Seul, tu mourras seul.

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Pétillante, un brin de folie. J'aime écrire, une préférence pour l'érotisme, sa sensualité délicate, le rêve, la Vie, l'Homme! Faire fi des interdits, suggérer, oser, c'est juste moi  [+]

Seul, tu mourras seul.

Des années durant la colère m’a tenue aux tripes, ces mêmes années ont fait de moi une écorchée vive dissimulant sa peine dans une agressivité incontrôlée bien souvent.
Il m’aura fallu du temps pour émerger de ce puits où la douleur communiait avec la vase de l’horreur. Oh! une horreur que l’on peut surmonter bien sur, que ne surmonte-t-on pas d’ailleurs avec le temps?

J’ai nourri cette colère jusqu’à la transformer en haine au plus profond de moi.
Combien j’ai espéré qu’elle me libère de ce poids et que disparaissent ces brûlures qui embrasaient mon estomac, cette sensation que ma gorge se nouait au point de m’étouffer.

J’espérai tellement pouvoir me venger, me rendre coupable d’asséner le coup fatal...

Et qu’ai je trouvé? qui ai-je eu du mal à reconnaître dans cet état de misère, d’abandon, de saleté, d’odeur nauséabonde qui collait à ma peau même en te quittant?
Toi! Toi dans un lit, comme recroquevillé, méconnaissable, j’ai même cru que tu avais rapetissé, comme si cela était possible, je n’ai reconnu que tes mains immenses comme dans mes souvenirs, et ta voix...
Cette voix qui nous a fait trembler maintes et maintes fois.

J’avais honte, honte pour toi, le corps décharné et amaigri te défendant d’être là parmi les fous - les autres - t’entendre dire que Toi tu ne l’étais pas et qu’ici tu n’étais pas à ta place.
J’ai ri à cette remarque que tu t’es appliqué à répéter comme si je pouvais y changer quelque chose et d’ailleurs l’aurai-je fait si j’avais pu? Non! Ta place était bien là, seul... Sans personne à qui parler, et j’ai trouvé que c’était bien fait pour toi, tu ne méritais pas mieux et même pire.

J’aurais aimé avoir plus de temps pour les reproches, ou peut-être aurai-je du venir te voir plus tôt avant que de ta mémoire je disparaisse complètement. Tu ne m’as même pas reconnue, il te semblait qu’on s’était déjà vu, comme on se souvient d’une étrangère croisée dans la rue deux jours de suite.

Tu m’as paru presque sénile avec des restants de vérités qui font peur mais que tu réussissais encore aujourd’hui à défendre, certain de ton bon droit!
Quel monstre tu fais de penser avoir eu raison, « tu es un monstre » je te l’ai répété plusieurs fois et tu m’as remerciée, tu as dit : « d’accord, d’accord, merci » j’ai compris que ton esprit s’égarait, occulter le pire, te souvenir du moins pire, pour moi ce fut le pire, il n’y a pas eu de bon, c’est simple et c’est la fin!

Une fin qui m’effraierai si j’étais à ta place, une fin que je t’ai souhaitée, que tu sembles résigné à subir.
Je ne sais pas si ton regard exprimait un quelconque remord, si tu as été conscient un instant et franchement je m’en fous.
Tu vas mourir, bientôt qui sait?
Pour moi tu es mort aujourd’hui.
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