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Querelle d'amoureux

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Guy Bellinger

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Quand, d'un coup, j'ouvris les yeux, le soleil était déjà haut dans le ciel.

J'avais passé une nuit détestable, chargée de cauchemars et je me sentais en toute, toute petite forme.

Les yeux gonflés, le souffle court, la bouche pâteuse, j'attendais que veuillent bien se dissiper les effluves nocifs d'une nuit agitée. Mais les images horribles qui étaient cause de mon réveil en sursaut m'habitaient, me hantaient encore.

Tout près de moi, dans le grand lit blanc, la poitrine se soulevant et s'abaissant avec une régularité qui aurait dû me rassurer, Cécile dormait encore.

Je parcourus du regard le décor familier de notre grande chambre.

Contre mon attente, le malaise qui m'habitait, loin de s'estomper, s'accrut encore. Les spasmes de la nausée n'étaient pas loin.

A priori, tout semblait pourtant normal. Meubles, objets usuels et décoratifs, tout se trouvait à sa place attitrée. Rien à signaler sur ce front.

Malgré tout, je n'arrivais pas à me défaire de la conviction, intime et profonde, que plus rien n'était comme avant, que plus rien ne serait jamais comme avant...

Que m'arrivait-il ? Je n'étais pourtant pas sujet au délire...

- Allons, allons, me dis-je, une sensation désagréable consécutive à une mauvaise nuit, quoi de plus normal. Pas de métaphysique avant le petit déjeuner ; c'est mauvais pour la digestion !

Je me levai et, pieds nus, le pas assourdi par l'épais tapis, j'allai ouvrir les volets. Mes yeux furent assaillis par une lumière vive et violente et mes tympans percés par un chant d'oiseaux suraigu. Et pourtant, le soleil ne faisait que se lever... Et pourtant, pas une mésange dans les airs, pas une corneille dans les arbres...

Déstabilisé par le monde extérieur, je décidai de lui tourner le dos et de réveiller Cécile. Un baiser duveteux sur le méplat de la tempe droite et la belle marmonna quelques mots incompréhensibles avant de s'étirer comme une jeune chatte.

- Bonjour toi, lui fis-je.

Elle tenta de soulever les paupières, y réussit à moitié mais, sous l'effet de la lumière crue, les referma sur-le-champ. Quelques battements de cil plus tard ma jolie Cécile parvint à lever les persiennes de ses paupières, à faire naître à ce jour tout neuf ses pupilles pervenche et à percevoir - en contre-jour - la silhouette qui lui faisait face.

- Bonjour Monsieur, répliqua-t-elle, mutine. Pour bien commencer la journée vous êtes prié de m'appliquer un baiser juteux sur la bouche.

Comme chaque matin, je m'exécutai. Le premier baiser du jour était pour moi le plus délicieux, celui qui mêle avec piquant l'haleine un peu lourde de la nuit à la fraîcheur d'une paire de lèvres tout juste humectées de salive nouvelle.

Après quoi, Cécile se leva, toute de petits bâillements gracieux. Sur la pointe de ses pieds ailés de danseuse elle alla rejoindre la salle de bains. Je savourai ma chance d'avoir pour compagne cette sylphide dotée de tant de charme et, du haut de mon petit nuage, incrédule devant tant de bonheur immérité (pour la millionième fois je me demandai comment il se pouvait qu'elle soit mienne), je la suivis des yeux qui, comme chaque matin, vêtue de sa vaporeuse tenue de nuit, s'éloignait de moi à petits pas aériens. Je savais d'avance ce qu'elle ferait une fois dans la salle d'eau : elle boirait d'abord un grand verre d'eau, puis démêlerait - opération complexe ponctuée d'une série de grimaces à croquer - sa longue chevelure de jais tout embroussaillée par la nuit, débarbouillerait enfin sa drôle de frimousse avant d'enfiler son paréo de bain turquoise. Je savais même que la dite sortie de bain, elle la récupérerait au fond de la baignoire, là où elle l'avait jetée sans façons la veille au soir. Négligence exquise qui me la rendait plus chère encore à mon cœur... La grande toilette serait pour après le petit déjeuner et j'anticipai déjà la tenue qui serait l'objet de son choix du jour : blue-jeans et marinière à rayures bleues sur tee-shirt blanc avec ballerines tressées noires ? ou peut-être pantalon de lin blanc ajusté et chemisier cintré lilas avec escarpins gris à petits talons ? ou encore la tenue dans laquelle je la préférais entre toutes, cette fabuleuse mini robe-chemise noire ceinturée dans le dos, mi-chaste mi-sexy, qu'elle portait le jour béni où nos routes s'étaient croisées ?

