Station services

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C'est "l'histoire d'un gars" qui, un peu à l'étroit dans sa "vieille" Europe, part au Brésil en 2002 pour réaliser un stage d'une durée de 3 mois. 18 ans plus tard, le Brésil continue à être  [+]

São Paulo a atteint la barre des 7 millions de véhicules au mois de mars 2015. La voiture est un objet synonyme de statut social au Brésil : il vaut mieux en avoir une "grosse" de ce côté de l'Atlantique.

Alors qu'en Europe, on développe le covoiturage et les solutions intelligentes de transport partagées, ici, c'est chacun pour soi. Le manque de sécurité, la violence et la société de consommation sont autant d'arguments qui freineront pendant quelques années l'émergence de modèles alternatifs et moins polluants.

Il ne faut pas oublier que le Brésil était encore une dictature il y a à peine 20 ans. L'époque actuelle correspond donc aux 30 glorieuses qui ont suivi les chocs pétroliers en Europe. Parlait-on de covoiturage à l'époque ?

Quand j'étais "ado", je me rappelle de la petite station services près de chez moi, sur l'autoroute A10. On y allait pour gonfler les roues de son vélo, pour acheter quelques friandises, pour faire une vidange, pour discuter avec le pompiste et bien sûr pour aller "faire le plein". Ces stations d'autrefois faisaient également office de garage reconnaissable par leur odeur de cambouis et le bruit des marteaux sur la tôle.

Généralement, le gérant et sa famille vivaient sur place dans une des grandes bâtisses accolées à la station. Les grandes publicités murales parachevées ce décor aujourd'hui complètement disparu de l'hexagone. À leur place, vous avez des stations self-service qui n’ont rien de glamour.

Au Brésil, la tradition des stations-services se perpétue et humanise d’une certaine manière la densité de la circulation.

Comme quoi, il y a du bon dans chaque culture!!

Chaque fois que je vais faire le plein, j'ai la sensation d'être un pilote de Formule 1 : je m'extirpe du 'transito' pour entrer dans le box. À mon arrivée, mon bolide est entouré de 3 professionnels aux couleurs de la station BR (appartenant à PETROBRAS): le premier vérifie la pression des pneus, l'autre vérifie le niveau d'huile et d'eau (et le complète si besoin), l'autre nettoie les vitres et le dernier fait le plein. Trois minutes plus tard, mon véhicule est en parfait état de marche pour les 500 prochains kilomètres. Tout sourire, les « mécanos » me saluent d’un geste « positif » en me souhaitant une bonne route. Pour les remercier de leur bonne humeur, j’achète quelques ‘chicletes’, une bouteille d’eau et j’en profite pour boire un petit ‘cafezinho’.
Vous avez dit « services » ?! Les mauvaises langues diront que dans quelques années cette époque sera révolue et que le Brésil devra se mettre à la page...gain de productivité oblige !

Sauf qu’il existe une loi au Brésil.

La loi 9.956/2000 interdit purement et simplement les stations-services « self-service ». Au Brésil, il y a eu une tentative de mettre en œuvre le libre-service, mais l'initiative a rencontré une forte résistance de la part des syndicats professionnels. La Fédération Nationale des « frentistas » estime qu'il y a environ 500.000 professionnels travaillant dans ce secteur. Le self-service, selon le syndicat, provoquerait un chômage de masse, raison qui a conduit à l'adoption de l'interdiction de cette pratique par le congrès en 1999. S’il existait cette loi en France, on pourrait créer environ 80.000 emplois en revenant au nombre de stations-service de 1991 (22.000 stations à l’époque) et en considérant 4 employés par station : un ou deux pompistes, un agent administratif, un gérant/propriétaire.

L’autre jour, j’ai vu une annonce dans une station de services près de chez moi :

« Recherche un pompiste, h/f, ayant le sens de l'écoute, de bonne volonté, persistant et flexibles. Si possible heureux dans la vie, créatif, sensible, serviable et plein d'initiative. Formation continue. Possibilité d’évolution au bout de 2 ans. » Par les temps qui courent, je suis sûr que cette annonce intéresserait plus d’une personne en France.

Qu’attendons-nous pour créer un nouveau modèle de stations-services (électriques par exemple) qui soit à la fois social, innovant et créateur de richesse ?
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