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Je bouge dans l’eau, jouissant de son contact. J’ai appelé Serge de T afin qu’il vienne me chercher. Dans l’intervalle je me prépare. Je ne me lasse pas du vernis sur mes ongles, notamment à mes pieds, encore bouleversée de la caresse de l’amant. J’émerge de l’eau, hantée par son désir. Je huile et poudre ma peau, jusqu’au moindre pli, je me maquille longuement, étourdie par mes gestes. Je m’habille, laisse la perruque se répandre à mes épaules. Un dernier coup d’œil au miroir, fascination de cette inconnue, m’en arrache. Je marche vers la porte, la douceur de l’été.
C’est ainsi depuis plusieurs mois : Serge de T m’attend dans sa Jaguar au coin de la rue. Aujourd’hui, les vitres sont baissées et il porte des manches courtes. Son profil anguleux se tourne à mon approche. Staccato inouï des talons dans le corps.
Je lui donne ma main, l’annulaire doré pour la circonstance, une perle à l’auriculaire gauche, les ongles pourpres sur sa peau brune. Il sourit insolent, le regard complice, porte les doigts à ses lèvres. J’ai l’impression d’un rêve, d’anciennes images prennent sens. Il démarre et s’éloigne, le même sourire insolent qui s’appuie sur nos nuits, des gestes intimes de part et d’autre.
En diverses circonstances, certaines provoquées, la plupart imposées, je me suis révélée féminine. Au lieu de m’indigner, j’ai cultivé le genre, d’abord en secret, et puis de moins en moins. Quand je lis S, au détour d’une annonce dans une revue rédigée par moi, je suis prête à une telle aventure, à la rencontre d’un homme, « et plus, si affinités... »
Aussi, je ne contesterai pas que son insolence tient au pouvoir que je lui abandonne sur moi et à l’orgueil qu’il en retire. J’aime m’abandonner à sa force, j’aime qu’il agisse pour moi, j’en éprouve un plaisir masochiste que je ne m’explique pas. Il conduit vite mais je n’ai pas peur, au contraire des fois où une femme est à sa place. Je goûte l’air sur ma peau, pressée qu’il décline ma beauté, avide d’entendre sa louange. Rouler la soie délicate comme pelure d’oignon sur la jambe est une incandescence de peu d’équivalence. Le membre ainsi ambré, doux et lisse, émergeant du volume de la robe, est une soif inextinguible ; que seul l’amant, par l’épuisement du corps sous sa caresse, saura éteindre – pour un temps.




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La première fois que j’apparais au bras de Serge de T dans les murs pâles et l’ombre profonde d’une boîte, descendant lentement, le talon martelant, le souffle chaud des lampes, les giclées de néon, la pulsion primitive d’une basse, le court escalier abrupt, je jouis traversée de spasmes à même les marches, la culotte de soie si soigneusement choisie inondée, et j’ai honte. L’homme seul semblait pouvoir venir à bout de la frustration sexuelle éprouvée autrement. J’avais besoin de
ce fer rouge imprimé dans la peau, de cette laisse au cœur en l’absence de laquelle j’errais insatisfait. Ce rêve m’est revenu au lendemain de la mort de ma mère, comme si la disparition de celle-ci me libérait du serment à la femme, me ramenait à la trahison précoce du père. Je suis venue à Serge de T dans cet esprit.
Ce mélange de froide détermination et de complicité vicieuse m’a subjuguée aussitôt. Je m’y suis sentie libre et autorisée à explorer la moindre de mes sensations, encouragée à préciser cette figure secrète qui courait en filigrane de ma vie éclatée, erratique. Un lien, quasi animal dans son enracinement, m’a attachée à sa silhouette raffinée, au luxe de son environnement. Je n’ai plus voulu que le chant de moi-même dans sa voix.
Le surgissement d’un désir longtemps contenu, le retour à soi-même après s’être longtemps fui, après s’être mépris et aveuglé, ne supporte aucune contrainte supplémentaire, aucun report au vu des circonstances, et devient, de la sorte, tyrannique et cruel envers celles et ceux qui ont permis, fort opportunément pourtant, la méprise et l’aveuglement. Je me suis découverte, en l’occasion, autant primitive que la basse – cour qui s’acharne sur sa composante blessée et de ce fait amoindrie.
Serge de T, en même temps qu’il me soumet, et davantage qu’il l’a désiré, m’insuffle un orgueil de reine. Délire monstrueux qui rétablit cependant une identité. J’échappe à une mue supportée, non sans complaisance, vers une autre, pour l’essentiel revendiquée. Je trône à son côté comme reine du roi. Etre auprès de lui, par une tiède et douce journée d’été, à rejoindre et tourner dans les beaux quartiers, pleine des parfums du fard, de ses poids et de ses couleurs suffirait à enchanter la vie et la pulser de promesses et de plaisirs ardents jusqu’à la mort. J’ai laissé ma main baisée au bord de ses cuisses et de jouer de ses reflets d’ongles et de pierres appelle qu’il m’adoube de son sceptre.
Je souhaite comprendre ce désir soudain, rattacher cet écho à un vide du temps passé, espérant ainsi – encore – le relativiser et donc lui échapper pour d’autres qui, à défaut de satisfaire autant, ne généreront, eux, aucun désordre. Il suffit d’une pensée comme ce jour pour que tout vole en


