Rigidité hiérarchique

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J'aime Baudelaire comme un bateau enivré d'absinthe, comme son Albatros perdu sur le pont du voilier. J'aime le surréalisme, "La Beauté sera convulsive ou ne sera pas" Nadja, A Breton. J'aime aussi  [+]

Plus on montait dans la hiérarchie, plus les hommes étaient atteints de priapisme sévère. Les femmes cadres n'étaient pas soumises, elles étaient avides de sexe. Les subalternes devaient subir ou quitter l'administration. Contre toute attente, peu partait. C'était un mal mystérieux, un mal dans l'air du temps frelaté. 2025, l'année du commencement des érections professionnelles inexplicables et inexpliquées. Ce n'était pas encore un maladie professionnelle reconnue. L'entreprise publique faisait tout pour dissimuler cette malédiction. En vérité, la plupart des sociétés étaient touchées. La contagion générale partie du Pôle Emploi avait gagné tout le pays. La loi du silence régnait en despote absolu. Personne ne pouvait en parler sous peine d'opprobre. Rien n'était mis en branle pour endiguer le fléau et pour cause, il ne s'agissait pas de virus ou de bactérie. Rien n'était fait pour le comprendre. Les responsables de l'organisation pensaient qu'il était trop tard pour agir et surtout inutile. On s'habitue à tout. Ils finirent toutes et tous, surtout le « tous » à assumer le problème et à en refouler les causes et leurs responsabilités. Le personnel souffrait en silence. Les syndicats restaient impuissants car eux aussi étaient atteints par le même mal étrange. Des impuissants atteints de priapisme, vraiment étrange ! Le gouvernement n'était pas épargné. Certains de ses membres comptaient des « atteints ». Les apparitions du premier ministre se faisaient plus rares. Et bientôt l'ensemble des ministres furent frappés eux aussi, de priapisme en phase terminale. Trop d'années d'arrogance et de mépris avaient facilité la propagation de l'épidémie sélective. Le mal s'obstinait à ne frapper que les dirigeants et les cadres.

Des années de management incohérent avaient semé la discorde et suscité les rivalités. Un jeu de chaises musicales avaient permis les mutations et surtout la création de postes à responsabilités taillées sur mesure pour quelques privilégiés de l'office. Les grands chefs, les chefs et les sous chefs se battirent pour conserver leurs prérogatives et surtout, leurs pouvoirs. Les changements incessants de majorités politiques affaiblirent encore ce qui restait de logique. Les règles et la législation subissaient ainsi moultes modifications au préjudice des demandeurs d'emploi et des membres du personnel. Dès les premières manifestations de bandaisons intempestives, les responsables d'équipe firent tout pour cacher le problème. Mais très vite les cas se multiplièrent. La principale préoccupation des dirigeants fut la dissimulation à tout prix. L'impossible fût mis en place pour cacher au personnel le mystérieux mal qui frappait toute la hiérarchie. Plusieurs mois après les premiers cas d'érection subite, l'entièreté du staff était atteinte sur une échelle de plusieurs degrés. Et pourtant, la direction continuait à maintenir l'arbitraire dans les décisions et changement. Plus elle s'obstinait et plus elle était frappée de priapisme aigu, jusqu'à sa forme la plus sévère.

Un jour en pleine réunion d'équipe où nous étions en nombre, notre chef manifesta les premiers symptômes de la maladie. Le fameux stade un. C'est à cette malencontreuse occasion que je fus confronté la première fois au mal étrange. On était en pleine réorganisation, la quatrième en deux ans. Celle de trop. Il s'agissait de changements structurels importants dont notre chef vantait les avantages à coups de power point foireux. Monsieur Baltringue, la cinquantaine non assumée trainait derrière lui une carrière bien avancée. Il s'accrochait à son poste non sans fierté avec ses pinces de crabes. C'était un carriériste prêt à tout pour réussir. Plus les années passaient, plus il attrapait du ventre. Un énorme bide rien que pour lui, l'empêchant de viser correctement avec son pénis lorsqu'il s'enfermait dans les toilettes. Pour se convaincre lui-même de son efficacité, surtout en réunion, il allait régulièrement au siège central pour subir les bourrages de crane de l'institution par quelques consultants aux rémunérations exorbitantes. Baltringue s'évertuait à nous faire avaler la pilule. Debout devant son power point maison, il faisait de grands gestes. Son ventre rebondissait à chaque exclamation. Plus il perdait patience, plus la sueur dégoulinait sur ses tempes, c'était presque les chutes du Niagara sous les aisselles. Il campait sur ses positions comme un poilu en 14. Le changement émanait de notre seule volonté assénait-il. Tout était parti de notre demande. Balivernes dures à avaler même pour un écervelé.

