardait les visages encore enfantins, fascinés ou apeurés par l'étrange déchirure du couvre-chef. Son regard s'arrêta sur quelques uns : un nouveau Weasley, le fils Malefoy, le cher petit fils de Mme Londubat et aussi... Harry Potter. Il avait l'air tout à fait chétif mais très heureux d'être ici, bien que passablement inquiet. La chanson s'éteignit dans les applaudissements de la salle et elle appela ensuite les élèves par ordre alphabétique, le Choixpeau les répartissant dans les différentes maisons. En arrivant à Potter, un silence étrange s'installa. Elle posa le Choixpeau sur la tête noir de jais puis entendit son tout petit murmure. Il semblait hésiter. Elle ne pouvait bien sûr entendre ce qu'il disait, mais le choix semblait être difficile. Elle aurait bien aimé savoir ce qui se tramait sous ce vieux chapeau rapiécé. Cela faisait presque une minute que l'on se demandait dans quelle maison allait bien pouvoir aller Harry Potter quand elle crut voir ses lèvres bouger. Aussitôt après, le Choixpeau s'écria "GRYFFONDOR !!". Harry courut rejoindre ses nouveaux amis à la table de sa nouvelle maison. McGonagall continua d'énumérer les noms des derniers de la liste et envoya également Weasley à Gryffondor avec tous ses frères. Elle alla ensuite ranger le tabouret et le Choixpeau dans le bureau de Dumbledore et revint finir de manger à la table des professeurs. Elle discuta un peu avec Filius Flitwick, le professeur de sortilèges puis se tût pour écouter le discours de Dumbledore.
Quelques heures plus tard, elle était dans son lit, épuisée, en se demandant pourquoi elle avait la nette impression que cette année ne serait pas de tout repos.

