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"Tonda mono. Aime moi"

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gillibert

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Les orphelins

C'était un dimanche de Juin, pendant la saison sèche Le petit Pierre avait fini son repas, vidé soigneusement son assiette.

Il se leva soudain et me dit , en me regardant intensément:" je vais vous raconter une histoire."

A l'annonce de Pierre, je me réjouis : Je pensais entendre un conte du Kasaï. Pourtant ses yeux éloquents me prévenaient

Les autres enfants s'étaient approchés et écoutaient

- Un jour, dit Pierre, les soldats sont venus, ils ont écarté ma mère -Il mime, avec brutalité -et tué mon père,

Et il fait le geste d'un homme qui braque une arme à feu.

.Pan. Nous étions riches, il était ingénieur, nous avions même la télévision.

Après, ils ont tout emporté"

Le récit est fini. L'enfant se tait

Que dire ? Qu'ai-je dit ? Je ne sais plus.

Dans la lumière intense de midi, un silence angoissant suspend la marche du temps

Un sanglot le rompt, des larmes jaillissent. Pierre met sa main devant ses yeux

-Papa, oh, Papa, mon pauvre Papa!

Les autres enfants rient, fort. Cette attitude me paraît cruelle et me gène, je leur ordonne timidement de cesser. En vain. Je renonce. Je compatis avec Pierre. lui parle : "La vie est dure, terrible, mais tu as choisi de rester fort, tu t''instruis, chaque jour, tu progresses. tu as raison, il faut réagir par la lutte face aux épreuves, refuser de se laisser abattre. Tu en es capable. Ton père serait fier de toi"

Et, assez rapidement, pour fuir, parce que face à la mort, cet irréversible malheur, j'étais démunie, je proposai de reprendre les leçons.

Le soir après leur départ, je demandai aux deux jeunes filles qui travaillaient toute la journée pour le directeur de l'ONG et sa femme si le rire des camarades était méchant ou si elles le considéraient comme normal

- Oui, c'est normal répondit Julie, et sa compagne approuva.

Le rire est une arme contre contre l'adversité, contre la mort, la peur, le mal, la douleur, la menace.

Dans le petit village de Bulumbu, où en trois séjours j'ai vécu les années précédentes prés de vingt mois, les deuils, certains mois très nombreux, sont partagés par tous les habitants. Un temps est prévu pour une coutume que j'ai comprise, bien que je ne l'approuve pas

Lorsque, porté et accompagné par un groupe d'hommes , de retour de l'église, située dans la vallée, à plus de trois kilomètres, où il sera exposé, puis enterré, le cercueil entre dans le village, certains hommes, de tous âges, surtout des jeunes gens, mais aussi quelques petits garçons insultent le mort.
J'ai suivi une fois la fin du cortège et Don m'expliqua la scène à laquelle j'assistais. je ne comprenais pas les paroles que criaient les hommes : ils ne parlaient pas en kikongo, mais dans le dialecte du village, le kingongo: Je ne voulais pas cautionner cette coutume par ma présence, je saluai Don et partis me coucher. Le lendemain, je m'informai : plusieurs enfants avaient chanté sans comprendre les paroles qu'ils répétaient, Puis je questionnais François, un enfant de onze ans que je connais et aime bien

C'est un enfant particulièrement intelligent, qui, pour avoir vécu jusque à l'age de cinq ans à Kikwit me semble parler le kikongo mieux que la plupart des adultes du village. Pour juger, je me réfère à une traduction de la bible. Il me répondit par un sourire malin et complice . oui moi, je comprends, ajouta.t-il.

Sachez que François, bien menu, est souvent chargé de ses trois petites sœurs, et passait une grande partie de la journée avec la plus petite sur le dos J'ai toujours admiré la tendresse qu'il leur montre, son sens des responsabilités

Je lui offrais quotidiennement du poisson, il le leur donnait, les filles sont pourtant plus vigoureuses que lui, Je résolus donc d'en donner à toute sa famille

Pourquoi cet irrespect vis a vis des morts ? Sans doute pour résister aux épreuves de la vie . le rire est une force, ils l'utilisent.

