Théo

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Le froid...
Il fait si froid dans ce bleu tranchant qui perce la rétine. Un bleu qui pourtant, parfois paraît si doux.
La force des éléments.
Une lutte constante pour une seconde de plus. Chaque inspiration devient un combat pour lequel il faut mettre toute son énergie. Mais de l'énergie on n’en a plus.
La mer est trop forte. Elle t’emporte , te traine dans tout les senses. Il faut rester la tête à la surface pour ne pas mourir, pas encore, pas maintenant... L'humidité a déjà transpercer la peau et les muscles, même les os semblent geler. Les vagues ne cessent d’envoyer cette eau salées dans la bouche, qui s'infiltre à chaque respiration. Les muscles commencent alors à se tétaniser par manque d'oxygène. La “nage” devient de plus en plus compliqué et les respirations de plus en plus approximatives.

Voilà la situation dans laquelle se trouvait Théo. Un fâcheux incident lui avait coûté le bateau de son père et, sans doute, allait il aussi lui coûter la vie. Même si il avait une peur bleu de son père, il avait fait son choix... Il préfère affronter la colère de son géniteur plutôt que l'étreinte glacial du roi Posseidon. Mais jusqu'à preuve du contraire , ce n'était pas de son ressort.
Se débattant de toute ses forces pour rester à la surface ,malgré la tempête , il sentit qu’il heurta quelque chose du pied gauche. Il était loin de n’importe quelle terre possible, mais un rocher qui lui permettrait de rester à la surface, même au milieu de l'océan, ce serait un miracle! Il chercha tant bien que mal, avec ses pieds à retrouver le cailloux prodigue, mais pas le moindre signe d’une quelconque masse rocheuse. Dans un effort qui lui paru insurmontable , il plongea la tête sous l’eau, pour essayer de le distinguer.
Rien.... Ni devant ,ni derrière. Rien en bas. Rien que du bleu, qui se dégrade en noir.
Vite , remonter! Le souffle lui manque, ses poumons sont trempés.
Comment est ce possible? Se disait il. Il ne s'était écoulé que quelques seconde. Sans
doute le courant l’avait il emmener loin de ce rocher en un instant...
Puis soudain une lumière seulement à quelques mètres de lui. Celle ci se cachait et
réapparaissait au rythme des vagues. Théo se mit à crier à plein poumon: A L’AIDE!!! Il
sentit ses poumons éclater sous la pression qu’il leur infligeait. Un goût de fer apparut dans sa bouche. Il manqua de se noyer en toussant du sang.
Non , pas maintenant se disait il, levant les mains en brandissant sa montre , dans l'espoir qu’elle reflète la lumière du bateau et attire le regard..
Pendant ce temps là sur un bateau nommé Lassie, en référence au chien fidèle d’une série télévisée. Deux marins qui avaient déjà bien abusé du rhum pour la soirée, s'exclaphèrent en voyant le pauvre Théo à l’eau.

- Hé ben alors p’tit b”nhomme, lança le plus gros des deux. T’en as une ben belle de
montre ! T’aurais pas envie d’me la céder , par hasard?

Sans même que Théo eu le temps d’entendre la fin de la phrase du son vilain sauveteur. Le deuxième marin lui saisit le poignet et arracha la montre. Les deux compères sourirent avec le peu de dents qu'ils leur restaient en contemplant leur nouvelle objet.

- R’garde un peu l’belle ouvrage, dit le plus chétif des deux. Les mécanismes sont si
minutieux.
- On pourra en tirer bon prix! Lança le plus gros avec une voix qui passait au dessus
de la tempête.

Théo du s’y prendre à trois reprises pour pouvoir agripper la coque du bateau. Sa main
droite se posa sur une partie qui pouvait lui servir de support, tandis que la gauche
s’accrochait à une corde qui pendait à moitié dans l’eau. Mais à peine sa main droite fut tél poser, qu’une énorme botte en caoutchouc lui écrasa les doigts. Le plus gros des deux marins lui marchait sur la main en se penchant vers l'avant jusqu’à avoir le visage qu’à quelques centimètre de Théo. Coincé ainsi avec la main sous l'énorme poid du marin, Théo n’avait d’autre choix que de regarder et attendre. Alors qu’il n'apercevait que deux énormes troues remplie à ras bord de poils qui donnaient l’impression de tout faire pour fuirent ces orifices, le marin commença à crier :

