Un Songe d'une Nuit d'Hiver

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Ludothécaire de métier, Pascal se passionne pour la science-fiction et a toujours aimé l'écriture, aussi bien de poésies que de nouvelles et de micro-nouvelles Il a aussi des projets de jeux dans  [+]

Les mois qui avaient passé depuis n'avaient pas terni le souvenir du regard, des attitudes, de la personnalité de Nup'isam. Cela faisait une année et un été que son père avait ramené l'ourson de la chasse. Comme la tradition le voulait, on avait prélevé à l'ours sa peau, et elle ornait désormais l'habitation à chaque cérémonie, et matérialisait sinistrement la tragique mémoire des événements.

Malgré les forts vents d'hiver qui serpentaient au sein même du village, et peut-être même grâce à eux, ses sens l'informaient que des chasseurs rentraient avec deux nouveaux oursons. Non.... Un seul, qui tentait alternativement de susciter la pitié et la peur auprès de ses ravisseurs, passant d'une stratégie à l'autre, espérant trouver celle qui ferait qu'on le relâchât. La neige crissant sous les bottes lui disait que les chasseurs marchaient vers l'habitation d'Emonimina.. Hempakitak consulta symboliquement du regard le kap de son défunt ami, comme si l'apparition verte de Nup'isam après sa mort avait pu revernir pour lui suggérer ce qu'il devait faire. En vain. Cet esprit n'avais plus donné signe depuis son unique apparition au moment de la mort de Nup'isam.
Ce qui n'empêcha pas Hempakitak de prendre une décision, ferme :
« Kir'ayehe ! »
"Fuit-ses-flèches".
Pour expier son inaction lors du Iyomante de son ami, peut-être.
A moins que ça ne soit par respect pour Kim-un Kamuy, l’Esprit vers la Montagne, à qui Hempakitak avait fini par penser que les cérémonies de Iyomante ne rendaient finalement pas autant hommage que son peuple ne le croyait, et qu'il y avait pour lui rendre hommage avec plus de sincérité et de cohérence des agissements qui n'étaient pas, loin de là, ceux que son peuple croyait.
Ou alors parce qu’il avait l’âme d’un Inao sak guru, un homme sans talisman, un impie, un Aïnou qui n'est pas vraiment un Aïnou.
Ou enfin parce que, comme l’avait dit le l’apparition de Nup'isam parce qu’il était une personne de bon cœur.

Quelle que soit la raison, quand Hempakitak nomma l’ourson Kir'ayehe, Fuit-Ses-Flèches, l'attribution de ce nom était une décision, une promesse solennelle : si Shir’uturu ne connaîtrait peut-être pas de si tôt son dernier Iyomante, au moins cet ourson-là s’échapperait, ne serait pas sacrifié. L’Esprit des Montagnes n’avait pas besoin de Iyomante, et plus exactement, ni Shir’uturu, ni le reste du peuple aïnou, n’avait besoin de commettre d’autres Iyomante pour faire acte de dévotion envers l’Esprit vers la Montagne.

Les nuits suivantes furent consacrées à l'élaboration d'un plan. Il rejeta évidemment toute tentative d'intrusion dans la demeure d'oncle Emonimina pour s'emparer de l'ourson. Il fallait attendre qu'il grandît et que la famille dût le mettre dans le hepere-kot, Il fallait savoir où il pouvait bien être possible de trouver un endroit sur Karput où les chasseurs n'iraient pas traquer Kir'ayehe, ce qui serait probablement le plus difficile, mais il avait décidé de ne pas douter de ses capacités à réussir, de ne pas laisser la difficulté le faire renoncer.

D'une certaine manière, la chance était avec lui, à moins que ce ne furent les esprits-dieux : c'est très tôt qu'Emonimina fit transférer Kir'ayehe au hepere-kot qu'il lui destinait, Hempakitak aurait plus facilement accès à l'ourson. Dès lors, le jeune homme pouvait étudier le chemin à prendre à partir de la cage de l'ourson pour sortir de Shir'uturu.

