SKYE LA VENERABLE, SKYE LA REDOUTABLE

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Fin 2008. J’ai l’opportunité de passer une semaine, à cheval sur le nouvel an, sur l’île de Skye, au nord-ouest de l’Ecosse. Impossible pour moi de passer à travers les mailles de l’écriture pour asseoir sur papier, à tête (à peine) reposée mais toujours avec passion, la forte impression qu’ aura laissé Skye sur moi.

SKYE (An t-Eilean Sgitheanach en écossais) est l'île la plus vaste et la plus au nord de l'archipel des Hébrides intérieures en Ecosse. Skye se situe dans la mer des Hébrides et fait partie du council area de Highland. (source Wikipédia)

Comment parler de ce voyage ? Comment m’y suis-je préparé ? M’y suis-je préparé ? Pourquoi m’y être préparé ? Depuis deux jours en tout cas la récompense imaginée et promise est là, unanime, indubitable, inexorable, incroyable à tellement d’égards... Les superlatifs les plus éloquents de la langue que je connais le mieux ne suffisent plus, ne me suffisent plus pour décrire au mieux et le plus fidèlement possible le mélange de sensations et d’émotions qui me submerge en ces lieux... Il y a tant à évoquer ici. Tant. C’en est désarmant. Que peut valoir une habileté littéraire -aussi relative soit-elle- lorsqu’elle est désarmée ? Je pèse mes mots. Je ne fais que ça. Précisément. Comment décrire avec des mots simples ou savants l’âme suintante et émanant de toute chose ici ?! Âme que certains esprits obtus et prosaïques auront toujours beau jeu d’exclure d’imputer à quelque démiurge providentiel, et pourtant... Comment dire l’indicible, formuler l’informulable ? Je sais que je n’ai d’autres choix cependant que d’user de ma langue maternelle, celle-là même du reste que je ne peux omettre de considérer car elle représente en fin de compte le meilleur véhicule de ma pensée, le mieux adapté en tout cas pour coucher mes ressentis, pour vous insuffler le lyrisme qui m’aura tant étreint ici, à Skye.
Dire que cette île est rude peut résumer beaucoup mon impression première, et ce, je l’avoue, seulement 48H après notre arrivée. Rude est très approprié donc car applicable à différents domaines mais tellement incomplet, tellement réducteur ! Rude de part son climat tout d’abord à commencer par ce froid cinglant que nous connaissons depuis notre arrivée, amplifié de surcroît par de temps à autre une bise piquante, anesthésiant littéralement l’ensemble de nos extrémités corporelles : visage, nez, doigts, pieds et qui peine à dissimuler sa très probable influence marine, jamais à plus de 3 ou 4 kilomètres où que l’on se trouve sur l’île. Rudes aussi ses falaises complètement à pics et surplombant souvent à plus de 200M un océan qui n’a de cesse, depuis des temps immémoriaux, de ronger si inexorablement ces rochers noirs éventrés, déchiquetés et entaillant ce littoral morcelé, croqué par les crocs d’une insatiable mer. Ce cadre n’est pas sans rappeler certaines côtes de notre chère Bretagne. Voilà bien un point commun parmi d’autres qui nous rend si familier à ces décors théâtraux, faisant le lien par la même s’il en était besoin à nos origines communes : les Celtes. La terre des Celtes, lointaine Celtie... Bretagne et Skye, si peu éloignées et si semblables en somme. Mais cette terre-ci est noire, grasse, lourde, odorante, chargée de ces millions d’hectares de forêts recouvrant jadis l’île et fossilisés par les âges, ne faisant plus qu’un l’un et l’autre, je vous présente la tourbe ! C’est à peine la frontière Anglo/Ecossaise passée que déjà cette belle odeur primitive si particulière vous saisi le museau jusqu’à dans la voiture. Les Écossais pouvaient-ils faire mieux en matière de valeur ajoutée, d’utilisation si singulière, si symbolique de leur terroir pour avoir l’audace délicieuse de parfumer avec leur terre tourbée une de leur plus fameuse production locale, la plus renommée en tout cas : l’incontournable whisky écossais ! Un parfum si unique dans un breuvage qui ne l’est pas moins !