Mais il y a un temps pour tout et pour l'heure j'avais quelques tâches domestiques à accomplir, le temps que Madame s'apprête : moudre le café, ou pour être plus exact, mettre en marche la commodité électrique prévue à cet effet ; verser la mouture dans un filtre préalablement disposé dans le porte-filtre ; mettre en marche la cafetière ; dresser la table du petit déjeuner... Pour tout dire, des tâches pas trop compliquées et donc tout à fait dans le domaine de mes compétences. Ce stade préparatoire à notre premier repas du jour une fois achevé, Cécile devait normalement apparaître à l'issue de son séjour dans la salle de bains. Si je ne me pressais pas trop ! Ensuite je lui passerais le relais et pendant qu'elle aérerait le lit et la chambre, qu'elle se livrerait à deux ou trois autres tâches prosaïques mais indispensables, que le café resterait au chaud dans la cafetière électrique, j'aurais juste le temps de prendre un bain rapide.

Tout se passa comme prévu et Cécile réapparut en temps voulu. Ses longs cheveux qui faisaient mes délices, et auxquels elle avait redonné de la discipline et de la souplesse, tombaient maintenant harmonieusement sur ses épaules que le paréo laissait (gentiment) à découvert. Nous enchaînâmes la phase suivante de notre rituel quotidien : un deuxième baiser pour marquer la prise de relais. Puis la salle d'eau où je trouvai mon bain déjà coulé. Je me hâtai de plonger mon corps encore légèrement contracté dans l'eau fumante. La magie opéra instantanément et je sentis la tension quitter mes nerfs et mes muscles noués sous l'effet du cauchemar de la nuit se dénouer délicieusement. Je me laissai aller à quelques instants de volupté mais je ne pouvais me permettre le luxe de lambiner aussi ne tardai-je pas à me savonner vigoureusement comme si je voulais nettoyer mon esprit - en même temps que mon corps - de toutes les salissures de la nuit. Au moment de sortir de la baignoire, je me rendis compte qu'il n'y avait pas de serviettes de bain à portée de main. Alors je fis comme le train du western, je sifflai trois fois - un truc que nous avions mis au point, ma chère et tendre et moi - pour faire venir l'autre quand il se trouvait dans une pièce contiguë ou à un bout éloigné de l'appartement. Cécile apparut bientôt et je la priai de bien vouloir me passer les objets du délit, autrement dit les draps de bain.

- Veux-tu que je t'essuie, chéri, me demanda-t-elle ?

- Non merci, tu es bien aimable, fis-je, mais j'ai une petite envie quand même... que tu m'embrasses !

Lorsque, épouse soumise, elle se pencha vers moi, je reculai pour lui échapper et enfonçai la tête sous l'eau. Le plus bas possible. Mais l'esquive, bien qu'audacieuse, ne réussit pas à décourager " l'ennemie ". Quelques dixièmes de secondes plus tard en effet, je sentis ses lèvres toucher les miennes. Alors, lui emprisonnant la nuque dans l'étau de mes bras, je lui maintins le visage sous l'eau savonneuse et gardai ses lèvres bien collées contre les miennes de façon à ce que, tout en exprimant notre désir mutuel, nous ingurgitions le moins possible du bouillon dans lequel nous trempions. Après l'avoir enfin libérée, je refis surface, et me frottant les yeux pour en chasser l'eau, je vis Cécile qui s'essuyait le visage en bougonnant. Ses cheveux, dont elle avait pris tant de soin quelques minutes auparavant, dégoulinaient à présent sur ses épaules, sur le haut de ses seins et de son paréo.

- Ah c'est malin ! Tu peux être fier de toi. Non mais regarde-moi le travail !
Le ton était sévère mais le regard rieur ne m'échappa pas. Elle me pardonnait, c'était évident. Quoiqu'à partir de ce moment j'avais intérêt à numéroter mes abattis. Je la connaissais trop bien : elle allait à coup sûr, par mesure de représailles, me jouer un tour à sa façon dès que l'occasion se présenterait...

En attendant ce moment cruel - et déjà attendu avec impatience - le petit déjeuner était servi.

