Un jour une très bonne amie m'a dit,

il y a
4 min
36
lectures
4

Peintre du dimanche, scribouillard de petits textes 1,2 maxi 4 pages, drôle en société, ai beaucoup aimé R.Lamoureux puis le grand Coluche, aime la lecture SF, Thriller ainsi que des plus anciens  [+]

_ Alain, je suis dans une grande perplexité, tu sais que je suis d'une famille
qui a une petite et confortable fortune, et en plus que je suis jeune, mais ça
tu le vois, ce n'est donc pas parce que je suis riche que je suis dans cet état,
ni parce que j'ai 23 ans, mais parce que ces 2 avantages, argent et âge sont
là au-dessus de ma tête et qu'ils me pèsent.
Il était vrai qu'une foule énorme d'admirateurs de tous poils lui faisaient la
cour, il y avait là, des gros, des maigres, des grands et des petits qui mettaient
des talonnettes pour paraître, des chevelus et des mi-chauves, des riches et des
pauvres qui se déguisaient pour tromper leurs mondes, et même des
boutonneux, et tous étaient auréolés d'un brillant avenir, ce sont aussi pour
certains, des héritiers, des bourgeois/bobos vivant dans le 16° ou Place des
Vosges dans des appartements pour famille hyper nombreuse avec plus de
pièces que de pages dans le guide Michelin, avec de grands noms comme
d'Estaing, Rothschild ou Badinter...La liste est trop longue, alors j'abrège.
Et tous ses soupirants trouvaient tout bien en elle, ses tableaux, son chalet
à Courchevel, sa longère en Normandie, son petit château en Creuse avec
sa très belle forêt pour la chasse ainsi que quelques étangs pour la pêche, ses
chevaux et en parlant de chevaux, sa très belle Triumph TR4 vert d'eaux avec
ses jantes chromées, et en dernier, pour certains, ses dentelles qui font tout
le charme d'une jolie femme.
Et tous ces soupirants qui en meute, comme de voraces hyènes se présentaient
mielleux et affables chez la mère d'Aurore pour lui en demander sa main, et
dans le petit salon, aller jusqu'à se battre pour ses beaux yeux, comme des
chiffonniers.
_ A qui le « pompon »
Oui, Aurore était ravissante, comme le soleil un matin d'été, avec ses grands
yeux bleus, son teint éclatant, une bouche aux contours gracieux, qui lorsqu'elle
souriait découvrait une double rangée de perles, mais voilà, le malheur était,
qu'autour de son cou, une autre double rangée de perles du plus bel effet et
d'une valeur plus qu'appréciable s'offraient en même temps aux regards de ses
nombreux admirateurs et il est à croire que c'étaient ses dernières qui avivaient
la convoitise de tous ces beaux messieurs, comment savoir ?
Aurore était une personne optimiste ayant une grande indulgence pour beaucoup
de sujets et elle voulait croire à tort ou à raison à la sincérité des gens.
_ Pourquoi ne seraient-ils pas sincères, me dit-elle, l'autre jour le petit Guy de
Saint-Ouen que tu connais toi aussi et passé me saluer ainsi que ma mère, il m'a
fait des compliments sur la robe que je portais en me disant que je m'habillais
toujours avec goût et avec une taille comme la mienne.
Et en quoi ne serait-il pas sincère en tenant de tels propos ?
De même que le fils Pinault tu sais celui qui rit tout le temps, avec mes amies nous
l'avons surnommé le bienheureux, il est passé saluer ma mère, j'ai remarqué que
souvent il passe par elle pour venir me voir, lui, il me parle tout le temps de ses
châteaux par-ci , par-là, de ses vignobles et bla bla et bla bla...penses-tu qu'il ne
soit pas sincère dans ses intentions pour moi ?
Et ils sont nombreux ces soupirants à être là et à crier des « Moi ! Moi ! Moi !
Choisissez-moi Aurore », semblaient-ils tous dire.
_ Alain que penses-tu de ceci, si je leurs annonçais à tous que je suis ruinée ?
_ Tu sais petite Aurore, il faudra bien un jour que tu prennes une décision en
ce qui concerne le choix de l'homme qui partagera ta vie et te fera des enfants...
_ Mais comment faire pour me décider ? Qui choisir, j'ai pour bon nombre de ces
prétendants une grande amitié, pour quelques-uns un peu d'amour, mais peut-être
pas assez pour me décider, ils sont tous là, comme des...comment te dire, oui, des
mouches autour d'un pot de miel, pourtant je suis loin d'être ce pot.
Les jours ont passé, les visites des uns et des autres se sont faites de plus en plus
pressentes...
Aurore sentait qu'il fallait qu'elle se détermine, ne pas laisser plus longtemps ses
amoureux sur le gril, ils allaient certainement se lasser de sa non-décision, mais
elle était incapable de se résoudre à un choix, elle était là à s'en remettre au ciel
pour qu'il lui apporte un signe, une inspiration, jusqu'à ce jour où un domestique
vint lui annoncer :
_ Mademoiselle, il y a là une personne qui demande à parler personnellement à
mademoiselle.
_ Oui, Georges, quelle personne ?
_ Un médecin, interne à la Pitié-Salpétrière, il dit vous avoir vu en consultation le
moi dernier et il aurait quelque chose vous appartenant...
_ Faite le entrer, Georges, merci.
Un petit interne en médecine, un très beau jeune homme me dit Aurore le lendemain,
il était venu me rendre une boucle d'oreille perdue dans la salle de consultation, et
de fil en aiguille Alain, je crois, tu sais, avoir dans son regard trouvé celui qui peut-
être sera le père de mes enfants, nous avons discuté pendant des heures de son
travail, de sa vie, de la mienne, de ce qu'est le monde, nous avons ri, oui Alain ri
de nos bêtises, puis nous sommes sortis, il m'a emmené dans un petit restaurant grec
de la rue Mouffetard, la rue où tu habites, j'ai même failli venir te voir avec lui, mais
nous avons décidé d'aller nous promener sous les arcades du Palais-Royal, nous
avons passé une soirée magnifique, je suis sur que c'est lui, Alain que penses-tu de
mon coup de cœur, il n'est pas d'une famille riche, mais ce n'est pas grave...
Je me sens libre, heureuse, amoureuse folle...
Je lui ai donné mon consentement, pourtant je ne suis pas son père, pour elle je
ne suis qu'une rencontre un jour au Musée d'Orsay devant une toile de Jean Béraud,
« une soirée » et depuis, nous ne nous sommes jamais quitté, nous avons visité d'autres
lieux d'expositions, nous avons été souvent au Louvre, elle aimait l'art, comme moi,
et c'était bien, nous en avons passé des soirées nous aussi dans ma petite chambre
de la rue Mouffetard, loin des fastes de son grand appartement de la place des Vosges,
un petit cocon où elle aimait bien venir pour écouter sur mon petit tourne-disque,
mes 33T de Santana, Creedence, Dire Straits, Pink Floyd et tant d'autres, nous
sommes toujours des amis très proches et j'en suis heureux.
Puis son mari est devenu Professeur de médecine, chef de service de pneumologie
toujours à l'Hôpital de la Pitié-Salpétrière, il porte le même nom que le mien...
Drôle non ?
4

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !