Sainte veuve noire

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Mexique 17e siècle

Dolores (D) demande au chef Miztli et au prêtre Acatl :
D-Jusqu’où êtes-vous prêts à vous soumettre pour une croyance ?

Des dizaines de villageois Nahuas, une femme, Dolores, et un homme, Gabriel (G), Mexicains, enterrent à l’aide des pelles et des seaux un petit village fabriqué tout en or. Quelques jours plus tard, on ne voit de l’emplacement de ce village que des collines de terre. Une croix chrétienne en bois et en pierre est implantée en plein milieu du site.
G-T’es sûre pour la croix ?
D-Comme ça personne n’aura l’idée de fouiller ici.

Les Nahuas et les Mexicains se disent adieu et se dispersent, des sacs remplis d’or et de cacao pour bagages. Ils intégreront tous plusieurs villages voisins.

Les gitans

2 ans plus tôt. France. Dolores et sa tante Hélène (H) sont assises sur un tronc d’arbre mort, elles regardent le coucher de soleil à l’horizon.
D-Tante Hélène, les femmes qui ont été brûlées, elles ont avoué qu’elles étaient des sorcières... Le croyaient-elles vraiment ?
H-Je ne sais pas si elles l’ont cru. Je sais juste qu’elles auraient fait n’importe quoi pour ne plus être torturées.
D-Par les prêtres ?
Tante Hélène hoche gravement la tête.
D-Comment on torture quelqu’un ?
H-La meilleure torture, c’est le mélange de caresses et de douleur. À la longue, les caresses deviennent insupportables car précurseur de la douleur. L’attente-même de la douleur devient une torture, et la douleur devient presque un soulagement car enfin elle arrive. La vie n’est plus que souffrance et la mort une délivrance.
Dolores réfléchie. La jeune fille et la vieille femme écoutent le chant des oiseaux un moment.
D-Tante Hélène, nous, les gitans, on croit à tout ce que les peuples qui nous accueillent croient et on ne s’accroche à rien de particulier en même temps. J’ai cherché ce qui était important pour moi, mais je ne l’ai pas trouvé. Depuis que je suis petite, ça a été de la torture de voir tour à tour le bien et le mal dans chaque chose.
Tante Hélène reste silencieuse un instant, sérieuse.
H-Es-tu parfois cynique ?
D-Non... Jamais. Je m’ennuis. Je n’aime rien. Je n’haïs rien.
H-C’est l’effet de pervers des hauts et des bas qui se succèdent constamment. Certaines personnes deviennent neutres. Comme toi.
D-Neutre ? C’est comme être morte. Qu’est-ce que je devrais faire, tante Hélène, pour me sentir vivante ?
Tante Hélène lui tapote la main affectueusement.
H-Tu n’aurais pas dû naître dans cette famille... Ailleurs, tu trouveras peut-être une vie.

Cette nuit-là, dans une taverne, des femmes dansent, des hommes boivent et parient à des jeux. La musique est forte et les acclamations de voix couvrent à peine le son du poing de Martin(M) qui s’abat violemment sur la table. Jean (J), assis face à lui, sourit à pleine dents et fait glisser ses gains vers son sac. Martin l’arrête.
M-Quitte ou double !
J-Qu’est-ce que t’as à proposer ?
Martin regarde Dolores qui danse sur un tabouret. Elle trébuche et tombe dans les bras d’hommes concupiscents qui l’aident à remonter. Martin la pointe du doigt à son rival.
M-Ma fille.
J-Quoi ? (En riant.) Celle qui a l’air d’une araignée écrasée ? Lui as-tu vu les cheveux ?
M-Tu l’arrangeras comme tu voudras.
Jean réfléchie, cale le reste de sa chope de bière et se penche vers Martin.
J-Elle n’est pas si moche que ça. D’accord, mais à une condition : je la marie.
M-Quoi ?! J’allais t’accorder une seule nuit...
Jean joue avec quelques pièces d’or, les fait rebondir sur la table, narguant Martin.
M-Parfait !

