Silence

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Je fais court car je n'aime pas trop me dévoiler. Je préfère que mes textes parlent pour moi  [+]

Aujourd’hui, comme tous les autres jours, le douzième étage d’une des tours modernes de la City ressemble à s’y méprendre à une ruche humaine.
Sur tous les bureaux de l’open space, les téléphones sonnent sans arrêt et des conversations sérieuses s’ensuivent. Dans un coin, près des toilettes, trois photocopieuses tournent à plein régime et crachent des montagnes de pages imprimées. Un ballet pressé d’hommes en costumes cravates et de femmes en tailleurs stricts arpente en tous sens une moquette grise qui tranche avec le blanc glacier des murs. L’absence d’air frais due aux fenêtres scellées achève de rendre l’atmosphère étouffante.

Et dans un des boxes près du couloir, Olympe Noyrac, blonde, la petite vingtaine, travaille. En tout cas, elle essaie. Difficile de se concentrer dans ce brouhaha permanent amplifié par les « ding » continus de l’ascenseur en face de son bureau.

Il y a un peu plus d’un an, à la sortie de ses brillantes études d’analyste financière, Olympe avait hurlé de joie en apprenant que la grande firme internationale pour laquelle elle avait postulé souhaitait l’engager. Un très bon salaire à la clef et la vie trépidante d’une Frenchie à Londres en prime. Elle avait littéralement sauté dans le premier Eurostar venu pour signer son contrat à deux mains. Elle se voyait déjà dans un beau bureau vitré surplombant la ville, admirant les variations du soleil sur la Tamise et pimentant sa vie sociale de cocktails en after-parties, entourée d’éminents collègues tout aussi cultivés qu’elle.

La réalité fut bien sûr toute autre.

Elle qui était si pétillante et sportive ne sort plus du bureau que pour rentrer s’écrouler dans son lit après une bonne douche et, s’il en reste dans son frigo, une part de pizza ou un bol de nouilles thaï.
Et le lendemain, tout recommence.
En mode métro-boulot-robot, Olympe dépasse trop souvent le temps de travail réglementaire défini dans son contrat.

Elle aimerait bien partir plus tôt quelques fois mais une sorte de loi implicite oblige plus ou moins les employés à arriver tôt et surtout, à rester tard. Sous peine de se voir traiter de paresseux ou de lâcheurs, ce qui est pire encore.

Olympe a beau être jeune, elle est au bout du rouleau. Faisant mille choses à la fois, toujours dans le mouvement et dans le bruit. Elle n’en peut plus mais ne sait pas comment s’en sortir sans se créer une mauvaise réputation dans la boîte.

Lors d’une courte pause déjeuner, elle s’en ouvre à son collègue Guillaume, un autre Français, avec qui elle a tout de suite sympathisé.
-Tu connais la Bretagne ? lui demande-t-il à brûle-pourpoint.
-Pas vraiment. Mes parents étaient des fanas de ski. Alors, les vacances, c’était toujours en hiver et à la montagne, lui répond Olympe.
-Cela fait plus d’un an que tu es dans la boîte maintenant. Tu devrais avoir droit à des congés, non ?
-Euh...Oui, je suppose. Je n’y pensais même plus.
-Que dirais-tu de partir une semaine dans une vraie maison bretonne ? J’en ai hérité de mes grands-parents du Morbihan. Elle est vide en ce moment. Et surtout à deux cents mètres de la mer...à marée haute.
-Comment ça, à marée haute ?
-Tu verras. Alors, tentée ?
Olympe ne met pas longtemps à répondre. Une petite escapade au grand air, c’est exactement ce qu’il lui faut en ce moment.

L’après-midi même, après une brève entrevue avec le DRH, Olympe organise son départ pour le week-end suivant.
A présent, les colonnes de nombres et les statistiques ne semblent plus aussi importantes. Olympe Noyrac a la tête ailleurs. Une certaine impatience gagne le cœur de la jeune analyste. Les seuls chiffres qui comptent désormais sont ceux de sa montre et du temps qui la sépare de son voyage.