Ses réflexions stratégiques, il les menait généralement depuis l'intérieur de sa maison, la nuit, sur sa couche, avant de trouver le sommeil, ou alors quand il partait cueillir différentes plantes mangeables ou des branches dignes de devenir des talismans. Se reposant sur sa mémoire du village dont il connaissait chaque recoin, il n'avait pas besoin d'avoir les lieux sous les yeux pour analyser les informations nécessaires. Depuis la mort de son ami, Hempakitak s'était découvert cette surprenante faculté de percevoir le monde à distance, par des moyens différents des sens humains. En se repassant en mémoire la cérémonie, il avait réalisé qu'à plusieurs reprises, il avait perçu les choses à distance comme par utilisation extraordinaire d'un aesaman, une sorcellerie.


Alors que, pour explorer les alentours afin de trouver le meilleur chemin vers les montagnes, il avait encore usé du prétexte de sa collecte de branches de saule, il entendit une machine, probablement japonaise. La Russie, qui se partageait Karput avec l'Empire du Japon, était passée de l'Empire de Russie à la République Russe. Puis d'autres russes qui habitaient sur la côte face à l'île avaient voulu se couper de la République Russe et avaient formé la République d'Extrême Orient, et la partie nord de Karput, c'est à dire la partie russe, en avait fait partie. Quelques mois après, ce printemps, parce qu'un général russe fou pour se venger avait massacré des civils japonais, la République d'Extrême-Orient a cédé tout le nord de l'île aux Japonais. Ce qui eu pour conséquence, depuis huit mois, que des soldats japonais en nombre occupaient maintenant les garnisons laissées par les Russes,

L'Empire du Japon s'étant accaparé toute l'île de Sakhaline, la machine que Hempakitak entendait approcher était le plus probablement celle d'une patrouille de l'armée impériale japonaise. L'Aïnou finit par reconnaître le bruit caractéristique d'un aerosani, ces traîneaux munis de moteurs d'avion; il y en avait eu au moins deux sur Sakhaline du temps des soldats russes. Le traîneau s'arrêta à quelques mètres à peine.
« Tu ne parles pas russe, par hasard ? ».

Le conducteur de l'aerosani avait de la chance : Hempakitak avait un don naturel, si ce n'est surnaturel, pour les langues. A force d'accompagner son oncle quand celui-ci rendait visite à des villages parfois très éloignés, et de voir passer des marchands, il savait parler parfaitement non seulement le nivkhe et l'evenki, les langues des deux autres peuples originaires qui partageaient l'île avec les Aïnous avant que les Russes et les Japonais ne vinssent la revendiquer, mais également les langues des envahisseurs ainsi que le coréen.

L'inconnu était un homme portant avec peine une cinquantaine d'années. A ses oreilles entaillées et les ailes de ses narines sectionnées, Hempakitak pu voir qu'il s'agissait d'un ancien bagnard que l'Empire Russe avait exilé sur l'île Les gardiens les marquaient ainsi pour que, en cas d'évasion, on les reconnaisse comme provenant de la prison. Les camps avaient fermés sur l'île quand Hempakitak n'avait pas encore son nom définitif. Les prisonniers et prisonnières avaient pour la plupart regagné leurs domiciles, mais d'autres avaient fait le choix de faire le reste de leur vie sur l'île de leur exil. L'ancien bagnard du traîneau à moteur portait de vieilles cicatrices des sanctions brutales des gardiens, et il semblait souffrant, fatigué. Sur les bords du traîneau, fait de bric et de broc, le mot "Чехов" avait été peint à la va-vite. "Tchekov". Le nom d'un écrivain russe qui avait décrit les conditions de vie dans les prisons tsaristes de Sakahaline. Si l'ancien bagnard avait connu Tchekov, il avait du être très jeune à l'époque où le médecin et écrivain avaint enquêté dans les camps. Peut-être simplement avait-il été marqué par le travail de l'auteur.
« Que veux-tu ? , répondit Hempakitak, utilisant le russe à la grande surprise de l'inconnu.
- J'ai besoin d'un abri, répondit-il après avoir évalué s'il pouvait prendre le risque de se confier. La Kenpeitai, la police secrète japonaise est à mes trousses. »

Le soir même, Vadim, c'était son nom, dormait dans la maison de Hempakitak et de sa famille, accueilli avec toute l'hospitalité aïnou (le mot aïnou pour "accueillir" était le même que pour "rencontrer"). Sa mère commença à prier l'Esprit Grand-mère Feu en jetant dans les flammes des talismans dédiés, pour invoquer la guérison divine sur lui, tandis qu'on était partie chercher la soigneuse.