Tout a changé si vite pour Dolores. Son père qui la reconduit à l’église, son baptême, la rencontre avec Jean, la cérémonie de mariage devant le prêtre, l’au revoir à sa tante... Le reste de sa famille a l’air heureux pour elle. Elle ne ressent presque rien. La maison de Jean est belle et confortable, Dolores goûte à la sédentarité. Mais ne ressentant rien d’autre que la douleur physique au lit, elle comprend que ce n’est pas ici non plus qu’elle trouvera une vie. À leur première nuit, Jean a décidé de la marquer au fer rouge d’un signe de croix sur la cuisse.
J-Je veux juste m’assurer que je ne me corromps pas avec une impie. Je ne t’ai fait pas trop mal, ti-fille ?
Dolores pleure encore de douleur.
J-Arrête de pleurer ! Si les chevaux peuvent supporter ça, les gitanes lubriques aussi.


Le deuil

Quelques semaines plus tard, marchand dans la rue, son panier remplis, Dolores est entraînée malgré elle par la foule qui s’amasse devant un grand bûcher. Menée par des gardes, une prisonnière y est montée et attachée au poteau. Avec horreur, Dolores reconnaît sa tante. Tante Hélène se tient droite, le regard fier. Le bourreau retient son flambeau. Le juge (J) déclare :
J-Hélène, des gitans, vous avez refusé un procès pour lequel vous êtes accusée d’avoir utilisé la magie noire. Changez-vous d’avis ?
H-Non. J’avoue que je suis une sorcière. Pas besoin de m’interroger.
J-Vous êtes donc condamnée à mourir.
Le juge fait signe au bourreau qui s’exécute. Les flammes enveloppent la courageuse tante. Une citoyenne (C), sans doute la plaignante, crie :
C-Tu m’a rendue stérile ! Va en enfer !
Dolores est clouée sur place, sanglote en priant pour que ses larmes éteignent le feu, en vain. À l’autre bout de la foule, son père Martin pleure aussi. Quand elle l’aperçoit, sachant que Martin a toujours méprisé sa tante, elle n’éprouve que de la haine face à sa sensiblerie. Elle sait qu’il profite de la situation pour se faire consoler par sa famille pour une autre raison : la réputation des gitans, déjà persécuté, est à nouveau salie.

Dolorès se fiche de la réputation. Tante Hélène est morte! Ça fait si mal de se sentir si vivante, pleine de chagrin et de haine. Aucun deuil n’a été si douloureux, même pas celui de sa mère. Dolores ne l’a pas longtemps connue. La jeune fille se souvient qu’à 6 ans, elle lui avait menti, dit qu’elle avait prié avant d’aller se coucher. Comme sa mère a cru son mensonge, Dolores a compris qu’elle ne pouvait pas compter sur elle pour la veiller, qu’elle soit sur le bon chemin. Elle a rêvé que sa mère s’était changée en une sorte de statue. Au réveil, elle se sentait si seule. La seule chose sur laquelle elle pouvait s’appuyer, c’était son admiration pour tante Hélène. Sagace, on ne pouvait pas lui mentir. Forte, Martin ne pouvait pas la soumettre. Dolores croyait en elle. Une croyance peut-elle remplacer l’amour d’une mère et la protection d’un père ?


Le faux deuil

Le lendemain soir, comme d’habitude elle tend la bouteille de rhum à Jean, cette fois empoisonnée. L’observant dans son sommeil éternel, un sentiment de puissance coule comme un torrent dans son corps. À l’enterrement, elle supporte les murmures suspicieux contre elle et la fausse compassion de sa famille et des villageois. Jean ayant légué tout ce qu’il possédait à son épouse Dolores, Martin essaie d’en profiter.
M-Une bonne partie de cette richesse me reviens ! Souviens-toi, fille, qu’il me l’a volé en trichant au jeu!
D-Tu M’AS pariée à votre jeu ! Je te renie !

Une fois la maison de feu Jean vendue, Marc, l’acheteur, la demande en mariage. Mais, l’ayant déjà vue à son insu avec une domestique, elle sait que si elle dit oui, il la violera tout autant. Elle accepte donc et l’empoisonne durant leur nuit de noce. Cette fois, elle ne peut pas rester sans courir le risque d’être accusée de meurtre. À sa bourse déjà bien garnie grâce à Jean, s’ajoute l’argenterie et les bijoux de Marc cachés dans son costume d’homme mendiant. Elle s’enfuie dans la nuit.

