Un bruit de coeur qui bat prêt à s'éteindre

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Écrivant débutant  [+]

Poursuivie par un coup de klaxon furieux, une moto s'échappe de la Nationale située tout en haut de la route. Elle longe à vive allure le mur du cimetière et s'approche du croisement posté à l'entrée du village. Sur le côté de la voie venant de la droite, se dresse un olivier au tronc épais et dur, plusieurs fois centenaires. Le conducteur, homme vigoureux d'à peine vingt ans nommé Miguel, ne ralentit pas. Natif de l'endroit, il connaît ce trajet comme sa poche et il n'est pas dangereux. Depuis la route qu'il emprunte, on peut facilement voir arriver les autres véhicules et ralentir. Dans la poche intérieure de la veste en cuir, repose tout contre son cœur un livre mystérieux. Un bruit de cœur qui bat prêt à s'éteindre. Miguel, perd le contrôle de l’engin et se fracasse contre l'arbre. Il meurt sur le coup. Quelques mois plus tard, Manuel, agriculteur âgé de soixante-six ans dont le terrain est adjacent au collège établi sur la colline, s'apprête à descendre l’axe venant de la droite, menant au même carrefour. La pente est très raide. Une dernière fois avant de s’engager, Manuel teste les freins de son tracteur auquel est attachée une remorque remplie à ras bord de foin. Il s'élance. Dans la poche de son bleu, un livre mystérieux. Un bruit de cœur qui bat prêt à s'éteindre. Après quelques mètres parcourus, le véhicule s'emballe et termine sa course dans le fossé. L'homme meurt sur le coup, écrasé sous le tracteur et la remorque.

Des diamants glacés et acérés s'abattent sur la fenêtre faisant raisonner dans la nuit le tintement d'un glas lugubre et immortel emplissant d'une brume putride le néant autour de lui. Le voilà. Ses traces de pas sur la neige froissée couturent l'immaculé campagne en un déploiement de racines torves et maléfiques. Bien au chaud derrière mon bureau je profite des flammes qui caressent doucement ma carcasse. Les langues ardentes qui me supplicieront dans les abîmes seront moins amènes. Il arrive. Devançant ma demande, l'efficace Annabelle a posé sur la table, un paquet de feuilles blanches. Je m'interroge parfois sur l'origine de sa présence à mes côtés. Je suis sûr qu'elle n'ignore rien de ce que je m'apprête à faire. Dans un tiroir fermé à clé, repose le Livre. Même emmitouflé dans sa fétide noirceur, le bruit de cœur qui bat prêt à s'éteindre qui émane de lui continue de m'attirer. Il m'a tout apporté : argent, pouvoir, femmes, jeunesse éternelle... J'ai pu grâce à lui étancher ma soif à la fontaine des vanités. Mais ce qu'il m'a offert, je devrai le payer au centuple. Il approche. Au début, sentant ses griffes se serrer sur mon âme, j'essayai de le détruire. Mais cela est impossible, la matière qui le compose n’est pas de notre monde. Il est là. Que ceux qui liront ce qui va suivre ne me plaignent pas. J’étais et je reste un être méprisable. Je me suis toujours tenu en marge de mes contemporains et lorsque j'ai fait mine de m'intéresser à eux ce n'était que pour leur faire du mal ou les utiliser...Non, c'est faux ! Je n'étais pas comme ça. C'est lui qui m'a rendu ainsi. TOC, TOC, TOC ! Vite. Ecrivons !