C'était l'occasion. Hempakitak se faufila à l’extérieur et se dirigea vers la cage de Kir'ayehe. Même si ses griffes étaient déjà très longues, il s'agissait encore d'un ourson. Et quand le jeune aïnou eut retiré quelques barreaux, il pu au moins soulever l'ourson et extraire de sa cage.
« Viens ! »

Avec peine, Hempakitak pu emmener dans ses bras le jeune ours vers le Tchekov sans alerter le village. Il y avait un peu d'agacement chez l'ours, l'enfermement l'ayant rendu méfiant. Le jeune Aïnou rageait intérieurement que l'ourson ne comprît pas qu'il lui voulait du bien : ça aurait été tellement plus facile de se faire comprendre de Nup'isam. Kir'ayehe s'agitait, esssayant de le griffer, ne réussissant qu'à le cogner. C'est en le hissant dans le Tchekov qu'il récolta le plus de meurtrissures. A son grand soulagement, ses contusions, bien qu'elles le fissent souffrir et qu'il faudrait qu'il se soigne, restaient cachées par ses vêtements, ce qui permettrait que rien ne le lierait, aux yeux de la communauté de Shir'uturu, à la disparition de l'ourson.

Il ne fallut pas longtemps au jeune Aïnou pour comprendre comment faire démarrer le traîneau à moteur. Le vent d'hiver couvrit le bruit. Il semblerait que s'était posé sur lui le regard bienveillant de Chikap-Kamuy, l'Esprit Oiseau, dieu des hiboux et des terres, surveillant des comportements des hommes et des femmes, des dieux et des déesses, des esprits.

Parmi les tourbillons glacés de flocons qui cinglaient le visage, le Tchekov s'éloigna le plus possible des villages. Tantôt déporté sur un côté ou l'autre par une bourrasque, tantôt poussé soudainement vers l'avant par une autre, Hempakitak avait l'impression que le plus souvent l'engin était tiré vers l'arrière par un vent tenace qui le fouettait et menaçaient de déchirer la coque de l'aerosani. Les commandes, qui lui avaient semblé instinctives au moment de la première prise en main, paraissaient soudain ne plus répondre. Ses repères perdus, il tentait d'évaluer les distances parcourues, la trajectoire, pour se rediriger. Ne pas se perdre. Mettre Kir'ayehe à l'abri pour retourner le Tchekov à Vadim avant le lever du jour, avant que quiconque ne remarquât quoi que ce fût, et rentrer à la maison. Ne pas laisser la tempête l'arrêter.

Ne pas laisser la tempête le tuer.

La sagesse soufflait à Hempakitak d'arrêter, de se protéger le temps que la tempête se calmât. A l'arrière du Tchekov, Kir'ayehe cherchait à trouver un refuge, effrayé autant par la tempête que par la vitesse de l'engin lui-même, confus et partagé à l'égard de celui dont il ne comprenait pas encore tout à fait qu'il était son sauveur. Tout près de l'ours, le jeune homme trouva une épaisse couverture dont il pu se servir pour ménager un toit . Abrités sous ce toit de fortune et entre les parois du Tchekov, figés, Kir'ayehe et Hempakitak pouvaient ainsi attendre la fin de la tempête. Le jeune homme tentait de rassurer l'ourson, mais sa voix était couverte par les hurlements des vents, et par le vacarme assourdissant de la neige qui frappait les parois du traîneau, et l'ourson, qui n'était pas dans la même loge du Tchekov, ne pouvait l'entendre. L'angoisse torturait le jeune ours pendant toute la durée de la tempête.

