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Un violeur au supplice

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Nico Oladé

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« Toute histoire commence un jour, quelque part. La sienne a commencé et s’est terminée. Elle est terminée puisqu’il sent sa vie aveuglée dans les sinuosités biscornues de la vie, assombrie et éteinte. Sans lumière ni vie ! Pourtant il n’a pas demandé à naitre. Il n’a pas demandé à faire partie de ce monde où des gens décident de marcher avec la tête, sans aucune morale, sans vergogne. Il a grandi avec une plaie morale et sociale indéfiniment plaquée à son quotidien tant il était stigmatisé, pointé de doigts... »

Il était bien gaillard, d'une longueur raisonnable; estimons-la à une vingtaine de centimètre. Sans même m'approcher de plus près je percevais un bout de chair ferme, fâcheux, il avait l'air de résister à tout territoire opposé et de gagner toute forme de duel: il était impressionnant.
Tel un feu de bois rougeoyant, son bout était rouge vif et d'une configuration conique sauf que l'extrême bout n'était pas rigoureusement pointu. Le bout, disais-je était couleur de sang et d'une magnificence remarquable. Le reste du corps de ce bout de chair était irrigué de sang. Ses veinules étaient gonflées, remplies de sang chaud, donnant ainsi à l'organe un pouvoir de champion, le symbole même de la puissance génésique.
Lorsque je suivis du regard les cordes veineuses qui décoraient le piquet de chair, il me conduisit tout droit sur un tas de broussailles poilues, touffues, parsemées de cheveux grisâtres, d'un gris triste et fébrile.

De ma cachette, mon regard pointa le visage de l'octogénaire. Son visage suintait une sueur chaude, on dirait qu’il venait de faire un marathon. D'un mètre soixante environ, il avait des barbes taillées, des moustaches toutes blanches qui engloutissaient sa petite lèvre supérieure, l'homme avait le crane nu. Cela ne m'a pas empêché de remarquer sa calvitie frontale. Couché sur un matelas de fortune d'une place, il fixait une direction; l'extrême droite de la chambre. Son regard semblait quémander une invitation. Pendant ce temps, il agaçait sa verge de sa main gauche, du haut vers le bas, insistant sur le bout. Les indiscrétions témoignent que sur le bout du phallus humain est concentrée toute la douceur du plaisir humain.
- Approche ma petite Jessica! Approche et n'ai pas peur
- Non, tont...
- Arrête de m'appeler tonton, petite têtue. Je ne suis pas ton tonton. D'ailleurs arrête ton baratin et viens sucer ce merveilleux bonbon. Tu aimes bien du bonbon n'est-ce pas !
- Non, j’ai peur. Vous voulez me faire quoi encore? Et d’ailleurs, on ne m’appelle pas Jessica. Et cette robe que vous m’avez fait porter n’est pas la mienne. Je ne devrais pas la mettre. Je veux rentrer chez mes parents.
- Petite écervelée, tais-toi ! Pour moi, tu es Jessica. C’est un prénom que j’aime énormément. Tu es déjà une grande fille et moi je suis un grand garçon. Je suis ton mari et toi tu es ma femme, disons les choses comme ça hein. Nous allons passer un autre bon moment ensemble. Nous allons répondre à nouveau à l’histoire de l’humanité. Soyons un peu civilisés, voyons !

De ma position d'espion circonstanciel, je ne pouvais pas percevoir entièrement l'entrailles de cette chambre et par ricochet la voix innocente qui tenait avec si tant de courage, une discussion avec une grande personne. Oui, sa voix tremblait et presque suppliante. Oui, il pleurait silencieusement tel un chiot affamé. Dans son timbre vocal, se lisait la souffrance, une tourmente mal dissimulée, une sorte de supplice. Mais qu’est ce qui l’empêchait de briser le silence de cette nuit? Pourquoi hésitait-elle à faire volte-face pour mettre en valeur la force juvénile qu’elle arborait ?