De ma tendre enfance jusqu'à l'adolescence, je passais mes vacances d'été dans le village natal de mes parents, dans le centre du Portugal. Ils avaient immigré et ce pèlerinage constituait pour eux, un retour aux sources les aidant à calmer au moins un temps, leur mal du pays. A chaque fois, j'y retrouvais mes grands-parents, oncles, tantes et une ribambelle de cousins que je ne voyais qu'un mois par an mais que j'aimais profondément. Enfant de la ville, habitant dans un appartement exiguë d'une tour HLM en région parisienne, ces quatre semaines représentaient pour moi une véritable bouffée d'oxygène dont je profitais au maximum. Je partais le matin rejoindre mon cousin ainsi que ses deux meilleurs amis originaires de Lisbonne arpenter les ruelles plusieurs fois centenaires de Rodinha. L'après-midi, nous partions nous baigner dans la rivière ou trainions des heures entières dans l'unique café du village afin de jouer aux jeux situés dans l’arrière salle, avec les quelques escudos que nous avions obtenu de nos parents. Je ne revenais à la maison qu'à la nuit tombée sous l’œil réprobateur de ma mère me reprochant de considérer le foyer comme une vulgaire auberge. J'entendis parler du Livre pour la première fois par l'intermédiaire de mon cousin Carlos. Il mentionna un accident qui s'était produit la veille à l'entrée du village, tout en bas de la route descendant du collège. Le tracteur du vieux Manuel avait eu un problème. Les freins avaient lâché et il avait fini sa course folle dans le fossé tuant au passage le malheureux. Après l'intervention des secours, l'ouvrage était apparu et selon les dires des témoins, était encore sur place. Tandis que je maudissais l'épisode que j'avais manqué à cause d'une journée passée à la plage, avec l’aide de Joao et Henrique qui ajoutaient une foule de détails, j'écoutai mon cousin faire son exposé au sujet de l'ouvrage. C'était un livre maléfique qui n'en était pas à son premier assassinat. Ses pages étaient remplies de symboles mystérieux et d'incantations permettant d'invoquer le diable ou d'obtenir tout ce que l'on souhaitait en échange de la damnation éternelle. Il s'appelait le « Sao Cipriano ». Sans nous en rendre compte, nous étions descendus de nos vélos, interrompant un moment le jeu du pied par terre sous le regard réprobateur des apôtres taillés dans le fronton de l'église. Je ne me sais plus chez qui naquit l'idée funeste de nous rendre sur les lieux de l'accident et de s'emparer du livre, toujours est-il que sans prendre conscience de ce que nous faisions, nous nous embarquâmes dans l'aventure. En moins de cinq minutes, notre bande se trouva sur les lieux. Le tracteur tel un monstre déformé qu'un autre plus gigantesque aurait occis trônait à l'entrée du champ se situant près du fossé. La remorque toute cabossée avec ses planches en bois fracassées, reposait au fond du fossé. Juste à côté, une trace sombre sur le sol et un tourbillon de mouches. Le Livre s'offrit à nous immédiatement. Quelques feuillets épars nous menèrent facilement à lui. Joao l'empoigna le premier. Aussitôt, il examina la couverture. Sur la page ornée de fines volutes, était dessiné un homme barbu arborant une auréole. En dessous, le titre disait « Sao Cipriano: le sorcier, édition acier. Il était imprimé dans un papier gris métallique. Joao se mit à lire à haute voix l'index. Sa voix résonnait dans un silence inhabituel. Même la Nationale avec son flot ininterrompu de véhicule située plus haut, semblait tendre l'oreille.