Les grondements neigeux finirent par se taire, peu à peu, et la montagne retrouva sa quiétude habituelle. Le jeune homme sortit aussitôt du traîneau pour rassurer Kir'ayehe, qui l’accueillit d'un affectueux léchage de visage. Certes, il n'y avait pas le lien fusionnel qu'il avait eu avec Nup'isam, mais quelque chose en Kir'ayehe avait compris, finalement, que Hempakitak ne lui voulait que du bien. Les jours que l'ours avait passé chez d' Emonimina lui avaient insufflé de force une certaine docilité. Mais surtout, son instinct lui indiquait de faire confiance au jeune homme.

Un craquement attira l'attention de Hempakitak. Il tourna la tête vers la source du bruit. Une tâche vert vif au milieu de l'infini blanc, impossible, arracha à l'adolescent l'interjection de surprise des hommes aïnous :
« Etu-kishma! ». Nez saisi !

S'approchant de ce qui se trouvait être un massif de plantes étrangement épargnée par la neige, Hempakitak chercha à comprendre ce qui avait pu créer cet espace de verdure. En y pénétrant, il sentit une chaleur soudaine et réconfortante, comme au cœur d'une maison au foyer vivace. Ou comme au printemps.
Un bosquet de feuilles s'agita, trembla, d'une façon qui fit penser à une foule de petites bêtes. Avec délicatesse, il écarta des feuilles. De petits êtres se trouvaient là, émettant un « oh ! » de surprise :
« Etu-kishma ! », répéta-t-il.

Des Koro-pok-guru. Des êtres qui détestaient qu'on les voie, ce qui les avait même conduit, à en croire les contes, à couper tout contact avec les humains depuis des générations.
« Désolé de vous déranger. »

Quelques koro-pok-guru émirent un grognement, qui faisait penser à celui d'un chiot essayant de se montrer menaçant malgré sa petite taille, et sa petite voix. Mais en tendant l'oreille, Hempakitak eu la sensation qu'il s'agissait d'une tentative d'imiter les grondements d'un ours, ou d'un ourson. Une série de feuilles se pencha. Une direction ? Certains contes affirmaient que les koro-pok-guru se manifestaient si on s'égarait lors de son voyage, afin de les réorienter vers leur destination. Et Hempakitak choisit de le croire. Il les remercia poliment, et se précipita vers le "Tchekov" et Kir'ayehe. Il sauta aux commandes du traîneau et fonça dans la direction que lui avaient paru lui désigner les koro-pok-guru, ou du moins, dans la direction où penchaient les pétasites. Presque serein dorénavant, l'ourson regardait tout autour de lui, pour ainsi dire assis sur son siège. Une masse brune surgit à quelques dizaines de mètre devant, et Hempakitak arrêta le "Tchekov". Une ourse sortie d'hivernation. De lui-même, Kir'ayehe chercha à descendre du "Tchekov" et finit par y parvenir, pour se précipiter vers sa congénère. La mère de l'ourson avait, comme celle de Nup'isam, été tuée au cours d'une chasse, mais il semblait à Hempakitak qu'il avait désormais jeté son dévolu sur cette ourse, qui l'accueillait avec un naturel surprenant.

L'ourse se dressa sur ses pattes et grogna en direction du jeune aïnou, menaçante, hurlante. Une voix l'interpella derrière lui, sèchement.
« Mennä ! Tämä karhu tappaa sinut »

Hempakitak tourna la tête vers la voix. Un homme à pied, en uniforme militaire blanc, tenant un fusil, visait l'ourse.
« Sinulla ei ole mitään tekemistä täällä. Täma paikka on a uonnonpuisto ! »

