4
min

Un clou chasse l'autre

Image de Polotol

Polotol

16 lectures

1

Dans les premiers temps, Les filles étaient prudentes, timides et réservées. L’envie de cocufier la femme de Michel Hendrik eut finalement raison de leur pusillanimité. Pascaline et Diane, deux internes succombèrent les premières . Elles rencontraient l’amant idoine dans les salles de douches après le couvre- feu. A deux, elles se sentaient plus franches pour le capturer. D’autres filles se lançaient dans la compétition.
Un hit-parade, était établi, à qui avait le plus la cote. Entendez le nombre de rencontres et le temps passé ensemble dans les vestiaires. Sur le tableau d’affichage du dortoir, le résultat figurait en lieu et place des horaires de sorties autorisées officielles. Marcel jouait, en douce, les arbitres ! A la sauvette, il photographiait la plupart des opportunités.
Les surveillants, goguenards ou complaisants, feignaient ne rien remarquer.
Yacinte, en bonne administratrice, pour sa part, semblait parfaitement comblée par le nouvel intendant qui se dépensait sans compter. Courtois, il retournait dans ses appartements après l’avoir satisfaite. Marcel, embusqué, mitraillait tout avec son téléobjectif silencieux en zoom automatique.
Michel, pour tenir la route, se gavait de petites gélules bleues, en vrac. Les causes étaient nombreuses et pas toutes perdues. Elles y passeraient toutes !
Pleine de satiété post-coïtale , un beau matin, Yacinte prit sa Range Rover pour aller au bureau et découvrit en dessous des essuies- glace un billet énigmatique.
Rendez-vous « derrière les veines » si tu veux en savoir plus ! Viens avec toute ta sincérité , comme la dernière fois... Signé M.
Un trombone fixait sur le message une photo de son Michel chevauchant une jeune fille floutée qui exhibait une paire de fesses personnalisées par le tatouage qu’elle lui avait offert lors de son anniversaire.
Yacinte, tétanisée, resta immobile les mains crispées sur le volant de cuir. Effrayée, enragée ou subjuguée ? Elle n’identifiait plus le sentiment qui l’envahissait.
Frederik, le jeune stagiaire, était secrètement amoureux de sa patronne et des femmes de couleurs qui l’environnaient. De toute évidence, il leur manifestait une dévotion sans pareil. Tant du côté cour que du côté turbin . Dispersé dans ses émotions , il ne parvenait pas à conclure. Il était capable du pire pour attirer le privilège des profiteurs . Etait-ce lui l’auteur de ces messages ? Impossible, le feuillet était signé M. et ” comme la dernière fois”. Logiquement, ce ne pouvait être lui.
La vision de Marcel arriva comme un flash aux yeux de la belle et cela concordait avec les évènements, les causes et les effets. Michel avait pris sa place dans son cœur et dans sa tête. Il allait le payer.
« Derrière les veines », ce lieu-dit de remparts autour de la ville, hantés par les derniers assauts d’envahisseurs ne promettaient rien de bon. Jamais elle n’ retournerait seule. Elle lui avait promis, là-bas ” jamais, je ne te trahirai”
Il ne cherchait certainement pas la paix après son licenciement abusif, cette trahison. Surtout que depuis L’arrivée de Michel, elle avait cessé toute communication face à lui.
Avertir Michel ? Avec cette photo, elle perdait tout espoir ! Yacinte s’effondra la tête dans le guidon. Quelle sera la réaction de ce mâle pris au piège ! Nier l’évidence ? Avouera-t-il sa concupiscence ? Comment avait elle pu être aussi naïve ? Et l’autre, que l’on croyait KO ? Son désarroi fit place à une fureur mitigée.
Comme une somnambule, elle conduisit son attelage motorisé au râtelier professionnel. Hallucinée par la mémoire de ce cliché aberrant. La scène repassait en boucle, par passages obsédants.
