Sans façon 6

il y a
3 min
2
lectures
1
Je suis souvent taxée de désinvolture. Je crois qu’il faudrait que je le prenne mal et que je me corrige, mais moi je trouve que cette légèreté m’avantage dans tous les moments de la vie. D’aucuns me jugeront arrogante, alors qu’en réalité je m’accorde une liberté qu’ils ne s’autorisent pas. Je ne peux pas leur expliquer que je suis simplement d’un naturel déconcertant, et que mes pensées sont aussi simples que mes mots _ et inversement _ alors parfois ça donne lieu à des scènes surréalistes que je vais raconter plus bas. En plus, je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup, mais je pense toujours ce que je dis, alors parfois mes silences sont perçus comme des affronts. Va comprendre !
Tout cela pour te raconter la scène de ce matin : je suis en voiture, je prends le chemin habituel, que je connais par cœur, ponctué de ce stop dont la visibilité est plus que parfaite. Alors je ne le marque presque pas puisque je pars à droite, et que cette route est peu empruntée. Les gendarmes sont sur ma droite, et compte tenu de mon infraction me font signe de me mettre sur le côté. Normal ! J’accepte mon sort, mais ne peut réfréner un large sourire. Je suis bonne perdante :
« Bonjour Madame, vous savez pourquoi je vous arrête ? »
« Bonjour Monsieur, J’en ai une vague idée oui ! »
Le gendarme prend mal mon sourire, croit que je le nargue et change de ton « vous avez pas vu le stop ? » dit-il agacé
« Ah SI le stop je l’ai vu oui... c’est vous que je n’avais pas vu ! » dis-je le plus sincèrement possible.
Inutile de préciser qu’un gendarme agacé, ça gueule, ça contrôle tout et ça fait la morale. Je suis presque sure qu’il allait me demander de baisser les yeux dis donc !
« Madame, vous avez commis une infraction qui aurait pu être très grave, vous vous en rendez compte ? » dit-il en fronçant les sourcils !
Mais moi, j’en suis restée à ma réponse désopilante je l’avoue, alors je lui dis le plus simplement possible : « je vous ai vexé, c’est ça ? je suis désolée, je vous prie d’accepter mes excuses, je pense toujours que les gendarmes aussi ont de l’humour, et surtout je ne pensais pas que c’était puni par la loi.. »
« Vous vous foutez de moi là !! » me hurle t’il en s’approchant presque menaçant ! « Papiers du véhicule, permis de conduire, et baissez le son ! »
« Ah oui je vous ai vexé en effet. Mais vous me foutez la trouille à beugler comme ça ! Je ne sais même plus ce que vous venez de me demander du coup ! »...
Bon... ca duré un moment ce dialogue de sourd.. Lui d’ailleurs semblait le croire plus que moi parce qu’il criait vraiment fort. Il devait penser que ça facilitait la compréhension. Je vais t’épargner la suite, elle est inéluctable et financièrement impactante !
Mais, Je dois te raconter cette anecdote dans le même registre :
Mon amoureux est drôle, très drôle, il a l’esprit vif, affuté, et relève chaque phrase prononcée pour surenchérir. D’ailleurs je le soupçonne de s’enorgueillir de me faire rire. Nous sommes en réunion, plus de trente personnes, le ton est solennel, les propos choisis et les mots sont pesés. Nous sommes en face l’un de l’autre, depuis plus de trois heures déjà, et nous dialoguons via la messagerie instantanée de nos PC. Les allusions sexuelles ne se font pas attendre, et nous entamons une discussion de tous les diables, qui finit par une phrase de mon amoureux, que je ne pourrais répéter par pudeur, mais qui a pour effet de me faire éclater de rire. Je tente d’étouffer mon ricanement qui, malgré moi, se transforme en gloussements. J’essaie de m’excuser. Le pire, ce sont les visages outrés de mes managers, qui visiblement ont un coefficient multiplicateur sur moi. Je dois m’auto évacuer de cette salle, sans honte pour ma part. Je savais que c’était ce qu’il avait de mieux à faire. Je pensais pouvoir retrouver mon sérieux dans ce couloir. Mais le silence absolu qui y règne me ramène à mes pensées, et surtout à cette phrase qui sera gravée dans ma mémoire à tout jamais !! J’ai ri encore et encore, croisant le regard de mes collègues qui passaient là, lisant leur incompréhension. Et plus ils m’interrogeaient du regard moins j’étais capable de répondre, et plus je riais. Ce fut communicatif au demeurant. Ouf ! Ma vessie à résister au pire. Mon amoureux m’a dit qu’on a entendu mon rire à travers les murs....de retour, a pas de velours, je n’ose plus regarder mon chéri. Un message s’affiche : « mon amour, ton mascara a coulé et a décrit des cercles tout autour de tes beaux yeux gris.. On dirait un panda qui aurait fumé de la weed... »
Je l’aime encore un peu plus depuis ce jour-là, mais je repense à cette réplique culte chaque fois que nous faisons l’amour ! Pas celle du panda hein ?!?
Désinvolture ou pas ? Naaaaan, les gens sont coincés du cul c’est tout ! Je me fiche de passer pour une cruche. En fait je les plains, les étriqués, les petits chefs, les pince sans rire. Ils passent à côté de leur vie. Riez ! Dansez ! Chantez ! Et émerveillez-vous de la beauté d’un lever de soleil ! Lisez de la poésie tant et plus. Savourez chaque instant, chaque respiration. Si je pouvais donner toute la joie que j’ai en moi....


Une part de mystère G.DELOMBRE
1
1

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !

Nouvelles

Carton

Francis Boquel

On l’appelait Carton. Par métonymie, si on veut. Il n’y avait pas le moindre mépris dans ce surnom : ça lui allait bien et ça rendait bien compte de la réalité de sa vie, c’est tout... [+]


Nouvelles

L'amour fou

Rivka

Fatou écarte les doubles rideaux et le soleil inonde la chambre en soie cerise, les meubles Louis XV et les tableaux anciens.
— Bonjour, Madame Suzanne, vous avez bien dormi ?
— Très... [+]