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Thick Glasses

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Abel

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Thick glasses
(introduction)

Je n'oublierai jamais le jour où j'ai trouvé ces lunettes gisantes sur le sol froid d'hiver.
Ce jour-là, je marchais en direction de mon établissement scolaire lorsque mon chemin fut interrompu par des lunettes noir gisantes sur un sol recouvert de neige blanche. Jamais une telle chance ne se représentera jamais à moi. La chance, d'enfin, sentir mon cœur chavirer.

Blue Eyes
(première partie)

Aujourd'hui, nous sommes le premier jour de décembre. Le jour le plus froid de l'année, le jour qui nous rapproche des vacances associées à cette fête chrétienne que je ne fête pas, Noël.
Je suis juif, je ne fête donc pas Noël, je fête Hanoukka, une fête religieuse juive.

Le bruit sourd insupportable de mon réveil vient me sortir de mon merveilleux rêve dont j'ai déjà tout oublié avant même de tenter de me le remémorer. Le rêve ne nous fait vivre que la nuit, la vie que l'on souhaite secrètement avoir. Ma mère me disait que le jour où l'on cessait de rêver, la fin était proche. Je n'ai compris ses paroles qu'à mes dix ans.

Mes yeux encore endormis vinrent porter leur attention sur ma fenêtre, des flocons tombaient calmement du ciel, se couchant par la suite sur le sol gelé d'hiver. Un sourire incontrôlé se dessina sur mes lèvres gercées, la neige est la plus poétique chose au monde, elle représente tant à mes yeux. Mes mains engourdis vinrent enfin frotter mes yeux endormis afin de me réveiller un peu. Mon corps me paraissait si lourd ce matin, le redresser fut complexe. Mes pieds finissent par enfin atteindre le sol froid, j'eus l'impression que tout mon corps fut plonger dans une cuve d'eau glacé. Sans réellement réfléchir, mes jambes accéléraient le pas et m’entraînaient jusque dans la salle de bain. Mes vêtements de nuit heurtaient le sol un par un. Mon regard se posait sur mon reflet, un léger sourire désespéré aux lèvres exprimait parfaitement le peu d'estime que je porte à ma personne. Mon physique n'était pas très attrayant, des valises donnaient à mes yeux vert tortue un regard malheureux et sombre, ma peau blanche comme neige faisait ressortir toute les imperfections de l'adolescence, un grain de beauté gisant au coin de mes lèvres fut la seule marque de beauté que je portais. Mes cheveux noir corbeau semblaient n'avoir jamais rencontrés une brosse de leur existence. Je me glissais finalement dans la cabine de douche peu entretenu, une grimace de dégoût apparu sur mes lèvres à cette pensée.
L'eau coulait rapidement du pommeau de douche, venant ainsi caresser chaque parcelle de mon corps, frémissant au contact de l'eau à peine tiède. Le gel douche vint ensuite glisser sur ma peau comme du miel, mes mains venant exercer un frottement contre mon corps mince, une mousse blanche apparaissait enfin sur mon corps nu, l'imprégnant d'une odeur trop féminine pour mon corps masculin. L'eau dévalait à nouveau le long de ma peau, une main tremblante se portant à mes cheveux, les plaquant vers l'arrière. Après bien trop de temps dans ce petit espace clos, je m'extirpais par les portes, laissant un soupire s'échapper de mes lèvres closes depuis tout ce temps. L'air semblait plus froid que l'eau et fit frémir ma peau plaquée à ma carcasse. Je vins enfin sécher mon corps tremblant de froid, l'habillant à nouveau.