Une forme de rudesse aussi peut être attribuée à ses habitants. Car on a vite fait de comprendre que les îliens –ici comme autre part d’ailleurs- ont tout intérêt à ne pas « se tirer dans les pattes ». La vie rude, ça rapproche. On les devine humbles et réservés, francs et authentiques, d’une pudeur innée, tous ces traits que l’on retrouve aussi chez les gens de la terre qui savent la pénibilité de la vie, qui plus est en de tels endroits. Et ce, tout le long de l’année. Je ne peux éluder non plus le poids important de la religion (l’église évangélique ici) que l’on retrouve souvent implanté dans ces communautés un peu isolées et qui ne manque pas de façonner la personnalité de ses gens, de modeler leurs valeurs. D’aucuns diront qu’ils paraissent froids, mais ils vous mettent vite à l’aise aussi. J’observe un sens de l’hospitalité chaleureux et sincère. Sans fard. Le peu de commerçants, de salariés que j’ai pu aborder ne montrent aucun ras le bol, aucune amertume dans leur travail, aucune rancœur, aucune sournoiserie en dépit même de ce contexte effervescent de fin d’année vis-à-vis de nous autres touristes. Je ne les imagine pas autrement le reste de l’année. On sait vivre ici. Simplement. Dans le vrai sens du terme. La bienséance porte ses fruits jusqu'à dans la conduite automobile. Ce que nous connaissions déjà des Anglais. En effet, à quoi bon balafrer de si belles landes, des décors aussi somptueux par des routes plus larges ou plus droites? Les Écossais les préservent sinueuses et étroites, de simples zones de doublement (tous les 500M environ) suffisent à réguler la circulation de toute façon relativement modérée. Il en va de même pour les clôtures, elles sont parfaitement inexistantes, les ovins sont donc libres comme l’air. Ici le mouton est roi ! De simples grilles métalliques (les « cattle grid ») disposées à des endroits stratégiques sur la route, permettent juste d’empêcher ces ovins d’aller dans telle ou telle zone ! Leurs pattes ne pouvant effectivement franchir de telles grilles. Ah le génie humain ! Les voitures doivent bien souvent contourner ces moutons indolents (pour ne pas dire narquois) lorsqu’ils font caca sur la route ou lorsqu’ils dorment dessus (sur les routes !). Tout est fait pour le mouton. Pas pour l’homme. Les Écossais mangent du mouton sans les égorger dans leur baignoire par souci de délicatesse et preuve de tact. L’Écossais est magnanime ! Je ne me prononcerai pas ici sur les us et coutumes des Écossais d’obédience musulmane !
Les Écossais s’habillent en laine de moutons, sentent le mouton (du coup !), les enfants font rien que jouer à saute-mouton, les femmes (tout machisme mis à part) balaient les moutons sous les armoires, l’anar du coin fustige ses compatriotes en les traitant de « moutons ». La nuit, pour s ‘endormir, tout ce beau monde compte inlassablement vous savez quoi ??? Des ragots iraient bon train ergotant que des moutons siégeraient au parlement d’Edimbourg. Taxés d’illuminés, un groupuscule d’obscurs scientifiques bannis des plus hautes universités écossaises, détiendrait des preuves accablantes sur l’identité du résident controversé du Loch Ness, qui ne serait autre qu’un vulgaire ovin ! On croit rêver ! Dans les églises, Jésus sur sa croix a une tête de mouton ! On voit par là l’entêtement du mouton écossais ! Et le fanatisme aveuglé des hommes qui ont laissé ce quadrupède nonchalant s’ériger sur le piédestal où il se trouve désormais. Mais on voit aussi que l’Ecossais sait rigoler. Ce qui, se faisant, lui permet de se réchauffer. Rien ne se perdant... Bon, revenons à nos... !
Des lignes à haute tension ? Pas vu une seule ! Enterrées sûrement. Il va de soi qu’on ne s’éclaire pas au suif de mouton ! Quoique. On se chauffe bien à la tourbe ! Authentique ! Et alors, ça vaut bien du pétrole lampant non ?! Plus sérieusement, il faut prendre acte de cet exemple de conception simple, respectueuse des choses et de cordialité en général dans l’attitude anglo-saxonne au volant. Ça ne tombe tellement pas sous le sens ! Le bon . Si je prends l’exemple français, en tout cas ! C’est que dans un tel endroit, les névroses, si tant est qu’ils peuvent eux aussi en avoir, apparaissent réellement d’un autre ordre. On est loin de la torpeur des foules, de la frénésie citadine, encore plus des mondanités insalubres de bas-étages. C’est qu’ici on n’a pas rompu le lien encore étroit avec la nature. Comment aurait-on pu d’ailleurs, elle est tellement prégnante. Cette terre est idyllique vous-dis-je, à l’image d’ Emain, « rare est une pareille merveille ».