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éclats, ce vœu soit un vœu pieux. J’avance à son bras. La caresse de la robe, entre ressac et déferlante, grâce et violence, le cri des talons sur l’asphalte raniment des images de nos rendez-vous précédents, de nos corps à corps. Je regarde les bourgeons éventrés, pétales encore gluants, les pistils effrités et courus des oiseaux, avec la sensation confuse d’une proximité. Le trajet entre la voiture et l’immeuble apparaît interminable, tellement riche de sensualité.

La douceur du gland contre mes pieds cambrés, mes orteils ronds et courts, mêlés à ses longs doigts caressants, les ongles roses ou rouges jonchant, de part et d’autre, les chairs brunes et mauves, dures et meubles, les grosses veines bleues tortillant comme du lierre, l’ombre tranchée de mes jambes blanches et grasses relevées sur les siennes, le reste de ma peau rosé de pelures cristallines sont autant de flashs qui traversent quand je repense à nos rencontres. D’abord, il a imposé son désir et je m’y suis rendue ; puis j’ai cru à mon importance, me suis faite désirer ;
enfin, j’ai cessé de feindre, assurée de lui plaire. En même temps, ma réserve céda, il était sincère.

Il m’embrasse. Je réponds avec des gestes qui sont d’une fille. Il me le dit et je l’accepte. Mieux, j’aime cette coïncidence de mon être profond. Je le déboutonne, parfaitement à l’aise ; glisse doigts, langue dans ses poils ; me déshabille à mesure, goûtant que son visage s’éclaire. J’ai découvert cela de moi, que j’aimais rôder en fille sous son nez, que je jouissais de cette image de moi. Je le prends dans ma bouche, lentement, avec gourmandise, le poids tendre dans ma main, la caresse douce et lente sur ma langue. Il durcit aussitôt, se plaint, prononce des mots crus, des mots secrets, des petits mots auxquels je m’ouvre. Ses doigts souvent se pressent contre mon crâne, ajoutent au poids de sa présence. J’écoute son plaisir, m’y perds, m’y engourdis. Ma fierté est qu’il vienne, qu’il se répande d’un coup, à flots pressés, sur ma langue, dans ma bouche. Je sais qu’après il me quittera, je sais aussi que nous jouerons à ces jeux qui l’excitent et dont j’aime l’écho sur son visage. Je me branle sous ses yeux, à son rythme, doigts écartés sur la tige menue. Parfois, il m’indique un geste, ses mains s’en mêlent. Je suis nue, avec juste la culotte rose qu’il m’a achetée au tout début, qu’il réclame que je porte, qui est ma vérité pour lui, auprès de lui. Je gémis pour lui plaire, l’exciter ; je feins la défaillance. Mon autre main entre en action, caresse mon buste, descend lentement, se tend vers lui, l’appelle. Je le regarde, l’œil doux, l’œil suggestif, langue lascive, langue crotale. Il ne bouge pas et puis se lève, le sexe tendu, le gland violet, horriblement, tête dardée, oscillant doucement. Il me regarde, d’un regard qui dit tout. Je lui souris, un orage à crever dans le cœur.

