Rendez-moi mon cœur

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La pierre est blanche et scintillante sous les rayons du soleil, parfaitement taillée, semblable à un sourire de star à la télévision. Tout comme le sourire de ces femmes, de ces hommes qui ne montrent rien qu’une joie faussée, je ne lui trouve rien. Elle aurait été belle dans une autre situation, taillée autrement, servant à autre chose qu’à une personnification de la peine que je ressens. Elle aurait pu servir à tant de choses, à tailler un chat, une statue, ou simplement à boucher un trou sur une terrasse. Simplement à tout autre qu’à ça. Elle est belle, le soleil brille et lance de jolis reflets colorés sur sa surface. Toute la situation semble essayer de la rendre moins laide, de lui donner une beauté qu’elle n’a pas mais je n’arrive juste pas à voir autre chose que ton nom gravé. J’ai encore l’espoir stupide de te voir passer la porte de la maison ou de te croiser dans la rue. Tout serait moins douloureux que ton corps vide, désormais sans âme qui repose dans la tombe qui descend lentement dans le trou large creusé dans la terre. J’imagine parfois que tu es encore vivant, simplement partit loin de cette vie qui t'étouffait, que tu es devenu heureux très loin d’ici, allongé dans un pré, à l’ombre d’un arbre et que tu observes la nature bourdonner autour de toi, tout comme tu aimais le faire avec moi. Je me laisse à penser que tu m’as laissé derrière, mais que tu es vivant quelque part, même si ce n’est pas à mes côtés. Je ne peux pas arrêter de t’attendre le soir, enroulé dans un de tes pulls sur le canapé du salon, écoutant le silence qui ne m’a jamais paru plus étouffant. Tout de toi me manque, de la manière que tu avais de taper du pied en rythme en cuisinant jusqu’à la façon dont tu ronchonnais quand je ne rangeais pas quelque chose à sa place. Si tu pouvais juste me hurler dessus à nouveau, je serais le plus heureux des hommes, juste à entendre ta voix. Hurles, pleures,fais n’importe quoi mais fais quelque chose. Le silence immobile d’un corps mort est affreux.

Même si cela signifie que l’on ne sera plus jamais ensemble, jamais heureux tous les deux, je veux que tu reviennes. Même si tu pars avec quelqu’un d’autre, même si tu caresses ma joue en me disant que ça ne pourra jamais marcher et que la situation actuelle le prouve. Je veux juste te revoir. La vie est grise, je ne m’en suis jamais rendu compte avant mais les couleurs sont ternes. Le goût des choses est terne, la musique aussi, la joie, les sourires, la tristesse.Tout est terne, vide, sans le moindre sens, la moindre logique à ressentir. Autour de moi les gens pleurent, parce qu’un enterrement est toujours quelque chose de triste, mais moi pas. J’ai déjà trop pleuré, je pleurerais après, mais pas devant tout ces gens. Ils ne méritent pas mes larmes, et je ne veux pas leur donner accès à mon coeur qui déborde. C’est égoïste, mais je veux garder ma peine, mes angoisses pour nous. Ca a toujours été comme ça, toujours été simplement pour toi que je me laissais aller, me laissais ressentir. Personne n’est assez important ici, et je ne suis pas seul avec toi. Hors de question de partager quelque chose de si intime que mes larmes avec ces personnes que je ne connais pas, et que tu n’appréciais pas non plus. Elles ne sont là que pour se donner une histoire, se rendre importantes, mais elles ne le sont pas. Personne ne sait non plus ce que je fais là. Aux yeux des autres, nous n’étions rien de plus que des collègues de travail. Tu n'appréciais personne, c’était un fait connu. Tu ne faisais même pas confiance à la moitié des personnes présentes ici.

