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the ''samaritan''

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Serge

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John Blain, sujet de sa Gracieuse Majesté, récemment anobli à l’âge de cinquante-sept ans au rang de Sir J.B. pour l’ensemble de son œuvre photographique, avait de quoi être fier de son parcours. Il s’était imposé comme l’artiste incontournable des deux dernières décennies ; surnommé le Doisneau britannique par ses pairs, il jouissait d’une aura qui s’étendait bien au-delà du royaume, sur laquelle tentaient de surfer galeristes, mécènes et parasites de tous bords. Harnaché de son matériel, tel un guérillero de l’image, il parcourait le monde à l’instar de son illustre compatriote le capitaine James Cook pour lequel il nourrissait une admiration sans bornes. Navigateur accompli, il rêvait en effet de naviguer un jour sur ses traces, à la recherche des Terres australes, un pur fantasme. S.J.B. ne se définissait ni comme un photographe, ni même comme un artiste, ce qui avait le don d’exaspérer ses détracteurs.

Il se disait plus volontiers, rajoutant intentionnellement une touche appuyée de snobisme, témoin de l’instant – l’instant magique bien sûr –, un autre fantasme d’artiste que ni la célébrité, ni l’argent ni même le titre de Sir fraîchement acquis, n’auraient jamais le pouvoir de lui offrir. Vous l’avez compris, S.J.B n’avait finalement jamais grandi, au sens raisonnable du terme. Au sommet de son art, éternel insatisfait, il redoutait par-dessus tout le jour maudit où il se dirait : « Je ne l’ai pas assez cherché et maintenant il est trop tard ! ».

*****

Un beau matin, un messager de Buckingham Palace lui fit parvenir, sous pli royalement cacheté, une invitation très spéciale : sur l’exacte réplique du ‘’HMS Endeavour’’ – reconstruit d’après l’épave du fameux trois mâts du Capitaine Cook –, les personnalités adoubées dans l’année par sa Gracieuse Majesté, se verraient conviées à une mémorable expédition sur les trace du grand découvreur. Après un détour en Méditerranée – prestige oblige –, le trois-mâts mythique rejoindrait par le Cap Horn, la Polynésie, la Nouvelle Zélande et enfin l’Australie. Une manière pour sa Gracieuse Majesté de ressusciter la gloire passée de L’Empire, valoriser ses sujets les plus méritants, et entretenir des relations de bon voisinage avec ces contrées lointaines.

S.J.M. y vit un signe du destin, réaliser un rêve de gosse ! En ce moment d’ailleurs, il piétinait : dans trois mois, Hamilton’s Gallery exposerait l’essentiel de son œuvre et il redoutait plus, son propre regard sur ses productions artistiques, que celui des nombreux critiques servilement acquis à sa cause. Il n’avait plus rien à prouver et pourtant l’instant magique se faisait toujours attendre... « Aurais-je encore le temps ? » ruminait-il encore, quand le jour d’embarquer arriva enfin.

‘’ L’HMS Endeavour II’’ quitta le port de Bristol sous les acclamations d’une foule en liesse, avec à son bord – outre son indispensable équipe de marins confirmés –, une délicieuse brochette d’intellectuels, d’artistes, de scientifiques et même d’industriels, pouvant se prévaloir depuis peu du titre convoité de Sir, et autres distinctions honorifiques. Peu enclin aux mondanités, S.J.B qui gardait une prudente réserve durant toute la première partie du voyage, fut soulagé en apercevant enfin le port de Marseille. L’escale devait durer une semaine, le temps de dérider tout ce beau monde et d’apprécier la douceur de vivre dans sa version méridionale, juste avant la grande aventure !

La troisième nuit à bord fut très largement arrosée, et la brochette B.C.B.G de sa Gracieuse Majesté – sensée se maintenir au garde à vous, le doigt sur la couture – n’évoquait à une heure très avancée de la nuit, ou plutôt du matin qui suivit, plus qu’un ramassis de fêtards dégénérés. S.J.B n’eut pas le temps de prophétiser sur la décadence de l’Empire, la rencontre fortuite entre un cigare cubain haut de gamme et une authentique moquette fin XVIIIème , eut raison de la décoration intérieure du glorieux ‘’HMS Endeavour II.’’

