Reset

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Mon avatar : Un graf depuis longtemps disparu. Il personnalise mon état d'esprit : Réagir et l'écrire.

Pour une bonne compréhension, il est recommandé de commencer par « Mortel pixel ». Lien actif dans le commentaire épinglé ci-dessous. Celui pour la suite y est aussi.

...Les fins limiers locaux n’ont pas traîné. Chapeau melon et bottes de cuir, plus vrais que nature.

En aparté le majordome explique avec concision les circonstances de l’accident. Je peux parier à cinq contre un que le tableau qu’il dresse, ne laisse aucun doute quant à ma culpabilité.

Les bracelets que vient de me passer « Bottes de cuir » me confirment les intentions du duo. Ce soir je dormirai en cellule. Avec les menottes je préférerais d’autres jeux en compagnie de cette brune piquante.

*****

Le noir total d’où j’émerge, encore sous le coup de l’émotion consécutive au cri poussé par Lady Galveston a changé la donne.

Reset et Reboot ont modifié le cours du jeu.


La lady vient de se prendre un aller-retour de la part d’un Galveston hors de lui, ce qui explique son cri de douleur, mais pas la raison de la colère du Lord.

Galveston m’apercevant en haut de l’escalier, encore en pyjama, change immédiatement d’attitude et tout miel s’enquiert de ma santé, en même temps qu’il ordonne au majordome d’exfiltrer son épouse.
S’excusant de m’avoir fait faux bond – une sombre histoire de détournement de la part d’un métayer – il me prie, mais ça ressemble plutôt à un ordre, de bien vouloir les rejoindre, son épouse et lui, pour le five o’clock.

L’atmosphère glaciale de la grande salle, où trône la table de banquet n’est pas seulement due au maigre chauffage central, incapable de maintenir la température dans les pièces de cet immense manoir. Le plan de table confine résolument Lady Galveston en bout de table, alors que le Lord me fait face.

Sans aucun égard pour la Lady, il me dresse le portrait d’une personne insignifiante, paranoïaque, convaincue qu’il cherche à l’éliminer pour profiter de sa fortune, très surévaluée d’ailleurs. Avec une propension à colporter ces fadaises dès qu’un interlocuteur se présente.
Je comprends que le majordome joue le rôle du perroquet, bien que son allure soit plus près de celle du corbeau.

Ça se confirme quand le Lord me signifie que ma mission s’achève demain matin. Ma sollicitude envers Lady Gwendoline – ce prénom lui va si bien – s’oppose à la mission qu’il souhaitait me confier ; Réunir les preuves de ses obsessions et du complot ourdi avec l’aide du garde-chasse - probablement son amant - en vue de l’occire.

Shakespeare n’aurait pas trouvé mieux comme scénario. Le climat de l’Écosse est un vrai pousse-au-crime.

Je regagne mon baldaquin qui dans les circonstances présentes tient plus de l’enfermement que de la protection.

Au milieu de la nuit toujours éveillé, je perçois, malgré l’orage qui se déchaîne, des grattements contre la porte de la chambre. Quand j’ouvre, prudemment, je reçois dans mes bras une Gwendoline en tenue de cavalière avec bottes et cravache qui m’enjoint de la suivre sans délai. Il en va de nos vies respectives menacées par le Lord et son âme damnée, James, le majordome.

Un cabriolet auquel est attelé un superbe alezan nous attend dans la cour. Sans attendre, d’un claquement de fouet, la Lady lance la course sous une pluie battante, au milieu des éclairs, dans le vent tempétueux qui plie la cime des arbres, affole les girouettes et protège notre fuite en occultant tous les autres bruits.

Nous menons un train d’enfer sur des chemins creusés d’ornières, non sans jeter de temps à autre un regard en arrière. Notre appréhension est justifiée, puisqu’à la faveur d’un éclair, les silhouettes de deux cavaliers se découpent sur l’horizon embrasé.

Gwendoline cravache l’alezan qui redouble d’allure et entraîne le cabriolet dans une course folle au milieu de la lande en bordure de fjord, jusqu’à ce qu’il s’affaisse, la roue gauche brisée, la droite tournant dans son élan au-dessus du vide, le tout en équilibre précaire...

***

"Oh ! Allez vous reposer mon vieux. Vous prenez votre boulot trop à cœur. Il faut penser à dormir aussi. Les pixels attendront bien votre retour. Ce n’est qu’un jeu quand même".

Sur la porte de la salle des programmateurs, concepteurs de jeux vidéo, une affichette recommande « Le dernier qui sort ferme la lumière ».
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