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Simon Flamme - Chapitre 1 : Premières Lueurs

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Djiguidjik

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Trois heures du matin ; j'ai pu ranger mon VELIB sans problèmes, malgré mon sac. J'ai été imprudent mais à trois heures du mat' quand même ? On ne fait plus attention a rien non ? Bref, j'ai été imprudent et finalement il est normal que j'en subisse les conséquences...

-La cible a été repérée a 2h35 aux environs de gare de Lyon. Aucun civil ne l'accompagnait. Après une phase d'observation nous avons pu la neutraliser. La cible est dans le complexe Nano Pi, bloc B2-

Simon s'éveilla ce matin là (ou était-ce le soir ?) avec l'impression qu'on lui avait passé une pastèque à travers la tête en passant par les oreilles sans même toucher les bords. Sensation quasi normale après la soirée bien arrosée passée avec Julie et Paul...
Mais celle du métal glacé sur ses poignets moites l'était moins... Il se dit d'abord qu'il devait rêver (ou plutôt cauchemarder), voir ne pas être encore totalement éveillé. Et pourtant les élancements dans son crane semblaient trop réels pour être le fruit d'une simple rêverie...
-Le cauchemar (re)commence... merde..j'avais pourtant réussi a faire profil bas pendant presque 3 ans... Bordel de damned.
Les (mauvais) souvenirs refirent surface dans l'esprit de Simon qui du coup ne dormait plus du tout.

-Monsieur, Il se réveille je crois. Tous les systèmes sont opérationnels. Nous sommes prêts.
-Très bien. Je descend dans la fosse...
Le professeur Alexandre PILAF était un généticien qui avait su se faire un nom grâce a ses nombreuses découvertes. Spécialisé dans les neurosciences, il avait considérablement contribué à une meilleure compréhension du système nerveux. Il s'était du même coup s'était attiré le respect et l'admiration (et donc la jalousie) de ses pairs.
-Deux ans que j'attends ce moment. Cette fois ci je ne te laisserai pas t'échapper Z.A.C. (il parlait de Simon).
En fait le professeur n'avait jamais rencontré Simon et ce dernier n'en avait jamais entendu parlé si ce n'est dans un éventuel numéro de “Science et Vie” ou au détour d'une émission scientifique (juste avant de zapper pour trouver du foot ou autre chose de plus sympa...). Pourtant le professeur PILAF connaissait Simon sur le bout des doigts et savait tout son potentiel connu... et inconnu. Il le savait et pour lui c'était la différence majeure entre lui et ses prédécesseurs. La "traque" de Simon avait débuté il y a 13 ans. Et depuis 6 spécialistes s'étaient échinés a comprendre ce "phénomène" et a essayer de le "contenir". 6 avant le professeur Alexandre PILAF et il était déterminé à ce qu'il n'y en aurait aucun après lui.