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J’ai su aussitôt qu’il s’est porté sur moi. Avant qu’il me pénètre. J’ai su que c’était ça, cette force, qui manquait jusqu’alors. J’ai refermé les yeux, tâtonnant sur son cou, l’envie de son bâillon. Mon corps a répondu aux injonctions du sien, s’ouvrant à son contact, cédant avec douceur et une langueur affreuse et infinie dedans et jusqu’au cœur. J’ai eu sous mes paumes toute une masse molle et dure, molle et chaude, émouvante. Sa langue ricochait sur ma langue, son corps sur mon corps, houle ample et sévère qui m’emportait à chaque mouvement, me déposait sur le drap rude. J’ai eu un éblouissement, la vie s’est réduite à ce moment, rien d’autre n’a plus importé. J’écoutais son sexe pousser en moi, la sensation étrange de me liquéfier, d’un gouffre vaste au creux duquel sa brûlure. J’embrassais sa bouche, je m’enfonçais dedans, les mains resserrées sur sa nuque, avec des cris de rage et trop intimes. Il a jailli et son ébranlement a été le mien. Les secousses vives puis lentes ont été les miennes. Une douceur incroyable engourdissait mes membres. J’ai eu une étoile dans la tête.

Avec dégoût et désir de me salir davantage j’ai porté ma bouche à son sexe. J’ai léché la glu blanche dessus avec, tout au bout de mon écoeurement, un plaisir pervers. Ses doigts heureusement jouaient avec mes fesses, ranimant un désir contre lequel je ne pouvais rien. Je voulais maintenant afficher mon plaisir, le porter en présence du monde. Il était comme un fruit monstrueux arrivé à maturation.
Il m’a enculé deux fois ce jour-là, provoquant une douleur dont je ne venais à bout qu’en m’observant, féminine jusqu’au bout des ongles, dans les reflets ici et là. J’en ai été à frémir de saigner, feignant que ce soit mes règles. Absurde pensée que la présence de Serge rendait crédible. Je me suis abandonné à sa caresse, à ce contact intime jamais connu dans l’enfance. Je me suis souvenu : le jour était gris et dur avec les trottoirs gris de pluie, la Seine métallique entre les troncs. Ses yeux gris me suivaient, pleins d’une expression sauvage, suivaient sur mon visage l’emprise de son pouvoir, la trace de son désir, le plaisir que je lui devais. Nous étions nus l’un, l’autre, sa peau me recouvrait, sa peau et le poids de son sexe gonflant en moi. Je criais après sa bouche, avide de mourir sous ses coups, dans l’étau de ses bras, envahie de mon image féminine, y conformant mes gestes. Je tremblais sous le fouet de sperme, longuement, les entrailles humides, la marque de son règne, subjuguée et séduite comme jamais.




