Sexe Boxing - Chapitre 2

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J’aime écrire sans tabou ni limites, quitte à surprendre ou parfois choquer. Je vise tout, sauf le conventionnel. Je suis particulièrement féru de mélange de genres. Mêler érotisme et  [+]

Chapitre 2 – Exigeante amante

En boxe, il y a deux types d’affrontements : la touche et le combat. La touche demande de mesurer ses coups : les knockouts y sont formellement interdits. On ne fait que compter les points selon le nombre de fois où un adversaire parvient à toucher l’autre. Le combat, on compte les points tout en donnant du poing. Et du pied... on peut aplatir l’autre et se faire aplatir. La majorité des mecs vise le combat, la plupart des filles préfère la touche. Je suis l’une de celles préférant le combat. Là encore, besoin de défoulement... Les garçons du club m’agacent. Pas un seul pour y aller franco face à moi ! Maman leur a appris à respecter les filles, à prendre soin d’elles, à les considérer comme de petites fleurs fragiles. Bon, certes, ils ne seront pas hommes à battre leurs femmes ou leurs enfants. Ceci dit, dans un cadre sportif ils pourraient oublier leur galanterie le temps d’une séance. Seule Lydie accepte de me mettre de joyeuses roustes : entre nanas on se comprend.

Pourtant, je ne suis plus une bagarreuse depuis mes dix ans. J’ai passé l’âge... Pour ainsi dire, depuis mes petites castagnes de cours de récré je n’ai plus eu le moindre affrontement physique. Quant aux éventuelles agressions masculines, j’ai toujours une petite lacrymo très efficace glissée dans la poche, dont je sais très bien me servir et qui reste inutilisée. Je cherchais surtout un moyen de me dépenser à fond, de me calmer. Vendant des fruits et légumes au marché trois fois par semaine, mon métier est pourtant physique et en plein air. Encore un métier prétendument « de mecs », ou qui serait réservé aux femmes viriles et grossières. Je tiens à marquer le contrecoup de ce cliché en me vêtant comme si j’étais hôtesse d’accueil pour salon automobile. Au début, les collègues jasaient... Puis, ils ont vu que mon sens du sourire et de la fringue entraînait de bonnes ventes, ce qui tout en créant quelques jalousies intima le respect.

À première vue, les bases de cette discipline sont simplissimes. En matière de pieds on compte le chassé, le fouetté et le revers. Côté poings on a la droite, l’uppercut et le crochet. Rien à voir avec ces arts martiaux où on dénombre une quinzaine de coups différents pour le seul bras avant, et où en plus chaque geste exige un apprentissage quasi philosophique... voire carrément philosophique. J’aime bien la philo, j’aime bien le combat : je n’aime pas mélanger l’un et l’autre. Basse, médiane, haute... Allez, on reprend. Je dois tenir, c’est la fin de l’entraînement, on me regarde. Certains mecs sont essoufflés, je dois me montrer plus tenace qu’eux. La ligne haute, lorsqu’un coup de pied est projeté à hauteur de visage, est celle que je préfère. D’abord parce que le geste est beau. Ensuite parce qu’il assouplit drôlement le corps, et l’air de rien c’est avantageux pour la baise. Adolescente, je ne me suis pas bâtie mon éducation sexuelle à renfort de pornos, c’est heureux, mais avec des guides de postures et de conseils. Ambitieuse, je rêvais de les reproduire toutes. Et lorsque ma vie sexuelle a débuté, j’ai été très déçue de mes capacités, ainsi que celles de mes petits copains. Levrette, quatre pattes, sur le ventre, sur le dos, missionnaire, andromaque... Oui bon d’accord, et après ? Mince alors, il existe des centaines de positions et de variantes, et presque personne ne les utilise. Et pourquoi ? Tout bonnement parce que personne n’en a les capacités physiques.

Mince et re-mince... Comment était-ce avant ? Difficile à dire. Nos parents viennent de la culture verticale, donc horizontale. Verticale, car les années soixante étaient très religieuses. Bien d’entre-eux n’ont pas connu la libération sexuelle, quoi qu’on en dise, et l’hexagone était encore très imprégnée de catholicité. La religion est le rapport vertical, propre aux cieux, et allez savoir pourquoi cela entraîne un rapport horizontal, c’est-à-dire faire l’amour de manière basique, en banal missionnaire, bien plus pour faire des enfants que par plaisir.