Je m'attablai devant mon grand bol de café fumant. Une bonne odeur de pain grillé se mêlait à celle de mon - de notre - breuvage préféré. Cécile, bien que ne sucrant jamais le sien, tournait lentement son café, un petit sourire gentil ajoutant de la complicité à l'harmonie de son doux visage. J'étais face à elle, la contemplant tel un chef d'œuvre pictural de la Renaissance auquel Dieu, conquis par tant de beauté, aurait soudain décidé d'insuffler la vie.

Des paroles émises sur un registre un peu plus quotidien ne troublèrent qu'à peine la rêverie angélique dans laquelle j'étais plongé.

- On fait quoi pour ce dernier jour de congé ?

Revenant à moi, je quittai les hautes sphères où je planais pour les limbes du quotidien, mais quel quotidien !

- Je ne sais pas moi. Peut-être un petit-pique-nique et une balade en forêt. Avec tout ce soleil, ça devrait être sympa.
- Motion adoptée mais à une condition.
- On peut savoir laquelle, Votre Altesse ?
- Finir notre balade par un verre à l'Auberge du Bois, tu sais, celle qu'on a découverte lors de notre première promenade.

Affichant une mine grave, les sourcils froncés, je fis mine d'accorder à la question une attention intense.

- Oui... éventuellement... ça pourrait s'envisager... Mais à mon tour de poser mes exigences. Je veux... - que dis-je, j'ordonne - que tu portes ta mini-robe noire.
- Mmm... je ne sais pas... peut-être... ; en fait j'ai un peu peur que ça te donne des idées... ; toi, je te connais comme si je t'avais fait !
- Des idées peut-être, mais des idées légitimes... et légitimées !
- Dans ce cas...

La journée s'annonçait bien. Elle serait toute à nous et à personne d'autre. Je nous voyais déjà la main dans la main, devisant, riant et trouvant tous les prétextes possibles pour nous arrêter et presser l'un contre l'autre nos deux corps ventouses, pour unir les unes aux autres nos quatre lèvres goulues...

Douce évocation... A laquelle je fus arraché avec une sauvagerie inouïe...

Mon esprit baignant encore dans l'enchantement en était à nous représenter nous tenant amoureusement la main par dessus une table de bistro 1900 quand brusquement, sans le moindre signe annonciateur, le tonnerre infernal d'une explosion dantesque avait retenti à mes oreilles : Quelque chose avait volé en éclats ! ! ! Qu'était-ce exactement, je n'aurais su le dire, mais je percevais très nettement le cri de douleur d'un tout qui se fragmente, d'un agrégat d'atomes qui se désagrège. Que diable écartelait-on ainsi ? Était-ce mon cœur ? Était-ce mon âme ? Mes tempes se mirent à battre follement, mon rythme cardiaque à jouer les Ayrton Senna. Je partais dans tous les sens...

Je m'efforçai de contrôler ma respiration et me sentis un peu moins mal. J'étais bien conscient toutefois que quelque chose d'essentiel, de vital, venait de se briser en moi. J'avais la ferme conviction, l'intime assurance... que plus rien ne pourrait jamais plus être comme avant...

Je levai les yeux. Cécile me regardait bizarrement. Par terre, au pied de la table, son bol de café. Ou du moins ce qui, avant dislocation de son tout en d'intolérables fragments, avait été bol de café. Objet unique et cohérent, démembré et nié dans sa fonction, éparpillé en un nombre x d'éclats absurdes, et son contenu de liquide noirâtre à présent épandu en un purin nauséabond...

Je laissai lentement refroidir la lave du volcan qui bouillonnait en moi. Il me semblait toutefois qu'en contrepartie, mon cœur se pétrifiait sans rémission.

Mais qu'est-ce qui m'arrivait ? Pourquoi réagissais-je aussi violemment à un incident somme toute anodin ? Un peu de vaisselle cassée, une mini-mare de café à éponger, il n'y avait pas mort d'homme... Il n'en restait pas moins que le bel équilibre qui faisait mes journées était fracassé, anéanti...

Cécile, retrouvant la parole, s'excusa et s'employa à faire disparaître au plus vite les traces de l' " accident ". Pour ma part, je la laissai s'affairer sans piper mot... Une fois sa tâche accomplie, l'auteur du " délit " revint à table et se servit une autre tasse de café, s’ingéniant à refermer la parenthèse de l'incident, accroc infime dans le tissu de notre bonheur quotidien.


