Un soir à la Rochelle

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Il est 10 heures du soir, la nuit doucement s'installe, j'erre ici ou là perdu dans mes pensées. Beaucoup de monde déambule encore. Inconsciemment je me pose la question, qui sont-ces gens ? comme moi égarés dans le temps ? ou sont-ils à la recherche de quelque chose, de quelqu'un ou de quelqu'une?
Les tours de La Rochelle toutes illuminées se dressent devant mes yeux, je ne me lasse pas de les admirer. Dans ma tête mille idées se mêlent, qui suis-je réellement, un être perdu dans ce monde bizarre?, ou ne suis-je simplement qu'une parenthèse de la vie ?
Puis je la vois là, qui marche devant moi. L'innocence, peut-être, fait que de son corps ses hanches se balancent, vision adorable, mon cœur s'emballe. Qui est-elle, si belle et semblant si mutine ?. Ressentant, sans doute, une présence magnétisée derrière, elle se retourne et pose son regard sur moi. Surpris, je me sens transpercé par l'expression de ses yeux. Je découvre, face à moi, un fort joli et très fin minois cerné par une chevelure couleur blé, avec des lèvres coquelicot, paré de yeux d'un vert à vous donner envie de plonger dans cet océan de verdure. Je ne me pose plus la question sur la beauté de la création, puisqu'elle est là, devant moi, incarnée de manière si ravissante, que moi le mécréant j'en remercie Dieu.
Après ce premier échange de nos regards, benoîtement je lui sers un "bonsoir, vous êtes d'ici ? " à ses yeux malicieux je devine qu'elle me jauge, il est vrai comme entame de conversation, nul ne peut dire que l'originalité était au rendez-vous. "Non, je découvre", me répondit-elle. Le fait qu'elle me réponde m'enhardit un peu et, tel le chevalier blanc, enfin pas trop blanc quand même, je me propose à elle pour l'accompagner et la guider, bien sûr, si elle le souhaite. Pourquoi pas dit- elle, le guide vert n'est pas toujours explicite. Dans ma tête en feu je ne sais pas si elle le pense vraiment ou si tout simplement elle souhaite être accompagnée. Nous voilà donc à déambuler, avec le parcours habituel des touristes, Vieux Port, remparts, Tour Saint-Nicolas, de la Chaîne, la Lanterne, marché, rue du Palais, rue du Minage...J'avoue au fur et à mesure que le temps passe à ses côtés, je me sens de plus en plus à l'aise et, en n'en rajoutant un peu, j'étale mes connaissances sur l'histoire de cette merveilleuse ville qui est la mienne. A l'évidence cette jeune femme est très cultivée, ses questions sont pertinentes et elle est dotée d'une voix à damner un saint, ce que je ne suis pas.
Après avoir bien marché, je lui propose de nous désaltérer, ce qu'elle accepte bien volontiers. Nous allons sur le Vieux Port, l'horloge ayant déjà bien fait tourner ses aiguilles, il n'y pas trop foule. Tout en se rafraîchissant, nous devisons gaiement, c'est un ravissement, comme chanté dans le Pays du Sourire, et discutons de tout, de nous, elle travaille dans l'informatique, moi je lui avoue que je suis un ignare en la matière, juste le minimum pour pouvoir correspondre et m'informer. Je préfère privilégier les randonnées en bord de mer dans les îles ou l'été à la montagne, trop d'écran me rebute. Besoin de sentir l'iode ou la flore de montagne envahir mes narines et mes poumons. Elle me demande où je loge, je lui dis près d'ici sur les remparts situé entre les deux tours de la Chaîne et de la Lanterne. Je dispose d'un petit logement de 35 m2, mais avec vue sur le Port des Minimes et par temps clair sur une petite partie de l'Ile d'Oléron. Elle me dit cela doit être agréable, "oui très, mais c'est presque à deux pas d'ici, si vous voulez je peux vous faire découvrir", "pourquoi pas" me répond t-elle de sa voix angélique. Nous voilà partis remontant l'escalier amenant à la rue sur les Murs. Je me sens essoufflé à cause de l'emballement de mon cœur. Je lui ouvre, montons à l'étage où se situe mon petit appartement. "Oh c'est charmant, rare chez un homme", "merci" répondis-je en rougissant. Heureusement la faible clarté dont je dispose ne lui avoue pas ma faiblesse ni mon trouble. Ouvrant la petite fenêtre qui donne sur la rue, je lui dis "Venez là, pour découvrir la vue".
Nous nous penchons un peu, dans la nuit noire se détachent les lumières du Port des Minimes, la mer d'un calme absolue, à peine éclairée par la réverbération des luminaires, déroule quelques vaguelettes dont nous percevons le bruit intime.
L'étroitesse de la fenêtre nous fait coller nos épaules l'une contre l'autre, contact qui me perturbe quelque peu. Nous restons là un bon moment à apprécier ce merveilleux décor. Enfin, nous nous redressons, puis, pour me remercier de cette soirée quelle a trouvée magique, dépose sur ma joue un doux baiser. Ne voulant être en reste, je le lui rend légèrement plus appuyé, m'attardant sur sa peau douce comme celle d'un nourrisson. Elle ne se dérobe pas, puis nos bouche glissent lentement, tendrement l'une vers l'autre. Ce baiser est divin, je sens mes jambes flageoler. Une de mes mains viens se poser en douceur sur sa nuque, l'autre enlace sa taille, nos lèvres se rejoignent de nouveau arrêtant le temps.