En d’autres temps, le Capitaine eut passé par les armes un moussaillon inculte arborant une disgrâce quelconque – un bec-de-lièvre de préférence –, afin de conjurer le mauvais œil, ou bien – car l’on n’a jamais assez de bras sur un bateau –, présenter l’addition au premier vagabond venu, traînant sur les quais à l’affût d’un restant de nourriture. De nos jours, Dieu merci, le bec-de-lièvre n’est plus la signature du diable, et les vagabonds, les exclus de tous genres, ne hantent plus depuis longtemps nos quais de plaisance, ni même d’ailleurs nos villes, n’est-ce pas ?

Le capitaine rédigea lui-même le communiqué de presse qui fit état d’un malencontreux court-circuit dans le salon d’apparat – mon œil ! Il pilota prestement sa maquette grandeur nature jusqu’à son port d’attache, Bristol, afin de lui refaire une beauté. Les dégâts ne furent fort heureusement que matériels. S.J.B sauva de justesse son précieux équipement ; nous verrons par la suite que ce ne fut pas là sa meilleure opération, mais poursuivons... Pour se désolidariser de ses pairs, S.J.B n’emprunta pas le jet privé – affrété pour la circonstance – permettant à une douzaine de fiertés nationales tout juste dégrisées, de rentrer au bercail la tête haute.

*****

Il n’était de toute façon pas pressé de rentrer, alors, pourquoi ne pas tirer profit de cette circonstance pour explorer cette ville chargée d’histoire, ses quartiers pittoresques et accessoirement, faire plus ample connaissance avec ses indomptables autochtones ? Il comptait ainsi réparer une injustice historique : James Cook son lointain mentor, n’aurait dit-on jamais daigné mouiller l’ancre en Méditerranée ! Marseille le lui rendit bien. Il allait sans le savoir, donner une nouvelle impulsion à son œuvre ! Il effectua ainsi plus de mille cinq cent clichés originaux sur pellicule argentique, une véritable mine dont il comptait bien, une fois rentré à la maison, extraire la substantifique moelle.

Cette dernière matinée fut plutôt décevante, « il faut raison garder » se dit-il, « le cliché du siècle n’est à l’évidence pas ici, contentons-nous pour l’heure de cette formidable moisson ». Il avait, poursuivant ces sages résolutions, emprunté en tout début d’après-midi le chemin de la gare, il rentrerait discrètement à bord de l’Eurostar. L’escalier monumental de la gare était déjà en vue, quand il fut le témoin médusé d’une scène improbable ; à l’affut derrière un arbre, il dégaina son arsenal avec l’économie de geste d’un tireur d’élite.

Dans le viseur de son Reflex, un homme, un inconnu d’une soixantaine d’année présentant tous les attributs d’un honnête citoyen, avait posé un genou à terre. Il enlaçait des deux bras un couple de vagabonds, de parias, d’intouchables – un homme et une femme, sortis d’un autre âge et pauvrement vêtus –, tous deux assis sur une margelle de pierre, devant un vieux rideau métallique tagué qui semblait être leur seule demeure.

A cette heure-ci, il pouvait mitrailler la scène sans être incommodé par les rares passants. S.J.B n’avait pas vu – il ne pouvait voir – le poing fermé de la femme, effondrée dans les bras de l’inconnu, il ne pouvait deviner qu’il contenait une petite pierre de fluorine broyée par des roues assassines ; il ne verra jamais non plus le carnet à spirales Clairefontaine, que son compagnon – réfugié derrière l’épaule protectrice du visiteur – tenait entre ses deux mains, comme un recueil de prière. De toute façon, il n’aurait pas pu comprendre...

