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Showlivier

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Trois rêves une mélodie – Showlivier Le poète

Quelques pintes de Guinness pour noyer le Lubrique, et le Songeur met les voiles. Il siffle. Pas très fort ni très bien. Il a beau essayer, c'est peine perdue. Une chance pour lui.
Le voisin du d'ssus s'apprête à lancer un œuf sur le prochain jobard qui sortira du bar en cancanant comme un connard. Il n'entend pas le Songeur. L’œuf sera pour le suivant.
Et pour vous seront, chers fantômes hantant la nuit, les notes de son sifflet.
Comment lui vinrent-elles ?
Cool repense à Sissi, parfaite muse gothique pour puceau vêtu de noir.
Aucun atome crochu. Elle travaille en tant que compagnie de bar à des hommes qu’elle fait boire. Un peu psy, ou maman, l'hôtesse au comptoir écoute les hommes qui broient du noir. « J’ai pas grand chose à part ça, alors je prends. »
Sissi n'a pas de rêve à vendre, elle offre la plus simple et sincère démythification – sans y paraître – un édifice s'est effondré dans son esprit, et Cool fut soufflé. Les courbes opalines de l'angélique beauté dans un champ sous la lune furent recouvertes de pavés. La vérité nue, sans apparat.
L'image de l'échancrure chatoyante de son bustier sous la lumière tamisée. C'est là, au pub, à l'orée de la vallée merveilleuse, que Cool revient, marchant dans la rue, planant dans sa tête, souffletant sa mélodie... Un dos nu, une peau laiteuse, un fin lacis de fils dorés...

Rémi face au lacis d’or émis

Sissi ! La famille l'adorait !
Si mimi, si docile amie dit : « Aise... récits dorés... baie molle à domicile ah... »
La raie ! La raie ! D’aussi s’y mirer – sot l’mineur ! – l'ado Rémi, face hilare et suspendue  :
– Dos majeur m’irait !
Là, Sissi, bée car lasse – île à récif – à Rémi :
– Dodo...
Missile à sol, l’ami Rémi, diminué, s’y mire et...
C'est ma pause Bédot ! Sido' s'immisce et suce ! J'ai gémi. Sido' soupire.
A plus  !

*********

On ne saurait en trahir le rythme dans cette nouvelle « punk » .
Pour ce qui est des musicologues, ils sauront me pardonner, et, jugeant du bon rythme à adopter et des gammes à choisir (car le musicologue est toujours polygame), laisseront le plus fol enregistrer cette mélodie, la diffuser en ligne et offrir,bonne gentillefemme ou bon gentilhomme, les gains à quelque association solidaire, qui ne juge pas.
Merci d'avance. Bisous.

*********

Sur demande de sommités de la musique contemporaine, la partition originale. ( Notations anglo-sax' en rouges.)
La, fa sol la si do ré mi
Si si / La fa mi la do ré / Si mi mi / Si do si la mi-dièse* / Ré si do ré-bémol la do mi si la/ La ré / La ré / Do si si mi ré / Sol mineur / La do / Ré mi / Fa si la ré suspendu
Dos majeur mi ré
La / Si si-bécare** la si la ré si fa ré mi / Do do
Mi si la sol / La mi ré mi-diminué si mi ré /
Cma pause B do / Si do si mi Csus / G Gmi / Si do soupir / A+
*c'est un fat
**B. molle à la clef, bien évidemment

**************

La neige dépose sa magie de silence sur la ville.
Cool pourfend la nuit à toute blinde, pour décompresser, pour le sport, et surtout pour se changer en vaisseau spatial propulsé à travers les étoiles-flocons de neige.
Une fois au chaud, les notes cessent l'inconscient dérive et le cueille des fresques alanguies...
Mais trêve de poésie ! Qui donc encore en lit ? Ne tardons plus. Soyons concis. C'est parti mon kiki !

V.Q

C T I.R : H F.M.R, G T K.C, H.E.V, H.S... - R.A.S. O J.T -
– A.C !
N.R.V, G A.J !
V.T.T, R.E.R, T.G.V,
V.T.T, 4G+, G.P.S...