L'assistance énervée par la longueur de son intervention et la lourdeur des arguments faisait bloc contre ses propositions. En coulisse, la direction avait menacé le chef d'équipe de rétrogradation s'il n'était pas suffisamment convainquant. La situation finit par tourner au vinaigre. Devant notre détermination à faire front contre le changement d'organisation, il commença à perdre pied. Jusqu'au moment où il eut des mots avec l'un de nous. John était délégué syndical. Il avait été jusqu'à menacer le chef de faire une enquête psycho sociale si ce dernier s'obstinait. John n'hésitait pas à gueuler sur Baltringue s'il le fallait. La dispute éclata comme un feu d'artifice. John se leva. On aurait dit une tribune de Jean Jaurès. Comme un coq toutes crêtes hirsutes, le délégué syndical était prêt à l'affrontement. Baltringue dirigea sa colère contre nous tous, ses yeux furieux jetaient des étincelles menaçantes. Alors qu'il éructait dans tous les sens, une bosse plantureuse déforma son pantalon à l'entrejambe. Pas de doute, il bandait sans s'en apercevoir. Impossible de ne pas remarquer l'érection phénoménale, John éclata de rire. Vissé sur sa chaise, plus rien ne sortit de sa bouche. La montée de testostérone transforma Baltringue. Il vociféra de plus belle.
C'était à penser qu'il assumait, il asseyait son statut de chef persécuteur. Son érection monumentale nous ostracisait encore plus. Sidérés nous avions tous les regards fixés sur la protubérance pénienne. Quand il eut fini de crier, satisfait par sa prestation, il se rassit sans s'apercevoir qu'il bandait anormalement. Choqués par son comportement malsain, la consternation nous empêcha de répondre par un tir nourri. John réclama un vote que personne ne suivit. Baltringue passait du statut d'autoritaire à celui de vicieux personnage. Le plus curieux dans cette histoire, c'est que Baltringue était impuissant depuis des années, le jour où sa femme l'avait quitté. Au Pôle Emploi, tout se savait ou presque.

Hélas ce genre d'incident s'est généralisé à tous les étages. La rumeur sur les érections spontanées enfla à la vitesse d'une ligne à haute tension. D'abord embarrassés, les responsables ignorèrent superbement le malaise général. C'était dans la ligne éditoriale de leur management. L'omerta régna en maître. Pour nous il devint clair que l'étrange maladie ciblait uniquement les postes à responsabilités. Les mois passèrent et avec, nous perdîmes les derniers espoirs de changement. Le mal allait de pair avec le mépris et la malhonnêteté des dirigeants. Bientôt la direction et presque tous les chefs d'équipes affichaient sans gêne leur priapisme outrancier. Au malaise succédait un sentiment de puissance et de fierté. Une nouvelle mode fût créée pour mettre en exergue la beauté virile du membre masculin, symbole suprême du pouvoir. Alors que certains responsables s'évertuaient toujours à dissimuler leur organe en fleur, culpabilisaient-ils ? Leurs restaient-ils seulement un peu de morale ? Mais ils finirent tous par assumer et copier le directeur affranchit de toute pudeur. Dès qu'ils franchissaient la porte de l'office, ils bandaient tous sans pouvoir contrôler leur sexe.

