The Mary Rose

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S’évader : 1. S’échapper d’un lieu où l’on était retenu, enfermé. 2. FIG. Echapper volontairement à (une réalité). Enseignant à plein temps à des mômes aux vies souvent plus  [+]

Image de Été 2020

Le jour se levait à peine sur Portsmouth. Une brume cotonneuse enveloppait la ville encore endormie. Un trio de filles interrompit le silence qui régnait sur le port de pêche. Sac à dos, portable et guide à la main, Pauline, Lila et Iris, avaient débarqué tard la veille. Elles avaient pris le ferry avec leurs camarades de classe, depuis Le Havre. Après une nuit de traversée, elles comptaient bien profiter de cette première journée sur la côte sud de l’Angleterre. Elles y faisaient escale pour deux jours et ne voulaient pas perdre une minute de leur séjour linguistique de fin d’année. Un petit air de vacances, avant l’heure, qu’elles humaient avec plaisir et excitation.

La ville-île abritait le plus ancien port du pays, selon le guide de voyages qu’elles avaient entre les mains. Le nom de Portsmouth était un lieu incontournable de la marine militaire anglaise, chargé d’histoire. Les fortifications qui encerclaient la vieille ville portuaire et le Southsea Castle témoignaient de son riche passé. Portsmouth était une place stratégique depuis le XIIIe siècle et qui, au fil du temps, avait su conserver son importance. La ville avait été la base de plusieurs attaques lancées contre les Français, notamment. Les bateaux de la flotte britannique utilisés dans la bataille de Trafalgar étaient partis de cette rade qui faisait face à l’île de Wight. Le MMS Victory, le navire amiral commandé par Lord Nelson lors de la victoire est exposé, intact, dans le port. La cité, fondée le long du bras de mer du Solent, avait été également le théâtre de nombreuses guerres. Le guide de voyages ajoutait que des écrivains de renom tels que Charles Dickens, y virent le jour ou bien y avaient vécu comme Rudyard Kipling. La ville regorgeait également de musées, pour le plus grand plaisir des trois amies. Les jeunes filles avaient décidé de consacrer la première visite de leur périple culturel, à l’un d’entre eux : The Mary Rose Museum.

— À gauche ou à droite ? demanda Pauline qui avait du mal à s’orienter avec le plan.
Aucune des trois n’avaient réellement le sens de l’orientation. Le Spinnaker Tower, l’emblématique tour en forme de voile qui reflétait le passé maritime de la ville, les aida à se repérer facilement sur la carte. Finalement, elles filèrent droit devant et marchèrent un bon quart d’heure, divaguant dans les rues de la ville qui s’animaient peu à peu.

The Mary Rose Museum se dressait devant elles au cœur d’un immense chantier naval. Le musée avait l’allure d’un paquebot moderne, amarré à quai. C’était un édifice impressionnant, une prouesse architecturale aux lignes parfaites. Iris en resta bouche bée. Lila n’attendit pas longtemps pour dégainer son appareil et faire quelques photos qu’elle posta immédiatement sur son compte Insta. Impatiente de pénétrer à l’intérieur, Pauline se hâta de faire la queue à l’entrée du musée, rejointe rapidement par ses deux amies. Au guichet, un jeune garçon aux taches de rousseurs charmantes les accueillit :

— Good morning, young ladies. Welcome to the Mary Rose Museum. Would you like an audio guide?

Lila, qui était la plus à l’aise avec la langue de Shakespeare, prit les choses en main. Son accent ne laissa aucun doute au guichetier sur la nationalité des trois visiteuses.

— Good morning. I will need three audio guide, please.
— Of course. Here you are!

Le jeune homme lui remit les audioguides avant de leur souhaiter une belle visite et une excellente journée.

— Je crois que la fréquence en français est la numéro 3, dit-elle en distribuant les audioguides à ses copines. Normalement, nous en aurons pour deux heures. Essayons de ne pas trop perdre de temps.

Le guide de voyages n’avait pas menti. Les trois adolescentes étaient véritablement impressionnées par ce qu’elles voyaient.

Le Mary Rose était un vaisseau de guerre anglais du XVIe siècle. Il était resté au fond de la Manche pendant près de quatre siècles avant que des archéologues sous-marins ne viennent le délivrer, il y a une trentaine d’années. Il était le seul qui était ainsi présenté au public. Le musée permettait de découvrir, non seulement ce qui restait de la caraque mais aussi une grande partie des objets embarqués à son bord. C’était une excellente façon d’avoir un aperçu de la vie marine de l’époque, sujet de l’exposé que les trois amies devaient préparer pour le cours d’histoire, à leur retour en France.