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Je peux écrire ceci : A partir de ces heures, j’ai été amoureuse, comme j’en retrouve trace dans des correspondances de femmes. A peine sommes-nous séparés que je me surprends à lui écrire comme jamais je n’ai eu envie de le faire, empruntant sans effort la posture féminine, et chantant son étreinte et son corps avec une impudeur parfaite. Plus, je joins à mes courriers délirants des dessins de sa verge tracée et retracée en silhouettes rondes et vaguement reptiliennes. Tout ça dans le secret et la peau ruisselant de vernis et de pierres. D’abord, il n’a pas répondu, je n’ai eu que des mots rapides au téléphone en écho. Puis, à son tour, il m’a écrit plein d’orgueil à mon chant, se moquant, quoique flatté, de ma prose à l’eau de rose, me tournant en ridicule, excitant ma passion par ses propres fantasmes. Tant que je le retrouve, prête à tout.
Difficile d’expliquer ce qui apparaît aberrant à soi même. Après chaque rendez-vous je me promets de cesser de le voir, consciente qu’il n’y a pas d’issue à mon désir d’être femme, ni auprès de lui, ni auprès de quiconque. Puis je surprends mon image au détour d’un miroir, d’une vitre, de n’importe laquelle des surfaces réfléchissantes et je ne vis plus, hantée par ma figure et sa réalisation entre ses bras. Je lui écris dans le but aussi d’épuiser cette passion malsaine. Mais il suffit de sa réponse pour qu’aussitôt je n’aie plus d’autre désir que ces après-midi à son domicile. Je vis là passion et désespoir. Si la vie était autre, je lâcherais tout de ma vie pour me consacrer à la tâche de devenir femme, malade de ces va et vient incessants de l’une à l’autre figure. Mais il ne me veut pas autrement et je n’ai personne d’autre vers qui me tourner .Je ne pense plus qu’à lui plaire, je ne pense plus qu’à parfaire cette figure de moi-même, celle-là qu’il inonde de ses mots tendres et vicieux, celle-ci qu’il veut photographier et traîner dans les bois.
Cependant je ne suis pas libre, pas complètement. Je me dois à d’autres affections. Je jongle donc afin d’être disponible au moindre de ses désirs, tenant le reste du temps par le biais de mes lettres et récits de nos rencontres. Je crois, agissant de la sorte, ne blesser personne, ou le moins possible, et avec la conscience sans cesse de mon ingratitude envers celles et ceux qui m’ont exprimé leur attachement, alors que je ne suis marquée que de son empreinte à lui, une empreinte définitive que je renvois au père absent très tôt dans l’enfance, au père ruiné par les mots de la mère, sa propre inaptitude à tenir ce rôle.




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Serge m’a fixée. Il sait que je lui appartiens, en éprouve une certaine fierté, au même titre qu’il est fier de ses réussites financières, ravi de surcroît de jouer de mon ambiguïté à la face du
monde. Dès l’abord, il m’a avoué son mépris profond du monde, auquel il avait dû présenter,
pendant la majeure partie de son existence, la farce sinistre d’un mariage qui n’avait jamais fonctionné afin de pouvoir y mener ses affaires. Désormais, dit-il, je vais vivre à ma guise et me jouer de ses imbéciles qui ne savent rien, ne veulent que sauvegarder les apparences. Son plaisir, de tout temps, avait été les garçons, puis la rencontre d’un travesti l’avait ébloui par ce mélange des deux sexes qui ajoutait de la subtilité au désir parfois brut des premiers. Sa découverte de mes clichés dans les pages d’une revue érotique l’avait convaincu de renouveler l’expérience. Parfois, à certains moments de lassitude entre nous, il sort l’exemplaire conservé dans un des tiroirs de son bureau et me réclame les mêmes poses qu’alors. Je me souviens avec précision du soir où j’ai imposé à la femme avec laquelle je vivais de me prendre dans ces tenues, de la douleur qu’elle avait exprimée en me découvrant tellement plus féminine qu’elle-même, comprenant d’un coup qu’elle ne serait jamais pour moi suffisante. Je me souviens aussi, avec une semblable précision, de la lettre jointe aux clichés de l’annonce, dans laquelle j’appelais l’homme avec les mots dont j’use aujourd’hui auprès de Serge.
Il pleuvait des feuilles inouïes de lumière, des feuilles à la fois douces et mélancoliques, lorsque j’avais ouvert la lettre envoyée par la revue. J’avais lu et relu, incapable de m’en détacher, brûlée et tremblant toute, les longues phrases à la plume bleue réclamant de me rencontrer, exigeant d’autres clichés, plus précis, moins cérébraux. J’avais répondu immédiatement, ajoutant d’autres photos, en promettant de nouvelles très vite, gagnée par l’envie de me farder et me travestir et me rendre à l’adresse indiquée d’une banlieue proche. J’avais guetté la réponse, vide et malheureuse, également soulagée, à chaque courrier sans, émue comme rarement à la vue de l’enveloppe et mon prénom de fille en travers, de cette large écriture bleue qui ne me quitterait plus. Cette fois, je n’avais plus le choix, le modèle était voulu « en chair et en os », garçon ou fille, on aviserait après.
Je me tourne vers Serge. Je soutiens son regard. J’ai les yeux soulignés de noir comme alors. Son visage me conquiert comme alors, il me possède avant même que je franchisse à sa suite le seuil de sa porte. J’ai soif de sa bouche comme je la crains alors, j’ai envie qu’il me touche comme je ne


