I/5 Testament de Maùi ( suite)

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On a quand même réussi à obtenir des informations, à Papeete tu sais, les bars ont des oreilles. Mori, il n’y est pas allé de main morte. Le premier jour de son incarcération, il a fait une grève de la faim ‘’pour faire éclater la vérité’’. Au bout d’une semaine, il a été mis sous perfusion, il parait qu’il avait perdu plus de dix kilos, j’aurais pas voulu voir ça, même s’il avait un peu de réserves au départ. La deuxième semaine, il a continué – têtu comme toujours –, alors un problème de reins est arrivé, et au lieu de rejoindre le bataillon disciplinaire, Mori il est passé par la case rapatriement sanitaire ; il leur en fait voir de toutes les couleurs à l’hôpital et tu peux me croire, ils étaient contents de lui voir les talons. Mori il a fait aussi plusieurs chocs en Réa, peut-être dans cette salle, sur ce lit qui m’emmène à chaque bip-bip, toujours un peu plus loin de ma vie...


*

Il me reste peu de temps, mais je dois aussi te parler de la suite, c’est important. Mori, il a pris l’avion sur un brancard, dans un sale état, avec des tuyaux de partout, et une mine de déterré. Ses camarades de chambrée qui le martyrisaient au départ en avaient les larmes aux yeux, des grands gaillards de vingt ans, ils chialaient comme des fillettes ! Ensuite, silence radio, personne n’a eu de nouvelles de lui depuis.
Tout ça a été très rapide, très brutal, alors quelques temps après son départ, on a voulu lui dire au revoir, sa présence n’était plus nécessaire. Tu comprends, Mori, il avait forcé la porte de notre cœur, alors... On s’est installé près du lagon sur la plage, et on a joué pour lui, sur nos youkoulélés, en espérant que l’océan lui apporte nos chants, tout d’un coup quelqu’un a dit :
— Il faut sortir aussi la guitare de Mori, pour l’occasion !
On a ouvert le cercueil, comme on ouvre un coffre au trésor, elle était toujours là, avec son délicat vernis ambré, on l’a pris délicatement, et avec elle, on a pu envoyer tous nos messages à Mori, par-dessus l’océan.
Après, Je me suis approché du cercueil, c’était comme un pressentiment tu vois ? J’ai caressé le velours rouge et j’ai fait sauter le bouton pression qui fermait la grande poche sur l’envers du couvercle. Dedans, j’ai trouvé les partitions d’Alexandre la Goya, et deux autres documents pliés ensemble en quatre...
Le premier, c’était une lettre de Mori :
« Mes amis, tôt ou tard, vous trouverez ce petit mot, la guitare, vendez-la, elle risquerait de s’incruster et de vous encombrer, un peu comme moi... Mais attention, ne vous faites pas rouler une fois de plus par le chinois, un instrument comme ça représente au moins quatre cent mille francs CFP. Cette guitare, c’était mon prix de conservatoire, signée par un grand luthier, pour moi maintenant, c’est plus qu’un morceau de bois mort et inutile... »
Ça commençait bien, j’ai fait une pause, quelqu’un a reniflé et j’ai continué :
« Je ne devais pas servir dans l’armée, ils m’ont forcé. Je suis ‘’objecteur de conscience’’. Comment vous dire, un objecteur de conscience, c’est quelqu’un qui pense qu’il faut désobéir quand c’est nécessaire, c’est quelqu’un qui est fidèle à ses opinions, à sa conscience. Moi, je pense que ceux qui nous gouvernent sont devenus fous, et les militaires qui les représentent aussi.
Quand vous aurez lu le document qui accompagne cette lettre, vous aurez le droit de me détester. Ce document est une photocopie, il n’a aucune valeur, personne ne vous croira, et si vous le montrez, il pourra en plus, vous attirer beaucoup d’ennuis à vous et à vos familles ».

Là, tu vois, on a commencé à se regarder les uns les autres, après, il disait encore :
« Même si vous me détestez, je ne vous laisserai pas tomber, et je continuerai ici, en France à dénoncer ce qui se passe chez vous, j’ai suffisamment de preuves. J’ai découvert des documents qui racontent tout ce qu’on vous a caché depuis huit ans, et maintenant, je ne peux plus me taire, je n’ai pas peur et j’irai jusqu’au bout.
Maui, je porte toujours ton ‘’Tiki’’, je ne sais pas s’il me protège, mais en tout cas, il me rassure. D’après ce que tu m’as dit, Tepano ton père était présent ce jour-là, pour le premier tir à Mangareva. Je suis sûr maintenant que ton petit frère est mort à cause de tout ça, j’ai lu toutes les études des spécialistes sur les conséquences de ce tir. Il y a eu beaucoup d’autres essais depuis... Faites-moi confiance, tout se saura un jour »

Il terminait sa lettre comme ça :
« Vous vous souvenez du dernier soir au bord du lagon ? En quittant la caserne ce soir-là pour vous rejoindre, j’ai volontairement laissé derrière moi l’armoire blindée ouverte, pour leur montrer que j’avais lu ces documents. Quand j’ai quitté la plage au petit matin, je savais que la police militaire me recherchait déjà. Je serai jugé, mais ne vous inquiétez pas pour moi, j’ai déjà un plan solide pour la suite. Je n’ai plus rien à perdre, sauf peut-être... votre amitié.
J’ai honte pour mon pays.