Une fois habillé, je me précipitais à nouveau dans ma chambre, enfournant mes affaires de classe dans mon sac ainsi qu'un briquet et quelques billets. Mes yeux se précipitaient vers l'heure, pris de panique par l'horloge affichant mon retard, un rire nerveux s'échappa de mes lèvres avant que mes longues jambes ne m’entraînèrent à l'extérieur de chez moi. Courant comme un forcené, mes parents ne seraient pas fiers de me voir dans un tel état.
D'un coup, je m'arrête dans ma course et me souviens que mon horloge avance d'une dizaine de minutes pour m'éviter un quelconque retard. Alors, une marche bien plus calme s'installe, profitant du paysage. Les flocons de neige venaient se déposer sur ma chevelure noire, leur donnant davantage un aspect négligé. Je me retrouvais finalement devant la pharmacie la plus proche, contre toute attente elle n'est pas bondée. J'entrais alors calmement et sors mon butin, l'échangeant contre ma mort. C'est surprenant de payer pour mourir plus tôt, n'est-ce pas ? Malheureusement, je ne peux plus me passer de la cigarette. Je sortis de ce bâtiment dégageant une odeur bien trop saine pour mes poumons. Ma marche repris en direction de mon lycée, plaçant un bâtonnet de cancer entre mes lèvres et venant calmement l'allumer à l'aide de mon briquet presque vide. La fumée emplit mes poumons, les consumant petit à petit, s'échappant ensuite par mes narines. Ma marche fut interrompue par un bruit étrange sous mes rangers. J'entrepris alors de faire quelques pas en arrière, regardant par terre, découvrant ainsi des lunettes venant tout droit des années soixante-dix, d'énorme verres, sûrement quelqu'un de myope, une personne d'un certain âge je suppose. Je me penchais et les ramassais, elles n'avaient pas l'air trop abîmer. Je repris calmement ma marche, la neige grinçant sous mes chaussures, un bruit agréable pour mes oreilles. Une centaine de mètres plus loin, un jeune garçon vint me percuter, il semblait être en train de courir et maintenant nous nous retrouvions tous deux au sol et je fus le premier à mes redresser, grognant au contact du froid et de voir ma cigarette gâcher, au sol, à cause de ce sale môme-... Mes yeux se portaient sur le plus petit, instantanément je remarquais son visage angélique, tel une poupée. Le temps semblait s'être stoppé, je pris alors le temps de remarquer chaque détail sur son magnifique visage d'une perfection irréelle. Sa peau rosée comme celle d'un bébé était recouverte par des taches de rousseurs, des lèvres féminines qui ne demandaient qu'à être traitées avec trop de respect et enfin ces yeux. Des yeux bleus, un bleu pur, à faire trembler n'importe qui, à pétrifier d'amour le premier qui les croisent. Ses cheveux bruns encadraient négligemment son visage. Mon regard se portais ensuite sur ses bras nus, rougis par le froid, des pansements les recouvrant d'ici-delà tout comme ses jambes, le fou était vêtu un short beige. Je fus rapidement ramené à la réalité par sa voix angélique et douce en train de s'excuser.