- Pour qui qu’tu t’prends , toi , moustique!?!
- Je cherches à éviter la noyade, cria Théo.
- Qui c’est qui t’as autorisé à poser tes mains sur m’belle Lassie?
- Désolé, je veux juste monter!
- Pas d’ça ici! Allez , hop! A l’eau!
- Mais comment pouvez vous!? Je vais mourir!!
- AHAH on s’en fou! En mers, chaqu’un peut être cap’tain et faire régner ses règles. Il
suffit pour ça d’avoir un navir! AHAH Et il se trouve que Lassie est MON navire !

La main ferme du marin se referma sur Théo et l'envoya voler quelques mètres en arrière.
Le choc avec l’eau fut aussi violent qu’un coup de poing dans la nuque. Il ne comprenait pas vraiment ce qui venait de se passer...Pendant quelques secondes, il s'imaginait avoir rêvé la scène. Mais non, ça avait bien eu lieu. Contemplant les feux du navire s'éloignés à travers la tempête, Il ne pouvait que se résigner à croire l’incroyable vérité. On distinguait encore le rire gras des marins, qui s'effaçait peu à peu derrière la tempête.
Alors que l’espoire avait entièrement quitter son corps, il n’eut pas le temps de sombrer dans l'apitoiement. A nouveau son pied avait heurté quelque chose. Son rocher, pensait-il!
Il plongea , abandonnant ainsi toutes possibilitées de rattrapper le bateau et de tenter une montée furtive à bord. Il aperçu une masse qui pouvait, effectivement, être un rocher, mais ça semblait être trop loin de lui pour pouvoir l’avoir toucher du bout des pieds...
L’œil de Théo fut attirer par un mouvement sur sa droite, légèrement en contrebas. Faisant un quart de tour dans cette direction, il aperçut une toute petite tache, à peine plus grande que sa main. Sans doute un petit poisson.
Remontant vers la surface pour prendre une respiration , il fut stoppé net dans sa course par un sac plastique, qu’il prit en pleins visage. Il fut complètement brouiller... Ses senses furent momentanément comme mal regler. Plus il se débattait, plus le sac se resserrait autour de son cou. Le plastique comprimait son visage et sa vision s'obscurcit. Le noir commença à l’envelopper, et il sentit son heure arrivé. Mais prit d’un sursaut de vie , et il plongea ses mains dans sa bouche. Poussant dans sa gorge avec ses doigts, il réussit à faire un trou dans le plastique, lui permettant ainsi de déchirer le reste du sachet. Écartant de ses dernières forces le sac, il toucha de la main quelque chose de chaud et extrêmement doue. Il crut apercevoir la fin d’une queue, qui disparu en une fraction de seconde derrière lui..
Il était tétanisé. Non pas par ce que sa main venait de toucher. Mais parce que la tâche qui lui avait paru si petite , s'était transformé en une imposante créature, qui faisait plus de cinq fois sa taille. Elle se tenait devant lui, étrangement immobile malgré les courants...
La queue qu’il avait cru apercevoir disparaître derrière lui, appartenait à une autre créature, pour le moins dangereuse. Peu de personne peuvent se vanter d’avoir croiser une telle espèce dans leur vie.
Elle n’est pas beaucoup plus grande qu’un homme de bonne taille. C’est tout ce que l’on sait sur elle,car elle se déplace beaucoup trop vite pour pouvoir apercevoir quoi que ce soit d’autre.
Théo fixa d'énormes yeux vert. Non, rouge! Théo ferma les yeux, puis avec le peu de force qui lui restait , les rouvrit. Ah, enfaite ses yeux sont jaune!.. ou bleu?.. se dit il.
Théo se sentait épuisé, il repensa à...