« Le Sao Cipriano est un ouvrage qui comporte des neuvaines, des prières, des sorts, des sortilèges et des rituels permettant :
• d'obtenir une protection contre le mauvais œil
• d'éloigner toutes celles et ceux qui vous veulent du mal
• de pouvoir les tuer
• de réaliser des exorcismes
• de détruire la vie d'une autre personne
• d'être invisible
• de faire naître la discorde chez les autres
• d'obtenir tout ce que l'on souhaite
etc... »
Quand il eut terminé, je perçu pour la première fois ce bruit de cœur qui bat prêt à s'éteindre. Je le fis remarqué aux autres mais je semblai être le seul à l'entendre. Je tombai à mon tour sur une feuille arrachée avec en haut de la page écrit en lettres gothiques, le mot avertissement. Que ne l'ai-je suivi et repris mon vélo afin de m'éloigner à tout jamais de ce maudit ouvrage ! Nous revînmes près de lui avec dans les mains, les feuillets que nous avions récupérés. J'avais quant à moi fait main basse sur la page d'avertissement et sur une autre sur laquelle était dessinée la paume d'une main découpée en zones minuscules. Une efficace manipulation des phalanges et lignes de la main accompagnée d'incantations mystérieuses était censée infliger à un ennemi les pires dommages physiques ou psychologiques. Quant à Carlos, il avait trouvé une série de rituels à accomplir permettant d'obtenir tout ce que l'on désirait. Henrique lui ne débusqua rien. Il était l'heure de dîner. Nous jurâmes de n'en parler à personne. Joao et Henrique se proposèrent de garder le Sao Cipriano chez eux. Nous nous promîmes de nous retrouver le soir même afin de l'étudier plus sérieusement. J'avalai mon repas en un clin d’œil et m'en allai retrouver mes camarades à notre endroit habituel, sur le parvis en face de l'église. La nuit tombait. Dans le ciel, des zébrures orangées annonçaient une autre journée ardente le lendemain. J'attendis de longues minutes mais personne ne vint. Préoccupé, je me dirigeai vers la maison des frères et sonnai. Le grand-père m'ouvrit. Lui d'habitude si affable et accueillant présentait un visage rouge de colère. Il me dit que ce que nous avions fait avait été stupide, que ce Livre était le mal incarné et que dès demain, il le brûlerait. Avant de me tourner le dos, il ajouta que les garçons étaient punis et qu'ils étaient privés de sortie pendant une semaine. Penaud, je me rendis chez mon cousin en m'inquiétant que même les adultes connaissaient le Sao Cipriano et s'en méfiaient. Ma tante m'accueillit. Je devinai tout de suite qu'elle avait pleuré. Elle avait demandé à Carlos de porter le dîner à son père et à son grand frère qui profitait de la fraîcheur du soir pour arroser leur terre. En se rendant sur place, Carlos perdit le contrôle de son vélo et manqua de tomber du pont situé juste au-dessus du champ où l'attendaient son frère et son père, qui assistèrent horrifiés à la scène. Par miracle, Carlos resta suspendu dans la vide par le pouce, emmêlé dans la manette et les câbles de freins. Il était à l'hôpital. Je pris congé tristement. Tôt le matin, je fus sortie de mon lit brûlant -je n'avais pas fermé l’œil- par une sonnerie stridente et impatiente. C'était Henrique. J'étais si étonné de le voir que je ne fis aucune remarque. Son visage était ombrageux. Les ombres autour de ses yeux montraient que lui non plus n’avait pas dormi. Il m'invita à l'accompagner. Chez lui, Carlos, la main bandée et le visage couvert d'écorchures, étaient assis sur le canapé du salon à côté de son frère. Ils ne me saluèrent pas trop absorbés par la scène qui se déroulait devant eux. Tout en fixant la cheminée, Joao prononça ces mots qui même un siècle plus tard, résonnent encore dans ma tête :
« Pour nous punir, Grand-père a voulu nous obliger à regarder le Livre se consumé dans la cheminée. Il a préparé soigneusement le bois puis en se servant d'une pomme de pin, a mis le feu. Il paraissait nerveux. Sa moustache blanche n’arrêtait pas de tressauter. Lorsque la hauteur des flammes lui a paru convenable, il a jeté le Sao Cipriano dans le foyer. Tout de suite après il est partit...il avait des courses à faire en ville...qu’il récupérerait les cendres à son retour. Il est parti en nous laissant seuls. Il n’a pas pu voir ça. »