Le début de l'année défila à toute vitesse et Halloween fut déjà là. La décoration était, comme toujours, somptueuse, et les cuisines fournissaient une quantité non négligeable de sucreries et de spécialités magiques qui se prêtaient tout particulièrement à la fête d'Halloween. McGonagall discutait avec animation à la table des professeurs avec Hagrid, Dumbledore et Flitwick. Elle leur racontait en détail comment elle avait sélectionné Harry Potter pour être le nouvel attrapeur de Gryffondor. Alors qu'il semblait monter sur un balai pour la première fois, il avait réussi à attraper une balle pas plus grosse qu'un cognard, alors que celui-ci filait à vive allure dans les airs au niveau du troisième étage. Elle l'avait vu l'attraper juste sous ses fenêtres avec une facilité déconcertante. Bien sûr, elle avait hésité à lui mettre une retenue pour avoir désobéi à Mme Bibine, mais le plaisir de découvrir enfin un attrapeur pour son équipe avait très vite pris le dessus. Potter était extrêmement doué, certainement comme son père, se vantait-elle à Flitwick en lui certifiant que cette année la Coupe de Quidditch serait enfin à Gryffondor. Elle ne tarissait pas non plus d'éloge sur Miss Granger, une nouvelle Gryffondor, très intelligente et très douée et qui semblait apprendre les livres de classes par cœur. Le professeur Flitwick fut tout à fait d'accord avec elle, et raconta à un Hagrid médusé comment elle avait fait voler sa plume au premier essai dans son cours sur le "Wingardium Leviosa".
Tandis qu'ils s'extasiaient devant leur nouveaux élèves plein de talent ou se plaignaient de quelques têtes turbulentes, le professeur Quirrell, qui s'occupait cette année de la Défense contre les Forces du Mal, entra dans la Grande salle en hurlant, sans que personne ne comprenne quoique ce soit. Dans la stupeur générale qu'avait provoqué son entrée, les mots qu'il prononçait prirent soudain sens dans l'esprit de tous et entraîna une vague de panique totale parmi les élèves, tandis que le pauvre professeur Quirrell s'évanouissait au milieu de l'allée.
- SILEEEENCE !
Dumbledore était debout au milieu de la table des professeurs.
- Que tous les préfets raccompagnent les élèves de leur maison dans leur salle commune. Les professeurs, suivez-moi dans les cachots, je vous prie.
Affolée mais contenant ses nerfs, McGonagall alla à la suite de Dumbledore suivi de près par tous les autres professeurs. Comment un troll avait pu entrer dans le château et se réfugier dans les cachots ? Car c'était en effet ce que Quirrell avait annoncé. Les trolls sont particulièrement stupides, d'ordinaire. À mesure qu'ils approchaient des cachots, une odeur nauséabonde s'insinuait dans leurs narines. Leurs baguettes étaient prêtes, mais le troll n'était pas là. Ou plutôt n'y était plus, car on voyait de grandes rainures dans les murs et des enfoncements à certains endroits que le professeur Flitwick arrangeait sur son passage. Dumbledore se retourna.
- Il semble qu'il ne soit plus du tout dans les cachots. Minerva, occupez-vous du deuxième étage, Filius occupez-vous du troisième. Hagrid, restez dans les cachots au cas où il reviendrait. Je m'occupe du premier étage. Pomona et les autres, assurez-vous qu'aucun élève ne traîne encore dans la Grande salle.
McGonagall se dirigea à grande enjambées dans les escaliers pour rejoindre le deuxième étage. Il semblerait que le troll soit passé par ses escaliers. Elle entendit un grand fracas et accéléra. Au coin du couloir, elle faillit entrer dans le professeur Rogue et le professeur Quirrell.
- Que faites-vous là ? Pourquoi n'étiez-vous pas avec nous dans les cachots ? Dit-elle en reprenant ses esprits.
- Le corps évanoui de Quirinus avait disparu après le départ des élèves, j'étais donc parti à sa recherche, répondit Rogue d'une voix atone. Mais il semble que le troll soit venu jusqu'ici. J'ai entendu du bruit au fond de ce couloir.
Ils s'élancèrent alors vers les toilettes des filles, d'où semblait venir le bruit et la puanteur. Arrivés devant la porte ils furent tous stupéfaits de tomber nez à nez avec le troll... évanoui. À côté, se tenait Harry Potter et son meilleur ami, Ron Weasley. Pleine de fureur, McGonagall les traita de fous, d'inconscients... Elle tremblait tellement de rage et de soulagement qu'elle avait du mal à trouver ses mots. Mais que leur était-il passer par la tête de partir à la recherche d'un troll des montagnes adulte, à ce qu'il semblait être ? En première année, ils n'avaient aucune chance ! Ils en avaient pourtant eu une effrontée et elle se demandait comment ils avaient bien pu s'en sortir, lorsqu'un petit couinement au fond des toilettes la coupa. Elle resta bouche bée devant une Hermione Granger pleine de poussière qui se relevait difficilement.
- C'est de ma faute, professeur, articula-t-elle. Je... J'ai lu beaucoup de chose sur les trolls et je pensais pouvoir m'en sortir seule avec celui-ci. Malheureusement j'avais tort. Et si Harry et Ron n'était pas venus à mon secours... Je serais morte à l'heure qu'il est, acheva-t-elle en baissant la tête.
Elle se tût. Elle qui avait dit tant de bien sur cette élève il n'y avait même pas un quart d'heure ! Rogue et Quirrell se tenaient silencieux à côté de McGonagall tandis que leurs regards oscillaient de la créature aux jeunes inconscients. Cette dernière, bien que ne croyant pas un mot de sa meilleure élève, fut tout de même choquée de la voir mentir à un professeur pour couvrir ses camarades. Elle hésitait entre la fierté et la fureur mais n'en laissa rien paraître et trancha d'un ton sec :
- Si vous avez cru pouvoir vous en sortir seule, vous avez été bien sotte, Miss Granger. Cinq points en moins pour Gryffondor. Quant à vous deux, pour votre chance insolente, je vous accorde cinq points chacun. Et estimez-vous heureux de ne pas avoir de retenue.
Estimant leur heure venue, ils déguerpirent tous les trois.
- Je vais chercher le professeur Dumbledore pour s'occuper de ça, ajouta-t-elle à ses collègues en montrant le troll du menton.
Elle n'avait aucune envie de rester discuter avec eux, s'attendant à des reproches ou des interrogations de leur part quant à son choix de "punition".

Après ces mésaventures cependant, l'année se déroula sans anicroches avec un Noël pour le moins splendide. Il ne restait plus grand monde à l'école, à cette période, et cela rendait l'atmosphère beaucoup plus chaleureuse. Dumbledore s'amusait comme un fou, qu'il était peut-être un peu. Gryffondor était en bonne voie pour remporter la Coupe de Quidditch et Serpentard menait de très peu devant Gryffondor jusqu'en février.
Elle fut en effet réveillée en plein milieu d'une de ces froides nuits par le jeune Malefoy qui lui annonça que Potter et Granger étaient dehors dans la cabane de Hagrid à essayer de cacher un dragon. N'accordant pas le moindre crédit à une histoire aussi farfelue, elle fut pour le moins surprise et passablement outrée de découvrir qu'effectivement, des élèves de sa propre maison se promenaient dehors en pleine nuit, d'autant plus qu'ils étaient tombés sur Londubat errant dans un couloir. Ivre de fureur d'avoir été avertie par l'élève chéri du professeur Rogue que des Gryffondor enfreignaient les règles, elle enleva 50 points à chacun et leur donna une retenue bien méritée. Ils furent tous horrifiés mais elle les renvoya dans leurs dortoirs aussi sec. À présent, les chances de Gryffondor de gagner la Coupe des Quatre Maisons étaient aussi faible que les années passées mais elle eut au moins la maigre satisfaction de faire perdre aussi quelques points à Serpentard, son sens de la justice restant bien supérieur à l'idée d'une quelconque victoire.