Depuis quelques mois, je vivais à Kikwit, une grande ville du Congo dans laquelle s'étaient réfugiés plusieurs dizaines de milliers de "déplacés du Kasaï" qui fuyaient une guerre tribale problématique :

Certains combattants, si pauvres qu'une pelle est pour eux un objet très coûteux, disposaient d'armes à feu et de munitions très meurtrières. Le directeur d'une petite ONG apprenait le métier de maraichères a cent vingt femmes et une trentaine de leurs enfants , tous volontaires vinrent s' instruire auprès de moi. D'Âges variés, de niveaux variés, Une dizaine d'entre eux, des garçons courageux, furent très assidus, je les vis presque chaque jour, parfois toute la journée. Intelligents, curieux, ils progressèrent vite, malgré leur terrible situation et pourtant quand ils se présentèrent à moi, aucun d'entre eux ne lisait couramment

Pierre savait-il où se trouvait sa mère? il mentait sur ce point, car ses dires se contredisaient. Mais elle ne vint ni le chercher, ni le voir, elle ne s'enquit pas de lui, il vivait seul, confié à une famille d'accueil.

~"Je dors dans une école, seul, et j'ai froid, me dit-il, si froid!"

Et il serrait frileusement ses bras contre son corps, comme pour s'envelopper et se protéger

Les gens qui devaient prendre soin de lui lui avaient volé un cahier et une plaquette de paracétamol que je lui avais donnés je ne voulus lui offrir ni drap ni couverture, de crainte qu'ils ne les lui dérobassent aussi . Je pris ses mesures à l'aide de mon empan et, deux jours plus tard, en descendant en ville basse pour me réapprovisionner en spaghettis et en lait en poudre lui achetai quelques habits chauds, Mais il est difficile de donner au Congo, il faut se cacher, sinon on est vite tellement sollicité qu'on se sent harcelé. On ne peut satisfaire tous les pauvres. Et les plus riches, qui eux aussi vivent dans des conditions qu'on jugerait inacceptables en France, réclament plus que les autres.

Pauvres enfants déplacés ! Quelques semaines plus tard, je demandai à Daniel, de me raconter son histoire :" tu devrais l'écrire, dis-je, tu as vécu des événements marquants, il ne faut pas les perdre, l'histoire intéresse et instruit les hommes, leur permet de savoir , peut-être ton témoignage fera peut-être progresser l'humanité, Toi même un jour voudras sans doute le relire, tes enfants et petits enfants aussi. Si tu veux, raconte et j'écrirai

Daniel me murmura qu'il ne voulait pas que les adultes présents en

cet instant entendissent son récit Alors je lui proposai d'écrire dans son cahier "Moi seule lirai"

 » toutes ces heures passées ensemble nous avaient rapprochés, avaient créé un lien d'amitié et de confiance.

 » Mon enseignement était libre, mes élèves de niveaux variés, parfois fatigués ou malades, je les consultais souvent . Vous avez étudié le

 » son "in" Maintenant, voulez-vous écrire, lire une petite histoire ?

 » Ils aimaient les histoires que j'improvisais pour eux en veillant à utiliser presque exclusivement les sons que je leur avais enseignés

et, à la fin de la journée ils me demandaient de les écrire sur leur cahier, ce que je faisais. J'écris vite, mais je consacrais du temps a ce travail

.Auras-tu le temps de relire ? - Oui

Puis, pour les plus petits je faisais une leçon de lecture en kikongo.

Comme il ne savait lire le français que depuis peu, et l'écrivait très mal, je dis à Daniel d'écrire son récit en kikongo La lecture serait plus facile pour moi,

"Tata mun me fwaka"

"Mon père est mort"

Il relut cette phrase et releva son stylo, c'était son histoire,

il semblait que sa vie se bornât à ce fait.

Il resta immobile et silencieux un moment, puis ajouta

 : “beto kele nsukami mingi : nous sommes très pauvres

Quand nous mangeons du saka saka c'est la féte.”

Le sajka saka est une denrée courante, c'est la feuille de manioc cuisinée. Peut-être faut-il lui ajouter un peu d'huile de palme
Cet enfant de douze ans qui avait ri en entendant Le petit Pierre pleurer son père, 2tait lui aussi orphelin.
Je le pensais, je le savais même, mais n'avais jamais osé le lui demander.

un jour, alors que, pour marcher un peu après la journée de travail, et le mieux connaitre, le le raccompagnais chez lui avec ses deux petits frères en bavardant, il m'avait confié son désir de devenir plus tard aviateur

Et le lendemain

- Mon père est aviateur

-Le vois-tu souvent?

