Sans tu mens

il y a
4 min
10
lectures
0
C'est comme si j'errais dans ma vie comme on erre dans un rêve. Sans trop du but, sans limite réellement définie. C'est comme si je ne savais pas ce que je fais là. Je regarde parfois mes mains pour voir si il n'y a pas six doigts, ou si elles ne sont pas déformées, comme dans un rêve, comme lorsqu'on prend conscience qu'on est en train de rêver. J'y arrive, j'arrive parfois à prendre conscience que je rêve, et ça me parait fou parce que tout me parait bien là, bien réel. J'y arrive, j'arrive parfois à prendre conscience que je vis, mais c'est étrange. Ca reste bizarre, bizarre tout le temps et je me demande trop pourquoi je suis là. C'est comme si ma vie filait entre mes doigts, mes doigts bels et bien au nombre de cinq par main, mes doigts parfaitement non déformés. C'est comme si je n'avais pas de contrôle sur cette vie, comme si je la subissais, que je passais d'un endroit à un autre, d'une personne à l'autre, que je la subissais comme on subit un rêve.

Me contentant simplement d'être là.

C'est bâteau. C'est bidon.

Ca me parait aussi bidon que mon existence. Si bidon que je n'arrive pas à la vivre. Pas assez bidon pour que j'arrête de la vivre.

C'est rédibitoire.

C'est rédibitoire et je continue de flotter redibitoirement. Je flotte à quelques centimètres au dessus de mon corps. Quelques tous petits centimètres qui me suffisent pour ne pas y être pleinement, pour ne pas ressentir pleinement. Quelques minuscules centimètres qui font que je vis sans vivre, que je ressens sans ressentir. Je flotte tellement que mes rêves paraissent plus réels que ce que l'on appelle si vulgairement la réalité.

J'attends. Je me contente d'attendre qu'il se passe quelque chose dans ma vie, quelque chose qui me rentrerait une bonne fois pour toutes dans mon corps. J'attends, et cette attente est lourde de rien.



_ T'es bourrée.
_ Pas assez. Commande des shooter de ce que tu veux.

Je ne suis pas assez bourrée. Je commence seulement à ressentir. Une foule de trucs, des émotions je crois. Oui voilà, des émotions. Je commence seulement à ressentir une foule des ces trucs là qui viennent des tripes et que l'on appelle émotions. Amour, Amour pour cette poignée de gens qui sont là et qui me font du bien. Tristesse. Tristesse pour cette montagne de gens que jai perdu au fil du temps, des gens qui m'apportaient Amour avant. Regrets, remords, de ce que j'ai dit, de ce que j'ai fait, de ce que je n'ai pas dit, de ce que je n'ai pas fait
.Déception. Déception je ne t'aime pas trop toi, dans mes souvenirs. Déception tu laisses un gout Amer. Ce gout Amer qui vient souvent quand Amour est parti. Déception, Amertume vous restez un peu au travers de la gorge en général. Vous passez pas trop hein? Vous êtes coincées quelque part la en nous et vous n'arrivez pas à partir de vous même. Vous arrivez après Colère en général.

COLERE! COLERE JE T HAIME! Colère, toi tu es belle, tu es pure. Tu es vraie. Vraiment accrochée aux tripes jusqu'à ce qu'enfin tu SORTES. Colère tu sors quand plus rien ne peut rentrer. Colère tu te vomis, tu te répends. Et là enfin tu libères et laisses place à un vide rempli d'une certaine pleinitude.

C'est bidon tout ça, c'est bateau. Ce sont des choses pleines de relief mise à plat mille fois sur une page de traitement de texte.

Je ne suis pas assez bourrée mais ça commence à monter. J'attends l'orgasme émotionnel. J'attends que ça me prenne mon corps, que mes battements de coeur s'accelerent, que le sang me monte à la tête, que mes membres se mettent à trembler. J'attends que ma machoire se contracte, que mes dents se serrent ou que ça me pince, là dans ma poitrine.

PUTAIN! Putain écrit en lettre majuscule, parce que Putain s'écrie et fait tellement de bien.

PUTAIN. Putain tu pars et je cours, parce que l'adrenaline, parce que l'alcool.

PUTAIN JULIA! Putain je t'appelle et tu réponds pas et tu m'emmerdes mais j'ignore tout ça parce que je ne peux pas ignorer tout ce qui monte en moi. Et je te rattrape, et mes gestes sont incohérents mais je t'arrête et colère est là. Tu la sens un peu, Colère qui se répend sur toi?

Colère puis tristesse devant tes maux décrits (des cris) par tes mots, ou le contraire on s'en fout on s'enfloute.On s'enfloute dans ce patacaisse qui finit nous engloutir, qui m'engloutit moi, qui m'arrache mes mots sans me libérer de mes maux.

Résignation. Résignation et je te laisse partir parce que là je n'ai plus rien à dire, ou trop encore et ça me prendrait trop de temps, et je me connais ça ne voudrait jamais sortir. Et puis tu veux pas, c'est trop tôt et Blablabla. Mais c'est trop tôt ou c'est trop tard hein????

Tu me laisses avec frustrations et tous les autres. Toujours un peu colère, colère qui doit faire le plein. Tristesse. Amertume et déception, les deux copines de frustration.

Je sers les dents. MERDE. TU FAIS CHIER. Va te faire foutre.

Merde. Putain. Faiblement laissent place à un torrent de trop plein de choses pas achevées.

Et puis je marche, toute la nuit, et je marche avec liberté, et elle est cool elle. Première fois que je la ressens autant. Liberté de faire un break avec tout ça, tout ce bordel de putain de trucs et autres, qui tournent et tournent et virevoltent, etc etc.

Liberté qui me fait décoller, un pas après l'autre, me donnant l'impression de pouvoir voler, et je vole ces quelques heures choppées à la volée d'une soirée encore trop alcoolisée.

Et puis après plusieurs heures, froid, faim, fatigue et lassitude. Il est temps de rentrer. Il faut toujours rentrer après tout, on le sait que liberté est une belle illusion.

Au final quoi? Tout ça pour quoi? Tout ça pour que petite humaine que je suis réalise enfin que sans Amour tout ça n'aurait pas été là? Que depuis le début il était derrière tout ça?Qu'Amour en vaut le coup peut être? Il en vaut le cout, surement. Mais il coute cher Amour, il coute tres cher.

Amour est à double tranchant, et tout le monde le sait ça.

Tout le monde le sait Putain.

PUTAIN Mathilde. Voilà ça recommence, tout recommence à tourner mais cette fois ci c'est contre moi. Et j'en prends pour mon grade. Mais stop. Je suis fatiguée, on verra demain, demain quand j'aurai recommencé à flotter, la juste cinq centimètres au dessus de mon corps, encore.
0
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,