⫽Amiral vessel of the English king Henry VIIIat the beginning of the royal navy, the Mary Rose had a very special destiny. After forty-three years figthing the French fleat the vessel sink in 1545 during the battle of Solent… ⫽

Absorbée par le spectacle qui s’offrait à elle, Pauline ne se rendit pas compte tout de suite qu’elle n’avait pas sélectionné la bonne fréquence de l’audioguide pour obtenir les descriptions en français. Elle corrigea son erreur.

⫽ Le Mary Rose sombra en 1545 lors de la bataille du Solent contre les Français. Environ quatre cents hommes perdirent la vie dans ce naufrage. Seule une trentaine d’hommes survécurent. Une partie du bateau fut ensevelie dans la vase ; le reste disparut sous l’effet de l’érosion. ⫽

Pauline écoutait attentivement les commentaires, fascinée par ce qu’elle découvrait. Passionnée de musique, elle remarqua une série d’instruments remontés à la surface et parfaitement conservés : une chalemie calme, un tambourin et sa baguette, deux violons et trois galoubets. Il lui semblait entendre s’échapper les notes de musique qui donnaient le rythme du travail dans le gréement. Elle fut heureuse de constater que Lila et Iris semblaient apprécier autant qu’elle, les trésors que recelait le musée.

⫽Quatre siècles plus tard, en 1971, l’épave du Mary Rose fut retrouvée GRRRRSHHTT et finalement remontée à la surface GRRRRSHHTT en 1982 GRRRRSHHTT GRRRRSHHTT ⫽

La jeune fille tritura dans tous les sens son audioguide. Elle était pourtant sûre de l’avoir correctement réglé. Elle pensa que les piles de son appareil portatif étaient peut-être usagées.

— Qu’est-ce que tu fous ? Un problème ? lui demanda Iris.
— Nan, rien, t’inquiète ! Juste un souci avec le son. Partez devant les filles, je vous rejoins.

C’était bien plus qu’un simple problème de son. L’audioguide semblait avoir rendu l’âme. Mais, pas totalement, puisqu’un grondement suivi d’un toussotement résonnèrent dans le casque de l’adolescente. Elle entendit, de nouveau, une voix. D’abord lointaine et inaudible, la voix s’approcha. Une voix grave et puissante. Rien à voir avec celle des commentaires préenregistrés. L’adolescente comprit que cette voix s’adressait directement à elle :

—Nice to meet you, Pauline.

Incrédule, la jeune fille se figea sur place. Aucun son ne put sortir de sa bouche. Un rire rauque et effrayant suivit.

— Ahahaha ! Don’t be afraid ! reprit la mystérieuse voix.

L’adolescente retrouva ses esprits, s’empressa de retirer les écouteurs et se dirigea vers les toilettes qu’elle avait repérées à l’entrée du musée. Elle s’humidifia le visage et se regarda dans le miroir. Ses traits étaient tirés. Le voyage de la veille avait été long et fatiguant et la nuit bien trop courte. Elle essaya de se convaincre que son manque de sommeil et son imagination lui jouaient des tours.

En quittant les toilettes, elle repassa devant l’accueil et essaya tant bien que mal de faire comprendre au jeune homme de l’accueil que son casque ne fonctionnait pas. Les gestes accompagnant les paroles, le guichetier lui remit un nouveau audioguide, lui sourit en lui montrant trois doigts. Pauline lui rendit son sourire et le remercia.

Les écouteurs sur les oreilles, la fréquence établie sur la position 3, Pauline tenta d’oublier cet épisode et poursuivit sa visite. Mais, à nouveau, la voix d’outre-tombe surgit dans son casque. Son sang se glaça aussitôt.

—Do you kow who I am?

La voix fantomatique était bien réelle. Elle la distinguait parfaitement, à présent. Elle n’était pas sortie tout droit de son imagination.

— Qui êtes-vous ? s’écria l’adolescente, prise de panique.
Autour d’elle, les visiteurs la dévisageaient. Ils devaient la prendre pour une folle. Peut-être l’était-elle vraiment ?
— I’m George Carew. Look at your phone, now! ordonna la voix.

Hypnotisée, Pauline s’exécuta. Elle sortit de la poche de sa veste son téléphone portable. Un article de journal ancien apparut à l’écran :

Le vice-amiral George Carew sombre avec son navire lors de la bataille de Solent.