Mettre fin à leur érection était impossible, ils n'en devenaient que plus autoritaire avec nous. Les femmes de notre équipe plus nombreuse, redoutaient les entretiens de fonctionnement qui se profilaient chaque année pendant les vacances d'été. Le chef d'équipe se réjouissait toujours de recevoir un à un ses subordonnés dans l'anonymat de son bureau. Tout pouvait être dit sans témoin, on pouvait y vider son sac. Ça c'était du passé. Depuis le changement de paradigme, depuis l'épidémie de priapisme, l'entretien d'évaluation était devenu le cauchemar des fonctionnaires. Les collègues féminines redoutaient cette intimité forcée où Baltringue sans l'ombre d'une hésitation exhibait sa queue violacée par la tension permanente. C'était son symbole de toute puissance de l'administration. Il était interdit de parler entre nous de ces huis clos où Baltringue s'amusait à terroriser les femmes avec son énorme pénis. Une clause de confidentialité exposait le contrevenant ou le bavard à une note au dossier ou au licenciement sec. Peu parlaient de leur entretien de fonctionnement. Partagés entre la colère et le dégoût, nous apprîmes que le responsable n'hésitait pas à se dandiner, l'érection à fleur de pantalon tout près de son subordonné. Au sein de tout le bâtiment, c'était devenu un signe distinctif. Les chefs se reconnaissaient directement grâce à l'énorme bosse qui déformait leur pantalon. Entre eux, ils se saluaient bassin en avant, exposant leur priapisme. Après tout pendant des siècles les hommes avaient exposé leurs épées toutes plus longues les unes que les autres. Plus on montait dans la hiérarchie, plus l'érection gagnait en élévation.

Mon tour avec Baltringue arriva. Je n'avais plus rien à perdre, je ne voulais plus de job qui n'avait plus de sens pour moi. Le chef d'équipe venait de sortir de son bureau, pénétra sur notre plateau, fidèle à son habitude narguant tout le monde. Il m'appela. J'en avais au moins pour toute l'après-midi à discuter du travail et surtout des autres. Il adorait la délation. Parler pour ne rien dire, surtout acquiescer à ses remarques. Vint le tour des statistiques de fréquentations des demandeurs d'emploi. Plus il parlait de chiffres, de la hausse significatives des clients reçus et, plus son pénis semblait gonfler. Le chef jubilait, il rayonnait de toute sa puissance. Il se prenait pour le roi soleil. Mon attention ne lui importait pas. Il s'écoutait lui-même. Tirant une jouissance des mots qu'il alignait comme les dents d'une scie. Je le trouvais grotesque, la situation avait pourtant de quoi faire peur.

En coulisse cette crise ne s'atténua pas, bien au contraire. Le temps qui passait confirma nos craintes. Au gouvernement tout partait de travers dans le sens de la droite et des nationalistes. Au sein de l'office de l'emploi, le règlement d'ordre intérieur à l'usage pour l'ensemble des conseillers fût considérablement durci. Après les vacances tout bascula. L'absurde s'affichait sans vergogne, les contrôles des chômeurs eux aussi renforcés donnèrent lieu à des scènes de violence. Les pauses pour le personnel furent supprimées, tous nos faits et gestes consignés. Les chefs commençaient à harceler, certains à menacer. C'était sûr, le priapisme leurs montaient à la tête. La crise s'aggravait. Rien ne semblait pouvoir l'empêcher.