De son point d’observation, S.J.B apercevait l’inconnu de côté, distinguant encore assez mal son visage – qui présentait pourtant des traits familiers –, tout entier tourné vers ceux qu’il étreignait avec une étrange ferveur. Absorbé par cette scène poignante, S.J.B ne vit pas arriver derrière lui les deux bambins barbouillés, courant les bras ouverts vers cet étrange trio, réclamer eux aussi leur part de tendresse – ils entrèrent ainsi de dos dans le champ de son objectif. L’inconnu, surpris, se détourna subitement vers eux sans pour autant relâcher son étreinte.

S.J.B remarqua alors le visage sidéré de l’homme qui paraissait appelé, happé par une vision lointaine et indicible, située bien au-delà de la portée de son propre regard ; ce regard qui traversait pourtant à cet instant précis et en son centre géométrique, la lentille indécente de l’objectif que S.J.B braquait toujours sur lui. Dans une dernière rafale, la bonne cette fois, son Reflex préféré – une véritable insulte technologique au commun des mortels – venait de capturer, avant même d’en avoir reçu l’ordre et pour toujours, un reflet de l’indicible.

Il ne le réalisa que trop tard – une milliseconde plus loin exactement –, piégé par son propre fantasme ! L’instant magique était passé et tenait tout entier dans ce mystère balistique, qui ébranla fortement durant la minute suivante, les bases même sur lesquelles notre ''Doisneau britannique'' avait patiemment et honnêtement construit toute son œuvre. Fort satisfait de cette série de clichés inattendus, il mit cette fâcheuse sensation sur le compte de la fatigue, rangea discrètement son matériel, et laissa la suite de l’histoire – qui ne faisait dans le fond que croiser la sienne – se dérouler sans lui.

Il s’engouffra dans le train avec le sentiment confus d’avoir dérangé l’ordre des choses, touché une loi universelle, qui sait ? Ce regard tout de même !... Il sourit tout à coup de son excès de sensiblerie et se plongea le temps du trajet, dans un bon policier, histoire de lâcher prise.

*****

Il se mit au travail sans tarder, et sélectionna une cinquantaine de clichés qui feraient date. L’exposition d’Hamilton’s Gallery approchait à grand pas et il comptait bien, fidèle à lui-même, surprendre et séduire à nouveau ses propres admirateurs – on n’enterre pas une légende vivante comme ça !

Le tout dernier cliché le laissait pourtant perplexe. L’intégrer à la collection ? Assurément, il dénotait. Ne risquait-il pas de briser une certaine harmonie, de dérouter son public, habitué à trouver dans ses œuvres un regard plutôt dépassionné, le terme ‘’distancié’’ conviendrait mieux ; cette fameuse distance teintée d’un humour tout en retenue, sa marque de fabrique ! Il ne se reconnaissait pas dans cette prise de vue, ça n’était pas vraiment son style. « À propos, que regarde-t-il cet inconnu, mis à part ces deux gosses et peut être, mon objectif qu’il aurait peut-être entraperçu au loin ? Y aurait-il autre chose, ailleurs, qui m’aurait échappé ? ».

S.J.B voulu en avoir le cœur net et déploya l’artillerie lourde, des moyens que n’auraient pas renié les très réputés services de Scotland Yard :
Après avoir agrandi l’œil droit de l’inconnu, le plus éclairé, ses appareils restituèrent – à la suite de multiples et savants réglages – l’image reflétée sur l’ensemble de sa surface sphérique au moment du cliché, une technique qu’il maîtrisait parfaitement. N’avait-il pas, il y a quelques années, ainsi piégé – à l’occasion d’une de ses fameuses expositions à New York –, le reflet des Twin Towers dans l’œil d’un enfant !

C’est ainsi qu’il put entrer dans la ''peau de l’inconnu'' – ou plutôt dans son regard –, à l’instant précis où se produisait l’instant magique. Il n’y décela que le reflet de deux bambins au premier plan, courant à sa rencontre sur un trottoir défoncé, bordé d’arbres et d’immeubles vétustes. Au second plan, émergeant des feuillages, une longue forme noire oblongue, son téléobjectif professionnel de six cent millimètres, un monstre.