Mori
Voilà, après, j’ai déplié les autres documents, et là, le ciel nous est tombé sur la tête une deuxième fois !
Mori, il nous avait entouré ces passages importants :
TELEX DIFFUSION RESTREINTE
1er ESSAI NUCLEAIRE AERIEN MURUROA
2 Juillet 1966 – 6h30 heure locale.

Consignes particulières concernant les populations de Mangareva (Archipel des Gambiers) :
[... Si l’évacuation de la population par mer s’avère impossible compte tenu des perturbations annoncées, les deux cent cinquante personnes présentes sur le site doivent être rassemblées en dernier recours dans l’église de Mangaréva, avant 6h00 heure locale, soit 30 mn avant le tir, afin d’attendre en toute sécurité l’acheminement des secours...]

Décisions prises afin de sécuriser le premier essai :
[... L’évacuation par mer avant le tir, s’est avérée impossible, compte tenu des conditions météorologiques. Afin de ne pas affoler inutilement la population, la consigne de confinement provisoire à l’intérieur de l’église de Mangaréva n’a pas été appliquée...]
[... La priorité absolue restant le respect du programme, le tir devra avoir lieu dans les conditions prévues et ne pourra être différé...]
Analyse du climat psychologique des populations :
[... Les populations concernées sont parfaitement inconscientes, insouciantes, et ne manifestent aucune curiosité...]
[... Ne pas perdre la confiance de la population qui se rendrait compte que quelque chose lui aurait été caché dès les premiers tirs...]
Relevés et analyses effectuées du 2 au 8 Juillet 1966 par l’équipage du bâtiment de contrôle radiologique...... détaché dans l’archipel des Gambiers :
[... Lors de ce premier essai satisfaisant sur le plan technique, des particules radioactives transportées par un vent dominant annoncé de Nord/Nord-Est, ont atteint en quelques heures l’Archipel des Gambiers, entrainant un problème majeur pour la population de l’île de Mangareva, laquelle a absorbé en quelques heures la dose moyenne de... Cette quantité représentant selon les normes en vigueur la dose maximale admise sur la durée d’une année, deux cent cinquante individus seraient concernés...]
On n’arrivait pas à y croire, Mori avait raison, personne nous croira, qu’est-ce qu’on pouvait faire nous autres ? Alors, la vie a continué et un jour, on nous a appelé à l’hôpital, mon petit frère Temauri ‘’devait rester quelques jours de plus en observation’’. Trois jours après il est mort, une maladie du sang, c’est tout ce qu’on nous a dit. Tepano mon père, il ne savait pas... On lui n’a pas dit pour Mangareva, il avait assez de peine comme ça.


