Un duel (d'après Maupassant)

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Charles Dubruel grand-père, passionné de littérature et particulièrement de Maupassant  [+]

UN DUEL

La guerre était finie.
Les Allemands occupaient notre pays
Qui palpitait comme un lutteur
Tombé sous le genou du vainqueur.

Dans le premier train qui a quitté
Paris affamé, attristé,
M. Dubuis allait rejoindre en Suisse
Sa femme et son fils
Envoyés par prudence à Sion
Avant l’invasion.

À une petite gare, le train s’arrêta.
Un officier Prussien monta
Et déclara fièrement :
-Tans ce fillage, ché tué touze Français.
Blus de cent brisonniers, j’ai fait
Si ch’afais le gommandement maintenant
Che prûlérais Paris. Grâce à mes uhlans,
Blus de France tans deux ans,
L’Europe abartiendra à nous.
La Brusse plus forte que tout !

Puis l’officier railla la France écrasée,
Méprisa notre défense acharnée,
Ridiculisa nos unités mobiles
Et notre artillerie devenue inutile.

Puis s’adressant à Dubuis, il lui demanda :
-Monsieur, vous n’auriez bas du tabac ?
-Non. « Gand le train va ztoper
Je fous brierai t’aller m’en acheter. »

Deux heures plus tard, à la gare de Macon,
Il faisait presque nuit.
Craignant une réprimande, Dubuis,
Tel un résigné et terrorisé laquais,
Enfila son veston,
Descendit sur le quai,
Chercha un bureau de tabac.
Mais n’en trouva pas.

Quand le chef de gare
Siffla le départ,
Le français réussit à sauter
Dans le dernier wagon.
Mais le Prussien retrouva Dubuis :
-Fous afez pas oublié ma gommission ? « Non. »
-Alors, pour bourrer ma pipe, che fais couper
Votre belle moustache !
Dubuis, bravache,
Le saisit au cou,
Le roua de coups,
Et le renversa.
Tout en se débattant, le Prussien, hurla :
-Che vous tuerai au prochain arrêt.

À la frontière, il traina Dubuis sur un pré
Ils se rendirent sur un pré.
Au commandement, Dubuis tira.
Et l’officier prussien s’écroula
Dans une mare de sang cramoisi.
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