Trouver Sophie

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Sébastien est un jeune policier en devenir. Profitant de ce que le mois de mai à de plus beau à offrir, notre enquêteur en herbe fuit Paris pour se mettre au vert. Nous sommes un vendredi, la voiture de son covoitureur a enfin quitté le périphérique parisien, la nuit tombe progressivement. Quelques heures et quelques kilomètres plus tard, les lumières de la petite ville apparaissent enfin. Quelle est-elle ? Sébastien vous emmène à Château Gontier, petite ville surplombant la Mayenne. Le jeune homme voue un amour particulier pour cette cité, son cadre et son calme. Il y a passé son enfance, l’a fui à l’adolescence, et maintenant revient avec plaisir goûter à ses charmes.

Il est arrivé, le chauffeur l’a déposé devant l’église de Saint Rémi, juste à côté de chez lui. Avant de plonger dans la rue qui mène chez sa mère, Sébastien adresse un rapide coup d’œil à l’édifice. Son clocher se dresse fièrement droit vers le ciel. Normalement il est blanc du tuffeau qui le façonne. Ce soir la nuit est sans Lune. Il arbore une couleur noire, presque inquiétante. « Tentes-tu de me faire passer un message ? » lui demande-t-il silencieusement. Trônant au milieu de la place, la maison de Dieu sert de carrefour. Pendant des temps immémoriaux elle a salué les enfants se rendant à l’école juste en face. Les murs ont vieilli et les normes sont plus jeunes. Difficile d’accorder les deux ensembles. L’établissement a fermé, les élèves ont déménagé. Rassurez-vous, le lieu Saint n’est pas en reste. Les cérémonies y sont encore très nombreuses. Il accueille encore une foule de fidèles très pressés de venir prier tous les dimanches puis, la cérémonie terminée, de se donner des nouvelles des uns et des autres. Enfin... Surtout des autres ! Les cloches sonnent, un frisson parcours Sébastien. Décidément, la nuit est étrange ce soir.

Le jeune homme longe la rue et descend chez lui. Il appuie durement sur la poignée, donne un coup de pied dans le bois, la porte s’ouvre enfin. La maison est sombre, rien de bouge. Habituellement, à peine a-t-il passé son pas que sa mère se précipite vers lui. Ce soir, rien. Personne. La pièce de vie baigne dans l’obscurité. Il sait que sa mère raffole des éclairages indirects mais là... Pas la moindre lumière. Tout est noir. Dehors le vent s’est levé. La maison grince. Peu à peu ses yeux s’habituent à l’opacité. Il remarque une petite lueur dansant au fond du salon. Une bougie.

- Tu es arrivé mon chéri ?

La voix le fait sursauter. C’est celle de sa mère. Elle a un timbre d’outre-tombe, rien à voir avec celui si chaleureux habituel. Il la cherche dans le noir ambiant. Un corps se dessine près de la faible chandelle. C’est sûrement elle.

- Maman, pourquoi restes-tu dans le noir comme ça ? Tu ne veux pas que j’allume ?

Joignant le geste à la parole, Sébastien appuie sur l’interrupteur. Sa mère est assise sur la banquette, à côté de la fenêtre, les yeux rivés sur une enveloppe. Son visage est livide. Elle viendrait de prendre le thé avec un fantôme il serait de la même couleur.

- Éteins cette lumière tout de suite ! Lui lance-t-elle mi sauvage mi-apeurée.

Étonné, Sébastien s’exécute et s’approche d’elle. Il lui demande ce qu’il se passe mais pour toute réponse, elle lui tend la missive qu’elle tient dans ses mains. La lettre est au nom du jeune homme. L’enveloppe a déjà été ouverte, sûrement par sa mère intriguée. Il faut dire que cet écrin ne ressemble à aucun autre. Sébastien devine qu’il a été fait à la main, découpé dans le premier magazine venu. Il attrape le mince feuillet plié à l’intérieur. Subitement, ses sourcils lui barrent le front, son teint blanchit, ses mains se mettent à trembler. Le message provient de son amie Sophie. Amie d’enfance. Amie de toujours.