Je n’aime pas ce qu’on fait d’une cérémonie si importante. Je n’aime pas ce qu’on fait de nos adieux, ce n’est pas comme ça que ça devait se passer et toi, tu détesterais tout ça. Tu détesterais les fausses larmes, les personnes agglutinées autour de toi, expliquant qu’elles te connaissaient, que c’est un drame, qu’elles sont dévastées alors qu’elles te crachent dessus dans ton dos. Tu détesterais les journalistes infiltrés. Personne ne les voit, ils se font passer pour des amis, mais moi je ne peux pas m’empêcher de les observer. Tu détesterais ça autant que moi je le fais à l’instant, mais malheureusement tu ne peux plus te lever pour hurler sur l’assemblée, pour les faire détaler comme des lapins. Tu n’es plus vraiment là, ou en tout cas pas assez avec nous pour donner ton avis, alors tout le monde fait comme si tu étais d’accord pour tout. On parle de toi, pour toi, à ta place. Quelqu’un se lève, fait un discours que je n’entend pas, que je n’écoute même pas parce que je ne veux pas que leurs mots idiots viennent altérer les souvenirs que j’ai de toi. Je te connais plus que n’importe qui ici, et je pourrais leur expliquer tout ce qui est faux dans leur discours. Je ne les écoute pas, je veux simplement me concentrer sur la réelle version de toi, celle que je connais, que je chérie. Je ne veux pas polluer mon esprit avec ces gens qui pensaient comprendre l’homme que tu étais mais qui ne s’étaient que créés une vision de toi faussée.

J’aimerais que ça se passe comme dans les films. Une simple vision de la tombe, puis une ellipse temporelle de quelques années, avant qu’on ne voit le personnage principal qui a refait sa vie, qui est heureux. Ce n’est pas un film. Il fait beau, le soleil tape. J’aimerais que le ciel soit aussi triste que moi, qu’il arrête d’être si bleu, que le soleil se fane et arrête de donner un caractère si joyeux à cette journée, parce qu’elle ne l’est pas. Je voudrais que quelqu’un se rend réellement compte de ce qui se passe, de ce que nous sommes en train de faire, de ce qu’ils détruisent avec leur présence nauséabonde. Ce n’est pas comme dans un film et j’ai l’impression que tout ça dure des années pendant lesquelles je me tiens à l’écart, comme si je n’avais pas ma place ici, à observer les autres avant qu’ils ne s’en aillent enfin. Tous, sauf un. Quelqu’un comme moi, qui comprend la mascarade qu’est la situation actuelle. Il vient se placer à côté de moi, partageant ma position à l’ombre d’un arbre, à quelques dizaines de mètres de la tombe et je le laisse faire, me décalant simplement légèrement pour lui laisser la place. Je suis habillé en noir, comme à mon habitude, mais cette fois-ci personne ne m’en fait la remarque.

Nous restons silencieux durant de longues minutes que je passe à me perdre dans mes pensées, comme depuis plusieurs jours, heures. Il y a trop de choses qui se passent dans ma tête pour que je ne puisse même me laisser le temps de prendre une vraie respiration. J’ai l’impression de vivre en apnée depuis quelques temps, comme si un poids s’était posé sur ma poitrine. Comme si ton cadavre avait fondu sur moi, s’était cristallisé et refusait de bouger. Je te sens derrière moi, je sens ta main autour de mes hanches et ton souffle dans mon cou. Je sens tes baisers, tes caresses. Je sens ton torse contre mon dos sous les couvertures et tes mains qui caressent mon ventre. Je vois tes mains, ton corps, tes yeux, j’entends ta voix, ton souffle. Tu es encore là, avec moi, et ça me tue aussi violemment qu’un couteau dans la poitrine, parce que je te ressens encore et pourtant, tu n’es plus là. Je frissonne doucement, apportant à mon nez le col de la veste trop grande que je porte. La tienne. Je n’ai pas réussi à me séparer de ton odeur. Ta présence est douloureuse, et pourtant je refuse de m’en séparer. Je refuse d’accepter que, cette fois-ci, c’est terminé. Que tout est fichu. Je me sens seul, vide, froid. Je n’arrive pas à avoir chaud, ou à trouver un quelconque intérêt aux activités que je dois faire, alors je ne fais rien et je reste devant la fenêtre ou assis sur le canapé, et j’espère en vain ta présence qui ne revient jamais vraiment.