Hempakitak ne comprenait pas un mot de ce que lui disait l'homme, ce qui le vexa un peu. Lui qui parlait dorénavant couramment plus de langues que n'importe qui d'autre sur Sakhaline, en tout cas depuis le départ du jeune Juli Borissovitch. Cependant de tous les hommes en arme qu'il avait pu voir dans sa vie, russes ou japonais, aucun n'avait fait montre d'aussi peu d'agressivité. L'homme était ferme, certes, et son ton ne laissait aucun doute : il voulait qu'il parte. Mais Hempakitak ne se sentait pas menacé L'Aïnou fit une manœuvre avec le "Tchekov" pour faire demi-tour et se mettre à la hauteur du soldat en blanc. Derrière lui, Kir'ayehe et sa congénère s'éloignèrent, s'étant adoptés l'un l'autre avec une rapidité incroyable. L'homme baissa son arme, et lut le nom peint sur la coque du traîneau à moteur.
« Vous Russe ?, demanda l'inconnu, dans un très mauvais russe.
- Non. Mais je sais parler le russe.
- Pars. Täällä interdit, fit l'homme, en désignant plusieurs fois le sol du doigt. Chasse interdit.
- Je ne suis pas chasseur. Je venais rendre la liberté à cet ourson, pour ne pas qu'il soit tué dans la fête de l'ours.
- Peijaset ?, demanda l'homme, étonné.
- Nous appelons ça l'Iyomante. La Fête de l'Ours, Mais ce n'est pas la fête, pour l'ours. Les miens les tuent lors de la fête.
- Oui. Ça Peijaset. Kiitos !
- Au revoir, fit l'aïnou, en faisant un geste de la main.
- Au revoir, tenta de répéter l'étranger. Pars nopeasti ! »

Le ton de l'homme, qui faisait penser à un chef de village qui expliquait un interdit posé pour des raisons d'intérêt commun, ne faisait aucun doute sur le sens du dernier mot prononcé. Les jeunes des peuples aïnous, nivkhes et evenks, même sans avoir la facilité extraordinaire de Hempakitak pour les langues, savaient que quand un soldat russe criait « Bystro ! », quand un soldat japonais criait « Subayuku ! », cela signifiait qu'il ne fallait pas trainer.

Se redirigeant vers l'ouest, et le temps s'étant maintenant dégagé, l'adolescent eu du mal à en croire ses yeux. Devant lui, là où aurait dû apparaître le spectacle d'une pente descendant vers la côte, et de l'océan se prolongeant jusqu'à l'horizon en direction des îles Kouriles, autre territoire aïnou disputé entre Russes et Japonais, Hempakitak ne voyait qu'un horizon de neige sous un ciel gris. Aucun point de vue semblable à celui-ci ne pouvait exister sur Sakhaline. Il était ailleurs. Très loin. Probablement à plus de 6000 versts à l'ouest, lui soufflaient ses nouveaux sens surnaturels de la distance. Impossible à couvrir en aerosani en moins de deux mois alors qu'il ne lui avait fallu qu'à peine une heure avec le Tchekov.

Le bosquet des koro-pok-guru lui apparut de nouveau. Il sortit de sa poche le petit couteau qu'il avait sur lui.
« Koro-pok-guru. J'ai un cadeau pour vous remercier. »

Il posa son offrande à proximité des pétasites. De petites mains se saisirent rapidement de la lame qui parut soudainement aspirée sous les feuilles. Une sorte de chant mélodieux émana de sous les feuilles, et, comme auparavant, les feuilles de pétasites se penchèrent dans une direction. Une indication que Hempakitak décida de suivre, laissant derrière lui l'étrange bosquet. En quelques minutes seulement, il reconnut les lieux, et à nouveau il n'était qu'à une vingtaine de versts de chez lui Les koro-pok-guru l'avaient ramené chez lui. Il dissimula le "Tchekov", pour éviter que la Kenpetai ne le trouvât, et se précipiter aux nouvelles de Vadim. Le village, constant l'absence de l'ourson à sacrifier lors du prochain Iyomante, sera furieux et tentera de comprendre ce qui s'était passé. Hempakitak devrait jouer finement pour ne pas être soupçonné. Quant à Vadim, sans doute les nouveaux talents magiques de Hempakitak, qu'ils soient attribués par l'Esprit vers la Montagne, par l'esprit de Nup'isam, ou par les koro-pok-guru, lui permettraient-ils de le cacher à la Kempetai.
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Pascal Bordron · il y a
Cette nouvelle forme un diptyque avec une autre, intitulée "Pas de larmes", également disponible sur Short Edition.
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