Sébastien, au secours ils me cherchent. Ce sont des professionnels, ils ne tarderont pas à me trouver. Vite ! Viens me chercher !

Pas un mot de plus. Rien. Qui sont ces gens ? Pourquoi voudraient-ils du mal à son amie ? Dans quel pétrin s’est-elle enlisée encore ? Depuis l’enfance, Sophie a le don de se mettre dans des galères pas possibles. Elle a grandi, les petits pépins sont devenus de gros ennuis. Après le bac, Sébastien et Sophie se sont perdus de vue. Lui entamait ses études dans la police, elle commençait une longue carrière de droguée. Ils se sont brouillés. Leurs chemins se sont séparés.

Sébastien tente de joindre Sophie sur son téléphone, rien. Il tombe sur sa messagerie directement. Il est minuit. Impossible d’aller chez elle maintenant. Il va falloir attendre demain.

*****

Après une nuit sans sommeil, le jeune homme embrasse sa mère inquiète de le voir se jeter ainsi dans la gueule du loup et file chez Sophie. Ou du moins, chez ses parents, son amie n’a jamais quitté le nid. Ils habitent dans un lotissement en construction perpétuelle à la sortie de la ville. Château Gontier livre un combat incessant entre la campagne et la ville. Qui gagnera ? Faut-il même qu’il y ait un gagnant ? Sébastien est arrivé, il tambourine à la porte. Il s’attendait à trouver sa camarade morte de rire, n’ayant pas trouvé un meilleur moyen pour renouer le lien que de faire cette blague d’un goût douteux. Mais non. Il n’en est rien. À la place d’une Sophie tout sourire c’est sa maman qui lui ouvre. Elle est paniquée, sa fille n’est pas rentrée depuis deux jours. Elle a bien tenté de signaler sa disparition auprès des gendarmes, mais les frasques de la jeune femme sont connues ici, les recherches piétinent.

Sébastien lui promet de la retrouver, prend congé et sur le chemin du retour, réfléchit. Sa mère dit ne pas l’avoir vu depuis deux jours. Cela coïncide avec la date d’envoi de la lettre, Sophie a dû être enlevée entre-temps. Le jeune homme enfonce ses mains dans ses poches, il a toujours l’air bougon quand il se concentre. Soudain une idée lui traverse l’esprit tel un rai de lumière !

- La lettre ! Mais oui bien sûr !

L’apprenti enquêteur analyse l’enveloppe. Un cachet ! La jeune femme n’a pas déposé sa lettre directement dans la boîte aux lettres maternelle mais l’a posté. Elle sème des indices. Elle savait que Sébastien se mettra aussitôt à sa recherche. Le cachet de la poste indique Château-Gontier. La chance lui sourit. Ici tout le monde connaît Sophie, le guichetier saura sûrement l’aider. Il traverse la ville. Galope sur le boulevard Carnot, tourne à gauche. Il salue la Mairie, œuvre architecturale mêlant l’ancien et le nouveau, fonce vers le cinéma et pique vers la poste. Celle-ci règne dans sa majestueuse blancheur sur son bout de trottoir. Sébastien grille la queue et, avec soulagement, découvre que la personne au guichet est un ami de famille.

- Ah Robert ! Heureusement c’est toi !
- Sébastien ! Quel bon vent t’amène ?! Tu sais que la prochaine fois tu peux faire la queue comme tout le monde ?
- Un mauvais vent crois-moi. Je suis désolé, je n’ai pas de temps à perdre. Sophie, tu sais, mon amie Sophie, a disparu !
- Oh, ce n’est pas vrai !
- Si... Juste avant elle m’a posté ça. Regarde. Ça ne te rappelle rien ?

Le Robert en question attrape le feuillet, et lit.