Ta maison est pleine de toi. Tu es partout, je ne peux pas poser mes yeux quelque part sans avoir ton image gravée sur la rétine. Des souvenirs qui prennent vie, des fantômes qui tournent autour de moi. Je ne supporte plus y rester, je serais bientôt incapable d’y poser les pieds, et pourtant je ne veux pas en sortir. Je veux rester avec toi, avec tout ce qui me reste de toi, même si ce ne sont que des souvenirs et des odeurs et même si ça me fait mal. Je sens ton odeur sur la veste, ou tes mains qui la déposait sur mes épaules, et mes yeux se remplissent de larmes. De petites perles liquides qui glissent en silence sur mes joues. Je serre les dents, agrippe ma poitrine en me tordant presque en deux sous une douleur invisible, mais bien réelle. Tout me rattrape, et je me rend enfin compte que tu es sous terre, réellement cette fois-ci. Ma respiration se bloque dans ma gorge et je plisse les yeux, essayant d'apercevoir la personne à mes côtés qui frotte mon dos doucement. Comme si cela pouvait m’apaiser. Il n’y avait que tes mains qui le faisaient. Je pleure, je gémis de douleur, et soudainement je hurle, parce que tout ce que je n’ai pas dit se bouscule dans ma gorge, essaie d’en sortir en même temps, et c’est une hécatombe. Le regret, la honte, la douleur, tout m’assaille d’un seul coup. J’aurais aimé te parler encore pendant des années, t’expliquer pendant des heures comment j’étais amoureux de toi, comment je voulais construire quelque chose, combien j’étais chanceux que tu m’aimes aussi. Combien tu étais la seule personne qui pouvait être bonne pour moi actuellement, puisque je ne pouvais plus l’être, que j’en étais incapable. Il y a toujours cette main sur mon dos, qui frotte doucement au dessus du vêtement.

Elle ne comprend pas ce que je peux ressentir. Personne ne le peut et je ne veux que personne ne le fasse. Je ne veux pas que quiconque puisse avoir un accès dans ma tête autre que toi, parce que tu avais accès à tout. Il aurait simplement fallu que tu me demandes, et je t’aurais tout donné, comme ça, sans regret, sans réfléchir et en sachant que je faisais la bonne chose. Mais ces choses ne sont qu’à toi et moi, et personne ne peut essayer de comprendre ce “nous”. Je me relève doucement, comme si j’avais peur de ne plus savoir marcher et je m’approche de toi, de ce qui me reste de toi avant de m’accroupir devant la pierre, la touchant du bout des doigts, passant sur ton nom avec tellement de tendresse que je ne me pensais pas avoir. J’ai toujours aimé ton nom qui roulait sur ma langue, c’était un son parfait, apaisant. Sous mes doigts, c’est comme de l’eau, un filet humide mais agréable au toucher. Et le désir de parler se fait sentir, ce désir de montrer à quelqu’un comment moi je te voyais, de lui faire comprendre que ce ne sont que des conneries, tous les autres. Alors ma voix brisée s’élève. Je n’ai pas parlé depuis que j’ai appris la nouvelle, je n’en voyais pas l’intérêt. Personne ne méritait plus ma voix que toi, personne ne méritait de m’entendre aussi cassé que ne l’était mon corps. Je ne suis plus habitué à une telle voix, à une telle tristesse qui sort de ma bouche.

La dernière fois que j’avais perdu quelqu’un, ce n’était même pas si déchirant, et je ne comprend pas pourquoi cette fois-ci c’est trois fois pire. Peut-être que l’autre n’était pas mon âme-soeur, mais que toi si. Je n’ai jamais cru à ces histoires, mais pourtant j’y aurais consacré toute ma vie si ça avait été un moyen de te garder près de moi.

« - Il aurait détesté tout ça.

Je chuchote, non pas parce que je dois être silencieux, mais simplement parce que je ne pourrais pas trouver la force de parler plus fort. L’autre s’approche un peu plus de moi, mais reste debout. Je dois être pathétique, à genoux devant toi.

- Il aurait détesté la façon dont ces gens le pleurent, alors qu’ils ne l’ont jamais aimé et qui ne leur apportait aucune importance. Il aurait détesté tout ça aussi fort que je ne le fais.

Les mots glissent tout seul, douloureux, ils rampent contre ma gorge, y plantent leurs ongles pour grimper jusqu’à mes lèvres.

- Il aurait détesté qu’on en fasse tout une histoire, que ce soit médiatisé, qu’il y ait tant de gens.