Profitant de l’argent durement gagné qu’elle accumule sur son compte, faute d’avoir le temps de le dépenser, Olympe s’offre le voyage en avion jusqu’à l’aéroport de Lorient-Sud puis la location d’une voiture. Ensuite, il ne lui reste plus qu’une demi-heure de route jusqu’à la ville de Riantec, au bord de la Petite mer de Gâvres, pour arriver à la maison de Guillaume.
Bien qu’elle soit encore sous l’effet du stress – les vieilles habitudes ont la vie dure - Olympe Noyrac sent déjà que le voyage lui fait du bien. La lecture d’un bon bouquin pendant l’escale à Roissy et le vol en avion la plonge dans un monde qu’elle avait oublié. En fait, elle est en train de se retrouver. Des années qu’elle n’avait plus eu la possibilité de voyager.
Elle avait pensé un moment partir voir le monde, prendre une année sabbatique après ses études. Puis, la proposition de la firme londonienne était arrivée et elle n’avait pas pu laisser passer une telle chance. Mais était-ce vraiment une chance ? Avec le recul, Olympe se pose sérieusement la question.

Dès qu’elle voit la maison, Olympe tombe sous le charme. En pleine campagne, cette petite bâtisse en grosses pierres grises, portes et volets bleus, entourée d’un grand terrain arboré a tout pour plaire. Dans le jardin, Olympe remarque des arbres fruitiers, des pommiers semble-t-il, mais en ce début de printemps, seules quelques timides feuilles vert tendre poussent sur leurs branches. Pour la compote et le cidre, il va falloir attendre encore un moment.

L’intérieur est un harmonieux mélange de mobilier d’époque et de mobilier moderne. Un vieux banc d’église en bois dans l’entrée mais un frigo flambant neuf dans la cuisine. Un fauteuil à bascule couvert d’un ouvrage au crochet dans le salon mais une douche à l’italienne futuriste dans la salle de bains. Olympe n’en demande pas tant. Tout ce qu’elle veut, c’est un endroit où se poser, une chambre confortable pour dormir – enfin – et surtout du calme et du bon air pour s’oxygéner les neurones.

La jeune femme prend à peine le temps de poser ses bagages dans la chambre. Tant qu’elle en a le courage, elle reprend la voiture direction le supermarché le plus proche pour faire le plein de provisions pour la semaine. Elle a bien l’intention de limiter au maximum ses contacts avec la civilisation et avec le genre humain en particulier. Elle veut faire le vide dans sa tête, dans sa vie. Souffler vraiment pour pouvoir repartir du bon pied. Elle appréhende déjà le moment du retour mais pour l’heure, elle s’oblige à ne pas y penser et à profiter de l’instant présent.

Au début de l’après-midi, les courses finies et rangées, Olympe s’octroie un moment de détente avant de déjeuner. Elle enlève ses chaussures, ses boucles d’oreille et surtout sa montre au bracelet de cuir qui lui serre le poignet comme une menotte trop petite. A Londres, elle ne peut pas sortir sans au risque de se sentir nue mais dès qu’elle retrouve le confort de son appartement, il faut qu’elle s’en débarrasse.
Ici, en vacances, c’est encore plus vrai. Quelle importance de savoir l’heure quand personne ne vous attend... ? Quelle importance de manger à midi, à treize heures ou à l’heure du thé ? On mange quand on a faim. On dort quand on a sommeil. On se lève quand on est reposé. Un peu comme un horaire de bébé, se dit Olympe. On suit le rythme de notre corps au lieu de lui imposer le nôtre.
Là, tout de suite, Olympe sent que son corps est fatigué. Elle ferait bien une petite sieste sur le charmant lit en fer forgé qui l’attend dans la chambre du fond. Morphée m’appelle. Je dois répondre, pense la jeune femme. J’ai trop souvent ignoré ses messages ces derniers temps. Il va finir par m’en vouloir.