- Bien sûr que si je m’en souviens ! C’est à moi qu’elle l’a remise. Il n’y avait personne ce jour-là. Sophie m’a confié son enveloppe faite dans un magazine, j’ai essayé de faire un brin de causette avec elle mais elle m’a répondu qu’elle n’avait pas le temps.
- Comment était-elle ?
- Elle avait l’air anxieuse. Elle regardait partout comme un gibier aux abois. Quand elle est partie, j’ai vu que des jeunes hommes l’attendaient appuyés contre une voiture de luxe.
- Une voiture de luxe, tu dis ?
- Oui, je m’en souviens bien car on n’en voit pas souvent par ici. Je n’ai pas tout entendu, mais ils donnaient l’impression de se disputer. Sophie les a quittés en faisant de grands gestes mais un des gus l’a rattrapé et l’a fait monter dans sa bagnole. Ils sont partis par là. Vers la Mayenne.
- Mais, et tu n’as pas appelé la police ?
- Pour quoi faire ? Je pensais qu’ils étaient amis. Tu sais bien que Sophie a des relations étranges.
- Oui, je sais. La Mayenne tu dis ?
- Je crois, en tout cas ils ont pris cette route-là.
- Bien. Merci Robert. À bientôt.
- Oh Sébastien attend ! Ce jour-là Sophie portait un foulard rouge. Ça peut peut-être t’aider.
- Ah oui, merci !

Sébastien s’élance sur la piste de cette voiture de luxe. Pour rejoindre la rivière, il emprunte les petites rues anciennes de la ville. Elles sont le témoignage d’une autre époque. Dentelées, étroites, elles descendent telles des ruisseaux vers le flux maternel. Leurs abords sont dessinés par de hautes maisons à colombages biscornues. Ces ruelles nous font remonter dans un temps passé. L’air à un parfum de nostalgie. Sébastien adore se promener par ici. Il imagine quelle aurait été sa vie s’il était né quelques siècles plus tôt. Maintenant, l’heure n’est pas à la rêverie. Le jeune homme rejoint le lit. La nature s’éveille après une longue hibernation. Les bords de la Mayenne sont magnifiques aujourd’hui. Le soleil étincelant danse un tango avec les flots. Les arbres s’habillent de leur plus belle couleur et des fleurs parsèment le sol d’un tapis chatoyant. Dans l’eau, la ville sur son rocher se reflète. Elle semble si paisible. Rien n’atteint Château Gontier dans sa grandeur royale. Sébastien lui a le cœur en délire. Il cherche. Il cherche un indice. Un petit rien. N’importe quoi pour le mettre sur une nouvelle piste. Les yeux penchés sur la terre, il s’apprête à remonter la rivière. Il adresse un dernier regard aux alentours avant de s’enfoncer quand son regard est happé par un bout de tissu rouge flottant au bout d’une branche. Agile, il s’élance à travers un nid d’orties, saute et attrape le morceau d’étoffe. C’est celui de Sophie. Sébastien en mettrait sa main au feu. Ce foulard, il le connaît bien, il lui l’a offert pour son dix-huitième anniversaire. Sa camarade est passée par là avec ses ravisseurs, cela ne fait aucuns doutes. L’enquêteur observe autour de lui. Il remarque qu’un peu plus haut des branches ont été cassées, des buissons aplatis, des pétales de fleurs arrachés. On s’est battus ici. Sophie a dû tenter d’échapper à ses kidnappeurs. Que s’est-il passé ensuite ?