Simon se trouvait enfermé a 300 mètres sous terre. Il était dans un complexe militaire qui n’existait sur aucune carte, aucun relevé ni aucune archive d’aucune sorte. Cet endroit était réservé pour les cas présentant un danger pour la sécurité nationale.
Instinctivement il avait essayé de bouger ses bras pour se libérer mais son corps était bloqué par des sortes de tubes de métal appliqués sur chacun de ses membres. Il était debout mais légèrement incliné vers l'arrière et comme la dernière fois sa tête n'était plus qu'un enchevêtrement de câbles reliés a un casque lui même couverts d'électrodes qui étaient collées sur son crane. Il ne pouvait pas bouger et surtout, il ne pouvait pas "Lumizer".
-Ils ont mis le paquet cette fois se dit-il. Mais le paquet par rapport a moi il y a 3 ans, dommage pour eux.
La porte s’ouvrit alors. En pénétrant dans la "cellule" le Professeur PILAF se sentit légèrement excité. Il avait attendu et planifié cet instant depuis le jour de son briefing a la base de Cap Delta ou il reçut l'affectation qui changea sa vie pour toujours.
-Bonjour Simon.
-On est donc le matin ?! demanda Simon.
-Vous ne l'avez pas senti ? N'êtes vous pas en contact avec toute lumière ?
-Allez vous faire foutre !
-Hé bien, hé bien, la violence ne fait pas partie de votre profil, même verbale.
-Vous avez bien étudié votre leçon a ce que je vois.
-J'imagine que vous savez ou vous êtes ?
-...
-Il s'agit bien du complexe B2.
-Home Sweet Home, déclara Simon en essayant d’être le plus sarcastique possible.
-Content de voir que cela vous fait plaisir. Cependant nous avons procédé à quelques modifications depuis la dernière fois.
-Laissez moi deviner, vous avez repeint ma chambre en bleu style “Apaisé” ? Genre Kung Fu Panda 3 ?
Sans prêter aucune attention à cette boutade le professeur enchaîna.
-Le complexe a été renforcé... en “obscurité”. D’ailleurs vous avez dû vous en rendre compte.
En effet, depuis qu’il s’était réveillé Simon s’était rendu compte qu’il n’y voyait absolument rien. Yeux ouverts ou fermés c’était pareil. Aucune différence.
-Moi qui croyais que j’avais vraiment trop abusé de la bouteille hier soir, déclara Simon.
-Vous gâchez votre potentiel en refusant de collaborer avec nous. Pourquoi un tel entêtement ? lui demanda le professeur.
-Allez...
- Vous faire foutre? le coupa le professeur.
-J'allais dire "au diable", mais bon, corrigea Simon
-Au diable ? Amusant comme image, on pourrait croire qu'il s'agit d'un ami a vous vu ce qu’on en dit et vos “capacités”. Cependant même lui, qui vous ai nettement supérieur possède son talon d’Achille.
-Vous croyez ?
-Lui, au moins, ne dépend pas de son environnement, contrairement a vous.
-Vous croyez ?
-Vous avez décidé de changer de disque ?
-Vous lisez science et vie ? demanda Simon
Le professeur fut un peu désarçonné par cette question.
-Hein?
-Le magazine scientifique, précisa Simon.
-Humm, c'est un peu rudimentaire mais il peut m'arriver de trouver un ou deux articles intéressants.
-Celui de Janvier il y a deux ans et demi était particulièrement intéressant.
-Ah, et vous voulez bien me dire pourquoi ?
-Il parlait de nerfs.
-De ..?
La radio du professeur se mit à grésiller.
-Monsieur, il y a une légère augmentation de l'activité cérébrale.
-Quelle genre d’augmentation ? demanda le professeur, aucunement alarmé.
-Du calme, pensa Simon.
-L'activité reprend un cours normal, reprit la radio.
-Augmentez la dose de sédatif, dit le professeur.
-Cool, j'ai déjà la gueule de bois mais avec ça j’aurai l’impression d’être carrément en orbite! déclara Simon
-On est jamais trop prudents lui répondit le professeur.
Simon sentit la drogue commencer à faire son petit effet et commença à se demander s’il n’était pas vraiment dans le pétrin.
-Je vous ai longtemps observé Simon, reprit le professeur. J'ai examiné chacun de vos "internements" et chacune de vos "capacités". Je sais tout de vous mon jeune ami.
-Vous n'êtes ni mon ami ni quoique ce soit pour moi.
-Oui, et pourtant nous pourrions faire tellement ensembles! Vous êtes victime de ce que l’on appelle une anomalie de type S. Vous pouvez maîtriser les photons autour de vous, la lumière si vous voulez et cela entraîne un dégagement de chaleur issu de ces photos que vous manipulez. Vous êtes un élément rare et puissant !
Simon s'abstint de tout commentaire.
-Mais malheureusement, dans un environnement totalement privé de lumière comme celui dans lequel vous vous trouvez actuellement, il vous est impossible d’utiliser votre capacité.
Un léger sourire se dessina sur le visage de Simon. Le professeur pu le voir grâce à ses lunettes de vision nocturne.
-Je vois que le sédatif fait très bien effet, déclara-t-il.
-Oui, mais vous avez oublié Science et Vie...
La radio se remit à crépiter, présageant la transmission d’un nouveau message.
-L'activité cerebrale augmente a nouveau Monsieur.
Cette fois, une pointe d’anxiété naquit dans l’esprit du professeur. Quelque chose clochait, il n’aimait pas l’attitude de Simon.
-Que mijotez vous ? lui demanda-t-il.
-Retour a la normale, annonça la radio.
-Très bien, annonça le professeur qui était maintenant sur ses gardes.
Mais la radio reprit :
-Non, attendez! L’activité augmente de façon significative.
Ce fut à cet instant que Simon choisit d’entrer en action. D'un geste rapide il claqua son pouce et son index. Sans aucun résultat la première fois. Ce qui interloqua le professeur qui recula instinctivement. Simon recommença. L'étincelle qui jaillit fut si légère et petite que le professeur PILAF la vit a peine. C’est alors qu’une immense lumière apparut devant ses yeux.
Et ce fut la dernière chose qu’il vit.
La radio s’était mise à hurler:
-Professeur ? Professeur ? Que se passe-t-il ? Nous avons perdu le contact avec le sujet ! Vous l’avez détaché ? Professeur ? Nous envoyons une équipe !
En arrivant dans la cellule de Simon, l’équipe ne trouva que le professeur PILAF inconscient.

-Rapport d'incident : aucune trace du sujet. La salle a été passée aux rayons X et ultraviolets. Rien n'a été trouvé... Après avoir discuté avec le Professeur le sujet s’est simplement volatilisé malgré la sécurité du complexe. Le professeur a été conduit en soins intensifs d’urgence, ses jours ne sont pas en danger, cependant ses yeux sont très sérieusement endommagés, plus particulièrement son oeil gauche.
Le Professeur semble insister sur un point;
-Nous avons tellement sous-estimé sa capacité d’évolution...

Et ils ne se rendirent compte que bien plus tard a quel point il avait raison tout en étant très loin de la vérité....
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