Rien n’avait échappé à S.J.B, et c’était bien là son problème. D’où venait donc l’étonnement, la surprise, la douleur de ce regard qui semblait s’enfuir bien au-delà du cliché ? Il repoussa à plusieurs reprises une hypothèse surréaliste : ce qui aurait surpris et ému l’inconnu au moment où il tournait la tête, ne venait pas de l’extérieur, mais de l’intérieur ! Plus il chassait cette pensée, plus elle s’imposait et s’incrustait en lui. Il avait au moins une certitude : il avait figé sur sa pellicule quelque chose de rare, dépassant le domaine purement artistique, très au-delà de sa zone de confort et de compréhension. Ce ‘’quelque chose’’ s’était imposé, presque par effraction et il n’avait rien vu venir lui, S.J.B !

Il avait coutume de nommer ses prises de vues, ça aussi, c’était sa patte. Pour celle-ci décidément, rien ne venait, c’était un mystère, un trou noir, une page blanche ; pas franchement de nature à séduire son public, risqué, casse-cou ! Et puis, au diable le clientélisme ! Le cliché irait rejoindre son exposition comme les autres ! S.J.B le rebelle reprenait enfin la barre, ouf, il était temps !

Le vernissage fut un véritable succès. Toutes ces œuvres inédites révélèrent de multiples et nouvelles facettes du génie de S.J.B, qui en fut lui-même le premier surpris. Surpris, il le fut aussi par l’attroupement quasi permanent autour d’un cliché étrange, sans titre, dégageant une impression de malaise, de vertige ; un cliché relégué au fond de l’exposition, une œuvre qui n’était pas à vendre, parce que non considérée ‘’comme telle’’– au sens courant du terme – par son créateur. Avec l’affligeante absence de calcul caractérisant tout artiste authentique, S.J.B venait, avec un désintéressement aussi sincère qu’effrayant, de réunir tous les ingrédients, et dans les proportions idéales, pour provoquer ''le buzz du siècle''.

Ce qui advint sans tarder, et nourrit il faut bien le dire, quelque peu son ego, que sa solide notoriété rendait de plus en plus vorace : Un critique servilement courtois et passablement arrosé stationna quelques instants, interdit et chancelant devant cette étrangeté :

— Ok, here we are, only you and me. What could be your damn name? Let’s see, what about... The Samaritan? The Samaritan... Not bad at all, excellent, brilliant, tremendous !
Dear friends, a toast to the Sa-ma-ri-tan!

Il avait détaché en hurlant ces quatre dernières syllabes, comme un tonitruant « A l’abordage ! » lancé par un intrépide ancêtre, flibustier de surcroît, dont les gênes auraient été réanimés par quelques molécules d’alcool éthylique. Toute l’assemblée – y compris la presse – se retourna d’un seul homme, le verre levé, au signal de l’improbable baptiseur. S.J.B ne se le fit pas dire deux fois. Le lendemain, The Samaritan explosait le box-office du monde très fermé de la photographie artistique.

******

Avez-vous remarqué qu’en face d’un avantage quelconque, se trouve toujours un inconvénient, ou une série d’inconvénients de même poids ? La nature est ainsi faite et le créateur du Samaritan, allait bientôt redécouvrir cette évidence. En quelques semaines, la cote de l’œuvre atteint des sommets, il dut résister à des dizaines d’offres déraisonnables de milliardaires russes ou saoudiens, et faire face jour et nuit, aux assauts de spéculateurs privés de toute trace d’éducation ; ses propres mécènes – ceux-là même qui avaient généreusement financé ses entreprises avec la grandeur d’âme de circonstance – s’agitèrent eux aussi, réclamant leur part du gâteau.

Devant cette escalade insensée, S.J.B décida de conserver définitivement chez lui The Samaritan et le fit assurer pour une petite fortune. Personne ne le comprit, personne ne lui pardonna. Il s’isola, se marginalisa ; on le marginalisa et les portes du milieu qui l’avait adulé quelques mois auparavant se fermèrent une par une....