Un sourire idiot se dessine sur mes lèvres gercées, lui tendant ma main squelettique qu'il saisit avec sa main enfantine. Nos yeux ne se lâchaient pas, les joues du petit ange devinrent rapidement rouges et son rire nerveux vint faire chavirer violemment mon cœur. Ma première question était à propos de son âge. Celui que je prenais alors pour un enfant d'une douzaine d'année en avait seize, presque autant que moi. Je fus alors surpris mais rien de bien extraordinaire comparé à mon extase face à son visage, ses yeux, ses lèvres, ses cuisses, son corps, son visage, lui tout entier... Il semblait parfait. Un échange de prénom s'impose. Maxime. Maxime est alors le nom de cet ange. Maxime remarqua sa paire de lunettes dans mes mains, il me les arracha. Un geste si violent venant d'un être si doux fut assez surprenant. L'ange ajustait ses lunettes bien trop grandes pour son visage étroit mais cela ne fait que lui aller comme un gant. L'échange s'arrête ici, je suis celui qui coupe court notre discussion pour me rendre au lycée, apercevant mes amis au loin qui me regardaient avec insistance, je salue alors le petit et m'enfuis vers mes camarades, un sourire idiot, encore prisonnier de l'amour vaporeux se dégageant de Maxime.


A la fin de ma journée de classe, je me précipite chez moi. Il faisait nuit et ce n'était pas la chose la plus rassurante au monde. Ma marche était rapide et ma respiration saccadée, une cigarette passant de mes doigts à mes lèvres jusqu'à ce qu'un un bruit étrange me fit sursauter. Je m'arrête alors jusqu'à ce que j'entende une respiration sifflante et affolé accompagné d'un pas courant en ma direction. Je me mis alors à courir, lâchant ma cigarette pour éviter de me brûler d'une quelconque manière. Un bruit de chute me fit à nouveau sursauter et je trébuchai de manière ridicule avant de m'écrouler sur un banc, respirant très rapidement, mon regard se tournant vers l'ombre au sol. Une ombre ridiculement petite, cela me fait rire d'avoir eu peur d'un enfant. Je commençais à m'inquiéter lorsque je réalisais que le sale gosse mettait du temps à se relever. Je m'approche alors de lui, soupirant doucement, un peu effrayé. Sans prévenir, la figure sombre se redressa rapidement et reparti en courant dans le sens opposé. Je cru apercevoir que le gosse portait un short. Ce qui me marqua alors fut d'apercevoir des lunettes d'une autre décennie gisant à mes pieds. Je les reconnu et souris alors. Maxime court toujours, je suppose. Je pus enfin rentrer chez moi, ces énormes lunettes à la main.

Le lendemain matin, je me réveille avec une certaine envie, sautant hors de mon lit, me précipitant pour m'habiller, prenant le temps de manger avant de partir bien trop en avance. Je marche alors calmement, profitant du paysage qui s'offre à moi, profitant des beautés de la vie, de la ville encore endormie, espérant la surprendre.
Mon pas était lent mais impatient, j'espérai croiser le petit aux tâches de rousseurs. J'espérai croiser à nouveau ces magnifiques yeux bleus. Mais ce matin...rien. Je me rendis alors au lycée, en temps et en heure. Je décide alors d'en discuter avec Tess, mon amie d'enfance. Puis finalement aux autres. Ils pensaient tous que je ne faisais que mentir ou que la cigarette me montait à la tête mais aucun ne me prenait au sérieux et j'en fus blessé. La journée fut longue, j'étais perdu dans mes pensées, me demandant si Maxime était vraiment réel finalement.


First Talk
(seconde partie)
La journée touchait doucement à sa fin. Je marchais alors en direction de mon domicile, une cigarette entre mes lèvres abîmées. Les lampadaires étaient la seule source de lumière qui éclairaient mon chemin. Mes pieds soulevaient la neige par moment, le cœur presque lourd de ne pas avoir la confiance de mes amis. Je me remémorais le visage angélique du doux jeune homme d'hier. Mon cœur s'allégea soudainement et un sourire tendre apparu sur mes lèvres. La fumée cancéreuse s'échappa délicatement de mes narines.
Je me demandais si j'éprouvais un quelconque sentiment amoureux à l'égard de quelqu'un que je ne connaissais pas ou si ce n'était qu'une curiosité mal placée qui me poussait à sans cesse penser à ce garçon. Soudainement, une respiration bruyante et sifflante me sortit de mes pensées. Sans m'en rendre compte, je me retournais à l'entente de mon prénom.
Celui qui occupait mes pensées durant tout ce jour se trouvait juste devant moi.
Le jeune homme respirait rapidement, il semblait avoir couru un marathon pour respirer si fort.
Je lui accordais un tendre sourire, le saluant calmement avant que tous deux, nous allions nous asseoir sur un banc non loin.
Un silence embarrassant s'installe. Je décidais de prendre la parole, il semblait timide.

« Maxime »

Ma voix était étrangement tendre, tout comme le léger sourire qui s’étirait sur mes lèvres lorsque nos regards se croisèrent. Son regard interrogatif remplaça une quelconque parole. Je remarque assez rapidement que le jeune homme à mes côtés tremblait, cela lui donnait un côté adorable.
Je me demandais toujours pourquoi il ne portait que des vêtements d'été.

« J'ai ça pour toi. »

Dis-je, plongeant ma main dans mon sac et sortis sa paire de lunettes, il la saisit avec délicatesse avant de les ajuster sur son visage. Elles étaient définitivement trop grandes mais lui allaient terriblement bien. Il ne semblait pas vouloir parler, je ne voulais pas paraitre trop bavard et le mettre mal à l'aise mais ma curiosité était trop grande pour la taire.

« Pourquoi est-ce que tu mets que des vêtements d'été ? »

Son regard fixait ses pieds avant de se diriger dans le miens assez soudainement, un regard exprimant son hésitation à parler. Ses magnifiques yeux saisissaient mon âme et faisaient ce qu'ils voulaient d'elle. Je me sentais si vulnérable face à lui. Ses lèvres se descellèrent enfin, une voix tremblante me fis frémir, mes yeux absorbés par le bleu des siens se reportèrent sur ses lèvres brillantes de sang encore présent. Il devait se les mordre assez souvent pour qu’elles soient dans un tel état.