Tu t’étais préparé à mourir depuis longtemps, je le savais, et j’avais espéré tout de même que ça n’arrive pas. Je n’avais pas essayé de me préparer à quand cela arriverait, je n’avais qu’essayé d’oublier ça, de le garder loin de moi.

- S’il était encore vivant, il se foutrait de la gueule de cet enterrement. Il aurait tourné les talons et aurait été chercher une clope et un café. Il s’était déjà fait à l’idée qu’il allait mourir, et moi je ne l’ai pas écouté. J’ai essayé d’oublier, de ne pas y penser comme si ça suffirait à le garder près de moi, mais non.

Je ne regarde pas l’autre, je n’ai pas la force de détacher mes yeux de la pierre tombale, comme si, dès que je le ferais, ton nom s’en effacerait et emporterait avec lui tous les souvenirs.

- Je sais qu’il aurait voulu que je m’en sorte, que je n’ai pas mal. Ou peut-être juste que j’oublie, mais je ne peux pas. Je ne veux pas l’oublier, mais ça fait tellement mal.

Un sanglot se bloque dans ma gorge et me fait hoqueter, misérable.

- Je veux qu’il revienne.

Demande enfantine, comme un gamin à qui on aurait arraché son meilleur ami en peluche.

- Je le veux devant moi. Je veux le toucher, le prendre dans mes bras et qu’il me prenne dans les siens aussi. Je veux sentir ses mains sur mon visage et ses lèvres sur les miennes, même juste une fois. Je veux lui dire encore une fois que je l’aime, juste pour être certain qu’il le sait.

J’essuie avec ma manche mes larmes. Quelque part entre sa maison et ici, j’ai perdu toutes les manières qui faisaient de moi un glaçon vivant, un mur. Encore une fois, je suis incapable de rester indifférent quand il s’agit de toi.

- Je veux qu’il me dise qu’il m’aime encore une fois. Juste une.

Je n’ai jamais souhaité quelque chose aussi fort que ça. Je me relève, lâchant la tombe mais sans la quitter des yeux et je me place à côté de l’autre.

- Je veux qu’on me ramène mon compagnon. Je me fiche de tous les autres, il n’y avait que lui qui importait.

Un sentiment gronde dans ma poitrine et je passe à nouveau mes mains sur mes yeux, essuyant les larmes qui se mettent à couler trois fois plus violemment.

- C’est pas juste, pourquoi ça me tombe encore dessus comme ça ? Je voulais juste aimer quelqu’un, être heureux. L’aimer lui, personne d’autre et rester à ses côtés. Pourquoi on me prend encore mon cœur pour l’enterrer ou l’incinérer quelque part ? Pourquoi ça arrive toujours quand je suis à côté de quelqu’un ?

Un chat noir. Je me sens comme une malédiction, et je n’arrive pas à le supporter. Ça brise tellement de choses en moi que je suis même incapable de les compter.

- Je ne supporte plus sa maison. Il est partout, je le vois dans les miroirs, dans la rue. Je ne supporte plus de savoir qu’il est mort et qu’il va pas revenir. Pourquoi est-ce qu’il est parti ? Pourquoi est-ce qu’il m’a laissé seul ?

Je mord mes lèvres.

- Je l’aimais, tu sais ? Dis-je en me tournant vers mon partenaire dans ma descente aux enfers.

Personne ne pourra m’y remonter. Il n’y aurait que tes mains, ta force, mais tu ne peux plus venir m’y chercher.

- Je l’aimais comme un fou. Je l’attend le soir, devant la porte, comme s’il allait rentrer en ouvrant les bras, pour me dire “surprise !”. Il me manque. Son humour nul, son incapacité à communiquer avec les gens. J’ai aimé chaque partie de lui qu’il m’a montré, apprit à me faire à tout, à apprécier tout ce qui faisait qu’il était lui. On était enfin heureux. J’étais heureux. Je l’étais vraiment, comme s’il avait effacé tout les nuages d’un revers de la main. Mais il est parti, et maintenant c’est une tempête, un ouragan et sans ses mains je suis incapable de m’accrocher quelque part pour m’empêcher de me faire emporter. Je veux qu’il revienne, j’ai besoin de lui. J’ai besoin de sa voix, de sa présence pour rester sain d’esprit. La douleur va me rendre fou.