Après l'hiver, le printemps suivi et tout le monde travaillait dur, sauf les jumeaux Weasley qui faisaient encore des leurs dans le bureau de Rusard, juste en dessous du sien. Elle soupçonnait une bombabouse. Elle avait accablé ses élèves de 5e et de 7e années de devoirs et de conseils pour leurs BUSE et leurs ASPIC. Elle recadra d'ailleurs à cette ocasion Olivier Dubois qui se concentrait plus sur le Quidditch que sur ses leçons et mis Lee Jordan en retenue pour avoir transformé une de ses tasses préférées en souriceau qu'elle avait malencontreusement mangé. Elle soupçonnait les jumeaux d'être aussi dans le coup, mais n'avait pu le prouver.
Juin arriva et alors que la moitié des élèves passaient leur examens et que les autres se prélassaient au soleil, Potter, Weasley et Granger débarquèrent en trombe dans son bureau.
Elle leva un sourcil interrogateur des copies qu'elle corrigeait.
- Oui ?
- On doit voir le professeur Dumbledore, annoncèrent-ils en soufflant.
- Immédiatement, ajouta Ron.
- Je suis désolée de vous décevoir, jeunes gens, mais le professeur Dumbledore est absent. Il vient de recevoir un courrier urgent du Ministère de la Magie et je doute que quoi que vous souhaitiez lui dire soit plus important, annonça-t-elle d'un ton surpris mais buté. De plus, je pense être tout à fait apte à répondre à vos...
- C'est à propos de la pierre philosophale, la coupa Harry.
Elle resta bouche bée.
- Comment diable savez-vous...
- On pense que Ro... que quelqu'un veut la voler, l'interrompit de nouveau Harry.
- Écoutez, se reprit-elle un ton plus bas, je ne sais pas comment vous avez pu savoir quoique ce soit à propos de cette pierre, mais je peux vous assurer qu'elle est parfaitement bien gardée. Maintenant retournez dehors profiter du soleil et sortez-vous cette histoire de la tête.
Ils s'en allèrent, furieux et déçus. Elle-même était passablement ébranlée. Comment ils avaient deviné que la pierre philosophale se trouvait dans le château, elle l'ignorait, mais elle savait la pierre en sécurité. Inutile d'inquiéter Dumbledore avec les soupçons de trois jeunes élèves de onze ans. Elle eut cependant plus de mal qu'auparavant à corriger ses copies.

Elle fut pourtant tirée du sommeil en pleine nuit par Albus, qui la mit rapidement au courant des derniers évènements. Harry, Ron et Hermione s'étaient engouffrés sous la trappe devant Touffu, passant brillamment chaque épreuve, Weasley s'étant occupé de mater son échiquier. Complètement désorientée et anéantie, McGonagall eut un bref sourire à cette nouvelle. Elle se sentait entièrement responsable de ses élèves et un profond sentiment de culpabilité l'occupait. Dumbledore la rassura et lui dit qu'il n'aurait certainement pas mieux fait à sa place. Même pire, il n'avait pas été là. Il lui conta alors comment Harry avait combattu Quirrell, qui abritait Lord Voldemort - elle sursauta en entendant son nom - et comment il avait finalement sauvé la pierre. Quirrell était mort et Ron et Harry se trouvaient actuellement à l'infirmerie mais en bonne santé et Hermione allait bien. Il lui demanda si elle trouvait judicieux de mettre l'école au courant. Hébétée, elle acquiesçât. Il allait également discuter avec Nicolas Flamel du sort de la pierre dans la journée du lendemain. Elle n'en revenait pas. Qu'avait-elle fait ?

La suite lui prouva qu'elle n'avait rien fait, de mal en tout cas. Les trois jeunes élèves furent accueillis en héros, Voldemort n'était pas revenu, la pierre était en sécurité, détruite plus précisément, sur décision de Dumbledore et Flamel. Le dernier match de Quidditch fut cependant perdu par Gryffondor, Harry étant encore à l'infirmerie. Mais le banquet final la réjouit au plus haut point lorsque le professeur Dumbledore distribua les points de dernières minutes et fit passer Gryffondor de la dernière à la première place, dix points devant Serpentard.
L'année ne pouvait pas mieux finir. Certains mystères demeuraient entiers, mais les vacances s'annoncèrent et lorsque tous les élèves furent partis dans le Poudlard Express, elle boucla une fois de plus difficilement sa valise, comme la veille de la rentrée. Fatiguée mais satisfaite, elle avait hâte, pour la première fois depuis longtemps, d'être de nouveau en Septembre.
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