Je ne comprenais pas. S'en rendant compte Joao fit un signe de la tête en direction du foyer. Et là, je vis le Livre être léché, attaqué, noyé par les flammes, sans montrer aucun signe de consomption. Il reposait paisiblement sur les braises rougeoyantes comme s'il se trouvait sur la table de chevet en l'attente de son propriétaire. Poussée par une force inconnue, j'attrapai le ciseau à charbon et sortis le Sao Cipriano des flammes. Dans un même élan, je saisis une pile de magasines rangés dans un panier près d'un fauteuil et la jetai dans le feu. Voilà les cendres que trouverait le grand-père à son retour. Mes camarades me regardèrent interloqués. Après un long silence, ils m'annoncèrent que je pouvais garder le Livre...qu'ils ne voulaient plus en entendre parler. Je blottis le Livre contre mon cœur synchronisant mes battements au sien. Au moment de sortir, le téléphone sonna. Je su plus tard que c'était la police annonçant l'accident qui avait coûté la vie au grand-père. En apprenant la nouvelle, je ne pus m'empêcher de sourire. La propriété du Sao Cipriano m'avait transformé. Les gens autour de moi étaient devenus des ombres. Autrefois sympathique et paisible, j'étais devenu cruel et cynique. Je savourais avec délectation la tristesse qui s'emparait des êtres qui m'étaient chers, confrontés à ma nouvelle personnalité. Dur et froid, je n’éprouvais aucune culpabilité. Tout en étudiant quel rituel j'allais accomplir, je cherchais ce que j'allais pouvoir demander en échange de mon âme. Comme tous les garçons de mon âge, j'étais amoureux de la plus belle fille du village. Stéphanie. Fille d'immigrés comme moi, elle préférait fréquenter le groupe des français (fils d'immigrés vivant en vase clos, ne parlant que français entre eux et ne souhaitant aucun contact avec les autochtones). Elle ignorait mon existence. Cela allait changer. Je choisi le rituel qui me paraissait le plus simple :
« Celui que désir obtenir ce qu'il souhaite devra se rendre à proximité d'une église un peu avant minuit. Au moment où les douze coups de minuits retentiront, il fera le tour de l'église dans le sens inverse des aiguilles d'une montre en psalmodiant l'incantation suivante : SHIG N'TAT CTULUH KHORHH SHIG NIGGURAHHHTT ! Au douzième coup, il devra annoncer à haute voix la chose désirée. Pendant le rituel, Celui qui désir obtenir ce qu'il souhaite devra prendre garde à ne jamais se retourner malgré tout ce qu'il pourra entendre ou ressentir. Il en va de sa santé mentale. »
Je mis mon plan à exécution la nuit suivante. J'attendis que mes parents aillent se coucher et me rendis en catimini à l'église. La lumière blafarde de l'éclairage publique éclairait à peine les ruelles désertes. J'étouffai un rire en passant devant la maison en deuil de mes amis lisboètes.
A 23h50, je relis une dernière fois l'incantation afin de ne rien oublier et d’articuler parfaitement. Je pensai à Stéphanie à son visage, à son corps magnifique qui serait bientôt à moi. J'imaginai déjà ce que je pourrais demander ensuite grâce au prochain rituel.
A 23h55, je me levai et me dirigeai vers l'entrée principale. Je pivotai vers la gauche. Autour de moi, tout était noir.
A 0h00, l'introduction de l'Ave Maria retentit. Je levai mon pied droit en l'air dans l'optique de synchroniser mon pas avec le premier coup. J'aurai dû savoir que le précipice était trop grand pour moi. Un bruit de cœur qui bat prêt à s'éteindre. Je récitai la phrase. Au bout de la première incantation, j'entendis qu'on chuchota mon nom. Je luttai pour ne pas me retourner. A la moitié de la deuxième, on me poussa violemment vers l'avant. Je manquai de tomber mais n'oubliai pas de continuer de psalmodier. Au début de la troisième, on me tira les cheveux et je sentis un souffle glacial sur ma nuque. En criant le prénom de Stéphanie, je perçus la fin d'un hurlement effrayant venu du fond des âges.
A 0h01, j'avais vendu mon âme au diable.