Durant son voyage, elle achète un peu de nourriture avec peu de monnaies pour être crédible dans son personnage. Passant la frontière d’Espagne, hébergée dans l’église, elle est soudain attirée par les voix basses derrière une porte. Apprenant qu’un prêtre est mandaté pour aller convertir en Amérique, Dolores l’assassine sitôt qu’elle en a l’occasion avec un couteau. Utilisant le même couteau, elle se rase le crâne, le décorant d’une couronne. Puis, elle enfile la soutane.


Le sens de la vie

Sur le bateau, déguisée en prêtre Rodrigo, Dolores confesse un bourreau moribond.
D-Mon fils, j’ai ouï dire que vous mourriez de la gangrène. Une dernière confession?
B-Ha! Mon métier est une longue confession, mon père.
Silence.
B-J’ai connu un docteur qui testait ses propres remèdes... sur lui-même. C’est à cause de cette pratique qu’il était meilleur que ses confrères. J’ai décidé d’appliquer la même chose... pour devenir le meilleur bourreau.
D-C’est-à-dire ?
B-Bien, j’ai testé sur moi mes propres tortures.
D-Votre plaie, qui s’est infectée, mon fils, c’est vous qui vous l’êtes infligé ?
B-Oui.
Dolores retient un sourire.
B-(Ton fier.) Un bâton de clous rouillés frappé sur un bras, ça pénètre bien la peau.
D-Dieu vous pardonne. Vous pouvez partir en paix, mon fils.

Une fois accostée à Mexico, Dolores se sauve. Elle se cache dans un coin de ruelle, reprend dans son bagage son déguisement d’homme mendiant. Avant que son héritage s’amenuise, elle a le temps d’explorer ce nouveau monde. Celui-ci n’est pas si différent. Ici, un vieillard se tire une balle dans la tête parce qu’il n’a ni famille ni esclave pour s’occuper de sa retraite. Là, un enfant lance une pierre très lourde en l’air pour la faire rebondir avec sa tête... et s’assomme avec.

Une vieillarde (V) demande la charité aux passants. Dolores s’assied par terre avec elle.
V-Va-t-en! C’est mon coin !
D-Je ne te volerai rien. J’ai juste besoin de parler à quelqu’un.
V-Pourquoi tu portes cette capuche ? Il fait chaud !
D-Je suis très sensible au soleil.
V-Le soleil... Ha. Le soleil... C’est tout ce qui me reste. Mes enfants sont morts, mon mari aussi.
D-Qu’est-ce qui te retient d’aller les rejoindre ?
V-Il faut que les conquistadores payent!
D-Tu veux te venger ?
V-Oui.
La vieillarde sort un serpent de sa sacoche. Suicidaire, elle lui fait mordre son propre bras. Ensuite, le serpent s’enfui et la vieille tire par la manche un enfant qui passait près.
V-Diable blanc !!!
Elle lui tranche la gorge d’un coup de couteau tandis que la mère du petit crie au meurtre. Dolores se sauve pendant que la vieille convulse par terre.

Des semaines plus tard, sa tignasse repoussée, elle s’achète une robe et se met en quête d’un troisième mari. Voyant cette jeune femme se promener sans chaperon, un homme l’entraîne de force. Mais, voyant sa situation précaire, un autre homme (G) s’interpose et libère Dolores.
D-Vous m’avez sauvée. Quel est votre nom ?
G-Gabriel. Vous ne devriez pas vous promener seule.
D-M’accompagneriez-vous ?
G-Où voulez-vous aller ?
D-En fait, je n’ai nulle part où aller. J’ai tout perdu. Mais vous me semblez un homme bon, vous pouvez sûrement m’aider à me trouver un logis.
G-Ha. Oui, c’est possible, si tu travailles avec nous.
Gabriel l’invite à rejoindre sa troupe de théâtre amateur. Après les présentations des artistes et du spectacle en général, Dolores se propose pour faire un numéro de danse. Le moment venu, elle ne fait pas 5 minutes qu’un spectateur lui lance une tomate au visage. Sa réaction est de reprendre le fruit et de le lui relancer. Éclaboussé, le spectateur la menace de son poing. Maintenant la foule entière lance des tomates à la troupe.
G-Pourquoi t’as fait ça ?!
D-C’est lui qui a commencé !
Les forces de l’ordre arrivent et menottent les membres de la troupe pour trouble à l’ordre public. Dolores et Gabriel profitent de la cohue pour s’enfuir.
D-Où on va ?
G-Je ne sais pas !
En chemin, ils trouvent une femme dans un chariot qui leur demande de la libérer pendant que ses gardiens aident les soldats à calmer la foule. Dolores prend une hache sur le siège conducteur et casse la chaîne de cadenas. La fugitive se présente comme Humilia (H). Ils se cachent tous les 3 dans ce qu’ils croient être une maison abandonnée.
D-Pourquoi t’ont-ils arrêtée ?
H-Ils veulent m’interroger sur mes pratiques peu orthodoxes. Je dois aller voir le père Dominico. Lui, il me protégera.
G-Sauf s’il croit que tu es une sorcière.
D-Il a raison, c’est trop risqué. N’y vas pas.
H-Si t’étais à ma place, tu ferais pareil comme moi.
D-J’ai été à ta place, crois-moi ! Persécutée, j’ai dû tuer pour m’en sortir !
H-Alors tu es folle.
Alors qu’Humilia s’apprête à sortir de la maison, Dolores la retient par le bras et la gifle.
D-J’essaye de te sauver la vie, épaisse !!!
Humilia s’enfuie. Les 2 autres la suivent des yeux par la fenêtre. Constatant que les soldats ont rattrapé Humilia, ils quittent leur abri.