Je la serre un peu plus contre moi, son corps épousant le mien, puis mes mains se posent sur ses épaules et entament une lente et caressante descente de son dos pour finir à enserrer sa taille. Nos lèvres se séparent l'espace d'un instant, mes mains reviennent sur ses épaules et commencent prudemment à esquisser l'exploration de son corps. Elle ne bouge pas, semble être dans l'attente. Mes doigts se posent sur le premier bouton de son chemisier, font sauter ce premier obstacle. Je sens sa respiration s'accélérer, je n'ose parler de la mienne. Le deuxième bouton est atteint et libère un peu plus le haut de son corps. Encouragé par son attente bienveillante, mes doigts se défont de ses boutons l'un après l'autre. Enfin libérée de ce vêtement, je découvre ses seins habillés d'un soutien gorge noir. D'un doigt, j'écarte ce bout de tissu qui me cache son téton. Comme c'est beau. Du bout de ma langue je le lèche délicatement, imperceptiblement il se redresse. Je relève ma tête pour d'un baiser la remercier de ce cadeau. Ne voulant rendre le deuxième jaloux, je m'attarde, à son tour, sur lui.
Le chemisier est maintenant au sol, aussitôt rejoint par le soutien gorge. Je lui prends la main et l'emmène nous asseoir sur ma couche. Malgré la pénombre nos yeux se dévorent. Je l'embrasse de nouveau, ayant soif de ses lèvres, puis l'allonge. Mes mains glissent maintenant sur tout le haut de son corps, puis mes lèvres les suivent, libérant par endroit ma langue assoiffée de plaisir.
Sa petite jupe me cache encore le meilleur. Je la relève pour découvrir ses cuisses. Oui, le merveilleux mystère féminin est là, se cachant derrière une petite culotte noire. Vision de rêve, je dépose mille baisers sur ce bout de tissu. Libérant sa taille, je descend la fermeture et enfin ôte sa jupe. Ne reste que le petit morceau de tissu, qu'elle se donne la peine d'enlever elle même. Ses petites contorsions pour s'en débarrasser sont un spectacle digne des plus belles tragédies émotionnelles.
J'écarte avec douceur ses cuisses, glissant ma tête entre ses jambes. C'est le jardin d' Eden qui m'accueille. Un doux buisson protège ses lèvres, j'hume l'arôme de son corps. Ma langue n'y tiens plus et veux goûter cette perle de rosée que cette fleur vient de produire, comme toute fleur qui se livre au bourdon.
Affamé, ma langue ne suffit plus, et c'est maintenant ma bouche qui prend possession de sa source. Ma bouche posée sur ses lèvres, c'est ma langue qui explore ses profondeurs pour remonter le nectar de sa fleur jusqu'à son bouton. Absorbé, concentré puis déboussolé, j'avais oublié la femme propriétaire de ce jardin d'amour. Profitant d'un instant de respiration, je relève la tête pour l'admirer. Sa tête est posée, sur l'oreiller, ses yeux sont mis-clos, je l'entends gémir, musique de nuit, plus douce qu'une création de Mozart, accompagnant ses mains se promenant sur ses seins. Ouvrant les yeux, puis me découvrant, elle me dit "viens près de moi, de ta montagne, tu m'as fait atteindre le sommet du plaisir, à moi de te remercier". Je la rejoins sur la couche, me libérant de mes vêtements, lorsqu'elle m'arrête, " laisse, c'est à moi de te libérer entièrement". J'avoue que je me sens un peu penaud, pas habitué à ce qu'une femme prenne ce genre d'initiative, mais il est vrai que là, ce n'est pas une femme, mais une déesse de l'amour.
Je m'étends, laissant mon corps à sa disposition. Quand le sublime, prolonge le sublime. Ses mains se posent sur mon torse, descendent, puis libèrent mon sexe, ses lèvres douces et charnues y déposent un baiser, puis sa gorge en prend possession. Ses mains habiles libèrent totalement mon corps de ce dernier obstacle. Une main à la fois tendre et ferme me malaxe là où se cachent mes faiblesses, je me retiens d'hurler de plaisir. Que dire quand le merveilleux succède au merveilleux, je ne sais plus où je suis, ses mains sont partout, elles se démènent sans cesse, puis elle caresse mon sexe de la langue et en reprend possession dans sa bouche. Et cela dure, dure...
Combien de temps c'est écoulé, je ne sais pas, nous sommes blottis allongés l'un contre l'autre, je sens la douceur de sa peau contre moi, cet intense moment vécu me projette en apesanteur dans l'espace.
Nous reprenons nos esprits et quelques forces, elle me dit maintenant, j'ai besoin de te sentir en moi, allons jusqu'au bout et concrétisons cette merveilleuse nuit d'amour;
Elle s'étend de nouveau, m'ouvre sa porte en écartant ses jambes, je la pénètre, tendrement, puis puissamment, presque brutalement, elle gémit, puis crie, me donne des coups sur le torse, ni elle, ni moi ne savons plus où nous sommes, puis c'est le bouquet final, je me libère, je la libère.
Après quelques heures, qui ont vu nos corps meurtris, martyrisés, mais heureux, nous revenons de notre monde pour atterrir dans ce logis, qui n'aura jamais connu tel remue ménage, ni telle voluptueuse intensité.

Ne sachant pas de quoi demain sera fait pour nous, elle me dit : "tu sais j'ai quelque chose à te dire. Je suis rochelaise" et elle s'éclipse.
Ah je me dis, ces filles de La Rochelle....
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