Je fais une pause.

- Je suis déjà fou. »

Je l’avais toujours été pour toi, mais là je suis fou de douleur, fou d’angoisse. Tout ce que tu faisais fuir avec ta présence me tombait dessus en même temps. Ces mains qui me touchaient sans que je ne le voulais, l’angoisse que je ressentais continuellement. La peine, la douleur, l’angoisse, la haine, le dégoût. Toutes les idées noires que tu faisais fuir loin de moi juste avec la chaleur de tes mains revenaient au galop dès que tu n’étais plus là pour les effrayer, et maintenant tu ne le serais plus jamais. Mon seul rempart contre le monde était tombé, et désormais ce n’était plus toi et moi contre tout ce qui pouvait nous faire du mal, mais juste moi, seul, tombé à genoux sur le champ de bataille à attendre que quelqu’un finisse par m’achever sans que personne n’arrive à me donner de coups. Maintenant c’est juste moi qui essaie de sortir la tête de l’eau mais qui n’arrête pas de me noyer. Je veux ta main pour me tirer de là, tes baisers, tes mots pour me dire que tout ira bien.

« - Je veux qu’on me rende mon partenaire. Tu entends ? Je dis, un ressentiment négatif dans la voix.

- Je veux qu’on me rende mon bonheur, mes sourires et ma joie, c’est juste ce que j’ai jamais voulu et on me l’arrache. Je veux qu’on me redonne ma vie.

Tu l’étais, cette vie dont j’avais envie, la seule que je pouvais avoir, que je voulais avoir. Mais on t’avait arraché à moi, et sans toi, j’avais l’impression de ne plus savoir comment vivre, de devoir tout réapprendre depuis le début sans y parvenir, sans savoir comment commencer, par où, et à qui demander. Sans toi j'étais perdu, loin dans ma tête, loin de tout ce qui me faisait vivre, loin de tout ce que j’avais appris. Loin, très loin dans ma tête où il n’y avait que les souvenirs de toi, avant qu’ils ne s’effacent et que je ne sois plus qu’un être de douleur, vide, sans âme, sans ressenti, sans envie. Ça commençait juste, mais ma descente aux enfers allait durer des années, et de ça, j’en étais sûr.

- S’il te plait, je veux qu’on me le redonne. Souffle-je doucement. J’ai besoin de lui. Par pitié. »

Je savais bien que même en le suppliant, il ne pourrait rien faire, parce qu’il était dans la même situation que moi. Incapable de faire quoi que ce soit pour arranger les choses, incapable de ramasser tous les morceaux pour recréer ce qui avait été détruit, et pourtant j’étais incapable de m’empêcher d’espérer qu’il saurait quoi faire. Tout comme tu avais été la solution à mes problèmes, j’avais besoin de quelqu’un qui pourrait me dire de ne pas m’inquiéter, que j’allais aller bien, que tu allais revenir et que tout reviendrait dans l’ordre, mais il ouvrit la bouche, comme un poisson, incapable de dire quoi que ce soit après toutes mes paroles et je compris qu’il était incapable d’être cette personne là, et que je serais incapable de trouver une quelconque autre personne que toi qui serait capable de calmer mes angoisses et de me faire vivre à nouveau comme une personne entière.

Je compris que sans toi j’étais perdu et qu’aucune de toutes les cartes que l’on pourrait jamais me donner ne mèneraient jamais plus vers toi. J’étais perdu et personne ne pouvait m’aider, parce que personne n’était toi, et jamais personne ne pourrait être ce que tu avais été, ou me dire ce que j’avais besoin d’entendre pour continuer à avancer. J’étais perdu, et tout comme on m’avait toujours dit, je ne bougeais pas, attendant que quelqu’un me retrouve. Attendant en vain que tu me retrouves, parce que tu ne serais plus capable de le faire, comme tu ne pourrais plus jamais me montrer le chemin à emprunter, ni quelle lumière suivre. J’étais totalement perdu, et je ne voulais que toi pour me faire revenir sur le droit chemin. Il n'y avait toujours eu que toi.
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