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Simple, la popularité.

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Alain Derenne

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J'avais déjà écrit sur le thème de la popularité d'un homme, mais le
sujet me plait bien et comme pour un bon plat, bien gouteux, j'y reviens
avec un plaisir non feint (faim), oui, à quoi peut bien tenir la popularité
de l'homme quel qu'il soit, un sujet fort par les temps qui court (ou qui
sont en marche pour certain), mais à un rien où à une foule de rien, à
un geste, à une boutade habilement placée, un mot heureux, échappée
lors d'une conversation futile au départ ou à l'improviste au coin du zinc
au café du coin, ce que l'on peut appeler une brève de comptoir, mais
qui fera son chemin, une tablée avec des amis entre deux rires, ou cela
comme une distraction parfois....
Je vous conterais donc le comment et le pourquoi de la popularité d'un
ami qui après avoir pendant de longues années de bohème à briguer le
succès que devait lui apporter son travail auprès des membres de
l'académie Française, juste deux où trois petites choses sans grande
importance sauf pour lui dans un petit théâtre de boulevard...
Mon ami décida donc de quitter le microcosme Parisien pour se
retrouver avec ses idées, au calme, se réfugier en Creuse dans un petit
bourg coquet, plein de charme avec sa petite place, son église, et
ses habitants si généreux, répondant au doux nom de Bénévent-l'Abbaye,
Oui, un petit village si coquet et si calme, le calme, cette denrée si chère
de nos jours et un petit village pas trop loin de la maison de son enfance,
il pourrait de temps en temps passer voir ses parents plus tout jeunes...
Le temps, lui, passait et sa plume travaillait doucement, gentiement, sans
se presser, là il était bien et n'avait cure du lendemain que pour une petite
partie de cartes au café, ou une balade dans les bois sur des chemins qui
sentaient bon la campagne, quelques fois il lui prenait l'envie de se faire
une petite pêche aux goujons ou aux gardons, une petite friture quoi, alors
ses gaules et son petit panier pique-nique sous le bras il partait, sans oublier
de passer chez le boulanger, pain frais obligatoire puis, chez l'épicier pour
une bonne bouteille de vin au cas ou son ami Mouchaboeuf le garde-chasse
qui faisait aussi garde-pêche passerait par là.
Dans son panier un bon pâté en croute à la viande et aux patates sans oublier
un bon camembert et surtout le tire-bouchon...
Il avait aussi dans la poche de son veston, son tabac et sa pipe, il était ainsi un
homme heureux.
Une bonne pipe qu'il fumerait adossé au tronc d'un arbre centenaire, les yeux
à demi clos pour entre deux eaux, attendre que le poisson morde.
Le soir, après une journée chargée de plein de choses différentes il passait
au petit café boire une bonne bière avec les habitants du lieu, quelques vieux
rentiers retirés des affaires et les paysans des alentours qui après une rude
journée laissaient leurs femmes à la préparation de la soupe en venant se
nettoyer le gosier, qui des foins, qui des labours ou des traites, il serrait ainsi
nombre de main, avec des personnes de la campagne pas peu fières de serrer
la main de l'écrivain de Paris, pour eux ces poignées de main étaient un
honneur qui leur était fait au-delà de leur condition, de plus, mon ami parlait
si bien qu'il captivait par sa faconde un auditoire entièrement acquis à sa
causerie, il échangeait des mots avec tout un chacun et ainsi glanait de-ci
de là des bribes de vie campagnarde qui feront peut-être plus tard l'histoire de
sa prochaine pièce ou peut-être un bon bouquin sur la vie rurale de nos
chères provinces.....
Et le résultat ne se fit pas attendre pour mon ami, aux élections municipales
il fut par un grand nombre de personnes poussé à accepter un mandat.
Vous imaginez de votre chaise, le sourire et les aimables excuses accueillants
l'offre, poussé par le doyen en âge de la délégation qui lui faisait face et
pendant un temps qui s'avançait comme la lune montant au ciel, il y eut
discussion, tournées de bière puis en dernier, le doyen mit sur la table les
clés de la ville et il en vint à abjurer mon ami à accepter celles-ci pour lui
dit-il faire prospérer la petite cité, lui affirmant qu'il serait certainement élu
en tête de liste, c'était du moins ce qu'il lui pronostiquait
_ Ah !...Et si j'arrive en tête de liste, que ferais-je ?
_ Nous vous nommerons maire tout simplement.
_ C'est parfait, alors j'accepte, vous pouvez compter sur moi...
Leur avait-il répondu, ce bougre de Robert.
Le soir du scrutin, le dépouillement terminé, les annonces tombent, et sans
surprise, la liste où figurait notre ami arriva en tête avec plus de 285 voix
d'avance, comme le lui avait annoncé le doyen par anticipation et donc,
huit jours plus tard le voici avec son écharpe de maire en bandoulière...
Je reçu de lui un premier courrier le lendemain de son investiture...
« Cher toi, un événement formidable m'arrive, il faut que tu descendes me
voir, car vois-tu, les fonctions administratives qui me tombent sur le crâne
me rendent tout chose, grand Dieu en ces circonstances j'ai peur du
ridicule et je crie à ton oreille...
mon vieil ami......au secours !!!
Je crois qu'un manuel du parfait maire de province me serait d'une
précieuse utilité, je compte sur toi pour m'en dégoter un et me l'apporter
au plus vite.
Affectueuse poignée de main
Robert »
Je suis descendu au plus vite avec un manuel, j'ai salué mon ami maire
heureux de sa réussite, il continue d'écrire pour ses concitoyens et pour
nous ses lecteurs de toujours...
Heureux le simple populaire.

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Sylvie Franceus · il y a
Oh je partage ton plaisir, Alain : tu écris, je te lis et hop nous voici dans ce petit village creusois. Assis à une petite table de bois foncé, toi devant une bière bien fraîche et moi sirotant une menthe à l'eau. Alors dis moi encore cette popolarité. .. Quelle histoire. .. j'aime tes mots, tes paysages et tes copains... Mais aussi le gâteau aux noisettes.
Écris encore, Alain.
Sylvie

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Alain Derenne · il y a
merci Sylvie, demain je poste une autre histoire, bonne nuit et moi aussi j'aime le gâteau creusois aux noisettes.
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Sylvie Franceus · il y a
Et je l'ai lu ton autre texte, Alain
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