Les jours suivants, je mis tout en œuvre pour croiser Stéphanie. Jouissant d'une confiance en moi jusque-là inconnue, je me rendis dans l'antre des français, affrontant les quolibets des uns et des autres avec une indifférence étonnante mais...rien. Les yeux noirs et profonds de la belle insistaient pour ne pas me voir. J'étais en rage. Je ne mangeais plus. Je ne dormais plus. Je passais mon temps à étudier le Sao Cipriano à la recherche d'un élément qui m'aurait échappé. Exactement une semaine après mon rituel, le parvis de l'église était bien différent. Décorés de guirlandes multicolores, un bal était donné. Loin du silence sépulcral de la dernière fois, une musique entraînante et assourdissante s'échappait de la scène outrageusement éclairée. Déjà, j'étais un vampire. Enfermé dans ma chambre, je ne lâchai pas le Livre. Ma mère tapa à la porte et m'informa que quelqu'un demandait à me voir. Il s'agissait d'une jeune fille. Près du portail elle était là, indifférente. Elle me tendit la main et me mena jusqu'à une vielle maison abandonnée. Elle demeura silencieuse. Une fois sur place, nous entrâmes dans cet endroit délabré. Sur un tas de gravats, elle se déshabilla indifférente et me laissa profiter de son corps sans me toucher. Mes caresses et mes baisers sur cette peau de statue me laissèrent un mauvais goût dans la bouche. Voilà ce qu'il m'offrait. Conscient de mon erreur, je déployai d’immenses efforts pour redevenir moi-même. A mon tour, j'essayai de me débarrasser de lui. Je le jetai dans le feu, à la poubelle, je l'enterrai même...Mais il était trop tard, à chaque fois, je le retrouvai intact dans ma chambre. Découragé, j’abandonnai et plongeai dans la mélasse nauséabonde du mal. Je me complaisais dans des comportements cruels et assassins. Je fus bientôt seul ressentant nuit et jour une soif que rien ne pouvait étancher. Voilà ce qu'il m'a offert.

Un bruit de cœur qui bat prêt à s'éteindre. Annabelle m’a quitté. Sa mission auprès de moi est achevée. Je tapote les feuilles sur le bureau pour constituer un pavé régulier. Je me lève péniblement pour aller ouvrir. Je suis si las. Le pire commence pourtant. Le couloir menant à l'entrée semble interminable. Les photos et récompenses témoignant du pouvoir qu'il m'a apporté couvrent le mur. Voilà tout ce qu'il me reste. Amis, relations, connaissances. Tous m'ont abandonné après s’être conduit avec moi de la même façon que j’ai agi avec eux. Mon âme en bandoulière, je m'avance pour enfin payer de mon dû. J'ouvre. Une silhouette se dresse devant moi. Les traits de son visage sont cachés derrière un nuage noir affreusement ébouriffé à l’aspect tentaculaire. Il me tend une main décharnée et froide. Une lueur verdâtre jaillit du sol. Un déchirement assourdissant me fait tomber. La Terre s'ouvre sous mes pieds. Je suis englouti. Je ne suis plus.

On dirait qu’il y a eu la guerre. Au milieu des débris, les maraudeurs fouillent de leurs mains brulantes à la recherche de matière, les cadavres des bacs en bois aux échardes blessantes. Des centaines de feuillets arrachés tourbillonnent autour d’eux fouettant au passage, leurs visages blafards aux yeux rougis. D’un amoncellement de livres éventrées, surgit alors le plus affamé d’entre eux. Le visage émacié, les orbites cernées de gris à cause du manque de sommeil, l’homme est en chasse. En chasse de nourriture. Pas pour lui mais pour le livre qu’il est en train d’écrire. L’ombre de l’aspirant écrivain plane aux aguets, au-dessus des immondices, des rêves de célébrités plein la tête. Il cherche dans ces restes d’ouvrages l’idée qui lui permettra de finir. Ici l’inattendu, là l’originalité. N’importe quoi pourvu qu’il s’extirpe de la masse. A demi enterrée, une caisse emballée dans un papier résistant fortement serrée avec de la ficelle manque de lui faire l’équilibre. Avec l’unique arme de son index bossu, il arrache les liens de l’artefact et parvient à le libérer. A l’intérieur, des livres noircis par un autodafé. Un bruit de cœur qui bat prêt à s’éteindre. Réfugié sous un tas de cendres, une forme solide. Un bruit de cœur qui bat prêt à s’éteindre. Un livre intact à la couverture couleur métallique s’offre à lui. Il l’ouvre intrigué.
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