1
min

un moment quelque part

Image de Mazarin

Mazarin

15 lectures

1

UN MOMENT ORDINAIRE QUELQUE PART .







Tout à coup le silence tombe; plus que la solitude, le calme lui fait peur. Elle regarde la pièce, est saisie par le désordre, elle qui s'entoure d'ordre et de certitude; son corps meurtri lui fait mal, elle voit la vitre éclatée et la plaie sur son bras. Alors elle soupire, ferme les yeux, se regarde du dedans, fuyant encore et toujours, revoit les aéroports, les avions, les trains, les gares, la mer et ses bateaux. Elle essaie de fixer les visages, entend les phrases, se souvient des paysages. Une maxime lui revient souvent: "kimbé red", se tenir debout dans son corps, elle sourit, c'est son père qui la lui a dite.

La fuite hors de son corps, c'est ce qui la rends violente envers les autres, mais surtout pour elle-même. Dans ces moments, elle se regarde agir, impuissante, galvanisée par la peur, coupée du monde.Aucune médiation dans ces instants terribles ne peut l'arrêter. Quand elle se "récupère", s"accrochant à des souvenirs heureux, la culpabilité des actes qu'elle pense mauvais la précipite dans des angoisses profondes et le cycle, toujours, reprend.

Peut-on aménager sa mémoire pour vivre avec, sachant que nous avons la nôtre, celle de nos parents, grands-parents, aïeuls... que le lien qui nous unit aux autres est la mémoire collective des morts et des vivants. Quels sont ces souvenirs impensables ou innommables qui barrent sa vie?...

Contrairement à ce qui se passe d'ordinaire, où elle se lance dans l'action, nettoyant ses plaies, mettant de l'ordre, ramassant les débris, cette fois, trop fatiguée, elle écoute le silence. Il emplit l'espace, devient si grand qu'elle s'entend enfin....

-Elle pense :
Le lien, c'est ce qui me manque, il faut réunir les situations passées avec celles présentes qui m'obsèdent. Elle voit sa mère, sa grand-mère. Toutes ces femmes ont à leur façon fait la "guerre", elle imagine leur combat.


-Elle pense encore:
Je ne suis pas seule, j'ai des parents, des frères, des soeurs,des oncles et tantes. J'ai le contenant qu'il faut,à moi de le remplir...

-Elle pense toujours:
La vie, c'est peut-être une succession d'ombre et de lumière (encore faut-il que la clarté soit assez forte pour éclairer l'ombre,c'est ce qui donne la pénombre, dans ce clair-obscur, il y a sans doute des moments heureux)...

-Elle pense également aux efforts qu'elle fait pour arrêter cette violence et cette destruction.Elle s'aperçoit qu'elle n'a plus peur du silence. La réconciliation avec ses actes passés, ses erreurs, ses reniements, ses lâchetés, ses échecs lui parait soudain possible. Sans le savoir, elle commençait à s'aimer.




-

î

Thèmes

Image de Nouvelles
1

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Joëlle Brethes
Joëlle Brethes · il y a
Un lien (même ténu) avec votre autre nouvelle ? L'autre voie possible que celle du drame que vous avez narré dans le texte... suivant ?
·
Image de Mazarin
Mazarin · il y a
Merci de me lire, mais je vois qu'il n'y a qu'une partie du texte qui est sorti, je vais donc faire une rectification sous peu
·