Le jeune homme réfléchit. Il s’assied par terre et essaie de se représenter la scène. Il voit Sophie se débattant le long du fleuve entre les bras d’un de ses ennemis. Leur devait-elle de l’argent ? Sont-ils des dealers ? Il l’imagine donner un violent coup sur le pied de celui qui la détient. Celui-ci de surprise dessert un peu son emprise. Elle parvient à s’échapper, bondit directement à l’assaut du petit bois du Jardin du Bout du Monde mais se fait attraper précisément ici, à mi-chemin entre la Mayenne et le jardin. Où sont-ils partis ensuite ? Ils ont probablement changé de voiture. La leur dans ce genre d’endroit est beaucoup trop remarquable. Ils devaient très certainement avoir rendez-vous avec l’un de leurs amis. Le type est arrivé en retard. Quand il se pointe enfin, ils changent de bagnole et mettent leur proie soit à l’arrière les yeux bandés, soit carrément dans le coffre. Comment les retrouver maintenant ?

Sébastien courbe l’échine. Son inquiétude grandit. Arrivera-t-il à retrouver son amie à temps ?
Il remarque, collé à la semelle de sa chaussure, une brochure touristique. Il s’agit d’un dépliant proposant des visites guidées à l’hôtel Fouquet, le musée d’Art et d’Histoire de Château Gontier. Est-ce un hasard ? Quel rapport ce musée pourrait-il avoir avec son enquête ? Il imagine mal Sophie traîner dans un musée, ses ravisseurs encore moins. Cependant, c’est maintenant le seul indice dont il dispose, rien ne l’empêche d’aller voir de ce côté. Sébastien retourne sur ses pas, remonte la Grande Rue puis tourne à gauche. La bâtisse se dresse devant lui. Avant hôtel particulier, ses murs accueillent maintenant des toiles de Maîtres Français, Italien ou Hollandais sur une époque s’étalant du XVe au XIXème siècle. Quelques œuvres contemporaines peuvent aussi y être admirées. Elles sont la preuve du rayonnement culturel que tente d’obtenir la ville. L’apprenti Sherlock Holmes monte les quelques marches du perron et se retrouve nez à nez avec la guide des lieux. Brune, élancée et plutôt jolie, la jeune femme a l’allure parfaite de l’historienne de l’art. Celle-ci remarque l’air soucieux du garçon.

- Que se passe-t-il Monsieur ? Je peux vous aider ?
- À vrai dire... Je n’en sais rien. Je ne suis pas là pour une visite et ma demande peut vous sembler particulière.
- Dites toujours !
- Bon. Alors voilà. Je suis arrivé hier et j’ai reçu par la poste un message d’une amie me disant que des gens mal intentionnés la recherchaient. Depuis, elle a disparu. Je suis à sa recherche et mes pas m’ont conduit jusqu’à vous.
- À moi ?!
- Non, pas vous personnellement. Je voulais dire, au musée.
- Ah ! Et pourquoi ?
- Je n’en sais rien... Vous n’avez pas assisté à une scène étrange il y a deux jours ?

La jeune femme réfléchit. Elle a l’air d’être sincère et de vouloir aider Sébastien. Les secondes et les minutes passent, mais elle ne dit rien. Le détective s’impatiente. Persuadé que finalement il ne trouvera rien ici il s’apprête à partir quand la guide reprend subitement la parole :

- Si, voilà ! Je me souviens maintenant. Il y a deux jours des hommes vraiment louches sont venus.
- De quoi avaient-ils l’air ?
- Ils avaient les cheveux noirs, s’exprimaient tous les deux avec un accent étranger à couper au couteau. L’un d’eux avait une cicatrice sur le sourcil gauche. L’autre boitait du pied droit. Ils avaient tellement la tête de malfrats de séries télé que j’ai crus à un gag.
- J’ai bien peur que non. Vous vous souvenez de ce qu’ils disaient ?
- C’était très vague. Rien de précis. Ils parlaient d’un colis à remettre à leur boss je crois.
- Mais qu’est-ce qu’ils venaient faire là ? Votre musée n’est pas vraiment un d’endroit où on s’attend à trouver ce genre de personnages.
- Ils ont demandé à voir Paul, mon collègue. Il n’était pas là, il était en visite à Saint Jean-Baptiste. Je les ai envoyés là-bas. J’étais bien contente de me débarrasser de ces types.
- Votre collègue, il travaille aujourd’hui ?
- Oui, mais à cette heure-ci il termine sa visite... À Saint Jean-Baptiste justement. Si vous vous dépêchez, vous pouvez le choper à temps.
- Parfait ! Merci Mademoiselle !
Sans attendre de réponse, Sébastien court dans l’espoir d’intercepter le guide à temps