C'était pour moi l'occasion d'afficher mon soutien à Cécile, de l'aider à soulever la chape de gêne qui l'oppressait. Mais je ne la saisis pas... Rien n'aurait été plus simple pour détendre l'atmosphère que de lancer l'une de mes petites blagues favorites. Je n'en fis rien ; pour une raison inconnue - en tout cas rien qui ait à voir avec la logique ou même le simple bon sens - j'obéis à quelque chose en moi d'impérieux qui me soufflait à l'oreille qu'équilibre rompu se doit d'être rétabli. Et qui me disait que, pour que puisse reprendre la mélodie interrompue de ce beau début de journée, je n'avais d'autre choix que d'extérioriser ma contrariété.

- T'aurais pu faire attention, dis-je d'un ton aigre. Encore un bol qui prend le chemin du dépôt d'ordures ! Tu crois vraiment qu'on est assez riche pour jouer au jeu de massacre avec la vaisselle ?
- Excuse-moi. C'est vrai que je suis un peu maladroite. Mais c'est des choses qui arrivent.
- Peut-être bien, mais qui arrivent un peu trop souvent à mon goût. Je...
- Je t'en prie, arrête. Y a pas de quoi s'énerver pour si peu !
- Pour commencer, je ne m'énerve pas. Et si je m'énervais, ce ne serait pas " pour si peu ", comme tu dis. A moins que tu ne boives ton café dans " rien "? !!! Franchement, ça arrive trop souvent. Et puis toutes ces fringues que tu laisses traîner...
- Tous les défauts, quoi!
- Mais non...
- Mais si ! Et t'en oublies... Tiens, je vais t'aider à les retrouver : je me fourre les doigts dans le nez, je louche, je me fais chier à " Des hommes et des dieux ", je pue du bec... Ça te suffit ou je continue ?. Et tu dis que tu m'aimes ! Comment tu peux prétendre m'aimer si tu réagis comme ça ?
- Je vois vraiment pas en quoi l'amour...
- Ah, tu vois bien que tu ne m'aimes pas ; tu viens de l'avouer !
- Eh, c'est quoi ce plan foireux ?
- Mais parfaitement, c'est pas moi que tu aimes. Ta bagnole, ça tu l'aimes ; ton appart', je veux bien croire que tu l'aimes ; tes copains, ça y a pas photo, tu les aimes... surtout parce qu'ils me matent grave. C'est ça que tu kiffes chez moi. Vas-y, crache le morceau : je suis ta bimbo à domicile que tu sors au bout de sa laisse chaque fois que tu as envie de te faire mousser...!

Je restai médusé par la violence de sa réaction. Jamais jusque là Cécile n'avait eu pour moi un mot plus haut que l'autre... Qu'est-ce qui lui prenait ? Et puis à moi aussi, qu'est-ce qui m'avait pris de lui parler sur ce ton ? Pour un bol sans valeur, pas même sentimentale... Pour un peu de saleté par terre déjà nettoyée... Je savais que ça n'avait pas de sens mais je me sentais complètement impuissant à arrêter ou même à enrayer le déroulement de cette scène désolante. Je sentais même - et ça me nouait les entrailles - que cette stupide altercation irait à son terme... quoi que je fasse pour y mettre fin !

Un silence empoisonné s'était installé entre nous, entrelardé par les saccades brusques de Cécile qui débarrassait la table à la hussarde, les yeux baissés sur sa tâche, les traits crispés, la bouche tordue...
Je décidai de tenter malgré tout de rattraper le coup, en dépit de cette conviction profonde que... l'espoir était mort :

- Mais, qu'est-ce que je t'ai fait ?
- Bingo, la question qui tue ! Des reproches, toujours des reproches, et rien que des reproches... et Jojo, la gueule enfarinée, y se demande ce qu'y m'a fait ! ! ! Fais pas ci, fais pas ça... Attention où tu mets les pieds... Tu peux pas ranger un peu... Et patati et patata...! Si c'est une mère qu'y me fallait, j'en ai d'jà une, j'te signale ! ! !
- Cécile, je t'en prie, c'est moi qui m'excuse. Je suis de mauvais poil ce matin, je sais pas pourquoi. Écoute, on va quand même pas se trucider pour un bol à un euro pièce...
-Pour un bol, non!
Et, joignant le geste à la parole, Cécile alla au placard, l'ouvrit et, dans un élan de furia, balaya les deux piles de tasses à un euro pièce avec le geste du bras ample de la Dame à la Faux...

Un fracas incandescent déflagra dans mon cerveau. A nouveau, au centuple, mon univers explosait, se délitait, sombrait dans le néant... Je portai mes mains à mes tempes pour les empêcher de crever comme de la vulgaire baudruche...

