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Rendez-vous Rue Mozart (Première partie)

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Guy Bellinger

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Mélomane péripatéticien, tel aimait à se définir Louis-Victor Mouzin, un Messin de trente-cinq ans.

Cet amateur forcené de musique classique se doublait en effet d'un inconditionnel de la marche à pied.

Lorsqu'il n'était pas chez lui à se faire masser les neurones par cette alternance savante de sons et de silences qu'on nomme musique, c'est qu'il actionnait le compas de ses jambes sur un chemin de campagne ou dans les rues de sa bonne ville de Metz.

Il n'était aucune autre activité en ce bas monde qui ne lui fût plus agréable que ces deux-là.

Aussi une découverte qu'il fit un jour par hasard le combla-t-elle au-delà de toute imagination : il s'aperçut que ses deux passions avaient le pouvoir de se conjuguer, et son plaisir partant de se multiplier par deux.

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Voici comment Louis-Victor en eut la révélation : il déambulait dans la cité par un beau matin d'automne lorsque, dans un courte rue proche de la Cathédrale, se firent entendre les accents d'une flûte qui se détachaient, aériens, sur un fond d'orchestre joliment mélodieux. Quelques instants plus tard se posait sur le thème une voix de mezzo soprano, délicate et enchanteresse. Un érudit de sa trempe n'eut aucune peine à reconnaître le morceau, « Connais-tu le pays ? » extrait de « Mignon ».

Quelque peu déconcerté mais au fond ravi que l'Association des Commerçants eût choisi une musique d'une telle qualité pour son animation du centre ville, Louis-Victor chercha des yeux les hauts parleurs dispensateurs de ce beau cadeau sonore. Il ne vit rien. Autour de lui, les passants vadrouillaient sans paraître affectés ni en bien ni en mal par une quelconque bande son. Mais fallait-il s'y fier ? Il pouvait en douter à en juger par ceux qu'il croisait, extra-terrestres qui à l’œil torpide rivé sur un écran, qui aux oreilles captives d'une paire d'écouteurs, qui à la bouche animée comiquement par des discours semblant ne s'adresser à personne... Pour en avoir le cœur net, notre marcheur musicomane se mit en quête d'un témoin : il y en avait, on l'a vu, mais à quoi bon interroger tous ces reclus dans leurs bulles. Une ou deux minutes de recherches lui furent donc nécessaires pour dénicher l'oiseau rare, à savoir un mendiant, manifestement habitué de l'emplacement. Assis en tailleur au bout de la rue, l'homme venait tout juste d'embaucher.
Soucieux de manœuvrer habilement ce précieux spécimen, Mouzin enclencha une délicate procédure d'approche : faisant d'abord tinter une piécette dans le gobelet du miséreux, il le ferra par quelques propos convenus sur la météo ; ce n'est qu'une fois qu'il eut mordu à l'hameçon qu'il l'attira vers le sujet qui l’intéressait : lui plaisait-il d'avoir de la musique d'ambiance dans les oreilles ? Les yeux en bille de loto de son interlocuteur lui répondirent en premier, la compotée de mots grasseyants qui suivit ne faisant que confirmer leur message muet : il n'entendait pas plus de musique qu'un manchot ne scie son bois de chauffage.

Ainsi donc, c'était cela, Louis-Victor Mouzin, natif de Metz, 35 ans, rentier, célibataire et sans enfants, était le seul et unique auditeur de ce concert improbable. Voilà qui n'était pas banal.

Ravalant un hoquet de surprise, notre homme s'apprêtait à tourner le dos à son informateur quand, relevant les yeux, il aperçut la plaque de rue – lettres blanches sur fond bleu - et s'aperçut qu'elle portait le nom... d'Ambroise Thomas, le compositeur même du morceau venu de nulle part ! Mignon tout plein comme coïncidence !

Une telle anomalie en aurait perturbé plus d'un mais pas Louis-Victor. Doté d'une bonne nature, le brave Mouzin décida au contraire de s'en réjouir, lui qui en général trouvait la vie trop courte pour se la polluer à coup de questions sans réponse. En vertu de quoi, il regagna le milieu de la rue, chercha l'endroit où le son était le plus pur, et sans plus de façon, se laissa pénétrer par le moelleux de la voix féminine, par l'accord parfait des instruments, par tout le talent en somme du maestro lorrain.