L’encoignure de la chambre dans laquelle ce petit être s’était incruster le vomit bientôt. Des larmes déchiraient de façon intermittente ses joues. Il marchait tout doucement, son corps fébrile dodelinant tel une feuille de manguier à la messie du vent. Il marchait les jambes écartées, comme s’il avait subi une émasculation. Il était vêtu d’une grande robe blanche mais entachée de rouge, de sang, surtout vue de l’arrière ; cette partie-là qui recouvrait les fesses de l’enfant. Une robe qui ne lui appartenait pas, visiblement. Il la lui a sûrement fait mise et le baptisa d’un prénom féminin, afin qu’il donna l’impression d’une femme et qu’elle en dégagea le flair, l’odeur- c’est l’objet de son excitation- puisque j’ai perçu une perruque sur la tête du petit enfant et des boucles de circonstances, pendues à ses oreilles. A peine marchait-il bien qu’une paire de soufflet s’invita sur ses deux joues douillettes. Il tomba sans crier, sans bruit.

Le vieux le fit lever, avec colère, par un bras et le tirait à terre tel un cadavre prêt pour une fosse commune. Il se couche ensuite et le phallus entre ses mains, invita « sa Jessica » de lui masser le sexe de sa paire de lèvre et de sa petite bouche ; d’ailleurs il lui fit une place entre ses cuisses. Dans le même temps, le petit perdait du sang ; énormément. Mais je sentais en lui la résignation parce qu’il voulait le faire. Le petit enfant avait déjà tenu le géant dans sa main droite et ouvrait avec dégout la bouche, les yeux fermés, comme si l’acte qu’on le contraint à poser était la pire des choses qu’on lui demandait depuis qu’il est né.

J’étais harassé d’être debout, là, depuis bientôt une quarantaine de minutes à filmer de mes gros yeux de curieux, une scène qui ne me concerne pas et qui relève de la vie privée d’un homme. « Attends un instant, il se fait tard, il faut empêcher les moustiques de nous embêter. Je vais fermer la fenêtre », dit-il. Et je m’étais éclipsé sans me faire repérer. Il a fermé avec fracas.

Je ne bougeais tout de même pas. J’étais là, les oreilles scotchées à la fenêtre de fortune, faite d’un assemblage de tôle et de bois, espérant entendre, à défaut de voir. L’octogénaire pleurnichait de plaisir. La fellation que lui offrait le petit enfant de dix ans le rassasiait de jouissance. Soudain un cri déchira le silence de la nuit et l’écho se répandit pointu jusqu’au loin. Le cri se répéta intermittemment puis régulièrement accompagné de pleures et de propos de malédictions à l’endroit du petit enfant qui tenait encore entre ses dents ensanglantées, un bout de viande, de chair ; le bout du phallus de l’homosexuel. Pendant ce temps, la chambre et la cours de l’homme fourmillait de monde : petits, grands, vieux, femmes, presque tout le quartier avait pris d’assaut la maison de l’homme. Certains avaient dans leurs mains des gourdins, d’autres des machettes et un autre, une boite d’allumettes et une bouteille d’essence reflétant ainsi l’image de la vindicte populaire. En effet, ils pensaient que l’alerte venait d’une victime de vol ou de braquage. Mais non !

C’était une sirène humaine désespérée, provenant d’un homme miteux dont la verge venait ainsi d’être mutilée par un garçon vengeur de dix ans qu’il a violé et dont il a défoncé l’anus encore immature en le sodomisant. L’homme gémissait de douleur, perdant énormément du sang. Le garçon, lui aussi perdait du sang, l’anus puant de matières fécales qui sortirent aisément sans qu’il les appela. La population en colère voulait en découdre avec le vieux...

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Prisca Atchade · il y a
Très beau texte
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Vincent Zokpon · il y a
Du courage
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Pherton Casimir · il y a
Un très beau texte... Toutes mes voix ! Je vous invite à me supporter https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/friendzone Friendzone, hyper intéressant.
Merci !

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Fadel Kassa · il y a
Courage
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Océane Dossou · il y a
Du courage frère. J'espère que tu évoluera sur ce chemain que Dieu t'accompagne
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Carmel Odjonon · il y a
Je vous souhaite le succès mon président
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Jean Claude Lodjo · il y a
Courage à toi. C'est au bout de l'effort que se trouve le réconfort
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Isabelle Chabi Ouorou · il y a
Courage mn frère
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Eric Espoir Ayeda · il y a
Très beau texte mon frère, bon courage à toi. Le Seigneur est au contrôle
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AKM · il y a
Bravo, je t'encourage avec mes 3 voix !
Je t'invite à lire ma nouvelle LES MOTS DU CŒUR
https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/les-mots-du-coeur-1

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