Plusieurs heures plus tard, Olympe est réveillée par le chant d’un coq voisin. Elle jette un œil encore semi-fermé à son téléphone portable et constate qu’il est déjà six heures du matin. Elle sursaute dans son lit, se redresse en position assise, persuadée d’être en retard pour le boulot. Puis, regardant autour d’elle, elle se rappelle où elle est et ce qu’elle fait là. Elle qui pensait s’assoupir quelques minutes, elle a dormi près de quinze heures d’affilée. Cela ne lui était plus arrivé depuis l’adolescence. Il faut dire que la tranquillité du lieu y est pour beaucoup.

Olympe se sent merveilleusement bien mais elle a aussi merveilleusement faim. Son estomac gargouille de façon tapageuse. Et ce coq qui continue de brailler son Cocoricoooo ! Cocoricooo ! de sa voix éraillée. Pourquoi ne s’arrête-t-il pas ? C’est bon, tout le monde est réveillé maintenant ! Cela entame un peu la bonne humeur d’Olympe mais pas de quoi lui couper l’appétit pour autant. Elle ouvre la porte d’entrée pour respirer une bonne goulée d’air frais chargé d’embruns et trouve sur la marche en granit un petit panier d’osier contenant une demi-douzaine d’œufs frais. Un message accompagne le cadeau : « Bienvenue à Kerpunce ! Votre voisine, Monique ».
Olympe est ravie. Cela lui fera un petit déjeuner idéal. Elle ira remercier Monique cet après-midi sans faute. Même si elle a décidé d’éviter l’espèce humaine pendant quelques jours, Olympe n’en oublie pas pour autant ses bonnes manières.
Soudain, alors qu’elle s’affaire, toujours en pyjama, à trouver de quoi faire cuire ses œufs à la coque, Olympe entend un bruit de tondeuse à gazon tout près de la maison. Elle se précipite à la fenêtre et voit son voisin – le mari de Monique ? – pousser avec difficulté une vieille tondeuse à gazon noire sur son terrain. La machine fait un bruit infernal. Une sorte de tondeuse Hell’s Angels qui projette des brins d’herbe coupés tout au long de son parcours, au grand dam d’Olympe. Elle referme la porte et allume la vieille radio dans la cuisine pour tenter de couvrir le bruit. Elle n’arrive à capter correctement qu’une petite radio locale, Radiocéan, toutes les autres stations crachouillant un flot inaudible de sons très agaçants. Olympe tente de se concentrer sur la station de radio mais c’est l’heure des publicités et les jingles et slogans se succèdent sans arriver à couvrir pour autant le vrombissement de la tondeuse.

Olympe décide de finir son petit-déjeuner au plus vite et de s’habiller pour sa première promenade découverte de la région. Elle a hâte de découvrir ce que Guillaume voulait dire par « à deux cents mètres de la mer à marée haute ». Elle va vite comprendre.
Nous sommes début avril et le temps est encore très frisquet. Quand Olympe sort de la maison, toute emmitouflée dans sa doudoune jaune poussin, elle constate avec délice que la tondeuse de l’enfer a cessé de sévir. Elle entend à nouveau le doux chant des petits oiseaux qui volettent deci delà à la recherche de brindilles pour construire leurs nids.
C’est donc confiante et détendue qu’elle s’avance sur le petit chemin de terre en direction de la plage. Marchant d’un bon pas, elle passe devant une vieille ferme aux grilles fermées quand, tels deux diables surgis de leurs boîtes, de grands chiens roux bondissent devant elle. Des épagneuls qui aboient, jappent et sautent dans une attitude mi-intimidante (attention, l’intruse, on t’a vue), mi-accueillante (oh, une nouvelle tête. Super !). Olympe tente de les faire taire en leur parlant mais cela ne fait qu’attiser leur véhémence. Ils aboient de plus belle. Olympe comprend que la seule solution pour faire cesser ce bruit, c’est de s’en éloigner au plus vite. Elle presse le pas vers la côte mais les chiens continuent à aboyer jusqu’à ce qu’elle soit hors de vue.
Ouf ! Le calme revient. Et le chant des oiseaux avec lui, accompagné cette fois du roulement des vagues en sourdine. La mer est toute proche. On peut déjà humer la délicieuse odeur iodée. Olympe inspire à pleins poumons, à l’arrêt, les yeux fermés. Elle ne pense à rien, elle est bien et voudrait rester comme cela pour toujours.

