Rêves prémonitoires

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Je suis la fille de Oui -Oui et l'amante de Baudelaire, ma plume est sibylline et combien sanglante...une fleur du mal, ou un ésprit maudit pourtant angélique  [+]

(Écrits du temps de la dictature en Tunisie quand on faisait parler des fleurs et des animaux pour dire une vérité)







Préface

Sous l'olivier corse. J'ai lu. Attentif. Plusieurs fois. Ces "contes modernes".
Sujets à vifs. Mais lire ici et il semble que l'on me parle.
J'ai toujours un rapport affectif avec tes textes, ta liberté me plaît.
Ta façon de laisser de la place à l'évènement. Cette écriture, loin de l'habitude, celle qui recouvre des langes le réel.
La belle intellectuelle que tu es sait que si l'aspect expérimental du geste d'écrire disparaît, ça n'aura plus aucun intérêt;
Ici ces "rêves prémonitoires" se lisent comme un poème en prose à l'écriture fiévreuse et sa structure éclatée révèle le morcellement d'une réalité à la chronologie douloureuse.
Tes métaphores ont ceci d'énigmatique qu'elles incluent des souvenirs personnels, presque indéchiffrables, et une part d'inexprimable. Certaines phrases évoquent des instantanés collés, provoquant de riches collisions entre la trivialité et la création littéraire.
Des fragments aux antipodes de l'élégance surfaite et du délayage, trop de mots donneraient dans le travers de l'explicitation, mâcheraient l'immense plaisir demandé au lecteur.
Sur fond de présence brute de ton beau pays, d'interaction du vivre, du souffrir et du dire, c'est ici réinventer un sens à la pratique poétique' que tu invites aussi.
Bruno Duvivier
Les béquilles de reine jonquille

Le lion poltron et les sept nains (le président déchu et les Trabelsi)
Il était une fois une jonquille de légende l'on jurerait par les quarte feux du ciel qu'elle n'aurait jamais une seule ridule à ses pétales ou même un léger penchement à sa tige...

L’œil transparent de fauve, l’âme de braise et un charisme d'enfer. Sa nation florale vivait depuis la création des serres sur une même longueur d'onde, une seule et que n'importe qu’elle autre onde FM n’avait le droit d'intercepter leur existence!!!


Un peuple floral accouché à un point X sans tangentes, chez eux tout est carré, bien rafistolé, linéaire, stable, jamais probable, sans taches, ni crachin clachant flash delà ou d'ailleurs...un ciel à l'infini sans nuages!!

Vint un soir un espiègle nénuphar voyageant tel un Sind Bad d'une eau coulant à flot à un étang bizarre voisin des serres...ce nénuphar voyageur colporteur de chants et contes des troubadours eut l'idée de chanter à la population des serres...sa voix s'éleva...

« Cassez la voix...si ce soir je n’ai pas envie de me taire... si ce soir J’ai envie de casser un carreau des serres...si ce soir j'ai plus envie de rentrer chez moi...si ce soir je veux souffler des choix...cassez les serres...casser la voix... »
Ses chants parvinrent à la population des serres telle une mélodie enivrante fit remuer certaines tiges. Et commença à prendre racine sous leur toit!!
Chatouillant l'ouïe de la reine jonquille elle s'exclama: casser un carreau des serres et donc s'exposer à la radiation des nouveaux airs...funk, punk, junkie, et même la ridicule démocratie que j'ai lue dans le bouquin des myosotis!!!
Une légère mélodie fit trembler reine jonquille et plus vite que la lumière elle retira ses béquilles à l'image de l'inspecteur gadget dès qu'il se trouve en péril.
Elle commença par neutraliser le nénuphar par un jet de pesticide chimique, rembobina le tuyau d'arrosage, limita les coupons de ration alimentaire et enfin LIGOTA les canaux de sève...hé oui pensa-t-elle une fleur de plus sous mes serres c'est une bouche à nourrir...C’est vrai aussi que se sont deux bras pour servir selon MAO mais selon moi la reine jonquille une fleur de plus c'est un esprit rebelle de plus à anéantir...