De retour à l'appartement, la musique chantait encore en lui et ne semblait pas vouloir s'éteindre. Le reste de la journée, notre mélomane renonça à ses habitudes : il ne mit aucun CD, ne déchiffra aucune portée, ne lut aucun texte savant sur le contre-chant ou les instruments à cordes pincées ; « Connais-tu le pays ? » qui passait en boucle dans sa tête, suffisait à le combler.
Au moment du coucher, l'air de « Mignon » s'estompait enfin. Alors lui vint une idée : le phénomène était-il unique ou était-il susceptible de se reproduire ? Son cœur joua les Rachmaninov. Il irait voir sur place dès le lendemain matin.

Mouzin dormit d'un sommeil agité mais dix heures plus tard, il exultait : la musique était toujours là et de même que la veille, pour nul autre que sa petite personne. Pourquoi et comment, il n'en savait toujours rien mais peu lui importait. Une différence notable cependant, si la rue continuait à jouer de l'Ambroise Thomas, ce n'était plus « Mignon » mais une autre de ses compositions. Laquelle exactement, telle était la vraie question qui se posait à lui, poil à gratter pour musicologue averti. Cela caracolait comme du Rossini, mais... de Rossini ce n'était pas la rue ! C'est d'une paire de neurones tout fripés, enfouis au fin fond de sa mémoire, que finit par venir la lumière : le morceau n'était autre que l'ouverture de « Raymond ou le secret de la Reine ».
Refrénant sa fierté de spécialiste de haut niveau, Louis-Victor se glissa apaisé dans sa peau d'invité de marque. Se forçant à l'humilité, il décida que la meilleure façon de rendre hommage au grand Ambroise serait d'écouter sa création dans son intégralité. Fort bien mais un drame lyrique de cette ampleur ne s'expédie pas en cinq minutes. Or, sur un temps long, notre mélomane avait toutes les chances d'attirer l'attention des passants, Certes, la plupart d'entre eux n'étaient que zombies impavides mais une ou deux exceptions n'étaient pas à exclure. On ne manquerait pas dès lors de s'interroger sur l'attitude de ce quidam planté comme un piquet au milieu de la rue, se livrant de plus à des mimiques indéchiffrables et marquant le tempo d'une musique inexistante. Un coup d’œil alentour lui permit de trouver la parade. La rue Ambroise Thomas possédait rien moins que trois librairies, l'une classique, l'autre de livres d'occasion et la troisième spécialisée dans la bande dessinée. Parfait pour jouer les amateurs de lecture (ce qu'il n'était pas, Euterpe lui prenant tout son temps). Passer d'un livre à l'autre, d'une vitrine à l'autre, lui permettrait probablement d'échapper aux regards inquisiteurs. C'était bien vu : passionné de musique maquillé en amateur de livres, il fut en mesure (c'est le cas de le dire !) d'écouter « Raymond » en toute quiétude, de la première à la dernière note.

Le jour suivant, Louis-Victor Mouzin était au rendez-vous de la rue enchantée ; et – cela va sans dire - le jour suivant du jour suivant ; puis – on l'imagine aisément - tous les jours suivants. Car immanquablement s'y reproduisait le miracle.
Concentré, appréciatif, heureux, sous un parapluie, sous une casquette ou ses cheveux déjà grisonnants emmêlés par le vent, faisant mine de s'intéresser à des couvertures de romans ou d'essais qu'il ne voyait pas, il y écoutait en privilégié une musique qui aux oreilles des autres n'existait pas. invariablement signée Ambroise Thomas. Un jour, c'était « Hamlet », l'autre « Le Caïd » ; une fois, c'était « Le Roman d'Elvire », l'autre « Le Quatuor à cordes »...
Il lui fallut longtemps pour épuiser l’œuvre entier d'un musicien qui n'avait pas été chiche de créations au cours de ses quatre-vingt-quatre années de vie. Sans parler des diverses interprétations de chacune de ses compositions.

Mais un jour, le pays des merveilles cessa de l'être. L'après-midi était brumeuse et frisquette lorsque, posté devant la vitrine d'une des trois librairies, il fut saisi par une impression de déjà vu, ou plutôt de déjà entendu. Venaient de retentir les mêmes accents de « Mignon » qu'au premier jour. Il ne fut pas long à comprendre : la boucle était bouclée, il avait fait le tour de l’œuvre de Thomas.