C’est sans compter sur son smartphone qui se met à jouer Numbers de Ludovico Einaudi, son pianiste préféré. Pour une analyste financière, le choix du morceau s’imposait et d’ordinaire, elle l’adore mais là, en ce moment précis, elle a juste envie de fracasser son téléphone contre les rochers qui bordent le sentier. Son mode robot n’étant pas encore tout à fait désactivé, elle regarde machinalement qui l’appelle et voit le nom de son supérieur, Wilson.
En général, personne ne dit non à Wilson mais là, elle est en vacances, en Bretagne, au bord de la mer, seule et tranquille et décide de refuser l’appel. Tout de suite après, elle éteint son téléphone. Si c’est important, il laissera un message, pense-t-elle. Sinon, il demandera à quelqu’un d’autre. Une mouette passe au-dessus d’elle en poussant plusieurs cris aigus, comme le font si bien les mouettes et Olympe perd le fil de ses pensées. Ne plus penser au boulot, vivre le moment présent. C’est pour cette raison qu’elle est venue ici.

Encore quelques pas et elle arrive au bout du chemin. En face d’elle, à quelques centaines de mètres, un îlot couvert de grands pins autour duquel semble voler plusieurs espèces d’oiseaux. Elle a pris ses jumelles et un guide sur la faune et la flore de la région. Il lui semble reconnaître la barge rousse, à moins que cela ne soit un pluvier argenté. Le soleil n’est pas encore tout à fait levé et à cette distance, difficile de faire la différence. Olympe s’y connaît mieux en oiseaux des cimes alpines qu’en oiseaux marins mais elle est bien décidée à mettre à profit ces quelques jours pour parfaire ses connaissances ornithologiques.
Après plusieurs minutes d’observation, Olympe constate que la marée descend. Les vagues s’éloignent de plus en plus. Se disant que la patience est un bon moyen d’atteindre la sagesse, elle décide d’attendre pour voir jusqu’où se retire la mer. Assise sur un rocher glacé et un peu humide, elle respire au rythme lent du mouvement des vagues et sent peu à peu ses muscles tendus se relâcher. Elle ne pense à rien, elle est juste heureuse d’être là et de profiter du spectacle de la nature.

