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Un dernier regard vers le ciel

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Oc120

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Chaque soir je fixais le plafond de ma chambre, n'arrivant point à trouver le sommeil. La peur me tordait le ventre, une seule chose passait dans ma tête : Fuir.
Mais que fuir ? Qu'est-ce que je devais fuir? Je ne le savais pas moi-même. La seule chose que je savais c'est que ma famille et moi étions comme des cibles pour certaines personnes. J'avais entendu leur nom par un vieil homme passant dans la rue, c'était les Nazis. Rien que de le prononcer j'en avais des frissons, pour moi ce nom représentait la Mort.
Avec ma famille nous nous étions enfuis dans notre vieille maison de campagne. Elle était cachée dans la forêt qui se trouvait près de la ville. Les seules personnes à savoir ou elle se situait étaient nos ancêtres et nous-même. Depuis toute petite mes parents m'avaient apprit par cœur le chemin. Même avec les yeux bandés j'aurais choisis le bon chemin, mais qu'importait si nous nous la trouvions c'était plutôt savoir si eux ils arriveraient à la trouver.
Cela faisait bientôt trois semaines que nous étions cachés dans la maison. Nous n'avions plus assez de nourriture pour nous tous. Mon père se sacrifiait pour que nous ayons tous un quelque chose à manger. Puis vint le jour ou il n'y avait plus de pain dans le gros sac qu'avait emmené mon père avant de partir. Plus aucun fruit, plus de patate, plus de viande. Plus aucune nourriture. La faim vint rapidement nous taillader l'estomac. Ma petite sœur Pérah n'était pas dans un très bon état, elle avait la peau qui avait prit une teinte d'un blanc cadavérique. Nous n'avions pas de médicament sur nous, la seule chose que nous avions s'était le peu d'argent qu'avait put prendre ma mère en dernier recours. Après deux jours de réflexion mon père sortie de la maison pour se rendre en ville et se procurer des médicaments pour Pérah et un peu de nourriture. Il nous avait dit qu'on partirait juste après son retour, que nous ne pouvions plus rester ici, caché comme des rats. Ce fut la dernière fois que je vis mon père, malgré la perte de poids il gardait toujours un peu son charme naturel et son sourire qui était le plus scintillant des sourires que je n'avais jamais vu. Il nous avait fait un grand signe de la main avant de partir discrètement pour ensuite disparaître entre les nombreux arbres.
Tout le monde avait retenu leurs larmes, notre seul souhait c'était qu'il revienne sain et sauf. Mais notre vœux ne fut point exaucé. Petit à petit ma mère commençait à perdre la tête, dû à la faim et le manque de son mari qui était son pilier. Pérah était au bord des portes de la mort. Elle avait attrapée une infection,la seule chose que je pouvais faire pour la soulager c'était de lui mettre un gant d'eau froide sur son front brûlant de fièvre. J'avais trouvée de l'eau grâce au ruisseau qui se trouvait juste à côté de la maison. Je me demandais combien de temps il fallait pour qu'elle parte. Moi je survivais tout simplement. Je me levais que très rarement, de toute façon je n'en n'avais plus la force. Mes jambes et mes bras avaient perdu leur vigueur. Un jour, alors que j'imaginais un endroit rempli de merveilles pour m'échapper de ce monde. J'entendis un bruit venant du dehors. Dans un dernier espoir je crus que c'était peut-être mon père qui était enfin revenu pour nous sauver et nous emmener loin d'ici, loin de la guerre, loin des Nazis. Le sentiment d'espoir éprit mon corps et lui procura une énergie nouvelle. D'un bond j'étais debout et je sauta sur la poignée de la porte, l'ouvrant à la volée. Ma bouche était entrouverte pour crier un ''papa''. Au lieu de voir mon père je vis des pieds volant dans les airs, je releva la tête. J'avais tout faux, c'était simplement ma mère qui venait de se pendre à un arbre. Ses yeux étaient révulsés ne montrant que du blanc, et de la mousse sortait de sa bouche. Je ne l'avais pas entendue sortir, ni chercher la corde dans le placard. Avais-je intentionnellement fait en sorte de ne pas l'entendre ? L'avais-je laissée se suicider pour la simple est bonne raison que je ne pouvais supporter ses geindre la nuit? De toute façon, elle ne nous servait à rien, elle n'était plus une mère depuis longtemps.