L’errance

Loin de Mexico, cette nuit-là, Dolores et Gabriel mangent la nourriture qu’ils avaient conservée dans leur sac.
D-Es-tu croyant ?
G-Bien sûr. Toi ?
D-(Avec un signe de dénégation.) Tu n’as pas de pensée à toi?
G-Si. Mais elle m’a été donnée par Dieu.
D-Comment il te parle ?
G-En me faisant ressentir. Tu ne crois pas en Dieu ?
D-Je ne crois en rien.
G-Ce n’est pas grave, lui croit en toi.
Il lui caresse la joue.
D-T’es gentil. Tu m’as sauvée et maintenant j’ai envie de tes mains. Je n’avais pas ressenti ce désir avant.
G-Aurais-tu encore envie de moi si j’avais une difformité ?
D-Une difformité ?
Gabriel semble gêné. Il soupir.
D-Tu peux me faire confiance.
G-Mon sexe est... comment dire... mon sexe n’est pas normal. À cause de ça, on m’a castré.
D-Ça a dû faire mal, pauvre toi.
G-C’est comme ça que j’ai appris l’humiliation.
D-Mais ce n’est pas ta faute.
G-C’est pour ça que je suis devenu acteur; je sens l’amour de Dieu à travers les applaudissements. Si je peux conjurer ma honte par le succès...
D-Si c’est ce que tu veux, on partira une compagnie de théâtre ambulante, ensemble.

Au réveil, ils y a des guerriers qui les invitent à les suivre. Gabriel se débrouille bien en langue nahuatl et traduit pour Dolores. Ahuris, ils débouchent dans un petit village où les maisons sont construites en or. Le chef, Miztli (M), leur annonce qu’ils ne peuvent plus quitter ce monde sinon on les tuera.
M-Vous comprenez qu’on ne peut pas prendre de risque avec les Espagnols.
Au fil des jours, les Mexicains s’adaptent bien à leur village d’adoption. Dolores, dont le nahuatl s’améliore, devient plus intime avec Cinteotl (C), une vierge qui sera sacrifiée au soleil.
D-Tu acceptes de mourir ?
Cinteotl la regarde sans comprendre. Son amie lui explique que de l’autre côté de l’océan, ceux qu’on tue en public sont des boucs émissaires.
C-Ha, mais ce n’est pas pareil. On ne se débarrasse pas de moi. Je suis gâtée. J’ai été choisie pour protéger ceux que j’aime en servant notre dieu soleil.
D-Crois-tu que tu ne changeras pas d’avis quand viendra le moment ?
C-Je me débattrai probablement, mais c’est une réaction naturelle de mon corps, pas de mon esprit.
D-Tu me manqueras.
C-Je serai là pour toi aussi.
Elles s’enlacent. Un mois plus tard, une éclipse se produit. Les aztèques paniquent. Le prêtre Acatl clame que c’est le moment pour Cinteotl de tous les sauver. Dolores et Gabriel assistent au sacrifice. Le soleil réapparaît et la foule est en liesse. Dolores coure se cacher pour pleurer. Gabriel la suit.
D-C’est quoi le but ? Acatl savait très bien que cette éclipse allait passer, sacrifice ou non !
G-Je ne sais pas ma belle.
D-Les prêtres catholiques savent très bien que les sorcières n’existent pas !
G-Je sais.
D-C’est quoi le but ?!
G-On a tous besoin de croire en quelque chose.
D-Moi, je ne crois en rien !
Elle sanglote longtemps sans réponse satisfaisante avec Gabriel qui lui frotte le dos.

