Science-fiction de la beauté

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J'aime la solitude, lire, écrire et penser à ne rien faire. J'aime dessiner, manger, chanter sous la douche. J'aime fumer, parler, parfois, un peu, beaucoup. J'aime les gens quelquefois, un peu  [+]

La raison de ma présence, auprès de vous, Puissants qui vous apprêtez à écrire les règles de ce monde nouveau ? Une erreur de taille, me semble t-il, car je n'ai nulle part entendu que vous ayez pensé l'apparence de l'homme, particulièrement de la femme, il est vrai, de demain. Je vois vos corps et vos visages, nous sommes entre mâles ; la laideur ne nous empêche nullement de prospérer... Rappelez-vous pourtant, notre univers ancien, délétère certes, avait abordé avec justesse quelques prémisses de la question, et il ne me semble guère judicieux de noyer ainsi toutes nos racines... Vous avez déjà fait table rase de toutes vos connaissances, mais force m'est de constater que vous n'avez su encore inventer de nouveaux langages, ni revenir à la langue unique... C'est donc sur les mots, et sur ce qu'ils produisirent de plus grand, la littérature, que je vais appuyer mes arguments. Et réveiller vos consciences que vous croyez absolument neuves... La Beauté pourtant, la beauté... Le premier mot qui menait au jour l'esprit de nos filles... Celui qui nous les offrait, faible et consentante, pour ce simple compliment : « Tu es belle... » Ce mot qui les tuait par son absence, qui leur ôtait parole et joie de vivre. En définitif qui affirmait notre pouvoir et leur abnégation ! Pourquoi perdre aujourd'hui cette prérogative ? Ce mot banal, qui ne leur semblait jamais si important au début, qui revenait sans cesse ensuite dans toutes les langues du globe, leitmotiv incessant, rumeur qui ronronnait à leurs oreilles... Lignes parfaites des visages et des corps qui ôtaient toute justesse à leurs mots, les rendaient flous, assourdis. Une femelle belle... Son intelligence ne pouvait que souligner un paradoxe, une intéressante contradiction. Il est de notre devoir de cerner les enjeux, l'importance d'un visage de femme dans ce monde où nous allons les jeter. Dans toute la littérature, de la poésie aux romans, aucune créature à la fois banale et sensuelle. Rappelez-vous... Les scènes d'amour, celles où la femme trouve son plus total épanouissement. Les regards, et les mots, inutiles, toujours. Les yeux magnifiques comme seules fenêtres de leur âme (elles en ont une, peut-être, ne riez pas...), la douceur des traits comme promesse de nos jouissances... Ne fais-je pas bien de vous rappeler à l'ordre, et n'alliez-vous pas oublier le point le plus crucial ?

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