Il se retrouva seul, face à face avec son ''Samaritan'', qui n’avait toujours pas livré le dixième d’un début d’explication rationnelle, ce qui n’était pas par ailleurs sans le fasciner. Face à ce mystère insondable, son œuvre sentait plus que jamais le renfermé, désormais, plus rien ne le retenait ici. « Il est temps de prendre le large ! » se dit-il. Confiant prestement la gestion de ses affaires, il vendit son voilier de plaisance et fit l’acquisition d’un solide catamaran – une authentique bête de course –, afin de réaliser son rêve de gosse : partir sur les traces de son lointain mentor.

Séduit par la perspective d’un dernier bras d’honneur à ses contemporains, il allégea l’engin de son système de localisation GPS – un pur bijou –, de son nouveau point de vue, un cordon ombilical infecté, risquant fort, tôt ou tard, de lui gâter les sangs. Il fila donc à l’anglaise, sans tambours ni trompettes.

En navigateur avisé, il avait soigneusement préparé l’expédition. Après une première escale à Port de Santos au Brésil, puis à Rio Gallegos au sud de l’Argentine – où il rebaptisa son bateau : The Samaritan –, il se dirigea, confiant, droit sur le cap Horn ; ayant pris soin de protéger le précieux cliché par un cadre étanche, solidement arrimé au-dessus de sa spartiate couchette d’aventurier. À l’approche du lieu mythique, il senti un frémissement annonciateur ; aucun doute, les éléments lui préparaient un coup fourré. C’est ainsi qu’il se retrouva, sans avoir pu élaborer le moindre plan de repli, ballotté comme une coquille de noix sous un ciel d’apocalypse.

Le mât profilé – fut-il en carbone –, explosa comme du bois de cagette ; privé de toute communication digne de ce nom, S.J.B senti qu’il était temps de recommander son âme au tout puissant – enfin s’il pouvait toutefois l’entendre dans ce foutu boucan. Son sens de l’humour resté intact, lui suggéra en pareille circonstance, de fêter dignement l’évènement avec tous les honneurs dus à son rang : il déboucha sur le champ son meilleur Whisky et l’engloutit sans cligner des yeux.

Il eut néanmoins la présence d’esprit de décrocher le fatal cliché, de l’extraire de son écrin de protection et – quelque peu perturbé par les coups de boutoirs d’un environnement fort instable – d’y inscrire au dos, une dernière dédicace :« Ami, ceci n’est ni un cliché photographique, ni une œuvre d’art. Ce n’est que de la poussière d’étoile, un moment d’éternité. Fais-en bon usage. Bien à toi. S.J.B.»

Il l’enroula ensuite avec soin avant de l’entourer d’une fine cordelette, et le glissa dans la bouteille de son Whisky préféré qu’il reboucha avec une farouche conviction. Il réussit le tour de force d’accomplir calmement ces délicates et multiples opérations, dans l’ordre, affichant un taux d’alcoolémie surréaliste, pendant que deux océans furieux se déchiraient les restes de son embarcation en matériaux composites. S.J.B éjecta ensuite la bouteille de son excellent Whisky hors de son esquif en déconstruction, avec la rage d’un lanceur de disque ukrainien.

Il n’atteindra jamais les Terres australes, du moins de son vivant. Jamais il ne saura où portait précisément le regard de son Samaritan, comme il ne découvrira jamais non plus, le sentiment complexe qui habitait l’inconnu sur ce dernier cliché : comme une illumination teintée de profonde tristesse. Dans le fond, le destin avait bien fait les choses, car pour S.J.B, le ''supplice de la Joconde'' n’avait que trop duré !

On dit qu’au-delà du Cap Horn, vit un poisson magnifique aux reflets métalliques jaune et vert, le Maï- maï. On prétend aussi que ce poisson recueille depuis toujours l’âme des vaillants navigateurs Maoris. Alors après tout, pourquoi pas la sienne...

Aurait-il démérité ?

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Image de Frédéric Nox
Frédéric Nox · il y a
Mes voix pour ce texte captivant et mystérieux. Bravo Serge
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Image de Jarrié
Jarrié · il y a
Remarquable travail d'une grande richesse qu'on a pas pour habitude de voir sur ce site. Salut l'artiste !
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