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sais pas alors, je veux qu’il me déflore comme je le voulais alors. Je quitte le divan où je suis à lire, nue sous une nuisette rose, et je lui tends mon pied comme je l’avais fait en ce début d’après-midi là, la gorge nouée, le cœur à rompre, et attendant son verdict, suspendue quasiment à ses lèvres. Il grogne et m’écarte, occupé à un dossier dont je ne sais rien, mais j’insiste comme je n’aurais pas insisté cette fois s’il n’avait aussitôt exprimé son ravissement aux orteils rougis et bagués, des cœurs dessinés à la cheville. Je revois encore la pénombre fraîche, due aux stores à demi baissés sur les baies larges et lumineuses, la Seine à l’horizon où s’amassent nuages et lumière. Il avait défait son pantalon, baissé le drôle de slip découvert et qui me renvoyait à l’enfance, à une époque où j’avais vu mon père puis mon beau-père en porter de semblables, délivrant un sexe rose et mou, au milieu d’une touffe blanche, qu’il m’avait demandé de branler avec mon pied, le tout avec ce port altier qui m’avait conquise aussitôt.
J’écoute mon cœur qui cogne comme alors. Je caresse la masse molle et douce, l’impression d’un mollusque gisant sur une plage. J’affronte ses yeux ironiques et tellement suggestifs. Il m’attrape le pied et le porte à sa bouche, baisant chacune des pierres, en suçant les orteils, roulant sa langue dessus, le posant de nouveau entre ses cuisses, sensation chaude et moite à laquelle je me consacre dans la quête de lui plaire, de l’entendre m’adopter, attachée comme jamais à son corps et au lieu.

Cette fois, j’avais trop craint son rejet immédiat pour ne pas être sensible à son accueil. Je bougeais les orteils, maladroite et émue, trop crispée pour savoir. De voir mon pied bouger contre cette masse tendre et chaude j’avais envie d’être femme entièrement. Je n’osais demander, impatiente qu’il me touche, me consacre féminine, empêche tout retour, l’indécision encore. Je relevais la tête, affrontais ses yeux gris, déboutonnais ma chemise, suspendue à sa décision. Comme il restait muet (si l’on peut dire avec l’air gourmand de ses yeux) je risquais davantage, lui livrant mes seins blancs, les aréoles élargies de rouge et pincées d’un bijou.
Dès cet instant, il avait voulu davantage et j’avais consenti avec une frénésie qui m’est toujours apparue ridicule par la suite. J’avais exhibé la chaîne à mon ventre et le string rose trop étroit sans plus me soucier de me révéler et m’offrir à son ironie. Il n’avait pas ri. M’avait empaumé les fesses. Geste que jamais un homme avant lui. J’avais basculé sur sa bouche. Horrible baiser d’homme à homme que l’absence de fard à mes lèvres imposait. Ses doigts avaient bougé au bord de l’anus. Des images obscènes m’avaient quasi tuée. Un doigt avait poussé sans que je dise

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rien. Il avait insisté et je ne bougeais plus. Puis de nouveau j’avais dû le branler, lui céder mes pieds. Il m’avait photographiée avec un Polaroïd. Avait souhaité me voir en femme une
prochaine fois. Et ça avait été tout. J’étais repartie, comme venue, sans rien pour trahir la scène à laquelle je m’étais livrée.

Je m’ouvre à sa verge, ma bouche descend dessus, s’écartèle à mesure. Il s’arrache et me frappe la figure avec. Je feins de la vouloir encore et il s’échappe sans cesse, riant et je ris avec lui, excitée et certaine de l’exciter, et que ça va finir au lit en un cercle vicieux, celui aussi de l’enfance et l’adolescence, sans quoi je ne m’explique pas de jouir à de pareilles scènes.
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