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Rompre la boucle du jour de la marmotte

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Survivance

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C’est un matin de semaine. Je me lève à six heures du matin, je me mets au parfum sur l’application Messager (— pour rien —) juste pour observer qui est en ligne. La plupart du temps, ce sont mes amis(es) européens ou des connaissances européennes qui sont en ligne en mon heure locale. En d’autres occasions, ce sont des amis(es) ou des connaissances de mon côté de l’Atlantique qui sont en ligne. Je commence par me faire un café, j’allure ma cigarette et j’amorce une partie de Candy Crush. Je continue mon petit manège tout en fumant ma cigarette quand soudainement, je m'atèle à songer à ma journée.

Je me vois marcher sur la rue, embarquer dans le bus, arriver au travail, aller à la cafétéria, m’acheter un café, m’énerver intérieurement à la vue des décorations de la Saint-Valentin — (toutes décorations de fêtes profanes m’énervent intérieurement.) —je me vois me rendre à mon casier, prendre mes dossiers, me rendre au local pour entamer mon quart de travail, inscrire mon nom réel sur la feuille de présence et m’assoir à ma place pour travailler.

Soudainement, je sors de mes pensées en ayant étonnamment réussi à terminer deux niveaux sur mon jeu de Candy Crush et je termine de me préparer. Voilà que j’entame ce que je nomme la boucle du jour de la marmotte en espérant intérieurement que quelque chose arrivera à rompe aujourd’hui le quotidien. Ainsi commence la boucle : je marche sur la rue, j’embarque dans le bus, j’arrive au travail, je me rends à la cafétéria, je me paye un café, je m’énerve intérieurement à la vue des décorations de la Saint-Valentin, je me rends à mon casier, je prends mes dossiers, je me dirige vers le local pour entamer mon quart de travail, j’inscris mon nom réel sur la feuille de présence, je m’assois à ma place et je commence à travailler.

La superviseure technique n’est pas présente. — Bon ! ce n’est pas une première, cela arrive à l’occasion. — Cinq minutes passent, elle n’est pas arrivée. Dix minutes passent, elle n’est toujours pas présente. À ce moment-là, je me prononce intérieurement que je souhaitais, aujourd’hui, rompe avec l’habitude mais surement pas que mes rêvasseries deviennent la réalité. J’apprécie mon quotidien, c’est cependant la monotonie qui me tombe sur la noix à l’occasion. Je conclus par l’évidence qu’une autre superviseure technique viendra remplacer notre collègue responsable de nous diriger. Voilà qu’arrive une autre collègue, du même département, elle aussi superviseure technique, qui nous annonce avec un ton narquois que notre superviseure technique attitrée vient de se faire renverser (- elle et sa petite famille -) par un fourgon qui transportait le joli germe de la classique grippe. — Vous auriez dû voir nos figures hébétées avant de s’exclamer... - Ah non! Espérons qu’elle et sa famille se remettront vite! – Et cette collègue de rire en étant fier de son effet de surprise. Nous la connaissons, elle est portée sur le convivial et cela nous délecte.

Arrive enfin la suppléante. C’est un membre de la famille de notre collègue qui arrive à pied levé en remplacement. À ce moment, je me dis que si cela continue, la boucle du jour de la marmotte sera, aujourd'hui, définitivement rompue. Après les présentations d’usages et les petites pointes hilares sur le lien de parenté, nous nous mettons enfin au travail. Il était le temps, car nous avions perdu un temps précieux à s’entretenir sur tout et sur rien. Décidément — quand le maître n’est pas présent, les apprentis gambillent en se délassant. — À l'instant, nous travaillons. Un silence règne dans la pièce, un sérieux peu commun. On aurait pu entendre un insecte se renoncer volontairement pour se diriger tout droit vers un des murs de la pièce et ainsi aller finir sa vie dans un des interstices qui parsèment la dalle unie de béton qui nous tient siège de plancher.

Je finis par en faire la remarque à la superviseure intérimaire après être allée à sa rencontre pour inspecter un point didactique concernant ma fonction. Elle me déclara qu’elle procédera dans quelques instants à un petit management extensif portant sur un point approfondi de notre profession. — Là, je vous l’atteste, j’étais non moins médusée qu’en admiration devant son audace —.

Revenue, après la pause de dix minutes, elle avait déjà commencé le petit management extensif. Je m’empresse de mener à bon terme un important mémo afin d’avoir la possibilité de tendre l’oreille à ce qu’elle avait à nous apprendre. — Sinon, croyez-moi, la rédaction de l’important mémo aurait pris le sentier des oubliettes. — Une fois la tâche accomplie, je rejoins les autres collègues pour prendre connaissance de ce point important concernant notre profession. Je vous garantis que la précision concernant ce point précis de notre métier fut instructive et sujet à échange.

Morale de cette histoire : toutes et quantes fois que tu désires un changement. Attends ! Il arrivera invariablement au moment opportun.
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