Pauline ne put en lire davantage. Son téléphone se déroba sous ses doigts engourdis. Le bruit de son portable percutant le sol la sortit de sa torpeur. Elle se pencha pour ramasser son appareil. En se relevant, elle eut la sensation étrange que le bâtiment flottait. Elle ne voyait plus personne autour d’elle. Les murs modernes du musée étaient recouverts de bois. Ce n’était plus une impression. Le musée tanguait réellement. De gauche à droite et de droite à gauche. Inlassablement. Rien à voir avec la traversée paisible de la vieille. Des haut-le-cœur incessants la soulevaient. Elle s’agrippait tant qu’elle pouvait aux parois qui l’entouraient. Son visage blêmit. Elle ne put retenir le petit-déjeuner qu’elle avait avalé quelque temps plus tôt. Bousculée, totalement désorientée, Pauline ne comprenait pas ce qui se passait.

— Je suis en train de faire un mauvais rêve, se persuada-t-elle. C’est la seule explication possible.
—The only one, you think?

La jeune fille reconnut la voix envoûtante de l’audioguide. La même voix grave et puissante. Elle sentit un souffle glacial sur sa nuque. Un frisson incontrôlé parcourut son échine. Lentement, elle se retourna. Le vice-amiral George Carew se dressait là devant elle, en chair et en os. Elle reconnut immédiatement le capitaine du Mary Rose, dont elle avait vu le portrait un peu plus tôt, moins souriant que sur le tableau. Le regard hostile et la barbe épaisse, l’homme poursuivit :

— At last, we are meeting! Or If you prefer… Enfin, nous nous rencontrons, articula-t-il avec un fort accent anglais.
— Co... Com... Comment est-ce possible ? Vous… vous êtes mort !, bredouilla-t-elle.
— Hum… C’est exact, lui répondit le vice-amiral.

Le musée tanguait de plus belle. Pauline essayait de comprendre ce qui lui arrivait. Mais trop de questions se bousculaient dans sa tête. Pourquoi le musée tanguait-il ainsi ? Comment était-ce possible ? Pourquoi n’y avait-il plus personne ? Où étaient passées Lila et Iris ? Sans réponse, son cœur s’emballa. Elle tremblait de tous ses membres.
Un nouveau rire sarcastique secoua l’homme qui profitait de la détresse de l’adolescente.

— Enfin, très chère. Vous n’avez pas encore compris ? Vous êtes à bord de mon quatre-mâts, le Mary Rose. Enchanté, mademoiselle. George Carew, pour vous accueillir, dit-il en retirant son couvre-chef. Vous voilà plongée au cœur de l’été 1545, le long de nos côtes.

Une déflagration soudaine l’interrompit.

— Be careful !, hurlèrent au loin des voix d’hommes.
Le commandant s’approcha de la jeune fille terrorisée et lui souffla à l’oreille :
— Vous n’êtes pas à n’importe quel moment de l’histoire, voyez-vous ? Vous êtes au cœur du naufrage. Bienvenue à bord !

Son rire diabolique éclata plus fort encore.

Sans réfléchir, Pauline se mit à courir en direction du pont supérieur du navire. Elle était déterminée à sortir de là. Mais, le bateau tangua violemment vers la droite. La jeune fille perdit l’équilibre et heurta l’embrasure de la porte. Un objet tranchant la coupa. Mais, les entailles profondes à son poignet n’entravèrent pas sa fuite. Le vaisseau commençait à pencher dangereusement. Des munitions et des provisions basculèrent de parts et d’autres de la cale. Elle vit un canon se détacher et marteler le bord opposé, écrasant trois hommes sur son passage. Pauline vivait le chaos. Son cœur battait à tout rompre. Rapidement, l’eau pénétra à travers les sabords ouverts. L’équipage semblait incapable de redresser le navire. L’eau s’infiltrait de toutes parts. Le capitaine rattrapa sa prisonnière par le bras. Ses mains immenses lacéraient son poignet douloureux. Pauline ne put retenir ses cris de souffrance et de rage.

— Pourquoi vous acharnez-vous ainsi contre moi ? hurla-t-elle, impuissante.
— Je veux que tu ressentes ce que mes hommes et moi avons ressenti lorsque les galères françaises nous ont attaqués. Tu es condamnée à mourir noyée. Tout comme nous l’avons été avant toi, par la faute de tes aïeux. Tu es notre vengeance.

Des larmes coulaient sur le visage de la jeune détenue. Pauline sentit l’eau monter inexorablement dans le vaisseau. Elle lui arrivait à la taille. Puis, c’était au tour de ses épaules d’être immergées. Une nouvelle détonation retentit, accompagnée de nouveaux craquements et d’hurlements encore plus forts. Il lui semblait entendre des râles désespérés dans son dos. Elle continuait à lutter mais elle savait que c’était peine perdue. Le capitaine lui maintenait la tête sous l’eau. Elle se débattait. À bout de force, elle perdit la bataille et s’abandonna. L’eau pénétra dans ses poumons. Les yeux clos, elle entendit un bruit sourd qui s’intensifiait, peu à peu. Un bip régulier à chaque seconde. Lentement, elle rouvrit les yeux et reconnut les visages de ses deux amies et celui de Madame Pélancher, leur professeure d’anglais qui se tenait derrière elles.