Quinze ans plus tôt,
Dans une grande ville ou les locations sont chères, le propriétaire d’une maison parle
à son fils.
Le père de Théo, lui donna un peu d’argent pour qu’il aille faire des courses.
Il aimait recevoir de l’argent pour les courses. C'était bon signe, normalement il pouvait
toujours garder le surplus. C'était pas vraiment une règle, mais pour l’instant, tant il qu’il
n’en parle pas, on lui laissait les quelques pièces qui restaient, alors, il se taisait.
Le supermarché n'était pas très loin de chez lui. Il suffisait de traverser le parc pour arriver aux portes du magasin.
A peine entré dans l'établissement il fut submergé par sa beauté. Elle ne l’avait pas vue ,
c'était d’ailleurs toujours comme ça que ça se passait. Lui les voyait toujours en premier et s'il ne se faisait pas remarquer, elle semblaient toutes l’ignorer. Il ne se trouvait pourtant pas repoussant, lui il s’aimait bien. En se comparant à ses congères , il avait le sentiment de tomber vite amoureux. Mais il était comme ça. Il trouvait les filles belles, voilà tout.
Il se mit à la contempler sans vraiment se cacher et vue d’un oeil extérieur, ça avait quelque chose de malsain.
Encore une fois, il se sentait tomber amoureux. Mais peut être que cette fois ci c'était la
bonne, se disait- il. De toute façon, à chaque fois qu’il tombait amoureux , il espérait.
La nouvelle fille de ses rêve portait un tablier de l'établissement. Il se disait que commencer par ses courses lui donnerai un peu du temps pour réfléchir à un moyen de lui parler.
Il n'était pas spécialement confortable en présence des filles. Il les aimait , mais apparemment il ne savait pas comment communiquer avec elles.
Son père ne lui avait demandé que deux petites choses qui se trouvaient à l'entrée du
magasin. A peine entré et les courses étaient terminé. Il n'était pas prêt, il avait besoin de plus de temps pour réfléchir à “ une stratégie”.
Il prit la direction du fond du magasin. Commençant ainsi à errer dans la boutique.
A chaque fois qu’il sentait le courage monter en lui et qu’il commençait à se diriger vers la caisse, il croisait les yeux de la jeune fille et tout en lui s’effondrait. Il faisait alors
instinctivement demi tour et repartait errer dans les rayons. Se promenant ainsi dans les couloirs, il se perdait dans ses pensées.
Ce petit jeux de va et vient dura un peu plus d’une heure. Mais toujours perdu dans ses
pensées , Théo ne s'était pas rendu compte du temps passé.
Il fut réveillé de ses fantasmes, ou il abordait sa douce et ou celle ci répondait par
l'affirmative. Mais au lieu d’une jeune fille pour le réveil, ce fut un homme de taille moyenne, le patron . Il semblait très énervé et jeta Théo dehors en insinuant que celui ci essayait de voler dans son magasin et c'était d’ailleurs pour ça qu’il tournait en rond. Théo eut beau essayer de se justifier, la décision était prise,, il devait partir.
Une fois arrivé chez lui , son père plus en colère qu’inquiet, lui demandait pourquoi il avait prit autant de temps. Ne trouvant ni excuses, ni si courses, la soirée commençait à prendre une tournure habituelle de cris et d’oppression angoissante.
Pour une fois, Théo ne subissait pas les sermons car il s'évadait en pensant à sa belle. Tout comme dans le magasin, les heures défilaient.
Il était l’heure de dormir, son père commençait à fatiguer. Ca s’entendait à la cadence de ses paroles, il ralentissait un peu. Théo s’amusait à deviner devance la fin des phrases déjà entendu milles fois. Son père avait assez parlé et il se leva pour monter se coucher. La pendule affichait deux heures du matin passé Un peu plus de six heures de monologue...
pas de record ce soir. Théo sourit en montant se coucher tout en pensant à la belle
vendeuse.
Il était déjà tard quand il se réveilla le lendemain. Son père était parti travailler,et le petit
déjeuner l’attendait sur la table. Il était dix heures et les cours avait commencé depuis un moment. Se dépêchant d'engouffrer son repas en enfilant ses chaussettes, il parti de chez lui en courant. Il sauta la haie qui séparait la rue du parc et courra le long de celui ci. Arriver devant le magasin de la veille il s'arrêta net. Il était déjà très en retard pour les cours, mais il s’en fichait. Il voulait parler à celle pour qui battait son cœur.