C T I.R, O P Y : D.O... U.V... – 1 Q 2 DS DT !
3, 2, 1, JV : « L.O B.B... »
2 4.1 – L A C.D !

L A.V 1 R 2 S.M B.C.B.G
D 5 G T.T
O...

L, L R.S.T O T 2 K.6
∏ L C K.C
« T K.O :-) A 1 2 C 4 !-) »

C T I R
G T K C
1 Q 2 D.S D.T.
F.A.C
:...-s

A destination des lecteurs non initiés à l'usage des codes de l'A.P.L. (Armée Poétique de Libération)- inspiré du tract des Résistants : "Nouvel Alphabet Français" – en voici la transcription moins concise.
Vécu
C'était hier : hasch éphémère... j'étais cassé, achevé, Hors Service.... - Rien A Signaler au Journal Télévisé.-
– ASSEZ ! Énervé, j'ai agi ! Vélo Tout Terrain (démonté et bien rangé pour le trajet), Réseau Express Régional, Train à Grande Vitesse, Vélo Tout Terrain( dérangé et bien remonté) : grâce au réseau transnational européen 4G+, et au Global Positioning System, je pus réécrire ma journée.
C'était hier, au pays grec : déo... ultra-violets... – Un cul de déesse d'été !
Trois, deux, un, j'y vais : "Hello bébé..."
Deux quatrains, elle a cédé ! Elle avait un air de Sado-Masochiste Bon-Cul-Belle-Gueule, des seins qu'j'ai tétés, oh...
Elle, elle est restée au thé de cassis pis elle s'est cassé : "T'es Knock-Out (sourire) A un de ces quatres (clin d'oeil) "
C'était hier, j'étais cassé, un cul de déesse d'été, effacé... (snif)

****************

Cool se réveille, se recouche. Il ne veut pas la vie, il veut la rejoindre, allez... Mais rien n'y fait. Le SAV de la DS répond OQP. Cool n'a été pour elle qu'un vulgaire plan d'un rêve, de sa divine éternité aussitôt LUD.
Rejeté de ce paradis les yeux bouteilles, le v'là repêché par cet adage si méconnu : « Un rêve n’arrive jamais seul » ( "Le roi est fol", anonyme, 1269 ( datation au trisomium 14))
– Nerveux, imprévisible, chaleureux comme un feu, Cool est Celso Cordoue ! Grand, élancé, cheveux longs, teint hâlé. Le charme andalou. Et la témérité de jeter d’une falaise les bras en l’air.
Mais cessons d’admirer cette peau de rêve. Cinq heures du mat', calage improvisé dans la vallée de Lubie : plantation de camtars, grosses baffes. Du monde et du son. Fini le stress du service. Finie la vente. Finis les clients rois et les dafalgan impatients à pas heure aux urges !
Rien de tout ça. Sur la page du soir : amitiés sous les étoiles et plaisir de s'oublier dans la transe de la danse. Les jeunes « en chien » remuent la queue, tandis que les loups laissent le charme agir, le feu brûler, et le voyage de la liberté se prolonger, jusqu’aux couvertures secouées par les ponchos bleus du petit matin...
Mais profitons de la soirée et rev'nons à notre Espagnol !
Autour de lui les baballes, remuent les toutous, remuent les bons boules, sombrent les bolosses et tournent les bolasses en cercles de flammes ! Virevoltant, Celso y allume son joint en ninja. Ha ! Forte impression au rendez-vous : inconscient ! crétin ! fou magique ! Nonchalant, il esquive ces lauriers, essuie tout orgueil mal placé de ses semelles et s'en va pisser. Odeur de poil de nez grillé. Tâche noire dans l’œil. Tout triomphe est éphémère. Il secoue son sexe, et retrouve sa lucidité. Autour de lui, ça fait tourner, s'enflamme fume plane on tire un trait on laisse une trace.
Attention à la Succube sinusite.