— Où suis-je ? demanda aussitôt Pauline, des sanglots dans la voix.
— Ah ! Pauline, tu te réveilles, enfin !, s’exclama Lila heureuse. Tu es au Saint Mary’s Community Health Campus. Tu nous as fait tellement peur !
— Tout va bien, la rassura Iris. Tu es sortie d’affaire.
— Que m’est-il arrivé ?

Madame Plancher prit la parole à son tour :

— Les médecins ne savent pas précisément, Pauline. Tu aurais fait une violente crise d’épilepsie au musée. Ils vont te garder quelques heures en observation et tout rentrera dans l’ordre. Nous avons prévenu tes parents.
— En revanche, les médecins n’ont aucune idée de l’origine de tes plaies au poignet, ajouta Lila perplexe.
Pauline regarda son poignet. Elle savait, elle, d’où provenaient ses blessures.
— Mais, ne t’inquiète pas, la réconforta Iris. Tu es entre de bonnes mains. Tu dois te reposer. On va te laisser tranquille.
— Si tu as besoin d’un truc, appelle-nous. Ton portable est dans la poche de ta veste. Pendant ta crise, tu l’as laissé tomber. L’écran est fissuré mais il fonctionne.

Les deux amies l’embrassèrent sur le front. Madame Pélancher la salua également la laissant seule dans sa chambre d’hôpital.

Pauline se redressa sur son lit. Perdue. Les images du naufrage lui revenaient à l’esprit. La voix grave et puissante du capitaine et son rire maléfique résonnaient encore dans sa tête. Elle essaya de faire le vide. Elle n’y parvint pas. Accrochée au porte-manteau de la chambre, elle aperçut sa veste. Elle se leva pour récupérer son portable et rassurer ses parents qu’elle devinait inquiets. Elle avait du mal à garder l’équilibre. Elle avait l’impression que sa chambre d’hôpital tanguait à son tour. Son cauchemar n’était donc pas terminé. Elle s’agrippa au pied à perfusion pour rester debout et avança pas à pas. Tant bien que mal, elle arriva au porte-manteau, glissa la main dans sa veste et saisit son téléphone. Dans sa poche, elle trouva un papier froissé. Assise sur le bord du lit, elle l’ouvrit, curieuse, et lut ces quelques mots griffonnés à la hâte :

I hope we will see each other again… My Dear…

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M. Iraje · il y a
Le "fantastique" nous mène quelquefois en bateau, et c'est beau !
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Alex Goncalves · il y a
Pas mieux ! 😉
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Mireille Bosq · il y a
Un petit parfum de fantastique où quelques frissons ne nous épouvantent pas mais nous donnent une jolie leçon d'histoire.
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Alex Goncalves · il y a
N'ayez crainte ...
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Eva Dayer · il y a
La visite du musée qui tourne au cauchemar. C'est vrai que la marine est l'un des fleurons de l'Angleterre, mais j'ignorais que dès le XVIe s, elle utilisait les technologies de communications les plus performantes. Bravo pour la solide recherche documentaire !
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Alex Goncalves · il y a
Effectivement, j'ai fait quelques recherches pour planter le décor et rendre le texte réaliste ...
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Fred Panassac · il y a
Une histoire d’échange linguistique qui vire au cauchemar. Cela démarre lentement avec les informations du guide touristique, puis prend du rythme.
L’histoire s’accélère, est bien narrée sur le mode fantastique horrifique, et suit une bonne progression avec des émotions et des surprises jusqu’à la fin.
J’aime !

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Alex Goncalves · il y a
J'aime quand vous aimez ! 😉
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Ginette Flora Amouma · il y a
Est-ce l'humour anglais ? Un texte où le surnaturel ressuscite l'histoire du navire.
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Alex Goncalves · il y a
Je suis assez fan de l'humour So British ! 😉
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Paul Jomon · il y a
Très documenté et décor bien planté, ce qui rend plus inattendu le décrochage entre une réalité descriptive et un fantastique envahissant.
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Keith Simmonds · il y a
Une histoire bien écrite, bien menée, attachante et captivante ! Mon soutien !
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Nicolas Auvergnat · il y a
Par le truchement de l'audio guide... Une bonne idée pour basculer dans le surnaturel. En plus, une petite virée dans l'histoire d'outre manche. Bien bien bon moment à te lire.
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Alex Goncalves · il y a
On ne se méfie pas assez d'un audio-guide ... Merci pour ton sympathique message.

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