« Juh...je préfère..je n'ai pas à réparer. »

Sa voix était encore enfantine pour son âge et ses paroles étaient hésitantes, il semblait être effrayé. Il m'expliqua ensuite qu'il tombait beaucoup tout comme il courait beaucoup, qu'il était scolarisé chez lui et qu'il fuguait souvent lorsque la solitude devenait trop complexe à encaisser.

Après ce long échange, chacun rentra chez soi. J'étais heureux de l'avoir revu, il m'avait manqué. C'était d'ailleurs étrange cet attachement si rapide. J'étais heureux, c'est tout ce qui compte.

The paper
(troisième partie)

Depuis mon échange avec Maxime, je ne cessais de penser à lui. Mes notes se dégradèrent rapidement et trainer dans la ville à la recherche du petit ange occupait la plupart de mes journées. Si je ne le retrouvais pas, nous échangions grâce à un banc, gravant des mots, des phrases, nos pensées. Mes parents ne semblaient que peu concernés par ma présence volage.

Aujourd'hui, je rentrais calmement chez moi, bien évidemment je passais devant le banc à la recherche d'un nouveau message de la part de Maxime. Nous nous voyions au moins une fois par semaine, le mercredi, mais cette semaine je ne l'avais pas vu et nous n'avions fait qu'échanger grâce au banc, à notre banc, notre lieu de rencontre. Je m'assieds sur le banc, levant les yeux vers le ciel. Il faisait si sombre. Les vacances étaient demain soir, j'espérais le revoir avant. Je finis par me remettre à la recherche de son message et finalement je le trouvai.

De chaudes larmes emplirent mes yeux avant de dévaler mes joues, le bâtonnet de cancer s'échappant de mes lèvres en un soupir. Mon visage pâle devenait petit à petit rouge à cause des pleurs, je ne ressemblais à rien. Mon visage était ravagé par la douleur qui tentait de venir à bout de mon cœur en cristal. Mes doigts squelettiques presque coupant, vinrent caressant ses derniers mots.

« Je m'en vais. Maxime. »

Un cœur était gravé à côté, une aiguille était plantée à l'intérieur de ce dernier, tenant faiblement un papier. Je le saisis faiblement, laissant mon corps s'écrouler dans la neige. Je ne me sentais plus capable de me relever, enlaçant le papier. Je ne voulais pas lire son contenu, je voulus juste revoir Maxime. Ce fut mon souhait.

Mes sanglots finirent par se calmer et je me rendis chez moi, claquant les portes et hurlant à ma pauvre mère que je ne voulais voir personne.
Incapable de dormir, je finis par ouvrir le petit papier, les larmes ravagèrent à nouveau mon visage, mes yeux rouges et gonflés étaient douloureux. Je retenais mes sanglots, ne voulant pas que l'on m'entende. Je voulais être fort.
Il était écrit :

« Je t'aime, c'est le seul cadeau que je peux te faire. »

Son écriture était très soignée, il avait dû le recommencer un nombre incalculable de fois.
Mon cœur battait rapidement. Je murmurais alors, à moi-même.

« Je crois que je t'aime aussi... Maxime. »

Ma nuit se passa en pleurs et en silence douloureux.

Last Talk
( dernière partie)

Jamais je n'aurais pensé que perdre quelqu'un sans pouvoir lui dire au revoir était si douloureux. Les vacances avaient commencé et sans surprise, je restais cloîtré chez moi. Ma mère était là pour moi et heureusement. Je n'avais pas osé lui parler de Maxime ni de tout ce qu'il s'était passé, ni de mon amour à son égard. Elle serait détruite si elle apprenait que j'étais homosexuel. Je n'en étais moi-même pas certain.

Les jours étaient tous les mêmes, l'ennui me rongeait, l'absence de l'ange aux yeux bleus aussi. Je ne voulais que le revoir une seule et dernière fois. L'espoir fait vivre après tout.