À la place de pleurer et m'apitoyer sur notre sort, je referma simplement la porte d'entrée et me rassis à l'endroit que j'avais quittée. Je regardais Pérah respirer avec difficulté, c'était comme si son corps avait baissé les armes. Je n'en pouvais plus de la voir souffrante. Alors je pris un coussin et l'étouffa. Au moins la haut elle serait enfin heureuse. Je me retrouvais désormais seule, aucun être humain vivant à des kilomètres.
Faim, faim, j'avais faim, si faim...
Ma tête tournait, c'était insupportable. Pourquoi ma vie allait-elle se terminait ainsi ? Pourquoi je devais souffrir autant ? Est-ce qu'un jour j'ai contrariée Dieu? Je ne reconnaissais plus mon corps, je perdais des touffes de cheveux chaque jours passant. Je mourrais à petit feu. C'était ironique, s'ils arrivaient à trouver la maison ils ne trouveraient que des cadavres. Ils n'auraient pas le plaisir de nous tuer. Des mouches volaient autour du corps de Pérah, je n'avais pas la force de les chasser, et encore moins pour l'enterrer. J'avais juste mit la couverture sur son visage pour ne pas le voir.
Je vagabondais dans mes pensées, me rappelant du goût de mon plat préféré, de mon dessert préféré...Un filet de bave coulait de ma bouche, mon imagination était trop développée. Mes yeux se tournèrent vers l'une des seules fenêtres de la maison. Je vis des flocons tomber lentement en direction du sol. D'un très grand effort je me leva, essayant de me tenir comme je pouvais avec les murs. Après quelques minutes j'étais dehors. Pieds nus, pantalon déchiré, chemise remplit de sueur je me retrouva dehors. Le froid glaça mon être. Les flocons de neige tombaient sur ma tête. Le sol était totalement recouvert de neige. J'avais toujours adorée la neige, elle me rappelait à chaque fois de bons souvenirs avec ma famille. Les batailles de boules de neige, les Noëls joyeux. Désormais il n'y aurait plus rien, je l'avais comprit dés l'instant ou nous avions quitté la ville.
Je descendis les trois marches du perron difficilement. Je ne sentais déjà plus mes pieds à cause du froid, mes dents claquaient. Si je restais la sans bouger, j'en mourrais, mais n'étais-je pas déjà condamner à mort à cause de mon statut de juive ? N'était-ce pas mieux d'attendre gentiment mon trépas ? Dans un sens c'était moins douloureux que de se prendre une rafale de balles, mais le froid contrairement aux balles prenait un certain temps à tuer. Ma tête se releva doucement vers le ciel, je versa qu'une seule larme, cette larme coula le long de ma joue droite pour finir par s'écraser sur le sol.
Quelques mètres plus loin se trouvait des soldats SS, ils se faisaient conduire par leur chiens. Ils avaient enfin trouvés une piste, les chiens tiraient férocement sur leur laisse pour aller débusquer l'ennemi. Ils le sentaient, ce n'était plus très loin.
Les soldats me trouvèrent devant la maison, le visage toujours levé vers le ciel. Sans attendre ils tirèrent sur moi sans aucune hésitation. Mon corps tomba en arrière, mes vêtements dégoûtants se colorèrent d'un rouge carmin. Je mourus la, sur ce sol remplit de neige qui prit rapidement la couleur de mon sang. Mes yeux fixaient toujours le ciel, la dernière pensée que j'eus c'est que peut-être je retrouverais ma famille, qui sait.

_Racontes-moi comment c'est déroulé ta mort, après tout, nous ne sommes que des êtres n'ayant plus de forme physique. Il faut bien passer le temps, nous avons l'éternité devant nous....
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