Assurément, rien ne vaut « être ici ». Pour réaliser. Pour apprécier. Pour témoigner. Comme le fait présentement votre serviteur. Il faut respirer cet air et communier avec cet environnement plutôt que de lire une description aussi précise, aussi exaltée soit-elle ! Le réel n’est pas dans les livres. Ne lisez donc pas ce texte, rejoignez-moi ! Ici enfin, afin de se revigorer, il faut gonfler ses propres voiles du «chi » ambiant, s’imprégner du tellurisme environnant... Il en faut des choses ici ! Comme vous le voyez ! En dépit de la joie et de l’émerveillement qui sont les miens, je ne peux échapper à de brefs moments de vague nostalgie voire de morosité, aiguisés aussi par le cafard auquel par avance je ne pourrai échapper quand nous devrons nous en retourner. Car tout passe... Il faut dire que la singularité de l’endroit conjugué à certains moments de la journée forme une ambiance terriblement propice au repli intérieur, à l’introspection, à faire le point avec soi-même... Le sentiment de plénitude et d’unicité bat son plein. Je m’y attendais un petit peu. A dire vrai !
L’excentricité légendaire attribuée aux Anglais mais qu’on peut prolonger à leurs chers voisins du nord sans risquer de faire se retourner Robert le Bruce dans sa tombe, cette excentricité disais-je va jusqu'à se retrouver dans l’originalité des formes de ces petites montagnes qu’on retrouve tout le long de Skye et bien sur dans les « Highlands ». Ici, les arrondis sont rois. A l’instar du mouton (!) On voit par là, l’ancienneté fabuleuse de ces massifs rognés par les affres du temps. Le dessin que suggère leur silhouette le jour tombant, dans des horizons plus ou moins distants, au-delà de cette brume s’extirpant de cette terre fumante, est tout bonnement fantastique ! Tous les yeux du monde verraient-ils ce que je vois en ce moment? « Ça dépend comment ou plutôt, avec quoi on regarde » dirait l’esthète de base. Bien entendu. Ces brèves journées comptées filent donc comme des heures mais en contrepartie laissent se dévoiler d’immenses plaines tantôt rousses, ocres, jaunes, marrons selon le bon vouloir du soleil, sa position dans un firmament capricieux. Pour le plus grand bonheur de... nos appareils photos !! Et encore, nous ne sommes qu’en hiver ! Nous nous en mettons pleins les yeux, plein la machine à souvenir ! La moisson du rêve sera bonne ! A cette période de l’année et à l’instar des pays nordiques, la lumière est un luxe, une denrée rare. Son absence, un premier pas vers une austérité, charmante néanmoins. Là-bas, paisiblement, des centaines de moutons paissent, comme arrêtés, et pointillent les vastes landes ondoyantes à perte de vue, se mélangeant innocemment aux rochers éparses disséminés ça et là sur cet épais tapis mousseux. J’en viens à envier leur condition animale. Mon cerveau reptilien prend le dessus, je bêle de joie ! Ici, le calme se respire et l’air se ressent. L’herbe elle, se rumine. Comme partout. Enfin, je présume !
Tel de véritables moments d’éternité, je me fais violence pour me rendre compte de la préciosité inouïe de ces instants passés en ces lieux. Je mets ma lucidité à l’épreuve, elle a l’habitude je dois dire... C’est la deuxième fois en treize ans que je fais un tel voyage en Ecosse, je sais que je ne reviendrai pas de si tôt. Si ce n’était qu’une question de volonté ! Alors je n’en perds pas une miette de ce spectacle ! Les éléments vous sautent à la figure, à votre entendement, comme pour exiger un sursaut de votre part à ne pas prendre suffisamment conscience de la prépondérance de Dame Nature devenue si fragile, si menacée. Son appel est ici criant. Un rappel aussi à l’essentiel, à respecter inlassablement cette terre qui nous à vu venir, qui nous verra partir aussi... A moins bien sûr que nous ne partions ensemble. Cela reste tristement envisageable ! Odieux radotage, cruelle condamnation qui nous accule à ressasser toujours les mêmes mises en garde, les mêmes anathèmes, mais peut-il en être autrement ?! C’est que nous ne voulons pas que ces messages ne deviennent des prières ! Si de tels lieux peuvent parvenir à réveiller ou entretenir notre cœur et notre intelligence à faire de la prise de conscience de l’écologie la priorité des priorité, alors évidement il faut partir, se bouger le cul, foutre le camp et allez voir ces splendides endroits qu’un trop plein de clairvoyance m’oblige -la mort dans l’âme- à nommer « sanctuaires ». Voilà bien une raison louable que j’attribue à l’idée de voyager. Devant ce genre de paysages, je peux entendre que l’on se prenne à penser qu’un Dieu puisse exister, comme le disait Ferré à propos de la musique classique. C’est dire l’indicible !!