*

Demain matin, ce sera le sixième jour, et j’aimerai bien qu’il dure longtemps ce jour-là, parce que tu vois, je pense que le médecin chef, il était plutôt optimiste avec ses’’ huit jours dans le meilleur des cas’’. Quelque chose a changé cette nuit, je sens plus le contact des mains de deuxième classe, juste encore un peu sur mon visage, et j’ai de plus en plus de mal à respirer.
Respirer... Avant de plonger, tu dois d’abord inspirer profondément, comme si tu buvais l’air, après, quand tu es seul au fond, tu le chasses le plus doucement possible pour mieux en profiter. Tu vois, ici rien n’a changé, il parait qu’il faut être né ici pour plonger comme ça, des scientifiques ont même étudié ça, ils disent que notre corps s’est adapté.
« J’ai enfilé mes gants, j’ai fait un signe à Fatu mon grand frère qui veille sur moi, et j’ai plongé dans la faille... »
Un bruit de chaise, Deuxième classe vient de prendre son poste, la nuit arrive. Patience mon ami, l’étau va bientôt se desserrer, j’espère que tu n’es pas trop abruti par les médocs du toubib. Que fais-tu quand tu ne t’occupe pas de moi ? Moi, je pense que tu lis des livres, ou que tu écris aux tiens, à ta fiancée peut être... Ou que tu écris autre chose, pourquoi pas un article sur nous, sur tout ce gâchis, mais je suis bête, tu n’es qu’un bleu, que peut-tu vraiment savoir ou avoir découvert depuis un mois ?
Tu feras sûrement comme tous les appelés Faranis qui viennent passer neuf mois ici, tu profiteras de tes permissions pour visiter les îles de l’archipel, surtout Bora Bora, avec ton Reflex autour du cou. Des petits avions emmènent les Faranis tous les jours, c’est facile, pas cher pour eux, et ça fait des beaux souvenirs pour leur retour au pays. Contre quelques pains de savon de Marseille, qu’ils touchent avec leur solde, ils peuvent troquer des coquillages, de la nacre, du bois de rose. Tu t’enivreras peut-être pour la première fois dans les bars de Papeete, tu t’amuseras sur le dos des sous-officiers, et tu jureras à tes copains de chambrée « Il faut qu’on se revoie plus tard en France ». Tu seras tellement fier de ton uniforme – même si tu cries le contraire – que tes yeux se fermeront sur la vérité, et tes oreilles ne croiront rien d’autre que les versions officielles. Alors, mon ami, tu nous quitteras sans avoir rien compris, tu seras resté à la surface des choses. Tu ne peux rien pêcher si tu restes à la surface du lagon, tu dois plonger ; bien sûr, tu dois te méfier des murènes qui mordent cruellement les mains, mais seulement si tu les effraie...
« J’ai plongé dans la faille, l’eau était claire, je suis descendu au fond, c’était bien à vingt-cinq mètres de profondeur et je l’ai vu, le corail rouge qu’on avait repéré la dernière fois, il était toujours là ! Alors, j’ai commencé à le prélever, avec un petit marteau. Mais tu peux pas rester longtemps à cette profondeur, alors je suis remonté souvent, avec des petites quantités dans mon filet. J’ai replongé pendant des heures, sans m’arrêter, le corail, j’avais l’impression qu’il grossissait à chaque fois. La pirogue commençait à se remplir, et tout d’un coup, mon grand frère Fatu, il a crié : « tu dois te reposer maintenant, ça devient risqué de continuer, même pour un bon plongeur !». Je suis remonté, on a mangé quelque chose, devant le tas de corail rouge qui séchait au soleil... »


*

Je dois finir de te parler de Mori, c’est important. L’année dernière, j’ai reçu un courrier de France :

Mon nom ne vous dira rien, mais je dois vous tenir informé, j’ai promis.
Je suis chroniqueur radio à RTL, il y a plusieurs mois, j’ai reçu un courrier d’un certain Maurice Landowski.

Il désirait me faire parvenir des documents pour alimenter ma chronique ‘’ Vous êtes concernés’’. Il était prêt à mettre à ma disposition des documents classés ‘’Confidentiel Défense’’ sur les essais nucléaires effectués en Polynésie Française entre 1966 et 1973. Il disait être très bien documenté, trop bien peut-être, sur le coup je lui ai répondu : « Impossible de traiter frontalement le sujet, trop dangereux, tabou aujourd’hui en France, désolé ! »

Il a insisté c’était un coriace, nous avons échangé une correspondance, il me parlait de l’ignorance dans laquelle vous avez été laissés, de la solitude dans laquelle se trouvaient ses amis – c’est comme ça qu’il vous nommait –, face à la destruction de votre environnement, de votre propre santé et celle des enfants à venir. C’était vraiment un drôle de garçon, avec un enthousiasme contagieux, nous sommes devenus amis par correspondance.

C’était pour lui, la seule solution, il était persuadé que ses communications étaient surveillées et son état de santé qui lui imposait de lourds traitements, lui interdisait tout déplacement. Nous avons beaucoup échangé sur vous, il m’avait bien sûr raconté son rapatriement sanitaire sous bonne escorte d’il y a un an. Maurice a forcé la porte de tous les journaux, de toutes les radios, de la télévision, des associations écologistes, de l’église, il a même fait une lettre au Président de la République, personne n’a daigné donner suite.

Un beau jour, la correspondance de Maurice à laquelle je m’étais habitué cessa brutalement. Inquiet, je me suis rendu à son domicile, chez ses parents. J’ai appris qu’après de trop nombreuses et infructueuses tentatives pour alerter l’opinion, Maurice avait volontairement cessé de prendre ses traitements. Il avait été ensuite hospitalisé en urgence pour décéder trois jours après.

Il avait chargé ses parents de me remettre une enveloppe dans laquelle il m’indiquait l’adresse d’un ami détenteur des documents copiés durant son service militaire à Papeete, me demandant de les placer en lieu sûr pour plus tard... et de tout faire pour poursuivre son combat. Je le ferai, vous avez ma parole, par amitié bien sûr, mais aussi par conviction. Il m’a tellement parlé de vous, j’ai l’impression de vous connaître mieux que certains de mes propres amis.

Au fond de cette enveloppe, il m’a prié de glisser ce petit objet, il y tenait beaucoup.