Un rien déprimé, Mouzin ne tarda pas à se ressaisir. S'appuyant sur sa bonne nature, il se dit que tout mal contient sa part de bien. Et ce bien, il ne tarda pas à l'identifier : il allait marcher davantage ! Parce qu'il ne devait pas se mentir : ces derniers temps, il avait beaucoup fait le pied de grue. Il reprit donc ses promenades bienfaisantes, d'abord dans la campagne, qu'il n'avait que trop négligée, puis en alternant les environs de la ville et son centre. Question cinquième art, tout n'était pas perdu, loin de là : il lui restait, gravée sur ses CDs, ou captée sur Internet... toute la musique du monde.

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C'est au cours de l'une de ces expéditions dans la cité que par un beau matin d'été se fit entendre, dans une courte rue proche de la colline Bellecroix, une nouvelle musique venue d'ailleurs.

Ainsi donc le prodige avait vocation à se répéter. Honte au défaitiste qui a dit que les miracles n'arrivaient qu'une fois !

Elle était puissante, elle était exaltante, elle était enivrante, cette musique. Elle lui laissait l'intellect en jachère pour mieux lui empoigner l'âme. Elle le libérait de son poids terrestre et l'exhaussait, tel le calice de l’élévation, vers l'infini des cieux...

Un certain temps lui fut nécessaire pour que, sans émousser néanmoins sa vive émotion, ses facultés d'analyse lui reviennent. Un premier point émergea : si le compositeur touchait au grandiose, c'était avec une singulière économie de moyens ; tout ce relief, toute cette intensité, toute cette démesure n'étaient le fait que d'un modeste chœur mixte accompagné d'un tout petit ensemble d'instruments (un violon, un ou peut-être deux altos, une basse continue). Mouzin n'avait pas tôt fait cette constatation que le titre du morceau lui revenait, « Roi du ciel, sois le bienvenu », une cantate qu'il avait pourtant écouté déjà mille, voire dix mille fois. Comment se faisait-il qu'il ne l'ait pas reconnue sur-le-champ ? Et comment pouvait-elle encore lui faire un tel effet ? Il n'en revenait pas.

Subjugué par cette captation terrestre du céleste, il cessa tout mouvement. Il avait les pieds comme enracinés dans le trottoir. Avec ses yeux mi-clos et sa bouche entr'ouverte de saint en extase, il aurait effrayé les passants... s'il y en avait eu. Heureusement pour lui, le quartier, très excentré, somnolait en plein jour...

La pièce achevée, l'ange éphémère quitta les limbes pour rendosser sa dégaine d'arpenteur de bitume. Un oratorio, très beau lui aussi, avait succédé à la célébration de l'entrée de Jésus dans Jérusalem. Mais, désireux de ne pas éteindre l'incandescence de la cantate, Louis-Victor se le réserva pour plus tard. Par acquit de conscience, il chercha des yeux la plaque blanche et bleue : Rue du Père Bach. L'évidence même !

Aussi bien allait-il pouvoir écouter tout Bach, perspective aussi enthousiasmante qu'effrayante.
Côté pile, l'immense compositeur de A à Z pour lui tout seul, un présent plus fabuleux encore qu'Ambroise Thomas, le sublime se substituant au simplement beau.
Revers de la médaille, le temps qu'il lui faudrait pour faire le tour de l’œuvre, sans faire état de toutes les interprétations différentes ni de toutes les déclinaisons possibles dans le domaine du jazz, de la variété et que savait-il encore ? C'était vertigineux. Aurait-il assez d'une vie pour cela ?

Telle était la songerie de Louis-Victor alors qu'il s'éloignait avec de concert avec à la fois la ride au front et le sourire aux lèvres. Soudain, eurêka ! les plis s'effacèrent du haut de son visage, ses yeux se mirent à pétiller : si les rues Thomas et Bach lui offraient des récitals gratuits, n'en irait-il pas de même pour toute voie portant un nom de musicien ? Fébrile, il consulta son portable.


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Dès le lendemain, Mouzin inaugurait sa nouvelle formule, laquelle avait l'avantage de redonner un élan à la marche sans exclure pour autant le concert privé ; une balade en ville incluait désormais une rue, allée ou avenue célébrant la mémoire d'un compositeur. Autre innovation, le péripatéticien ne demeurait plus sur place qu'un temps limité, celui d'un Lied, d'une pièce pour piano ou violoncelle, d'un mouvement de concerto ou de symphonie. Un jour, rue Gabriel Pierné, c'était le « Scherzo caprice », le lendemain, place Durutte, « Le Printemps », le surlendemain, rue Gouvy, « La Danse suédoise » ou encore rue Loiseau de Persuis, « La Nuit espagnole »...