Certes, je ne regrette pas d’avoir été faite... Tout de même, j’aurais adoré être conçue avec papa debout baisant maman de dos, en posture tentaculaire contre le mur. C’est une position que j’adore et qu’il faut voir en dessin pour bien saisir. Si je n’ai jamais eu droit au moindre détail, je me doute trop que ma conception fut très classique, trop classique. J’ai presque honte d’imaginer la sexualité plan-plan des parents ! J’aurais tant voulu être la fille d’une cochonne et d’un cochon, qui auraient fait du cul de façon festive et joyeuse... il est toujours préférable d’avoir été conçue lors d’une bonne grosse baise bien crue. Tant qu’il lui éjaculait bien au fond du minou plutôt que dans la bouche, afin que je puisse exister, c’était l’essentiel. Mais il faut croire que je suis un peu barjot : à chaque fois que j’en ai parlé à une copine, je n’ai eu droit qu’à de grands yeux interrogatifs, du genre « tu es malade ou quoi ? ». Visiblement je suis la seule à réfléchir à ce genre de trucs.

L’époque ayant suivi celle de ma conception n’a pas été bien meilleure. Ce fut celle de la malbouffe et du porno. Qui dit malbouffe dit manque d’endurance, de souplesse et de vigueur : tout ce qu’il faut pour renoncer à une sexualité un tant soit peu pimentée. Qui dit porno dit tringlage à souhait en mode boum-boum j’y vais à fond, parce que « plus mes couilles tapent contre ta raie meilleur c’est ». Ô seigneur, que les temps sont tristes !Et le pire, c’est que moi qui fais la fière et ma râleuse, je n’ai pas été, pendant bien longtemps, plus performante que la plupart des garçons ayant eu la chance ou le malheur de me sauter. Tout du moins, c’était le cas jusqu’à l’année dernière.

Depuis, je progresse. Peu à peu, pas à pas. J’ai encore tout à apprendre, mais j’évolue. Entre la boxe et la baise, c’est la loi du yin yang. L’un m’améliore pour l’autre, l’autre pour l’un. M’accoutumer à la ligne haute me permet de mieux écarter les cuisses, donc d’adopter de nouvelles postures. Coucher dans ces postures renforce mes jambes donc renforce mes coups. Faire des coups plus forts me donne une plus belle endurance au plumard. Et ainsi de suite. Le rythme est venu tout seul, et impossible de ne pas rester motivée de cette manière. THE astuce sublime et suprême d’auto-motivation que tout un chacun devrait connaître et utiliser, et dont je n’ose pourtant pas beaucoup me vanter. D’ailleurs, peu de copines et de petits copains sont au courant. Lydie, elle, a fini par l’apprendre et en a beaucoup ri, même si j’y ai vu davantage d’admiration que de moquerie. Si sportivement je ne suis pas à son niveau, sexuellement je l’impressionne. D’ailleurs, si elle continua à me conseiller pour la boxe, elle se mit également à me demander conseils pour le cul.

Quant à mon petit secret, elle plaisantait assez souvent sur le sujet.
« Essaye de pas confondre ! Si tu te mets à sucer le prochain contre qui tu fais du sparing ou à boxer ton petit copain sous la couette, tu vas te gâcher la vie ! »
« Tu t’améliores en ligne haute... ce soir tu vas pouvoir tester une nouvelle position ! »
« Arrête d’esquiver autant, apprends à encaisser plus... d’ailleurs ça te servira aussi pour cette nuit... ».

J’en passe et des meilleures, et quelques pires. Néanmoins, Lydie restait parfaitement digne de confiance. Jamais ma confidence ne fut divulguée à qui que ce soit, et toutes ces vannes furent discrètement chuchotées à l’abri des oreilles indiscrètes. Je ne regrettais pas de le lui avoir dit, notre complicité s’en était renforcée. J’ignore pourquoi, depuis elle me mettait un peu sur un piédestal. Elle semblait s’être mise en tête que j’avais la réponse à tous ses questionnements sexuels, et que je saurais la coacher pour décupler ses orgasmes. Au début, j’étais si flattée que je jouais le jeu, quitte à lui donner des réponses dont je n’étais pas certaine. Et quelle était la meilleure technique pour pomper en retardant l’éjaculation, et par quelle astuce repérer le moment où il allait venir afin de prendre sur le visage ou dans le mouchoir, et comment se préparer pour une sodomie, et quelle était la meilleure posture pour participer au mouvement, et que sais-je encore. Bien sûr, toute jeune fille a plus ou moins son idée sur ces interrogations... sans avoir la réponse absolue pour autant. J’ai fini par lui dire que si j’en savais peut-être un peu plus qu’elle, elle restait plus douée pour la boxe que moi pour la baise, et que mes talents restaient somme toute limités. Qu’elle me questionne pourquoi pas, qu’elle ne me voit pas non plus comme une référence.