-Non,

il ne l´'avait pas vu depuis qu'il était arrivé a Kikwit

J' interrogeai le directeur de l'Ong  :

Mais, dit, il d'un ton navré, son paire est mort Mais il hésitait, et il ajouta quelques mots exprimant un léger doute

Daniel avait parlé comme si son père eût été encore en vie
Pauvre enfant; Je lui posai quelques questions sur le travail de sa maman; Avait-elle commencé à vendre des légumes... Et il répondit brièvement sur son cahier

Hubert et son petit frère, qui avaient entendu les confidences de Pierre et ri, vivaient avec leur père, ils ne savaient où était leur mère, elle avait fui de son coté et eux du leur, pas de numéro de téléphone, pas d'adresse pour se
retrouver,

Pas même le nom d'une ville. Comment se rejoindre ?

Le Congo est vaste

Le mois précédent, j'avais parlé á quelques hommes de la croix rouge, des congolais installés á Kikwit, qui travaillaient au regroupement familial. Un mois plus tard, ils avaient quitté la ville.



Jérémie a quinze ans. Souvent absent, il somnole beaucoup,

“ il est malade,” disent les autres enfants.

ce jeune homme est orphelin de père et de mère, il me raconta:

On était dans une voiture, on est tombé sur une embuscade, certains ont réussi à fuir, on est arrivé dans une église, des prêtres nous ont reçus, puis nous ont fait monter dans un camion qui nous a amenés ici, à Kikwit,

Je dois dire que l’Église joue un rôle important dans ce pays, elle eut le courage de s'opposer de façon organisée au maintien définitif du président Kabila au pouvoir

les témoignages de mes élèves sont très brefs: Les enfants ne savent construire un r2cit, et sans doute parler de leurs malheur les trouble, Mon grand-père, ancien poilu de la grande guerre ne me raconta presque rien de sa vie dans les tranchées Ce sont de trop mauvais souvenirs , me répondit-il les quelques fois où je le lui demandais

Je plains Jérémie, plus seul et plus vulnérable que les autres: Souvent, il ne semble guère motivé Mais il veut lire mes histoires.

Les adultes ne leur en racontent pas, ceux qui ont des parents vivants n'en entendent pas non plus , Je n'ai rencontré aucun conteur. Les plus grands ont lu plusieurs fois avec

leur maitre les cinq ou six douzaines de petits textes que contiennent les seuls livres de

français qu'on trouve dans certaines écoles,un livre par année scolaire et que les enfants ne peuvent emporter chez eux, Collection "La fontaine "

 » Douze textes d'une page pour une année scolaire, c'est bien peu

 » Beaucoup les connaissent par cœur. En trois ans trente six pages delectures dont certaines ne sont guère attrayantes. rencontre d'un médecin pour préparer un exposé sur le sida, Achats en ville d'une famille aisée ,lecture d'autant plus mal adaptée que beaucoup ne peuvent acheter que des vêtements "de seconde main".

Au village, les petits enfants recevaient tout de même une robe ou un ensemble de sport très bon marché le jour de Noël.
J''enseignais dans une cour. Je disposais d'un vieux tableau décoloré et d' une trais petite table ronde, de quelques chaises,. Si les enfants étaient nombreux, certains s' asseyaient sur un des deux bancs constitués de trois troncs de bambous posés sur de courts piquets plantés dans le sol, les branches, mal attachées roulaient se déplaçaient. Un très modeste toit de branchages,et de palmes offrait une ombre étroite. Nous devions changer de place plusieurs fois le tableau pour ne pas trop souffrir de l'ardeur solaire, Une fois, une branche pourrie qui soutenait le feuillage tomba sur le crane de Daniel, il resta la tète entre les mains, silencieux pendant un quart d'heure. Je tremblais, me reprochant mon insouciance, Jamais je n'eusse dû accepter de travailler dans des conditions aussi dangereuses Heureusement l'accident s'avéra sans gravité

Un jour,je crois un dimanche, j 'étais seule avec le petit Pierre

- "Tonda mono Aime moi", me dit-il," prends moi en France. les gens avec lesquels je vis sont méchants, je veux partir avec toi "