J. M. Chroniqueur Radio à RTL.

Et là, tu vois, je glisse ma main au fond de l’enveloppe, et devine... le Tiki en nacre noire de Tepano était de retour !

J’espère qu’ils l’ont laissé autour de mon cou même si ça complique un peu les soins.


*

La nuit est passée trop vite, ce matin du septième jour, j’ai entendu deuxième classe préparer ses affaires, peut-être que lui aussi, un jour, il fera comme Mori, qu’il se rendra compte. Bien sûr, il aura d’autres choses à penser quand il retournera là-bas. Mais, un jour viendra où il aura l’âge vénérable de Tepano, ses enfants seront grands, il ne travaillera plus, et il se rappellera peut-être de nous, enfin, j’espère. Alors, il cherchera, tout ce qu’il n’a pas vu, pas entendu, pas voulu croire, peut-être que ce sera plus facile pour lui que pour Mori, peut-être qu’il aura envie de faire connaître la vérité, peut-être aussi que les habitants de son pays seront prêts à l’entendre, avec le temps, on peut toujours espérer. Il pourrait aussi deuxième classe – comme il aura du temps libre –, écrire quelque chose, quelque chose qui reste, comme les partitions de La Goya tu vois, mais en moins grandiose bien sûr ; quelque chose qu’on peut s’échanger, faire circuler, comme un livre par exemple, oh, un tout petit livre, ou un article ça suffira. Deuxième classe, je sais pas s’il en sera capable, mais son poisson clown il pourra sûrement le faire, s’il lui reste assez d’énergie !
De l’énergie, il m’en reste si peu... Alors écoute, voilà la fin de l’histoire :
« Le tas de corail était là au fond de la pirogue, et on allait rejoindre Papeete, alors, j’ai dit à Fatu que j’allais plonger une dernière fois et ramener encore une poignée. Fatu, il a fait sa tête des mauvais jours, il m’a expliqué que j’avais déjà dépassé le maximum de temps sous l’eau, mais j’ai plongé quand même. Tu l’aurais vu, il jurait et criait tout seul dans le vent, les esprits des ancêtres n’aiment pas ça, il le savait pourtant.
Je suis arrivé près du corail au fond de la faille, je pouvais pas partir comme ça tu comprends, un petit coup de marteau, le dernier bout se détache avec un petit nuage de poussière, alors, je tends la main... Mes gants ! Ils sont restés aux pieds de Fatu, c’est peut-être pour ça qu’il criait si fort mon frère. La murène, elle, elle ne s’est pas fait prier, elle a ouvert tout grand sa gueule et... Avec l’autre main, j’ai attrapé le morceau de corail tranchant, et j’ai frappé, frappé longtemps, très fort. J’ai enfin réussi à sectionner la tête et comme ça tu vois, j’ai dépensé tout mon capital d’oxygène, d’un coup, avec vingt-cinq mètres d’eau au-dessus de la tête, ça pardonne pas.
Après, plus rien, juste un voile noir, et puis, tu remontes inconscient à la surface, mou comme une algue, la main en sang, avec la tête de la murène encore accrochée. On a déjà vu des plongeurs s’en sortir après une vilaine morsure au fond, mais c’est plutôt rare. Pardon Fatu mon frère, pardon à tous ceux que j’aime. »

*

Deuxième classe, il est parti et la septième journée commence, il doit faire beau dehors. Moi aussi je vais partir aujourd’hui, je le sais, par instinct. Il ne sera pas là pour m’accompagner, j’aurais tant aimé qu’il me salue au moins une dernière fois... Tant pis, je prends le large. Quand j’aurai dépassé la barrière de corail, je sais que là-bas, dans les profondeurs de l’océan, un Maï-maï avec des beaux reflets métalliques jaunes et verts m’attend, j’en suis sûr, alors tu comprends, le médecin chef et toute sa clique « Fiu » !
Pardon de te fausser compagnie mon ami imaginaire, mais je t’ai déjà beaucoup confié, alors maintenant, soit compréhensif, laisse-moi aller rejoindre Temauri mon petit frère. Je lui ai juré les yeux dans les yeux quand il est parti tout seul, qu’on se reverrait bientôt. Il faudra pourtant bien lui expliquer la vérité, sur la contamination de Tepano à Mangareva, et ce poison qui rongeait déjà son petit corps quand il est né. C’est un gentil garçon Temauri, tu peux pas t’imaginer, mais je sais pas s’il acceptera de pardonner. Peut-être qu’un jour, quelqu’un sera assez fort pour le faire à sa place, va savoir !
Parahi mon ami ! Chez nous ‘’Parahi’’, c’est l’au revoir de ceux qui partent à ceux qui restent, tous ceux qui restent...
« Bip – biip- biiiiip - biiiiiiiiip - biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip...
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