– Pitié Lydie ! Je ne m’en sors plus. J’en suis à te faire attendre jusqu’au lendemain pour aller fouiner des éléments sur le net. Ce qui est pas honnête, et en plus tu peux le faire toi-même.
– Non... Et tu l’as souvent fait ?
– D’abord pas du tout et ensuite de plus en plus, au fur et à mesure que tes questions devenaient scabreuses.
– Je me rends pas compte...
– Elles sont bien plus compliquées qu’au début.
– Possible ! Parler de cul avec toi m’a donné envie de nouvelles expériences, je crois. Mon mec t’en est très reconnaissant.
– Heureuses que nos discussions soient utiles.
– Elles le sont beaucoup !
– À condition que tu ne me vois pas comme une sexologue diplômée avec vingt ans de métier. Tu sais, ça fait tout juste quelques mois que je pratique la sodomie. J’avale rarement, je teste de nouvelles positions prudemment, au compte-goutte, et je n’ai même encore jamais essayé le sexe à trois ou quatre. Alors du calme, quoi ! Si ça se trouve, c’est toi qui me dépasseras.
– Pendant que tu me rattraperas à la boxe ?
– Là par contre ça m’étonnerait.

J’avais beau faire ma modeste, j’étais une baiseuse bien plus douée qu’auparavant. Le souci est que je commençais à manquer de matière première. Bien sûr, côté chair fraîche, une jeune fille n’a que l’embarras du choix. Mais quantité n’est pas qualité, et voilà que j’avais du mal à trouver des mecs qui soient au niveau. Ils étaient tous un bon cran en dessous du mien. Et si ce peut être amusant lors d’un sparing, pour le coït c’est beaucoup moins fun ! Dans mon carnet d’adresses, au-delà des simples amis auxquels je m’en serais voulu de toucher, j’avais une bonne dizaine de partenaires. Et plus aucun qui ne convenait, alors qu’ils m’avaient jusqu’alors plutôt contentée. Deux ou trois potes de baise, un amant sulfureux, un garçon amoureux de moi dont je n’étais pas amoureuse, un autre dont j’étais amoureuse mais qui lui n’était pas amoureux, et trois ou quatre occasionnels.

En essayer d’autres ? Je n’étais pas très sorties, en ce moment. Et l’idée de rentrer dans de nouveaux jeux de séduction me lassait (aller en soirée / laisser traîner son regard / se laisser accoster / boire un verre, et tatati et tatata...). Les sites de rencontres ne me tentaient pas plus. J’en étais à regretter d’avoir fait le ménage à ce point dans mes contacts, en virant tous ces garçons qui m’avaient dragué et n’espéraient que je les rappelle. Sans grande fierté, il m’arrivait d’être entreprenante lorsque l’un ou l’autre tentait le coup en me rappelant... Cela se solda par quelques soirées ni bien déplaisantes, ni bien orgasmiques.

Parmi mes petits copains plus réguliers, trois furent charmés par mes nouvelles envies : deux d’entre eux, malgré toute leur bonne volonté, ne parvinrent pas à suivre. Ils tenaient la posture trop peu de temps, jouissaient trop vite, y allaient pas assez vivement... Un festival de « trop » et de « pas assez », et bien peu de juste mesure. Les quelques postures où la femme mène la danse fonctionnaient mieux, forcément, seulement j’exigeais un retour qu’on ne me donnait pas. Le troisième y parvint un peu mieux, et voulut me prouver sa valeur en acceptant de tester TOUTES les postures de mes rêves... Charmante attention. Seulement, comme il n’était pas bien fort ni souple, cela faillit s’achever en accident. VLAN ! Mon corps sur une chaise, le sien sur le tapis, on s’est étalés tous les deux par terre. À peu de choses près je me pétais une jambe et lui un bras. Si je ne lui en voulais pas, lui n’a plus trop cherché à me revoir. La honte, peut-être... Bref, je savais de moins en moins quoi faire.

A suivre...

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