Et sa mère? je ne sais ce qu'il répondit. il ne fut jamais clair sur ce sujet

-tu ne pourras pas t'adapter à la France , Et d'ailleurs dans mon pays je me déplace beaucoup, ma vie n'est pas bonne pour un enfant

- "je travaillerai, j'apprendrai le français ,j' apprendrai à écrire, je lis de mieux en mieux,"

J'ai expliqué aux enfants que la vie en France n'est pas parfaitement heureuse pour tous j'ai parlé du chômage, des SDF qui dorment par terre sur un sol froid, et parfois sale

Je lui rappelle que sans diplôme, vivre en France est difficile, les enfants français de son âge sont bien plus instruits

je demanderai à ma fille Myriam si elle veut te recevoir, c'est la seule de mes enfants qui le pourrait

Myriam refusa, et je crois sage sa réponse

J'ai tout de même voulu savoir comment procéder pour emmener avec soi un enfant congolais en France. En fait, je pensais non à Pierre, mais à Honnête, une petite fille surdouée du village Bulumbu

si on veut adopter, il faut différents papiers, automatiques à se
procurer sans doute en payant, et un accord des parents signé devant une
autorité. si la mère est inaccessible et le père mort sans certificat
constatant le décès, les démarches se compliquent
il faut aussi payer de nombreux intermédiaires qui exigent leur
commission
Celui ou celle qui agit sans l'aide d'un guide súr risque de payer
beaucoup sans obtenir en définitive ce qu'il veut
Le cas de Pierre se présentait comme difficile à résoudre en raison
du décès du père dans le désordre d'une guerre civile, et de
l'absence de la mère. "Et puis, si nous la retrouvions, tu ne serais
plus seul," dis-je à Pierre
Son attitude semblait suggérer le contraire.
En fait, je connaissais mal cet enfant, mais il souffrait , manquait
visiblement d'affection, et j'eusse voulu le consoler. comment ne pas
être sensible à ce cri . « Tonda mono, aime moi »
en kikongo, deux mots servent à traduire le mot aimer . Le premier, le plus utilisé, est “kuzola” qui
signifie vouloir . En italien “voglio, je veux” signifie aussi “j'aime”

Le second est “kutonda”, que j'ai découvert dans la traduction de la bible, et croisé une
fois dans un vieux livre de lecture publié autrefois par les belges. Kutonda est l'équivalent
italien de "amare" te amo , je t'aime
Dans mes échanges, dans mon enseignement, j' ai privilégié le verbe kutonda pour exprimer
l'amour, maternel, filial, conjugal, l'amour que ressent le bon chrétien pour les autres ou pour Dieu
Peut-être, le petit Pierre choisit-il ce terme parce qu'il savait combien j'y serais sensible. Peut-être simplement parla-t-il ainsi spontanément, parce que c'est le premier mot qui lui vint à l'esprit pour exprimer sa pensée
Je pense souvent à lui, persuadée que je n'aurais pu l' emmener en France, et que certainement il se serait mal adapté en cette époque de crise économique qui crée beaucoup de malheureux, mais souvent je le regrette, car si j'ai consacré a ces enfants tout le temps dont je disposais à Kikwit, je les ai laissés, je n'ai même pas de leurs nouvelles, et moi aussi j'ai disparu de leur vie.
J'avais demandé au directeur de l'ONG de prolonger mon visa, il me demanda trois fois le prix officiel, et ne fit aucune des démarches , je payai sans obtenir ce que je voulais. Maintenant il me propose de le rejoindre au Kasaï ou il travaille désormais. J'ai appris que la guerre a cessé , mais je ne désire pas rejoindre ce directeur, et de toute façon, mes élèves habitent sans doute encore à Kikwit

Un détail . pourquoi ces enfants n'étaient-ils pas allés à l'école ?
Les écoles même publiques et officiellement gratuites sont payantes .
Certains enseignants ne sont pas "mécanisés,” leur salaire est à la charge des parents, et, au moins dans le village de Bulumbu on leur demande bien plus, je le sais parce que j'ai fait le calcul.Je connaissais le montant à donner aux maitres, le minerval, c'est à dire le prix de ,l'école, et le nombre d'élèves