L’église Saint Jean Baptiste fut construite dès le Xème siècle et traversa les âges. Le lieu de culte et son prieuré servirent tour à tour d’église paroissiale, de Temple de la Raison, de prison, de bureau d’administration et de maison d’arrêt, puis à nouveau d’église. Elle a subi le feu, les obus et les bombes mais toujours, se relève de ses cendres. Elle est classée une seconde fois en 1941 parmi les monuments historiques. Sébastien l’aime pour son histoire chaotique. Elle est à l’image de la vie des hommes, changeante.

De loin, l’enquêteur aperçoit un homme quittant un groupe de touristes. Ce doit être Paul. Ses clés dans une main, l’autre posée sur la portière, il est sur le point de monter en voiture, une voiture de luxe ! Les morceaux du puzzle s’assemblent, c’est sûrement son homme ! Sébastien s’abat sur lui.

- Qu’avez-vous fait de Sophie ? Hurle-t-il en bousculant l’homme et le faisant tomber à terre.
- Quoi ? Mais de quoi parlez-vous et qui êtes-vous ?
- Peu importe qui je suis ! Je sais qui vous êtes moi. Un trafiquant qui se fait passer pour un guide touristique. La belle arnaque ! Où est Sophie ?! Qu’avez-vous fait de mon amie ?!

Paul tente de s’échapper. Sébastien le rattrape, le clou au sol face contre terre. De tout son poids il écrase le présumé dealer. Il saisit le couteau à cran d’arrêt que son adversaire tentait d’attraper avant qu’il ne le plaque au sol, l’ouvre et pose la pointe de la lame sur sa carotide.

- Je vous le répète une dernière fois, où est Sophie ?
- La petite garce. Comment a-t-elle fait. Tu es de la police ?
- Presque ! Alors, où est-elle ?
- Dans une cave, sous la salle des fêtes.
- Ne me prends pas pour un idiot, il n’y a pas de caves sous la salle des fêtes.
- Si.
- Conduis-moi et je te prévins, un geste de travers et je t’enfonce cette lame dans le corps, c’est compris ?

Sans attendre de réponse, Sébastien relève brusquement le ravisseur. Celui-ci est un peu plus petit que lui, ce qui facilite la domination du policier sur l’homme. Ils avancent collés l’un à l’autre, la pointe du couteau posée sur le dos du délinquant. Ils arrivent devant l’entrée de la salle des fêtes, la porte est ouverte. Paul lance un « C’est moi ! » et aussitôt un bruit sourd retenti.

Sébastien est tout près d’enfoncer son couteau dans le flanc de son adversaire quand soudain la lumière s’allume et une clameur emplit l’espace :

- SURPRISE ! BON ANNIVERSAIRE !

Sébastien est sous le choc. Avec tous ces événements il avait oublié, c’est son anniversaire. Sophie est là, en pleine forme et bien vivante. Sa mère aussi, avec le rose habituel de ses joues. Abasourdi, le détective relâche Paul. Ils sont tous présents, la guide du musée, Robert de guichetier de la poste, les parents de Sophie et ses plus chers amis d’enfance.
Sophie saute au cou de son ami. Elle lui explique dans un éclat de rire que l’idée vient de la mère de Sébastien, Paul n’est qu’un ami acteur s’étant prêté au jeu. Et finalement, avec un sourire de conquérante, lui murmure à l’oreille qu’elle est clean depuis un an aujourd'hui.

La sagesse est revenue. Ce sera son plus beau cadeau.
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