Lors d'une grande messe, il devait être annoncé sans détour, la reconnaissance des érections en tant qu'élément distinctif, une marque propre aux postes à responsabilité. Comble d'ironie, cela devenait un honneur et un privilège d'en être atteint. Plus le responsable prenait de mesures coercitives, plus son priapisme se voyait. C'était à celui qui en faisait le plus. Les pantalons commencèrent à gêner ces messiers de la haute. Il fût décrété sans ambages que désormais le membre viril d'un responsable pouvait être sorti pour plus de confort de son éminent propriétaire. Il fut recommandé aux âmes sensibles de ne pas regarder en dessous de la ceinture. Au début, peu de chefs osèrent appliquer leur droit d'exhibition. C'était un nouveau droit de cuissage. Cela faisait rire Baltringue et rebondir son ventre. Mais quelques semaines après l'annonce, la plupart d'entre eux affichaient sans contrainte leurs organes au garde à vous permanent. Il nous fallait endurer ses nouvelles provocations. Dans les couloirs, aux réunions, à la cantine, tous avaient maintenant le sexe dehors libérant d'avantage la phallocratie. Tous arboraient des pénis démesurés. Nous étions de moins en moins nombreux à fréquenter le réfectoire. Le pire c'était l'ascenseur. Avec ses quinze étages et ses multiples services, on ne pouvait se passer de le prendre plusieurs fois par jour. Chacun de nous y redoutaient la présence d'un responsable. Prendre l'ascenseur devint particulièrement pénible voir risqué, surtout pour les collègues féminines. Une fois, lors d'un voyage jusqu'au sommet de la tour, j'assistais à un spectacle surréaliste. Un de plus.

Je regardais avec impuissance l'abordage du pénis du responsable de la logistique sur la jupe d'une nouvelle contractuelle rouge d'embarras. Son sexe appuyé contre elle était une intrusion, une agression. Les soubresauts de l'ascenseur provoquèrent l'excitation du gland disproportionné. Le responsable de l'équipe administrative présent lui aussi, riait de la gêne de la nouvelle. C'était un homme obèse, son gros ventre masquant à peine sa verge dilatée, rebondissant joyeusement. En se retournant, le directeur de la logistique, croisa le fer avec la queue du gros. Notre dégoût les fit hurler de rire. Un fou rire, dément. Ecœurée, la nouvelle se pressa contre moi. La jeune femme regardait dégoûtée leurs glands violacés d'où s'écoulait un liquide visqueux. C'est alors que le gros blond fût pris par les spasmes d'une violente éjaculation qui heureusement percuta de plein fouet la paroi de l'ascenseur sans faire de dégât collatéral. C'était ça le stade terminal, les éjaculations spontanées. Un silence glacial y succéda, la jeune collègue horrifiée s'était un peu plus collée contre moi, j'en fût troublé. Le seul romantisme ascensionnel. Le directeur de la logistique hurla de rire en se tapant sur le ventre. Un rire gras qui n'était drôle que pour lui-même. Comme un mâle après un autre congénère, il ne put à son tour réprimer une intense éjaculation qui échoua sur les chaussures du gros. Devant l'avalanche de sperme, le directeur ainsi honoré prit cette jouissance subite comme une marque d'amitié indéfectible. Dans les couloirs, pour ceux qui avaient choisis le naturisme pénien, ils ne se faisaient plus de bises ni de poignée de mains. Les directeurs et responsables d'équipe se contentaient du salut des sexes dressés. Une nouvelle mode était née. Dès les premiers jours, Baltringue n'hésita pas à exhiber son organe, symbole suprême de son pouvoir sur nous. Mes collègues féminines étaient pétrifiées essayant d'éviter tout contact avec lui. La révolte grondait en sourdine mais sans éclore. La plupart des gens avaient peur de perdre leurs emplois. Dans cette société post néolibérale exacerbée, la terreur fonctionnait à merveille. Et les queues s'allongeaient. Les médias restaient étrangement silencieux. La connivence avec le pouvoir ne faisait plus de doute. Eux aussi victime de priapisme restaient silencieux. Les mois passèrent.