Un jour, les gardes sonnent l’alerte. Les espagnols arrivent et les guerriers ne sont pas parvenus à les faire détourner de leur destination. Les villageois se questionnent sur leurs choix. Dolores demande au chef Miztli et au prêtre Acatl :
D-Jusqu’où êtes-vous prêts à vous soumettre pour une croyance ?
Le chef croit qu’ils devraient mourir au combat. Le prêtre croit qu’on devrait leur donner tout l’or en échange de leur vie, même s’ils seront réduits à l’esclavage. Dolores clame :
D-Et si c’était ni l’un ni l’autre ? La vérité doit peut-être rester cachée. Pour vivre heureux, nous pourrons venir en chercher des parcelles de cet or qui la constitue, si besoin.

Les Nahuas, Dolores et Gabriel, enterrent à l’aide des pelles et des seaux le petit village d’or. Quelques jours plus tard, on ne voit de son emplacement que des collines de terre. Une croix chrétienne en bois et en pierre est implantée en plein milieu du site.
G-T’es sûre pour la croix ?
D-Comme ça personne n’aura l’idée de fouiller ici.


Croire en l’amour

Les Nahuas et les Mexicains se disent adieu et se dispersent, des sacs remplis d’or et de cacao pour bagages. Ils intégreront tous plusieurs villages voisins. Dolores et Gabriel se dirigent vers Mexico. Des étoiles filantes décorent le ciel cette nuit-là. Ils croient que c’est un bon présage. De retour à Mexico, ils se marient. Gabriel achète une maison, engage des comédiens et part sa compagnie de théâtre.

Avant leur union, Gabriel a un doute.
G-J’suis heureux qu’on s’unisse. Mais je ne te connais pas beaucoup.
D-On n’est pas obligé de tout savoir l’un de l’autre. Mais, je t’en prie, ne m’invente pas.
G-Tu me demandes de ne pas t’inventer ?
D-Oui. Ne compense pas par des croyances inventés comme . Je suis juste ce que je te fais ressentir.
G-Que tu es mystérieuse... J’aime ça.

Les années passent. Un autre doute se pointe. Ève cogne à la porte. Gabriel ouvre, a l’air surprit. Dolores vient voir.
È-Salut ! Je vends des fleurs ! (En montrant son panier de fleurs.)
G-On n’en a pas besoin, merci.
È-Vous êtes sûr ?
G-Sûr. On ne t’a pas invitée.
Dolores semble comprendre quelque chose et s’avance vers la sotte d’Ève, l’air ferme et le ton expéditif.
D-Écoute-moi bien, tu as le droit de coucher avec qui tu veux tant qu’ils veulent. Mais ici, c’est chez nous, moi et lui (en pointant Gabriel), tu n’es pas la bienvenue pour faire quoi que ce soit ici alors lève le camp !
Ève part en courant et dévale la cour jusqu’à la rue tellement vite que ses talons cognent ses fesses. Gabriel reste bouche bée et Dolores ferme la porte rudement.
D-Tu as eu une bonne réaction.
G-Tu savais ?
D-Arrête ! Elle n’était pas subtile à la soirée mondaine. Elle te faisait des avances et maintenant c’est confirmé que tu n’y as pas été indifférent.
G-Jamais je ne l’aurais invitée à venir ici !
Silence.
G-Je ne voulais pas te blesser.
D-Je sais. Mais maintenant je vais sentir comparée à chaque fois qu’on va être au lit. Je n’aime pas me sentir comparée.
G-Tu es incomparable et irremplaçable.
D-En tout cas, je vais avoir besoin de caresse longtemps avant d’avoir encore envie de coucher avec toi.
G-C’est rien me demander ça.
Sourire des deux.
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