Les fêtes de Noël, que je ne célèbre pas, exaltèrent mes amis et leur rendaient le sourire, ils voyaient leur famille. Tout était parfait pour eux. Ils ne comprenaient pas mon état. Tess était la seule à m'avoir fait confiance à propos de Maxime après avoir vu le banc et notre discussion relativement personnelle écrite dessus.


Hanoukka finit enfin par arriver, c'était pire de voir toute ma famille que d'être seul dans mon lit. Je devais faire semblant d'être heureux, d'avoir des bonnes notes. Je devais faire semblait d'être parfait et d'avoir une vie parfaite. C'était loin d'être le cas, je souffrais. Nous étions tous à table, mangeant énormément, échangeant quelques cadeaux. Il faisait nuit dehors. Nous festoyions à la salle des fêtes de la ville, tant nous étions nombreux. Mon regard était porté sur l'extérieur, la nuit noire me rappelait les moments avec Maxime. Je n'avais jamais su où il habitait et ce fut mon plus grand regret. J'aurais adoré jeter des pierres à sa fenêtre et m'enfuir toute la nuit et revenir au petit matin sans que personne ne le remarque. J'aurais aimé faire tant de choses avec lui, partager tant de secrets, tant de sentiments nouveaux, lui faire ressentir de nouvelles choses autres que le douleur d'heurter le sol ou la main de son père. J'aurais tant aimé dévorer ses lèvres, caresser sa peau douce. J'aurais apprécié le présenter à mes amis.

C'est affligeant comme l'Homme ne fait que regretter tout le long de sa vie. Je pense que ma vie ne se résumera qu'à cela, le regret.

Je fus autorisé à aller dehors prendre l'air, il faisait horriblement chaud. Je m'assieds sur un banc, soupirant doucement. Je les entendais rire, s'amuser, parler, danser. Ils vivaient tandis que moi, je me consumais. Ma consommation de cigarettes avait explosé et, j'étais d'ailleurs en train de consumer mes poumons. Mon regard fixait la fumée disparaissant petit à petit dans l'air, essayant de me remémorer tout son corps, chaque détail de Maxime, chaque secret qu'il cachait avec de simples pansements.

Je crus bien que mon esprit me jouait des tours lorsque sa figure apparut derrière la fumée disparaissant. Je me levais alors brutalement, m'approchant de lui en symbiose avec ses mouvements.

« Maxime ?
- Je voulais des au revoir corrects... »

Me dit-il timidement. Nos corps étaient terriblement proche l'un de l'autre et je ne pus m'empêcher de serrer celui du petit contre le mien, caressant ses cheveux tandis que ses mains se promenaient dans mon dos bien large pour de si petites mains. Nous nous séparâmes à contre cœur, souriant tous deux de manière tendre et quelque peu embarrassées. Mes yeux sombres plongèrent dans ses yeux si purs.

« Je t'aime. Je t'aime ! »

S'exprima-t-il enfin. Des larmes dévalèrent ses joues et je viens essayer de les faire disparaitre en les caressant de mon pouce, encadrant son visage de mes grandes mains fines et squelettiques. Je vis un sourire apparaître sur ses lèvres gercées à cause des larmes qu'il avait dû verser durant tout ce temps. Durant une bonne dizaine de minutes, nous nous enlacions et nous pleurions dans les bras l'un de l'autre.

Maxime vint agripper le col de ma chemise, se mettant sur la pointe des pieds afin de se faire plus grand face à moi. Il pressa ses lèvres contre les miennes et je ne le repoussais pas, je plaçais mes mains sur ses joues, nous souriions tous deux. Il entrouvrit ses lèvres, m'invitant à échanger un baiser passionné ce qui fut le cas. Notre baiser dura l'instant d'une éternité. J'étais aux anges, j'étais avec un ange. Il fut celui qui rompu ce baiser si exceptionnel.

Le petit ange aux yeux bleus et aux énormes lunettes recula, me souriant tendrement avant que ma mère n'apparaisse derrière moi, je me retournais alors soudainement.

« A qui parles-tu ? Rentre, il fait froid ! »

Me dit-elle. Je me remis face à Maxime en prononçant le début de son prénom avant de me rendre compte que j'étais seul. Il ne restait que ses lunettes, gisantes à nouveau dans la neige. Je les récupérais alors en soupirant, des larmes dévalant mes joues.



« Personne... »
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