Saint Valentin

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L'Ecclésiaste montre l'expérience de celui qui, gardant la sagesse afin de pouvoir en juger, fait l'essai de tout ce qu'il peut supposer propre à le rendre heureux par la jouissance de toutes les  [+]

Eléna, 14 février
« Tu lui offres quoi pour la Saint-Valentin ? »

« Une émeraude. »

« Quoi ? mais tu es cinglé ! Là elle va croire que tu vas l'épouser. »

« Mais non, pour le mariage ce serait un diamant. Pas une émeraude. »

« mmm. Et combien l'émeraude ? »

« Presque 5000. »

« Marcus ! Tu es vraiment, vraiment cinglé ! Pourquoi tu lui offres ça ? Pourquoi tu lui fais ça ? »

« Ecoute. J'ai passé Octobre en soins intensifs. Qui est venue tout de suite ? Elle.
J'ai passé Novembre, Décembre à l'arrêt. Qui est restée ? Elle. Qui a supporté ma mauvaise humeur sans broncher ? Elle.
Je sais remercier. Même si je ne l'épouserai pas. Elle compte pour moi. Voilà le message. »

« Tu lui offres quand ? »

« Samedi soir. »

« Tu me raconteras ? « 

« Si tu veux. »


Samedi 14 février.

Je suis rentré de Paris dans la soirée de vendredi. Je ne l'ai pas rejoint, j'ai préféré aller chez les parents. Samedi matin, téléphone, « tu es où ? » « chez mon daron ». « tu me rejoins quand ? » « Fin d'après midi » « Pas avant ? » « non, je vais me balader sur la plage.... » « Laquelle ? » « la plage sauvage »

Sauvage... tu parles, 3 km de marche dans les dunes avant d'y arriver, et tu peux marcher 8 km dans un sens et 8 km dans un autre avant d'atteindre une station balnéaire. Le vent, le sable, la mer, un soleil d'hiver. Voilà ce que je veux.

3 km à m'épuiser dans les dunes, avec une jambe qui a été inactive pendant 3 mois, j'ai les muscles en feu, mais de toute façon pas le choix, il faut que je retrouve ma forme d'avant, ce sera dur, ce sera long, je le sais. Ça me rappelle l'armée, les Commandos, sauf que je n'ai plus 20 ans...

Enfin la délivrance, la plage, le vent fouettant mon visage, l'odeur des embruns, le cri rare des mouettes, j'y suis.... Je pensais qu'elle m'aurait rejoint, mais non, elle commence à me connaître si je dis que je veux être seul, elle respecte ma solitude.

J'ai marché plus de 4h, m'asseyant parfois, laissant mon regard se noyer dans l'immensité de l'horizon marin, ne pensant à rien, pensant à elle, pensant à ces 15 jours en soins intensifs, à ces infirmières qui se relayaient toutes les 3 heures à me faire des prises de sang, à prendre ma tension, à vérifier le monitoring cardiaque, saturation, comptage des liquides, « vous ne buvez pas assez, il faut boire monsieur », l'oxygène me faisait du bien c'est comme une drogue...

Assis dans l'Audi, caressant les sièges cuir Recaro, leur odeur, je laisse la machine doucement vrombrir, pour renaitre à la réalité.

19h30. Devant sa porte.

« Tu m'emmènes où ? »
« Tu verras »
« tu as réservé ? mes amies ont voulu réserver dès mercredi et tout était complet ».
« J'ai une carte « Diners Club », une table est toujours disponible pour moi, mais ne t'inquiète pas, oui j'ai réservé. »
« Je t ‘offre ton cadeau maintenant ou en revenant ? »
« Quel cadeau ? moi j'ai rien pour toi »
« Je sais, tu me l'as déjà dit, mais moi j'ai quelque chose pour toi et ça me fait plaisir de te faire un cadeau, Monsieur le Loup taciturne et mal aimable ! »
« On verra ça en revenant, je t'invite à te restaurer ».