.
Michel, l’ homme dit de confiance, après le relevé des courriers devait arriver prendre ses fonctions à ses côtés pour établir les horaires des ouvriers. , Avait-il encore quelque chose à lui prouver ? Débonnaire, il se dirigeait vers les locaux de sa supérieure en lisant le journal du matin.
Toc-toc, à la porte de l’office. -C’est Frederik, J’ai quelque chose à vous montrer ?
Fébrile, il voulait précéder le chef ouvrier
-Tout à l’heure, Fred, Je suis occupée. Yacinte paniquait de laisser voir la détresse qui ne la quittait plus ! Elle essayait de remettre l’ordre mental dans sa tête en fusion.
Fred insista : J’ai une photo à vous remettre de la part d’une femme d’ouvrage ! C’est beau mais on reconnaît pas bien votre visage ? Il est chouette le prose du chef !
Hendrick en passant derrière le stagiaire pour ouvrir la porte, jeta un œil sur l’image porno brandie dans les mains du morveux insistant. IL fut saisi de vertige. La nausée , le reflux gastrique suivi d’un spasme tachicardique* ventriculaire, l’obligèrent à s’asseoir sur le banc d’attente dans le couloir, immédiatement. Son cœur le lâchait. Fred, appelle les urgences, je me sens pas bien !. –dit-il avant de tomber dans les pommes. Yacinte, aux aguets, tendit l’oreille contre le mur, de l’autre côté...
-Madame, le chef est dans les vapes, ouvrez, il faut faire quelque chose !
Décoincée, Jacinthe apparut et demanda à Fred d’emmener l’inanimé dans son véhicule avec elle. Ce qu’il fit seul en embarquant celui-ci à bras le corps.
En s’engouffrant dans l’habitacle, elle lui ordonna : “-Ne dis rien à personne, je vais m’occuper de tout”
Yacinte fonça vers les hôpitaux et bifurqua vers ses logements. Michel reprit ses esprits en chemin. – Que se passe-t-il ? Que fait-on ici dans ta voiture ? Quelle heure est-il ? Je ne me souviens de rien ! J’ai soif ! Mal partout !
Yacinte avait bien pris soin de faire disparaître le message matinal.
-Tu as eu un malaise au bureau, mon chéri. Je te ramène à la maison. Tu as besoin de repos. Je vais faire une bonne tisane et appeler un médecin.
Dans sa purée de poix, Michel était pris d’une forte angoisse malgré les attentions bienveillantes de sa maîtresse. Dans l’habitacle de la Range, il se sentait comme pris au piège. Pourquoi ? Aucun accident ne pouvait arriver, il était dans de bonnes mains !
En chemin , bizarre, ils croisèrent le pick-up de Marcel. La Range fit un écart. Michel se tassa sensiblement sur le siège passager.
Concentrée, Yacinte prit beaucoup de précautions pour l’extraire du véhicule et l’emmena jusqu’au salon, l’assit dans un relax, .- Mets toi à l’aise, mon amour. Je cours à la cuisine te préparer un remède en attendant le docteur. Fred l’a appelé après notre départ. Tout va bien !
L’amant , en proie à un malaise vagal, haletait :” Cela aurait été plus rapide de d’appeler l’ambulance !”
-Silence abyssal
Yacinte, déterminée, exécuta la sentence en rétablissant son serment. ” Te voilà vengé, Marcel. Nous en reparleront derrière les veines !”
Elle administra la dose de chloroforme adéquate, qui avec le viagra ne ferait pas de cadeau à l’amant insatiable.


* spasme tachicardique : crise cardiaque
1

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Alizée Le Pocher
Alizée Le Pocher · il y a
Sympa !
Je participe au concours Fanart Harry Potter si ça vous intéresse de jeter un œil ;)
https://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/cetait-un-poil-de-chat-7

·

Vous aimerez aussi !

Du même auteur

TRÈS TRÈS COURTS

Evènement ahurissant. A l’autre bout de la planète Terre, un tsunami a été repéré en formation dans le pacifique Nord. Il provient d’un séisme de la fosse des Mariannes à dix mille mètres...