Un énigmatique après-midi

il y a
3 min
22
lectures
8
C’était un après-midi où l’on ne pouvait se refuser les rayons du soleil. Celui-ci était ni trop, ni peu brûlant, mais brillait d’une telle modération que le temps dont il est le maître de renom depuis que l’eau a acquis son état liquide et que de la terre ont poussés herbes et plants, microorganismes et macroorganismes, faisait aussi bon à vivre. Depuis le ciel, on pouvait percevoir une lueur de lumières aux éclats adoucissant et des plus prometteurs, qui s’abattaient sur toute la ville. Du toit du panssionnat où j’habitais, avec une cinquantaine de colocataires, tous étudiants, dont nombreux apeurés par la monstruosité de la catastrophe sanitaire au COVID-19 que présageaient les reseaux sociaux dans les prochaines semaines à venir dans notre pays, décidèrent de rejoindre les leurs. C’était un après-midi du 11 Mai 2020, qui devait, n’eurent été les circonstances aggravantes, grouiller de partout dans les rues, les buvettes, et sous les ponts- d’une carnavalesque meute d’adeptes de la Rastafari avec la bouche dégageant des odeurs de marijuana et d’alcool pour commémorer le trente-neuvième anniversaire de décès du célèbre artiste chanteur Reggae Jamaïcain. Néanmoins, je me réjouissais en début d’après-midi par la beauté du paysage paisible que la ville depuis plusieurs semaines n’a plus eu la chance de connaître. Tout joyeux, j’espérais impatiemment le cours de pédiatrie 2 qui devait passer en ligne suivant le programme hebdomadaire qui fut annoncé le jour du sabbat précédent. C’était la première session pour cette unité d’enseignement, pour laquelle une poignée de mes camarades promotionnaires était obsessionnelle. L’inauguration de la séance fut faite par le Doyen de la Fac qui était le Professeur meneur, chargé de dispenser ce cours. Cœur à cœur avec les autres membres de la plateforme une atmosphère caricaturale s’abattait. Assis dans un meuble séculier, mon smartphone en mains, l’enthousiasme m’habitait.
Ce fut à la quinzième heure de la journée qu’enfin est parvenu brusquement un message de l’enseignant nous souhaitant la bienvenue comme suit : « Messieurs et Dames, précieux étudiants ; bonsoir. J’espère vivement que vous aviez eu le temps de parcourir personnellement les chapitres prévus au programme. Ces deux heures décernées pour l’occasion ne serviront que d’opportunité d’échanges, d’ailleurs que nous morcèlerons en deux temps : un premier au cours duquel nous autres enseignants, puisque je serai secondé par un assistant, ferons des résumés du support électronique de cours envoyé ultérieurement et dans un second, nous récupèrerons vos critiques et ajouts puis répondrons à vos questions. Aussitôt fini, il nous envoya deux fichiers qui serviront pour l’échéance. Après plusieurs tentatives de téléchargement des fichiers sans succès, mon espoir volait à la perdition, sans m’en douter que ce n’était que le début de mes ennuis. J’ai passé une dizaine de minutes sans un seul signal. Silence total. J’eu la curieuse idée d’aller vérifier mon forfait internet, quand je me rendis à l’évidence que les deuxcents méga-octets auxquels j’avais souscrits plus tôt avaient disparus. A ma deuxième tentative de consultation, ce fut un plus grave coup de déception : sur la barre de notifications de l’écran de mon smartphone il y avait tout, sauf le signal d’internet. L’angoisse, qui avait pris possession de mon être, rendait la salle d’étude, que j’avais regagnée il y a peu, irrespirable. Mais je ne devais pas du tout céder gratuitement à cette injustice dont j’étais victime. Que faire ? Où pourrai-je, bon sang de bon sang, me plaindre ? En quête de réponse à ses questions qui troublaient le calme de mon esprit, masque au visage me couvrant nez et bouche, je décidai d’aller dans le cyber le plus proche pour tenter de rattraper le retard que j’avais, indépendamment de ma volonté, accusé. Vaille que vaille, il était d’une nécessité indescriptible, que je sois témoin direct de ce qui se déroulait comme cours sur la plateforme, en l’occurrence mon cours de pédiatrie. J’accourrais illico presto vers ma cible quand, à quelques pas, j’entendais des vociférations assourdissantes entrecoupées de courts sons de musiques douces. Le cyber était débordé. Il brouillait d’individus qui tenaient entre les doigts des verres pleins de vin. Un monde immense s’y était réuni. Il était impossible de se freindre un passage au milieu de tout ce vacarme. Et pourtant je devais coûte que coûte entrer. J’entamais ainsi des négociations auprès des uns et des autres pour y arriver, dans l’espoir de pouvoir me connecter au wifi. Entre tous les bruits qui résonnaient, une voix rauque criaillait d’une manière ostensoir : « vives les décoratrices qui ont rendu aussi resplendissante ce jubilé d’argent d’existence de cette entreprise. » C’était en effet le plus grand centre informatique de la ville. Il fournissait la connexion internet la plus fluide de la région. J’eu, par la bonté Divine, la chance de tomber nez à nez sur la gérante qui, toujours aimable de caractère, me permis de me connecter. Malgré tous ces efforts inlassables, je ne pus suivre que les dernières minutes du cours qui s’achevait par les remerciements des camarades aux enseignants. Il sonnait environ 18 heures et quart.
L’amertume et surtout la colère m’animaient. Je me contentai d’enregistrer tous les fichiers qui furent donnés et de les survoler immédiatement. Fort heureusement, était en ligne une amie, que j’admire affectueusement, qui m’avait laissé des messages. Elle fut aussitôt mise au parfum de ma mésaventure. En bonne amie, elle sue me réconforter. Toute la douleur que je ressentais se dissipa presque entièrement lorsque ma mère - ma côte- comme j’aime bien la nommer, décrocha à mon appel que je me suis empressé à passer après mes échanges avec mon amie, et me dit à l’autre bout du téléphone : « mon Fils, la vie n’est pas si rose. Il t’arrivera d’évènements bien plus douloureux dans la vie. Tu pourras t’en remettre, cette fois-ci. Un autre conseil que je te demande de ne jamais oublier, c’est de leur faire toujours face et c’est seulement à cette condition que tu seras de plus en plus fort et sage. »
8
8

Un petit mot pour l'auteur ? 3 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Ben ALI
Ben ALI · il y a
Merci mon frère, c'est très captivant.
Image de Yves Koffi
Yves Koffi · il y a
Merci Jude pour ta magnifique plume qui relate notre triste réalité ✨✨✨✨✨
Image de Solange Bate
Solange Bate · il y a
C'est fort!😊