*****
"La vie est un lêve. Il faut que tu découvles ta libelté"
Oscarito, voyageur péruvien, philosophe de minuit, les ailes dans l'air
*****

Écoutant sa seule soif de vivre, Celso se faufile dans la foule, la foule qui tangue (ou est-ce lui? ) et... – Le flash !
Espléndida. Son large sourire fantastique infuse en son cœur tel thé cannelle au lait de lune. Celso se lance :
« Je voulais te dire... Je trouve que... Tou es la poubelle de la soilée. »
Elle éclate de rire !
« Quoi ?? » fait le prince charmant.
Nana le jauge. Leurs yeux pétillent.
« C’est gentil, mais on dit : tu es la plus belle. Fais pas des houx, fais des hue ! »
– Hue coco bourricot ! Face au sublime tracé de ses lèvres, Celso s’éprend et se reprend. Tour sur lui-même et deuxième essai !
« Tou es la plus belle... La plus belle des poubelles. »

************

Paupières en cœur, l'esprit neuf et la gaule en joie. A peine la gueule aspergée et le kawa servi, ça toque à la porte.
La nouvelle voisine. La mèche blonde qui tranche l'œil. Une épaule à nue. Elle veut du sucre. Lèvres rose de Sibérie, regard blizzard. – Remontée d'vomis. Putain, il va tout d'même pas lui gerber d'ssus ?
La voisine veut faire des gâtlies lusses.
Voisine, sucre – futal ! Not' salop l'enfile en vitesse. « C'est mallant le nom sul ta sonnette...» Un croissant de lèvres a laissé sa porte entrebâillée. Il sent encore le contact sur son épaule : une main longiligne étire les fils.
Le v'là dans l'salon de la bombe. Il s'pose sur les étagères, gorgées de mystères colorés. Il s'y ballade, farfadet, dans un musée de sculptures : livres gargantuesques et bracelet-Léviathan... Un bouquin tombe. Vite ! Taille humaine ! Александр Сергеевич Пушкин. Aux boucles il reconnait Pouchkine. Un bel exemplaire illustré.
"La Roussalka ! Très bon choix !"
Une sirène qui noie les hommes dans les fleuves. Jeune et féminine, ou vieille ogresse à massue. Choisis ton camp. La Roussalka noya sa plume jadis.
"Les Français auraient survécu. L'absinthe, ça protège."
A chaque fois, le même ressac. Des hommes noyés par le charme des fées, vertes ou froides.
"T'as d'la musique russe ? "
Vladimir Vissotsky ! La chanson célèbre un loup qui s’échappe. Dans les journaux d'époque on racontait : une vieille louve avait su déjouer un piège infaillible. Elle revint sur ses pas, ressauta par-delà le filet aux fanions rouges, et sa meute la suivit. Les chasseurs n'eurent plus qu'à se justifier face au profond miroir de neige. Génie animal. Sauvage. Marouchka est aussi séduisante qu’intéressante. Un verre se renverse sur sa cuisse, et Cool est tout chose... Son appétit d'culture ne fait qu’un bond. Il renchérit :
« Et des tableaux russes ?
– Oui ! »
Plus exactement, des peintres de l'Est : Pavel Kuczinski, Edward Ulan, Lajos Szkukalek, Stefan Polak... Il déguste la gâtlie, elle apporte le thé. Il tombe doucement amoureux...
Mais !
Ô Marouchka !
Ô Marouchka !
Ô morsure de la sauvage Sibérie !
Elle n'avait pas du thé russe.

– Non ! Non ! Et non ! C’est du n’importe quoi ça suffiiiiiiiiiiiiiiiiiit ! Encore un rêve qui s'fout d'ma gueule ! Pute pute pute salope pute pute !! Suce ta puuuute !!! Faut qu’j’me trouve une meuf bordel.
C’était à peu près c'que les murs ont compris.
Un rêve qui commence par un réveil, quelle ironie.


Et la louve court, court encore, spectre de liberté
dans les plaines ancestrales de la toundra des chamans...
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