Il observait attentivement le mouvement des employés en espérant la repérer. Mais après quarante bonnes minutes à scruter, il était obligé d’accepter qu’elle ne travaillait pas aujourd’hui.
Il prit la direction des cours de façon machinal. Arriver à mi chemin, il se dit : “si elle ne
travail pas le matin, peut être qu’elle travail l'après midi!” Après tout, il l’avait rencontrée le soir. Revigorer d’un espoir flamboyant, il fit un demi tour sec et rebroussa chemin.
Décidé à rencontrer l’amour aujourd'hui, il n’avait que faire des cours de maths.
Il était aux anges, il allait enfin pouvoir retrouver sa belle et il avait en plus tout le temps pour mettre au point son premier contacte. Soulager de cette belle perspective, il s’installa confortablement au pied d’un arbre, en face du magasin. Il voulait être sûr de ne pas la rater quand elle viendrait prendre son service.
Passant ainsi la journée à fixer l'entrée et ses alentours, le soir arriva beaucoup plus vite que prévus. Jetant un coup d’œil à sa montre Théo constatait qu’il était dix neuf heure passer.
C'était totalement sortie de sa tête, mais ce soir avait lieu l’anniversaire de son père. Il
décida de se lever pour rentrer quand soudain, la belle apparu. Elle avait l’air en retard. Elle se dépêchait de rejoindre son travail. Il n’eut pas l’occasion de l’intercepter qu’elle avait déjà disparue. Le temps lui manquait, il devait rentrer.
Attendant avec impatience les premières lueurs du jour, il avait passer la nuit à compter les secondes. On était samedi et l'idée de pouvoir passer sa journée à l’attendre, le remplissait de joie. Il prit la direction habituelle du magasin et arrivé en face de celui ci, il s'installa au pied de son arbre. La mâtiné passa assez vite, et bientôt l'après midi se terminait aussi. Au bout d’un moment , la nuit fit sont apparition et n’ayant pas d’autre choix que d’accepter sa défaite du jour, il dû rentrer.
Le dimanche lui avait paru interminable. Plus il regardait l’horloge, plus les minutes étaient longues. Même son ordinateur, sur lequel il passait normalement une bonne partie de ses journées, ne l'intéressait pas. Il pensait à la belle jeune fille. Il s'inventait des films ou étant plus courageux, il avait déjà conquis son cœur.
Son père ne travaillait jamais les lundis, aussi il du faire mine, en se réveiller pour aller en cours. Mais une fois dehors, ses pas le guidèrent à son arbre devenu favori.
A nouveau la journée passa, et toujours pas le moindre signe de la fille. Alors qu’il se
dirigeait vers chez lui, il reçut un message de Damien. C'était une photo de lui avec la
nouvelle fille de la classe. Théo fut sous le choque. C'était la fille du magasin! Il avait passé son temps à l’attendre alors qu’elle était dans son école. Quel idiot, se disait il. En plus Damien, je le connais. Il l’a surement déjà dragué. Prit entre la joie d’avoir enfin trouver la fille et la peur de son retard par rapport à Damien, il fut remplie d'excitation. La nuit lui parut encore une fois, très longue. Son impatience le dévorait.
7h40, lui qui d’ordinaire n'était jamais à l’heure, avait aujourd’hui 20 minutes d’avance.
Il avait cueilli une fleur et attendait dans la cours en guettant les arrivées. Puis soudain, elle apparu. Magnifique. Son visage rayonnait. Il pouvait enfin l’admirer.
Se dirigeant vers elle, il senti une douleur dans sa jambe. Il avait la sensation qu’un fil de fer s'était accroché avec le mouvement ,et avait déchiré toute la chair. Il attrapa sa jambe et...

Quinze ans plus tard...
...Il pensait tenir sa cuisse qui déversait son sang, tout en regardant le reste de sa jambe
partir en lambeaux. Mais son cœur s'était déjà arrêté depuis longtemps et ses pensées se dissipaient peu à peu..
Dans un tourbillon désorganisé, l'éclatant bleu s'était transformé en rouge. Petits et gros poissons commençaient à se rassembler pour profiter du festin de chair qui s’offrait à eux.
De Théo, il ne restait que de petits morceaux qui se dispersaient au rythme des courants. On pouvait encore distinguer l'énorme créature qui disparaissait dans les ténèbres de son monde, escorté de son étrange compagnon...
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