Sommeil

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Je ne suis qu'un debutant en ecriture mais j'adore ca. Ne vous fiez pas a mon pseudonyme je suis serieux et passionne  [+]

Si seulement le réveil n'avait jamais sonné. Je m'extirpe de mon lit d'un violet hideux. Puis je titube en direction de la salle de bains. Pendant quelques longues minutes, j'examine le reflet de mon beau... de mon visage barbu, à la recherche du moindre détail qui ne serait pas à sa place. C'est donc satisfait que je vais me préparer un café bien noir, idéal pour me donner le courage dont j'ai besoin. Une journée de plus dans ce bureau étanche à toute créativité : un bureau de comptable, le cliché ! Clés de la vieille voiture, porte-documents, téléphone ancestral... Tout est prêt sauf moi. Avant de partir, je m'assois sur un fauteuil, grave erreur : je me rendors comme un chien épuisé. C'est la sonnerie de mon téléphone qui me réveille, je ne regarde même pas qui m'appelle, juste l'heure. Il est dix heures dix, ma journée commence à huit heures trente ! Je crois que je panique, que faire ? Je me rue sur la porte et, sans prendre la peine de revérifier ma mallette, je démarre la voiture. Je ne fais pas du tout attention aux limitations de vitesse, je roule juste le plus rapidement possible, à ce stade et avec un patron pareil, chaque minute compte. Je vois le sommet du bâtiment où je travaille qui se dessine au loin, plus que quelques centaines de mètres ! Tellement préoccupé par ce building qui m'attend depuis presque deux heures, je ne me rends pas compte que je roule sur la voie de bus. Quand je m'en aperçois, je me rabats immédiatement sur la voie à ma gauche. Un pick-up jaune accélère en même temps et percute ma voiture. Le choc est violent... Enfin j'imagine. Parce que je ne sens rien heurter ma tête quand la voiture se retourne, l'airbag ne s'est pas déclenché. J'ouvre lentement les paupières, je suis assis sur mon siège, la tête en bas. Il me faut quelques secondes pour réaliser que le monde autour de moi qui semble léviter, est en fait figé : le temps s'est arrêté à la seconde qui précède ma mort. Dans la peur que tout reprenne d'un instant à l'autre, je me détache difficilement et ouvre la portière. Je sors et m'éloigne un peu avant de m'adosser à ma voiture pour méditer sur ce premier évènement dans ma morne vie. Je reprends mon souffle. Au moment où le sommeil me rattrape, je ferme les yeux, la pause temporelle prend fin. La circulation reprend son court en évitant le lieu de l'accident qui heureusement ne barre pas toute la route. La conductrice du pick-up sort, c'est une belle... Très belle... Magnifique femme. Elle se rue vers ma voiture. Sa surprise est bien sûr indescriptible quand elle s'aperçoit que je me tiens debout à trois mètres d'elle. J'ai d'abord l'impression que le temps s'arrête une deuxième fois quand nos regards se rencontrent. Tout compte fait, je crois que c'est mon cerveau qui veut contempler plus longtemps le visage de cette femme éclairé par l'inquiétude. Nous restons tous deux immobiles pendant quelques minutes avant que ma bouche fasse enfin son travail : "Je peux vous inviter à boire un café ?"... Je crois que c'est la phrase la plus absurde qu'un homme ait prononcée juste après un accident. Elle accepte à mon grand soulagement. Nous parlons sans nous arrêter, tant que l'on finit par rester déjeuner dans cette brasserie. Puis je l'emmène dans un magnifique parc, qui perd beaucoup de sa superbe à mes yeux quand cette femme y entre. Puis on dîne dans un restaurant plus que chic où elle insiste pour m'inviter. J'apprends qu'elle a fait fortune dans la fondation d'aéroports en milieux défavorisés. Arrive le moment, après ce superbe dîner, où elle me propose d'aller chez elle. Nous arrivons dans sa maison, où plutôt sa villa. Mon coeur bat la chamade. Nous couchons ensemble amoureusement sur un lit gigantesque. Je m'endors à ses côtés, serein, sans m'en rendre compte. Je pense : "Génial ! En une journée, j'ai vécu des choses incroyables, j'ai rencontré sans aucun doute la femme de ma vie, je peux enfin dormir apaisé." Son réveil sonne. J'ouvre les yeux. Je suis assis sur un fauteuil. Ma mallette est à côté de moi. Mon téléphone indique huit heures dix.
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