En passant par hasard un soir rue Mozart, c'est par la « Petite musique de nuit » qu'il fut accueilli. Ravi de l'esprit d'à-propos du programmateur fantôme, notre mélomane s'en gobergea jusqu'au bout. S'attendant à une œuvre différente pour lui faire suite, il fut surpris d'entendre la sérénade de Wolfgang Amadeus se succéder à elle-même. A vrai dire, s'il y avait maintenant Jordi Savall à la baguette et non plus Eugen Jochum (ce qui pour un connaisseur de sa trempe faisait une grosse différence), cela n'en restait pas moins la kleine Nachtmusik. A la troisième audition, Louis-Victor avait compris : alors que dans la journée, l’enchaînement aléatoire était de règle, le soir, la pièce, quoique dans des versions différentes, était unique.

Il fit bien sûr son miel de cette découverte : dorénavant, les jours où il rentrait tard, du concert, du cinéma ou du restaurant - et que le temps le permettait, il ajoutait la rue Mozart à son itinéraire, quand bien même cela impliquait un détour. Une petite dose de musique de nuit comme prélude à un sommeil réparateur, cela ne valait-il pas toutes les camomilles du monde ?

Tout cela était bel et bon... mais ne pouvait-il ambitionner davantage encore ? Par exemple, en se délocalisant. Pourquoi en effet ne pas étendre sa quête à toute la Lorraine ? Il devait bien y avoir d'autres rues dans d'autres bourgades baptisées du nom d'un musicien du cru. Aussitôt pensé aussitôt fait.

C'est ainsi que peu après, Blâmont, Dieuze, Thionville, Nancy, et même Fays dans les Vosges, pour ne citer que ces localités, furent hantées par une silhouette ambulante à nous maintenant familière mais inconnue des autochtones.
Louis-Victor Mouzin y joua les touristes appliqués, ne se limitant pas à écouter « Rhapsodie viennoise » rue Florent Schmitt, « Louise » rue Gustave Charpentier, « Gentillesse en trois parties » rue Boismortier, « Soir sur les chaumes » rue Guy Ropartz, « Noël basque » rue Gaston Litaize...

Ce furent là les plus beaux moments de sa vie. Un bonheur tous les jours répétés, à peine mis à mal par une grippe par-ci, une panne d'ordinateur par-là, des rendez-vous trop nombreux chez le cardiologue ou encore une tentative infructueuse de séduction d'une jolie xylophoniste (au vrai, s'il y avait un domaine où il ne connaissait pas la musique, c'était bien celui de l'amour). Un état de béatitude qui ne fut sérieusement remis en cause que le jour où...

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Le jour où... en question, un épais brouillard enveloppait la ville. Un autre que lui, pour peu qu'il n'y fût pas obligé, serait resté au chaud et au sec entre ses quatre murs. Pas Louis-Victor, qui affectionnait les atmosphères fuligineuses et feutrées. La brume, il l'aimait en effet plus que de raison. Tout particulièrement la nuit lorsque les lampadaires s'auréolaient de pastel, que le décor urbain - d'abord gommé puis lentement rendu à la vision - jouait à cache-cache, que les arêtes d'immeubles à l'expressionnisme tranchant se fondaient malgré elles dans un impressionnisme suave. Il prisait aussi le bouchon d'oreilles naturel qu'elle constituait et son pouvoir d'assourdir jusqu'aux flatulences sonores des deux-roues motorisés

Le jour en question donc, Louis-Victor avait ouvert ses volets matutinaux sur la plus engageante des purées de pois. Un demi-heure plus tard, il évoluait, ectoplasme par choix, au sein de son cher cocon de brume.

Tout se déroulait à merveille quand, sans tambour ni trompette, retentit son portable. Véritable coup de cymbale au cœur de la berceuse des bruits étouffés, il en eut un haut-le-corps. Non qu'il n'eût scrupuleusement choisi sa sonnerie (les premières notes des « Quatre pièces pour violoncelle et piano » de Luise Adolpha Le Beau), le couac était ailleurs : dûment éteint, son appareil n'était pas censé chanter sa chanson. Peut-être avait-il oublié de l'éteindre avant de sortir ? Peu probable, tant il était soucieux de se couper du monde extérieur quand il partait en « expédition ».

Pourquoi malgré tout prit-il la communication ? Quelque chose de plus fort que lui, semblait-il, l'y enjoignait.