Iris le Poète
La reine de Carthage.... (Prenait des amants au gré du vent)

Il était une fois
En un temps de désarroi
L’épouse du soleil
Belle splendide
Éclat de corail
Œil opalin
Étrange regard vipérin
Âme d'ogresse
En un corps de princesse
Il fut un temps ou le soleil ami chéri de l'homme se querella avec un poète nommé IRIS : il lui cria du haut de son trône:


Misérable iris qu'exiges tu de mes filaments dorés qui veloutent ta peau, renforcent tes pétales et font briller la rosée le long de ton pied, te transformant en nature ornée de diamant...comment oses-tu en dépit de toutes ces vertus bienfaisantes t'attaquer à la reine soleil et donc à mon honneur!!!
L'iris grelottant de peur devant les paroles du roi soleil aiguisées tel un porc épique répondit sur un air cassé:
Il n'en est rien de ce que vous pensez votre majesté toute l'histoire est que je suis un pauvre poète qui voulant sonner des rimes s'est dédaigneusement guidé ver la guillotine!!
Le roi soleil ne croyant pas un souffle de ce stupide poète rétorqua :
L’hirondelle ne pouvant mieux exprimer sa loyauté vint me rapporter tes vers outrageants ainsi sera pénible ta sentence, le pire des châtiments..!!!
Iris devint blême de peur, ce n'est plus la sueur qui coule le long de sa tige mais une froideur inexplicable, il cria clémence seigneur des galaxies!!je ne suis qu'un pauvre poète, malchanceux, borgne, sinon comment par mes maudits mots je m'aventure à renverser la terre!!!!
Et le soleil disparut par un tour de magie plongeant l'univers dans une obscurité cauchemardesque!!!

Et le soleil disparut plongeant l’univers dans une obscurité cauchemardesque. Le jeune iris s’est mis alors à pleurer de chaudes larmes implorant le ciel qu’il le guide au royaume du soleil afin qu’il puisse demander grâce.
Vint alors l’hirondelle qui par ce beau printemps bien que capricieux installer son nid au-dessus du malheureux poète. Observant sa tristesse l’oppresser comme un carcan eut des remords pour ses commérages qui risquent de lui ôter la vie. Elle crut alors indispensable de l’aider pour libérer sa conscience.
Le matin pointa à l’horizon et l’arc rouge orange de l’aurore prit racine au fin fond du ciel. A petit pas les traits de la nuit s’estompèrent et le jour prit possession de la terre, épousa ses formes et saveurs, éclatant de rayons luisants...et comme doté des bottes des sept lieux le soleil caressa chaque arbre, toiture, chat de gouttière, rivière, bleuet, orchidée, scarabée, ver de terre, corail dans le ventre d’une mer, chien perché, loup garou, Pokémon.....même blanche neige...il plongea ses doigts soyeux dans chaque coin et recoin de l’univers...sauf chez IRIS....
Il demeura ainsi dans les coulisses de la vie, en arrière-plan, dans le pénombre de l’existence et petit à petit les graines d’humidité commencèrent à l’envahir. Sitôt une sensation d’étouffement s’en prit de lui et une tousse des plus pénible la harcela à le tuer. Un courageux rossignol du haut de son arbre fit un vol plongé arracha iris de la terre et l’exposa au soleil dans le nid de l’hirondelle.
La générosité du rossignol fit décider l’hirondelle à aider en fin iris, elle lui lança : écoute fanfaron je n’oserai dire que tu mérites grâce mais je te conduirai au royaume du soleil...
Iris répondit essoufflé : ne sois pas inhumaine jolie hirondelle se sont mes rimes qui jouent toujours des mauvais tours jamais je ne m’aventurerai à me moquer de reine soleil crois-moi douce hirondelle je n’ai rien trouvé qui aille avec opalin sauf vipérin et aucun mot m’a semblé digne de princesse que le mot ogresse...
Hirondelle s’enflamma de courroux lui jeta : divin et déesse n’existent-t-ils pas imbécile...si tu échappes cette fois au châtiment du roi soleil tu vivras centenaire !!
Heureux de cette tentative de grâce iris reprit ses forces et s’accrocha au dos de l’hirondelle qui commença à battre des ailes à une vitesse vertigineuse...il lui cria au bout d’un moment :
Hirondelle regarde ces montagnes de neige on croirait être au bord d’un lit douillé, pourrions-nous nous y reposer un fugace instant de rêve. Belle hirondelle l’altitude me donne des nausées !!L’hirondelle ne pouvant plus supporter ses lamentations menaça de rebrousser chemin et grogna : ces gros lit de coton douillé sont des nuages ignorant que tu vois voyager de ton trou à rats ils embellissent le visage de la terre même quand ils sont grisonnants !!
Ah oui ! Oui !oui !je m’en souviens mais les grisonnantes sont vieux et laids ils ternissent le visage du jour et même les miroirs !!L’un des nuages comprit la satire d’iris, l’aspergea d’un flux d’eau qui faillit le dégringoler au bout du gouffre. Le nuage content de sa revanche cria : ce sont les signes de vieillesse petite fleur si ce n’était cette couleur grisonnante porteuse de fécondité la sécheresse aurait fait de toi une bouchée !!
Le poète fut pris de honte et pleura encore de chaudes larmes aussi chaudes qu'un vœu maléfique!!il s'en voulu maudissant son chic de tomber toujours dans le tort !!
Du haut de son royaume reine soleil observa la mésaventure du poète et décida de lui octroyer une audience.
A sa rencontre iris trouva la reine encore plus belle que l’eau de source...il fut troublé au point de ne plus sentir venir dans sa tête ce tourbillon de mots qu’il articula enfin timidement :
Il était une fois
Toi éclatante créature née en Afrique
Mon âme mythique
Tu as enraciné le désarroi sous mon toit
Regard hagard
Et mon cœur qui bat et bat
J’ai fait mon choix
Après méditation et délire
J’ai choisis
Le royaume de l’oubli
Basaltique récif
Ecrase sans pitié
Mon esprit furtif
Et la mémoire effritée
Adieu créature d’Afrique
Silhouette magnifique
Piétine ce faible iris
En un siècle de peur
L’iris refleuri
Et comme d’habitude il n’oublie
Ces yeux qui chuchotent
Ce cœur qui cahote
Tes larmes arrosent iris et colportent
Tes complaintes d’oubli...
Le roi caché soigneusement vint écouter la plaidoirie du poète, n’en cru point ses oreilles, rugissait tel un lion affamé, gronda comme un tonnerre qui annoncerait le déluge