L’Unesco avait signé un accord avec le gouvernement congolais afin que les enfants déplacés du Kasaï qui avaient déjà manqué de nombreuses journées scolaires pussent enfin s’instruire. Mais ceux qui firent les listes, inscrivirent les noms d'enfants de leur entourage et peu de ceux à qui était destiné le don
Le directeur du collège pour lequel javais travaillé avant de recevoir les réfugiés me confia qu'ayant inscrit dans son établissement trente enfants de ces listes, il n'avait jamais reçu l'argent, perdu en route . je lui répondis que les frais de fonctionnement de la croix rouge, une ONG considérée comme honnête, déclarait 80 pour cent de frais de fonctionnement. En fait, je viens de vérifier Elle ne déclare que quelques pourcent de frais de fonctionnement, mais une très grande partie est dépensée en frais de valorisation financière des bénévoles . Je n'ai pas encore cherché en quoi consiste la différence entre salaire et valorisation financière distribuée pour encourager le bénévole, mais je pense qu'elle se définit dans la nuance Peut-être un statut fiscal avantageux? Bref nos ONG donnent l'exemple .Au Congo aussi les ONG et les administrations
chargées de distribuer les restes prélèvent leur part.
Donnons-nous pour rien ? Demanderez-vous.
Une petite partie de l'argent récolté dans les pays riches aboutit tout de mème dans le pays visé, et, augmentant la masse monétaire permet plus d'échanges et donc enrichit celui-ci,, mais surtout, pour recevoir un financement d"un bailleur de fonds, , pour être chargés de distribuer ces petits restes, certains directeurs intelligents s'ingénient et travaillent à aider les plus vulnérables, et de ce fait réalisent un vrai service humanitaire
Ainsi John, le directeur de mon ONG.
Les ONG sont en compétition, le meilleur gagnera peut-être , et ce concours bénéficie dans un premier temps aux pauvres
Je vis devant le bureau d'aide sociale un groupe de femmes assises par terre, elles attendaient, espérant qu'on trouvât pour elles une solution. Je pense qu'on les photographiait, et on obtenait sans doute ainsi des dons de vivres. Ceux qui distribuent prélèvent leur part comme John qui mangeait chaque jour du riz obtenu pour mes élèves. J.'assistai d'ailleurs un jour à une distribution et, voyant la scène du point de vue de ceux qui recevaient, je me sentis profondément humiliée En tant que personne qui assistait assise du côté de ceux qui distribuaient, j'avais honte .
Le directeur de l'ONG expliqua à ces femmes assises,fatalistes, qu'elles pouvaient venir dans sa cour, celle ou j' enseignais : il leur confierait une plate bande de dix mètres de long sur 1,2 m de large , leur fournirait des graines, prêterait des arrosoirs et on leur apprendrait le métier de maraichères Elles paieraient la location de la terre en donnant une partie de leur récolte. les jours suivants, la plupart d'entre elles se présentèrent , heureuses à l' idée de pouvoir nourrir leur famille par leur travail .
Dès qu'il me connut, cet homme, John; ne me cacha guère qu'il travaillait dans l' espoir de s'enrichir bien plus que dans celui d'aider ces familles : Mais au fond, qu'importent ses raisons ? Il a réellement fait du bien, il a permis à plus de cent familles de vivre mieux, et dans la dignité, par leur travail, et je suis très sensible au fait que ces femmes acquièrent grâce à lui une vraie compétence, qui leur permettra d'être autonomes. Enfin, me mettant en relation avec les enfants volontaires, il leur a permis indirectement , je crois malgré lui, d'apprendre à lire et cette connaissance est la base de toutes les autres. Le système fonctionne, de même presque dans le monde entier les médecins soignent , les enseignants instruisent, même si le seul but de certains d'entre eux est de s'enrichir. S' ils font ce qu'ils doivent qu'importent leurs motivations.
Depuis longtemps on cherche à motiver homme . La divinité, les idéaux, les décorations, l'argent, la peur du châtiment divin ou humain, la fierté et le sens de honneur, on a tout essayé, Et je ne ne prétends pas exhaustive ma liste.

Ajoutons l'amour de ses enfants. Des voyous se muent en très honnêtes citoyens dès que leur premier enfant naît. Enfin responsables, ils veulent par amour pour lui, lui offrir un bon père, dont il puisse être fier, et qui lui serve d'exemple.

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Miraje · il y a
Un air de vécu dans cette nouvelle aux allures de reportage
·
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gillibert · il y a
Effectivement, tout ce que je dis est l'exacte vérité . Dure vérité
·

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