Au loin et depuis quatre jours maintenant, la sombre mer huileuse (au sens figuré !) ne frissonnent qu’imperceptiblement et forme de part ses échancrures côtières des doigts de terre immenses, s’avançant avec majesté vers le large... Impassiblement... Bien malin celui qui discernera la limite du ciel et de la mer, aux confins les plus septentrionaux de l’île... Derrière ces vaillants bras de mer argentés et, loin en arrière plan, les silhouettes embrumées des « Highlands », peu élevées cependant et aussi noires que du charbon, dessinent et suggèrent un horizon inquiétant en dents de requins, à l’endroit où le ciel n’en finit pas de rejoindre la terre... Cette chaîne montagneuse si célèbre et si chargée d’histoire, agressive et émoussée à la fois par le travail séculaire des temps.
Et que dire de « The storr & the old man »... Cette masse rocheuse à première vue post-apocalyptique fait partie de ces petites extravagances locales qui participent tellement à la féerie, à certains mystères et à une certaine magie du coin. Mêlez-y certains matins une brume même légère et l’effet s’en trouvera densifié. Qui aura gravit ses sentiers n'exagérera que peu en disant qu’il a marché sur la lune ! Des crêtes hérissées à des dizaines de mètres au dessus des têtes se dressent et sculptent cette arène macabre de pierres au milieu de laquelle se dresse ce terrifiant menhir noir gigantesque, défiant la gravité au vu de ses milliers de tonnes de granit, incliné d’au moins 20 degrés et n’ayant rien à envier à la tour de Pise ! Je n’ai aucune honte à confier ici que je me suis fait peur en parvenant à son pied ! Il faut dire que la vue en valait la peine mais j’avais tout de même l’équivalent d’un building penché vers moi, au dessus de ma tête !! Tout comme, gisant à son pied et hirsute de désolation, ce sanctuaire rocailleux inquiétant, pareil à un cimetière oublié, jonché de rochers explosés et/ou effondrés par des siècles d’activité plus ou moins sismique, par l’usure des âges incalculables... Je ne voulais quitter ces lieux gothiques sans traverser cet antre du diable à la limite du sordide. Nonobstant un léger mais palpable sentiment d’insécurité, je m’y suis résolu, l’inquiétude sous le bras et la presse sous le pas !! On est tellement peu de choses dans de tels lieux Carpatiens ! Je mesure à nouveau le poids de mon insignifiance, et, au passage, celle du genre humain en général. Et je n’ai pas l’impression d’exagérer ! « The storr » comme un ultime bastion naturel à l’emprise de l’homme. Qui viendrait ici avec sa pelleteuse ? Qui oserait ? Mille fois la nuit des temps aura opéré son règne avant un tel jour ! « The old man » : indécrottable crétin jusqu’au bout des ongles, l’homme n’est pas encore assez orgueilleux, pas suffisamment rassasié de conquêtes désastreuses, pour encore et toujours être incapable de refréner ce besoin, cette pulsion crasse de projeter même imaginairement son faciès simiesque dans les entrailles d’un rocher. Imposant mais simple caillou qui n’aura rien demandé... Moi il me plaît d’en rester à ce déjà très noble soubresaut de la terre qui a vu émerger vers le ciel ces bourgeons monumentaux de granit. Tout comme, par analogie et de manière métaphorique, les beaux jours pétris de luminescence printanière tirent naturellement et inlassablement vers le firmament la plante encore chétive jaillissant du sol. Processus infiniment délicat. Labeur si respectable. Ode à la vie. Hymne à la joie. Réalise-t-on souvent cela ? Réalise-t-on suffisamment cela ?? « Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté... »
Skye est résolument sidérante de poésie... Skye, digne et sereine, courageuse et magnifique tout à la fois. Le mystère lui sied bien aussi. Il faut dire. Belle à l’excès, exaltante, enivrante, émouvante à souhait... Skye nous transcende... Littéralement... On traîne au fil de ce défilé bluffant hors du commun, ce satané regret de ne pas partager cela avec ses proches... Ceux qui n’ont pas pu venir. Ceux dont on sait qu’ils rentreraient comme nous en résonance aiguë avec ce genre d’endroit, ceux qui disposent de ce que je considère être une chance pour ce faire : une âme encline et réceptive. Quelle évidence. C’est toujours pareil. Difficile « d’encaisser » tout cela seul. C’est beaucoup pour un seul homme ! Heureusement nous sommes cinq cette fois ! Car l’amitié ou l’amour de mes proches se définit également ainsi : il m’est singulièrement agaçant voire insupportable de ne pas partager ces moments-là avec eux !! Le sens de tout cela s’en trouve un petit peu altéré... C’est un lieu qui questionne, qui remue, qui bouscule, qui engage aussi. Bigrement ! Nul ne vient ici sans quelques raisons ou motivations ancrées en profondeur... On est loin de tout mais tout nous est étrangement égal. Rien ne semble vraiment manquer ici. Au bout du compte. Pas même le chant du silence. L’essentiel nous submergeant... Car on sent des parcelles de nous ici, quelque part, liées profondément à notre âme par d’indéfinissables amarres...

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