Malheuuuuuureuuuuuux iris tu seras les braises de mon enfer !!Insinues-tu par ta maudite poésie être amoureux de ma femme !!!!
Iris tomba dans les pommes gesticula :
Comment oserai-je roi des galaxies ce ne sont que des rimes !!!
Tendres Pensées
Asile pour pensées...libres


Non loin des lumières naquit un carré de pensées au beau milieu des bancs des amoureux de la place Barcelone*.Ces fleurs auraient certes préfère la liberté des champs et les horizons sans barbelés mais le destin a fait autrement. Si bien qu’elles décidèrent de changer de vie, positiver, prendre un rôle, être avant-gardistes, militantes...ceci les aiderait qui sait à oublier le ciel ouvert, les amis primevères, l’abeille entremetteuse et le nom de la
Rose!!!
Elles se contenteraient de la vue du géant métallique vert, des fils électriques, la fumée des agonisants et les chaussures des passants pour qui sonne déjà le glas!!Oui...oui des pensées militantes pour une cause et si l'on ose!
Chacune de ces jolies fleurs enfila son rôle tel un gant de velours, ainsi: les pensées à fond noir absorberaient les idées noires des humains...Celles tachetées de jaune attaqueraient la jalousie des femmes, celles ornées de rouge bordeaux enflammeraient les cœurs des hommes quant aux bleues elles dompteraient les ados...
Le jour j ne pourrait être qu'une heure de pointe ou tout deviendrait un à ce moment les fleurs pourraient attaquer par leur élixir qui embaumerait l'âme de tout un chacun, un élixir de bonheur sempiternel que même Tristan et Iseult n'eurent jamais connu!!
Et comme par un coup de baguette magique la place Barcelone s'écrasa sous un déferlement bourgeonnant d'embrassades, d'accolades, de dégringolades corps à corps, des rigolades...Les jambes lourdes se tortillèrent; les muets comme les ténors chantèrent, les ados accros et pros du no chantèrent en chœur oui ! Oui ! Oui !...Dieu des cieux quelle zizanie ou cacophonie ou peut être une over dose de douce folie!!


Et de une...de deux...de cinq...de n jours...c'est alors que les pauvres métros partirent sans l'espoir d'avoir quiconque dans leurs ventres moururent de faim et fermèrent à jamais leurs portes et celle de leur société mère...une crise mondiale et une sentimentale...Place Barcelone serait mieux à dos de chameau!!
Merci tendres pensées la crise et déjà notre destinée elle nous anéantirait...revenons à nos amours mêlées à l'animosité et aux portes des métros entrebâillées...avec ou sans votre élixir la crise nous dévorerait même si nous changions le chemin de la foret...Grand-mère aurait les mêmes crocs féroces pour nous déchiqueter comme un loup, sous la dent de la crise nous aurons le même goût celui d'une grand-mère lasse faible croquée crue et nue!!
Pensées ! Tendres pensées !jouez nous de la harpe...en guise d'élixir nous éradiqueront peut être notre mutisme de carpe..!!
*Place Barcelone une grande station de métro à Tunis.