35 km de route, j'ai évité l'autoroute et pris l'ancienne route celle qui longe la côte, où nous croisons de rares véhicules pour enfin arriver dans cette cité balnéaire du début du XXème siècle...

Le parking de ce restaurant 4 étoiles, réputé pour sa carte est admirable de nuit, quelques étincelles électriques mettent en scène des lumières d'hiver astucieusement disséminées.

Je me gare, descends, fais le tour de l'Audi pour lui ouvrir la portière, elle apprécie, prend appui sur ma main pour s'élever du siège chauffant... Un léger souffle sur ma joue, un doux baiser
« toujours aussi galant Monsieur Volk... »

La table réservée à l'écart, nous permet de voir sans être vu. Je reconnais d'anciennes connaissances, léger hochement de tête, la fine fleur des notables est présente... Imbéciles, je ne suis pas des vôtres ! Cessez vos sourires en coin.

Ce sera donc diner au champagne rosé non millésimé, mon préféré, qui nous évitera les mélanges hasardeux, de plus d'après les médecins je ne peux boire que très modérément, et en plus je conduis.

Le diner se passe allègrement, nous devisons, sereinement, je vois dans son regard mille promesses si je me décidais à lui poser la question éternelle qu'elle attend ce soir, un soir de Saint Valentin, mais que je ne lui poserais pas...

Le dessert arrive, nous prenons, la spécialité du chef : mousse de chocolat blanc sur son lit de spéculos...

Je pose délicatement l'écrin qui contient ma « folie » comme dirait Sandra...

Grands yeux perplexes, étonnés même : « Pourquoi ? »

« Juste un remerciement, pour avoir été là, quand je n'avais personne, besoin de personne mais besoin de toi. Présence discrète, certes, amoureuse serait plus juste. Merci simplement »

Ses mains tremblent, sa bouche s'entr'ouve, ses narines se dilatent, elle ne pense à rien et à tout en même temps, 1000 pensées se déchaînent en elle... La surprise enfin, quand l'écrin est ouvert : «... tu es cinglé ! elle est magnifique ! elle a dû te couter une petite fortune ! tu es fou Marcus ! »

« c'est exactement mon tour de doigt ! comment as tu fais ? »

Et puis, la question que Sandra était certaine qu'elle allait poser (Grrr Sandra, je te hais !) : « Dis Marcus, tu veux m'épouser ? », son regard vert est noyé de larmes...

Et la mort dans l'âme, je lui réponds à nouveau « Ne te fais aucune illusion, c'est un remerciement, pas une promesse ».

Elle fait alors contre mauvaise fortune, bon coeur : « c'est rien, j'ai maintenant un lien de toi, je t'appartiens, et tu m'appartiens... »

Le retour à son appartement se fait en silence, avec une symphonie de Saint-Saëns en sourdine, que j'adore... sa main est posée sur ma cuisse, je sens ses yeux posés sur moi sans que je détourne les miens, l'émeraude est comme remplie de son regard de feu...

Juste une lampe allumée, je suis torse nu, dos au mur, fumer me manque, même 6 mois après, j'en rêve parfois la nuit que je fume à nouveau, ce manque parfois insupportable, me démange l'esprit, mais je me contrôle et l'envie disparait... bizarrement, juste après j'ai envie de baiser jusqu'à plus soif ! Je sens ma queue se tendre dans mon boxer-short, mon jean est dégrafé et déboutonné, la rouquine est juste vêtue d'une tunique de lin blanc une jambe repliée sous une fesse, la blancheur de son teint de rousse ressort sur son canapé aubergine, un bout de langue sortie, elle me regarde, intensément : « Marcus, je veux que tu me baises toute la nuit, je ne veux aucune tendresse, juste toi, juste ta queue et tes coups de boutoirs ».