Les dépressions et burn out faisaient des ravages, le personnel absent n'était pas remplacé. La grande messe de fin d'année approchait. L'administrateur général ainsi que tous les dirigeants de l'office se préparaient à discourir devant une assemblée soumise. Les carriéristes de tous poils s'accommodaient de la situation, pire en profitaient. Des collègues féminines portées sur le sexe n'hésitaient plus à draguer ouvertement certains chefs qui leurs plaisaient. Il se disait en coulisse que des rapports sexuels se passaient dans les bureaux. Que cela était considéré comme une marque de gratitude. Les femmes qui y succombaient hurlaient de plaisir, jamais elles n'avaient connu de telles pénétrations. Ainsi la crise de priapisme étendait son pouvoir pervers. Les femmes responsables moins nombreuses n'étaient pas en reste. Elles organisaient des jeux sexuels, c'était « Intervilles » au bureau. Les réunions de chefs d'équipe devinrent de véritables orgies. L'employé du moi, car il y en avait encore pour faire du zèle était invité à ses parties spéciales du pouvoir. Pour les commodités des dirigeants autant que pour éviter toute fuite, le dixième étage fût condamné. Une zone neutre qui réduisait les « bruits » du plateau suprême. Le onzième étage ainsi insonorisé pour le reste de la tour où avaient lieu ces réunions spéciales devint un bordel. Pourtant malgré les précautions tout le bâtiment savait ce qui s'y passait. Pendant ce temps, les syndicats et le ministre de l'emploi lui aussi atteint d'un priapisme particulièrement exacerbé laissaient faire.

 

Arriva le jour de la grande messe biannuelle. Sur le podium, tous arboraient leur pénis avec une satisfaction à peine dissimulée. L'administrateur général, le sourire narquois, était à la mode. Connu pour porter des vêtements taillés sur mesure, son pantalon disposait d'une ouverture spéciale sans bouton ni braguette. L'ensemble des présents applaudirent timidement. Des collègues riaient, on se moquait en catimini. D'autres étaient blêmes, furieux. D'autres vaincus fermaient les yeux ou regardaient leurs téléphones portables. Le spectacle qui s'offrait devant nous était grotesque, malsain. Certains sexes appartenant à la crème des crèmes revêtus d'une sorte de tunique rivalisaient en originalité accentuant la taille des membres. Après les salutations d'usages, une fois les directeurs assis, on ne distinguait plus rien de ce cirque fasciste. Condamnés d'avance, nous étions résignés de regarder ou entendre d'interminables prises de paroles ponctuées d'applaudissements obligatoires. A force de chiffres déballés sur power point, le staff élargis montrait sa satisfaction. Le ministre de la droite décomplexée pouvait pavoiser d'avoir durci sa politique ferme mais humaine. Les chefs et sous chefs pouvaient justifier leur salaire. A force d'avoir créé des activités répétitives, à force de faire tourner en bourrique les chômeurs, jeunes et vieux, valides et moins valides.

A force de contrôles cruels légitimant la réglementation et l'existence même de l'office de l'emploi, l'absurde régnait en roi absolu. Tout permettait aux responsables de cette comédie hypocrite d'afficher de larges sourires. Le Pôle Emploi de l'an 2025 avait engendré une machine infernale où chaque rouage était fait de chair et de sang. Les uns justifiants les allocations des autres à coups de convocations « textos ». Le demandeur d'emploi enchainé à cette schizophrénie malgré lui pour conserver ses droits, quels droits ? Nous n'étions plus que des pions dans une organisation bananière où le sentiment d'absurdité dominait. La machine se maintenait à flot pour combien de temps encore ? Pour combien de remaniement gouvernemental ? A coups de mesures discordantes, le système pouvait gripper à tout moment, mais tant que la chasse aux allocataires sociaux était ouverte, le paquebot tout entier ne coulait pas. Les collègues n'étaient pas dupes. On subissait en silence, les plus rebelles quittaient l'office. Le priapisme avait encore de belles érections à venir. Mais l'histoire ne se termina pas ainsi. Il s'agissait bien d'une maladie et à tous maux une issue. Dans le cas du priapisme évoqué, la guérison n'était pas possible. Le dernier stade de la maladie, qui pouvait durer des années, surgissait brutalement. Des explosions retentirent aux quatre coins des administrations concernées ainsi qu'aux ministères. Les porteurs du syndrome mystérieux subissaient une telle décharge que la mort était instantanée. Bientôt le monde fût débarrassé de toute oligarchie.

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