Deux heures plus tard, elle rentre à la maison de Guillaume avec la ferme intention de se préparer un délicieux chocolat chaud et de s’installer confortablement dans le fauteuil en velours près du poêle. Un bon gros roman entre les mains et rien d’autre à faire que de le dévorer d’une traite. Aaaah ! Quel bonheur...
Malheureusement, le voisin – toujours lui – a maintenant décidé qu’il était temps de tronçonner des bûches et on peut dire qu’il y va gaiement. Il fait encore plus de bruit - si possible - qu’avec sa tondeuse.
Olympe voit rouge. Elle s’en va dire deux mots à l’importun voisin.
-Excusez-moi ! Monsieur ! Ouh Ouh ! Vous m’entendez ? ,crie-t-elle en traversant la rue vers la maison d’en face. L’homme, un sexagénaire rondouillard en salopette de travail semble complètement absorbé par sa tâche et ne réagit pas. Il faut dire qu’il a un casque anti-bruit sur les oreilles, lui. La jeune femme essaie une autre tactique. Elle vient se placer devant lui, de façon qu’il ne puisse l’ignorer. La ruse fonctionne, l’homme la regarde. Olympe lui fait signe de couper sa tronçonneuse, ce qu’il finit par faire avec une mauvaise volonté évidente.
-Bonjour Monsieur ! Désolée de vous déranger mais il me semble que vous avez omis un petit détail dans l’enthousiasme de vos travaux matinaux. D’abord la tondeuse à six heures et demies du matin. Maintenant, une tronçonneuse qui fait un bruit infernal...
-Oh ! Eh ! J’peux pas faire autrement, moi. Y a un moteur, ça coupe, ça fait du bruit, rétorque l’indigène ventripotent.
-Oui, je comprends bien. Ce que je ne comprends pas en revanche, c’est que vous fassiez cela un dimanche !, s’énerve Olympe.
- On est dimanche ? s’étonne le voisin. Oh, vous savez, depuis que je suis à la retraite, tous les jours sont pareils. J’fais plus attention.
- Le souci, c’est que moi je ne suis pas encore à la retraite et je profite de mes premiers jours de congés depuis trèèèès longtemps. Alors, j’aimerais beaucoup les passer au calme, vous voyez ?
-J’suis désolé mais aujourd’hui, cela ne sera pas possible tout de suite. Faut que je refende du bois pour la cheminée sinon Monique va rouspéter.
Justement, la Monique en question sort de la maison à ce moment, s’essuyant les mains sur son tablier de cuisine.
-Bonjour Madame, dit la voisine. Vous êtes Olympe Noyrac ? Guillaume m’a prévenu de votre arrivée par téléphone. C’est moi qui vous ai mis les œufs sur la porte hier soir. Y a un souci avec mon mari ? questionne Monique, une dynamique petite bonne femme aux cheveux poivre et sel. Gaël, qu’est-ce qui se passe ?
-Il se passe que Mademoiselle se plaint du bruit de mes machines.
-Oh, je vois. Ecoutez, dit-elle après un moment de réflexion, le temps qu’il finisse, pourquoi vous n’iriez pas faire un tour au marché de Plouhinec ? C’est le village juste à côté. Il a lieu tous les dimanches jusqu’à treize heures. Passez donc voir Francine la boulangère de ma part. Elle fait un pain bio extra. Avec juste un peu de beurre salé, c’est un délice.
Olympe se laisse convaincre par cette description alléchante et serre la main de la voisine pour sceller leur accord. Puis, elle monte dans sa voiture de location et en route vers Plouhinec, à cinq kilomètres de là, à travers champs et bois.

Si l’aller se passe sans problème, le retour est dramatique.
Attirée comme un papillon par le nectar des fleurs, Olympe est passée d’étal en étal, goûtant avidement tout ce qu’on lui proposait : des fruits de saison aux galettes au beurre en passant par le cidre doux, le chouchenn et la bière artisanale au gingembre. Le résultat est qu’elle peine à rouler droit sur la départementale qui relie les deux villages, ignorant parfois superbement de méchantes priorités de droite. L’une d’entre elles lui est fatale. Enfin, presque.

Transportée d’urgence à l’hôpital le plus proche, elle s’en sort relativement bien. Quand elle ouvre les yeux, le médecin est à son chevet. Il ne dit rien mais lui tend un carnet sur lequel il a tracé en grandes lettres : « Olympe, j’ai une mauvaise nouvelle. Vous êtes à l’hôpital. Vous avez eu un accident de voiture. Vous avez un bras cassé et...(Olympe retourne la page du carnet)... vous avez perdu l’audition. »
Olympe essaie de parler, de demander des explications mais elle n’entend pas sa propre voix. Paniquée, elle reprend le carnet et écrit à son tour : « Je suis sourde ? ». Le médecin lit et hoche la tête, l’air grave. Il articule le mot « désolé ». Du moins, c’est ce que comprend Olympe.
Peu à peu, elle se calme. Puis, elle sourit et écrit : « Ce n’est pas une mauvaise nouvelle ».

Le silence. Enfin.

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