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Un cousin reconnaisant

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Bourbi

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Protégé de la pluie par le capuchon de sa cape, l’homme avançait rapidement le long du chemin. Le temps, exécrable, réduisait considérablement la visibilité ; surtout depuis qu’il était entré dans cette forêt sinistre. Il leva alors son long bâton noueux, murmura un ou deux mots inintelligibles et une aura de lumière le nimba subitement. Il apparut alors clairement dans toute sa stature. Avec son visage ridé par les ans, ses traits aquilins et sa barbe blanche, il paraissait l’archétype du grand magicien. D’ailleurs, cette lumière venue d’on ne sait d’où semblait confirmer cette apparence. Mais cela n’effraya pas l’étrange créature, toute faite de griffes et de crocs, qui se rua soudain sur lui. Le mage eut tout juste le temps de dire un mot, sans doute magique puisque la bête s’embrasa alors dans un torrent de flammes. La horde qui l’accompagnait n’eut pas l’air d’apprécier de perdre ainsi l’un des siens. Et si quelques-uns uns se firent abattre par différents sorts, cela en fut bientôt terminé pour notre noble vieillard...

— Tu t’es bien battu, mais il faut être idiot pour lancer un sort de luminescence dans la forêt des ténèbres. Tout le monde sait que les Dévoreurs s’attaquent à tout ce qui produit de la lumière. Et ils viennent si nombreux qu’ils sont impossibles à vaincre.
— C’est que tu t’y connais tellement en magie, Dudley !
— Mais non ! Enfin je... Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Je connais bien ce jeu, c’est tout. Je voulais juste te conseiller, balbutia Dudley.
Se tortillant sur sa chaise, il tenta d’y caler son postérieur confortablement.
Ce ne fut pas une mince affaire, mais il y parvint néanmoins. Malgré une dizaine de kilos perdus au cours de l’année, sa masse restait conséquente.
— Je plaisantais Dudley, t’en fais pas ! répondit Harry.
Regardant l’écran de l’ordinateur, il continua :
— J’espère que je suis plus doué en vrais magie que mon personnage dans ce jeu de moldu... Enfin mes notes de l’examen de magie me le diront !
— Je ne m’en fais pas pour toi. Vu la manière dont tu as repoussé ces...ces...
— Détraqueurs, murmura Harry regardant le visage de Dudley brutalement exsangue.
Puis il s’exclama, le ton faussement joyeux :
— Et si tu me montrais tes talents de magicien ! Fiche leurs la pâté à ces fichues bestioles. Tiens, prends le joystick.
Rasséréné, Dudley se concentra immédiatement sur une nouvelle partie. Harry admit intérieurement qu’il était bien moins doué.

Il avait encore du mal à accepter le nouveau comportement de son cousin à son égard. Depuis leur plus jeune âge, il considérait Harry comme son punching-ball attitré. Puis, lorsqu’ils découvrirent les dons de Harry pour la sorcellerie, ce fut avec peur et peut-être même avec dégoût qu’il le regardait. Mais depuis que le jeune sorcier était rentré de Poudlard, son école de magie, pour les vacances d’été, Dudley lui témoignait l’estime que l’on donne à un véritable ami. D’abord sur le qui-vive, Harry trouvait cette gentillesse suspecte.
Le matin, Dudley tout sourire, lui disait :
— Bonjour Harry ! Tu as bien dormis ?
Ou pendant ses corvées domestiques :
— Attends ! Je vais t’aider.
Et le plus incroyable, au repas :
— Tu... tu veux un morceau de ma tarte ?
C’est à ce moment qu’il comprit que son cousin était véritablement sincère...
Ce revirement était sans doute le résultat de son sauvetage par Harry, lors de l’attaque des Détraqueurs l’été dernier. La cible principale de ces créatures était Harry, mais elles avaient bien faillis aspirer l’âme de Dudley. Sur le coup il n’avait pourtant pas été reconnaissant...