Je m'accroupis devant elle, pose ma main gauche sur son mollet gauche, remonte doucement le long de sa jambe, jusque sa cuisse, le haut de sa cuisse, passe devant son pubis imberbe, enfile un doigt entre les lèvres de son abricot, de l'autre main, j'écarte l'autre cuisse, elle se tend en arrière et je commence à laper cet antre de déraison, la pénétrant d'un doigt tout en la léchant, des gémissements se font doucement entendre, puis d'un geste sur elle me repousse, me regarde d'un air enfiévré que j'ai peine à lui reconnaitre : « Prends moi Marcus, Fort ! »

Ma queue dur comme du bois d'ébène trempé au feu, je la repousse sans ménagement, lui écarte les cuisses et la pénètre d'un coup puissant de reins jusqu'à son tréfonds, le gland largement surdimensionné, comme un noeud de chien, la remplit instantanément, et un râle profond de gorge se fait entendre, presque comme un ronronnement, cela fait 3 semaines que je n'étais pas rentré, j'ai donc 3 semaines de sexe à lui rendre, j'entends et repense à ses mots lorsqu'elle m'appelait tard le soir, et qu'elle laissait échapper ses feulements rauques de femme qui jouit au téléphone tout en se masturbant... Ma queue dur comme de l'acier, -le manque de clope me rend parfois dingue-, je lui saisis les hanches pour la soulever et l'épingler au mur pendant que je pistonne son ventre de rage et d'envie, sans m'arrêter, sans éjaculer, je l'embrasse et la caresse, je ne peux m'empêcher d'être rude et câlin, d'être sans pitié avec son ventre et sa chatte, son cul me fait envie, elle à quatre pattes, dans cette position de soumise qu'elle affectionne seulement à ce moment-là, nos jeux gentiment pervers, où moi accroupi au dessus de sa croupe de déesse rousse je descends comme le seau dans son puit qu'on laisse dérouler sans retenue aucune, je pousse simplement son oeillet, qui s'entr'ouve pour enfin laisser passer mon vit dans toute sa puissance, aidé simplement par la position adéquate et toute en puissance... un long cri sourd se fait entendre, j'ai pris possession de son cul et sans pitié je la pourfends quand je la pénètre pour me retirer doucement et venir encore plus rapidement faisant claquer mes couilles contre ses lèvres écartées par la jouissance..

Nos halètements réciproques font place à un essoufflement certain, j'ai les muscles des cuisses, des mollets, du bassin en feu, le moindre mouvement me fait mal et plaisir, je la domine encore et encore, elle est juste mienne, puis enfin je la sens se tendre, ses muscles se raidir enfin et là voilà qui s'écroule sur le canapé, moi toujours collé en elle, et elle à la fois tétanisé et prise de tremblements, elle jouit...

Plus tard, elle reprend doucement ses esprits, me caresse la cuisse droite, moi positionné toujours derrière elle, ma queue encore raide, elle me souffle « tu es terrible Marcus et je suis folle de toi... tu es aussi le premier mec pour qui je pleure presque tous les jours, j'ai beau me dire que tu vas dégager, que c'est la dernière fois, juste te voir, sentir ton odeur, humer ton parfum et je perds toute crédibilité dans mes promesses, je suis comme une chienne en chaleur quand je te vois, ton putain de regard bordel ! épouse moi merde ! »

Je ne réponds rien. Que dire ?

Elle répond pour moi : « tu penses toujours à moi, n'est-ce pas, moi j'existe, moi je suis là, moi je t'aime, corps et âme, je me jetterai au feu pour toi et tu ne t'en rends même pas compte... ».

Elle sanglote alors et elle pleure à chaudes larmes... puis un cri : « fous le camps »

Je me relève doucement, enfile mon jean et ma chemise prends mes chaussures à la main et commence à m'éloigner, je sens alors son ombre derrière moi, ses bras qui m'emprisonnent
«tant pis Marcus, je prends quand même, tu finiras par m'appartenir un jour, cette émeraude que tu m'offres, c'est impossible que tu m'offres ça sans m'aimer... Je veux savoir ! »

Je prends son visage en main, je la regarde intensément pour enfin lui avouer « oui je t'aime, mais ne le dis à personne ».

« Et c'est la dernière fois que tu l'entendras ».
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