Au bout du sans fil flûta une voix féminine, très plaisante malgré la déformation sonore, colorée de plus d'une pointe d'accent étranger.

- J'ai bien l'honneur de parler à M. Mouzin ?

- Oui, vous avez cet honneur, répliqua-t-il sur un ton irrité qu'il regretta aussitôt : ce n'était pas la faute de sa correspondante s'il avait négligé de déconnecter son mobile. Il reprit donc, plus mesuré :

- Et moi à qui ai-je l'honneur ?

- Vous voudrez bien me pardonner mais je ne peux pas vous le dire. D'ailleurs à supposer que ce soit le cas, vous ne me croiriez pas.

- Mais je...

- S'il vous plaît, n'insistez pas. Écoutez plutôt ce que j'ai à vous dire. Voilà, en fait, si je vous appelle, ce n'est pas pour moi, c'est de la part de mon mari..., euh..., vous ne l'avez jamais rencontré mais il vous connaît, lui...

- Mais comment peut-il me...

- Encore une fois, ne m'interrompez pas ! Mon temps est précieux. Je dois retourner à ses côtés au plus vite. Il est très malade, vous savez. En bref, voilà, il a un message pour vous. Il voudrait vous voir. Le fait est qu'il a une surprise pour vous. Une grosse, grosse surprise. Alors, pour vous la remettre, il vous donne rendez-vous rue Mozart, le 5 décembre à une heure moins cinq. Vous avez bien compris ? Rue Mozart ; le 5 décembre; à une heure moins cinq.

- A midi cinquante-cinq, vous voulez dire ?

- Non, pas du tout, je croyais pourtant m'être exprimée clairement. A une heure moins cinq du matin. Zéro heure cinquante-cinq si vous préférez !

- Du matin  ! Vous plaisantez ! Elle n'est pas drôle votre far...

Mais il ne parlait déjà plus qu'au souvenir de la femme. Elle avait raccroché.

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Brigitte Bellac · il y a
Un texte profond voire enivrant qui m'a fait grimper de l'andante au scherzo au fil des paragraphes! ! Je me réserve une muse (????) une égérie (???) la MUSIQUE elle-même, pourquoi pas? pour demain car je pars dans l'instant! Gros bisous au Messin de mon cœur!
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Guy Bellinger · il y a
De la musique avant toute chose, comme disait un certain Paul, lui aussi natif de Metz. Sous l'égide de Saint Fony, un art qu'on sert tôt et qui vibra tôt en moi. Un art à donner le hoquet aux muses : ne dit-on pas "muse-hic ". Gros bisous à l'Auversoise de mon coeur !
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Silvie DAULY · il y a
Une culture musicale à nous donner des complexes! En dehors de cela, le suspense final est vraiment addictif et donne envie de lire la suite!
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Guy Bellinger · il y a
Rassurez-vous, je ne suis pas aussi cultivé que j'en ai l'air. ICe texte est la résultante de beaucoup de recherches, notablement sur les compositeurs de Metz, ma ville et, au sens plus large, de Lorraine. pour Mozart et le requiem, c'était moins dur. Je suis heureux par ailleurs que vous ayez adhéré au suspense final.
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Atoutva · il y a
Bravo pour vos connaissances musicales.
Il ne reste plus qu'à lire la suite.

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Eva Dayer · il y a
Un tourbillon musical ! je dois connaître deux des musiciens cités et serais bien incapable de citer leurs oeuvres. Bravo pour la richesse de ce texte ! je poursuivrai la promenade demain ...
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Guy Bellinger · il y a
Merci Eva. Je voulais en effet exprimer à travers ce texte mon amour pour la musique, les compositeurs et faire connaître les compositeurs de ma région. La suite participe de la même démarche mais devrait néanmoins vous surprendre
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michel jarrié · il y a
Félicitations tout d'abord pour vos connaissances musicales et aussi pour cette balade Messine. J'irais au rendez-vous, mais laissez-moi souffler, j'ai un point de côté...
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Guy Bellinger · il y a
Soufflez, je vous en prie. J'espère que la suite sera... époustouflante !
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Paul Thery · il y a
Il faut bien que ce soit ta signature qui m'incite à lire un texte aussi long, mais le jeu (d'archet) en valait la chandelle
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Guy Bellinger · il y a
Merci pout ton effort, Paul. C'est un texte qui a également été long à écrire en ce sens qu'il est fruit de beauoupe de recherches.
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