Le messager du potager
Tolérance zéro (que je sois un rouge ou une tête voilée)



Il était une fois un gentil petit pois tellement gentil que personne n'osait lui avouer sa différence. En fait il fut le seul petit pois de couleur orange plus orange que le coucher du soleil...Tout le potager de madame potiron s'interrogea sur l'origine de cette couleur...l'on se plaisait de dire ou de créer des hypothèses que maman pois aurait eu des envies de carotte alors qu'il germait encore dans son petit ventre...D’autres juraient par ce qui leur était cher qu'elle passait ses moments de léthargie à contempler le géant oranger qui ombrageait de ses branches généreuses tout le potager!!Maman pois elle-même ne comprenait pas...Madame potiron aurait pu déteindre sur elle durant sa grossesse, comme ça pourrait être cette manie qu'avait madame potiron de remplacer ses réserves d'eau au temps de la canicule par un flot de MIRANDA!FANTA! Elle arrosait ainsi tout le potager par souci écologique!!!!!!!




C'est peut-être aussi pensent certains légumes que le pauvre petit pois est orange parce que sa maman aurait égaré sa carte orange du métro si bien qu'elle entrava la circulation d'une rangée à l'autre du potager et ce fut sa punition!!
L'année de la naissance du malchanceux petit pois l'on racontait que le ciel aurait connu un jaillissement d'arcs en ciel qui l'auraient sillonné dans tous les sens d'une couleur orange flamboyante portant à tout le potager une de couleur et de bonne humeur...
Qui sait pensaient certains mystiques c'est peut-être le seigneur des anneaux qui a voulu libérer ce bébé pois du carcan de la couleur verte et en faire LE MESSAGER DU POTAGER et montrer qu'être diffèrent ce n'est que du bonheuuuuuuuuuuuur...











Une nuit fugitive

Galimatias....14 Janvier....La fuite de Chahrayar...



Il était une fois une nuit des mille et une nuits qui voulut par conviction et RESILIENCE échappé à son glossaire...et qu’elle erre afin de renaître une note gaie, un rêve de pinson ou un jovial jeton à Vegas sur une TABLE de poker...
Elle n’emporta comme dote d’un long voyage qu’un sentiment de love, de peace*, son voile étoilée et son TUBE DE DENTIFRICE...
Elle traîna sur l’asphalte de son histoire son malaise d’ETRE abandonné ou alors le regret d’une PARTITION qu’un ténor aurait malgré lui égarée.
Elle quitta son UNIVERS
Vers
Un monde qui sait peut être meilleur


Chimère ou EPHEMERE
Vers sa lumière
Une HARMONIE de ses envies d’ESPIEGLERIE
sa RAISON d’être sa PERCEPTION de la vie...vivre hors les mille et une nuits connues par un destin mimant une tragédie...elle c’est la nuit ou Shahrazade se BALANCE entre la corde et une miraculeuse TOLERANCE...la nuit ou ses TREMBLEMENTS fiévreux coupaient son SOUFFLE...ici la guillotine...là-bas la victoire..
De Shahryar*

Ayant surprit sa TROMPERIE
Par ce PARFUM de son Vizir* inouï
Brodé sur sa soutane de nuit
Son ego sa folie son Respect sa jalousie...furent dressés tel un sabre faisant de l’HUMANITE son fourreau...
Et quel bourreau !!
Il se posa la QUESTION de survie : que faire ?
Rapide fut la sentence il en fit l’essence...voire la QUINTESSENCE d’une vengeance !!

Priver Shahrazade de CHIPS, de ses lips(lèvres)* ou de vie...telle fut la nuit qui disparut de l’histoire comme une page qu’on arrache d’un glossaire...une SYMPHONIE pastorale qu’un berger trompe sur les berges d’un lac...le désir d’une nuit enfouie dans une histoire sans début... cette nuit fugitive trouva refuge dans mon pure galimatias de nuit...un 14 Janvier tourna la page par un sacré courage...Plus de Shahrazade qu’on tue...plus d’idées massacrées...juste fermez les yeux et rêvez...
La fin du rêve est aussi un autre celui d'une Tunisie sauvée par la femme car seule la femme peut porter le fruit de la procréation de l'espoir d'un lendemain meilleur même en Geisha elle finit le combat que l'homme avait entamé....




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