C’était toujours le cas pour son oncle et sa tante, qui le considérait plus que jamais comme un danger public. Par certain coté, cela rassurait le jeune sorcier.
Sinon il aurait soupçonné sa famille d’être sous l’emprise d’un sort !
Mr Dursley ressemblait à un volcan, prêt à exploser au moindre mot ou geste de travers. Quant à Tante Pétunia, elle était incapable de le regarder en face et ne lui adressait la parole que par des ordres ou des onomatopées.
Aucun d’eux n’appréciait la nouvelle complicité entre leur fils adoré et ce neveu imposé. Mais leurs désapprobations (bruyantes en début d’été) devinrent muettes quand Dudley fit une crise de rage dont lui seul avait le secret, leur interdisant de s’immiscer entre lui et « son seul cousin ».
Une paix précaire durait depuis lors. C’était malgré tout le meilleur été qu’il n’ait jamais passé à Privet Street. Dudley lui fit découvrir un univers qu’il n’avait jamais vraiment connu, celui des amusements moldus. Pour la première fois de sa vie, il se rendit au cinéma (les elfes du film n’étaient pas très réalistes, mais le magicien ressemblait comme deux gouttes d’eau à Dumbledore...), il retourna au zoo et passa des nuits à jouer à l’ordinateur avec Dudley. Il en oublierait presque les terribles événements des mois précédents, s’il n’était réveillé régulièrement par des cauchemars, leurs contenus lui échappant rapidement.
Enfin tous étaient question de Voldemort ou de son parrain...

— Harry! J’ai terminé la partie. Tu as vu comme j’ai vaincu le chef de horde par mes rayons d’énergie négative ?
Ramené en sursaut à la réalité, Harry battit des paupières et dit en baillant :
— Je crois que je me suis un peu endormi sur la fin...
— C’est vrai qu’il doit être tard.
Regardant la pendule, il s’exclama :
— Oulla ! On est déjà demain ! Mais avant de se coucher, je voudrais te dire... JOYEUX ANNIVERSAIRE !!! Tiens, ouvre.
Il sortit un petit paquet de sa poche et lui tendis. Harry le remercia en bégayant d’étonnement. Il ne s’attendait pas à recevoir des cadeaux de ses amis (ceux-ci sachant que Vernon et Pétunia risquaient la crise cardiaque à la vue de la moindre chouette ou un autre oiseau nocturne), et encore moins de la part de son cousin. Du papier kraft déchiré, apparue une superbe montre à gousset en cuivre. Sur son pourtour, un étrange entrelacs de métal argenté était incrusté, de la même couleur que les aiguilles. Dudley, tout sourire, l’arracha à sa contemplation muette :
— Quand je l’ai vu dans une vitrine, j’ai tout de suite pensé à toi. Comme tu m’as dit que les objets électriques ne fonctionnent pas à ton école, j’ai pensé qu’elle te donnerait l’heure quand même. Elle te plaît ?
— Elle est merveilleuse. Merci ... vraiment !
— Hum... Bon, on ferait bien de dormir un peu.
— Oui tu as raison. À demain !





PRIX

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Bourbi · il y a
Merci pour vos retours positifs. C'est un texte écrit il y a longtemps, après ma lecture du tome 5...
Mais au tome 6 Dudley a choisi de rester aussi gras et stupide qu'avant, contrairement à mon uchronie. Tant pis pour lui !
Je lirais vos histoires avec plaisirs. Peut être que vous aussi, vous laissez leurs chances aux personnages ingrats ? ;)

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Maë · il y a
j'aime beaucoup comment tu présente le personnage de duddley ton avis m'intéressent sur mes textes si tu as le temps
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Miguou · il y a
C'est cool de découvrir une autre version de Dudley ;) j'aime bien ton écriture aussi, et j'avoue que l'idée de base était originale ! Bravo ! Si tu pouvais me dire ce que tu penses de mon histoire : http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/albus-s-potter-a-l-ecole-des-sorciers merci d'avance ;)
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Camille Dubois · il y a
J'aime bien cette version où Dudley est vraiment sympa +1
Ta façon d'écrire est très fluide et ton texte se lit très bien, bravo :)
Si l'envie te dis de voir la mienne je te met le lien au cas où : http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/bienvenue-a-poudlard

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