C'en était trop. Tout mon être submergé par le tsunami de l'indignation n'était plus que fureur sans bornes. J'étais, je le comprenais maintenant, investi d'une mission : j'étais le bras armé d'un juste châtiment : j'allais punir ce qui avait défait, ressusciter ce qui avait péri, faire éclater mon coeur à reculons et en recoller les morceaux. J'allais frapper, FRAPPER, FRAPPER ENCORE ET ENCORE... ! ! !

J’agrippai la créature par l'épaule, la forçant à se retourner et à me faire face puis, avec une violence décuplée par la rage, je la giflai du revers de la main. Un instant sans voix, la sorcière se mit en retour à m'injurier copieusement. Rien ne pouvait moins me surprendre : qu'attendre d'autre d'une chienne de cet acabit ? Je la souffletai derechef et tandis que je m'appliquais à ma tâche, je sentis ma main cambrée se resserrer spontanément et se métamorphoser en un poing vengeur, commissionné pour meurtrir, molester, faire jaillir le rouge liquide purificateur...!

Une plénitude jusqu'alors inconnue m'habitait tout entier. JE SENTAIS MES CHAIRS MEURTRIES CICATRISER A LA VITESSE DE L’ÉCLAIR ; J’ÉTAIS EXORCISTE SACRÉ SE CHRYSALIDANT ; J’ÉTAIS IMMONDICES SE FLORIFIANT...

A mes pieds, à demi inconsciente, gémissait la condamnée sanguinolente. En mauvais état certes, mais le châtiment était encore trop doux pour celle qui avait osé s'attaquer à Dieu  !

CAR J’ÉTAIS DIEU N'EST-CE PAS ?

ET BELZÉBUTH, IL L'AVAIT PAYÉE COMBIEN POUR ME DÉTRUIRE, LA SALOPE ?

Je m'agenouillai et fis ce qui restait à faire. Lui enserrant le cou de mes mains d'acier, je pressai de mes pouces le canal par où transite la vie. Bientôt, les yeux de L'AUTRE s'exorbitèrent et elle eut beau se débattre, je ne relâchai pas mon étreinte. Enfin elle ne bougea plus.

BIENVENUE EN ENFER !


* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *



Je devais avoir sombré dans l'inconscience car ce ne fut que lentement, que pesamment, que douloureusement, que mon esprit, telle la guêpe captive de la poissure, parvint à s'arracher au néant. Je comprenais que je n'étais pas... nulle part, mais bien dans une sorte de tunnel et qu'au bout de ce tunnel il y avait... quelque chose.

Insensiblement, goutte après goutte, un univers s'infiltrait dans le réceptacle vide de ma cervelle. Une bouche de sortie m'aspirait au bout du souterrain... mais avec une lenteur extrême. La certitude m'habitait pourtant que, à un moment ou à un autre, j’accéderais à ce... quelque chose. Un quelque chose de singulièrement indéfini, de vaguement ondulatoire et d'horriblement visqueux...

Qui étais-je? Où étais-je? Quand étais-je?

Mon premier contact avec la terra incognita s'accompagna d'une désagréable sensation de nausée. Je sentais mon estomac gonflé par une énorme poche d'air.

Eh, mais puisque je possédais des organes - à tout le moins un estomac - j'étais donc quelqu'un !

Oui, ça me revenait maintenant : quand j'étais sous l'emprise d'une émotion violente, ça ne manquait jamais, je faisais une crise d'aérophagie...

...aérophagie, mais c'est une affection qui touche les humains, ça ! Un animal ne souffre pas de problèmes psychologiques... enfin je crois. Donc, j'étais un homme !

Cette dernière révélation ne me rassura pas. C'était même le contraire : une porte ouverte sur l'horreur. Un homme, moi ? Sûrement pas. Car si tel était le cas, j’étais le dernier, le plus maudit des hommes !

Moi, Blanchard, Pierre, François, Eric, né le 17 juin 1985, informaticien, signes particuliers néant, ai-je vraiment droit au titre d'homme ? Moi qui ai commis le plus monstrueux des meurtres en ce 20 juillet 2011 ? Moi qui ai ravi à celle que j'aimais plus que tout au monde le bien plus précieux qui soit sur cette terre, la vie ?...

Il fallait que je me lève pour vomir.

Et pour cela je devais d'abord ouvrir les yeux pour me repérer.

ET PAR LA MÊME OCCASION VOIR L'INSUPPORTABLE !

VOIR LE SANG A LA COMMISSURE DES LÈVRES DE CELLE QUI N’ÉTAIT PLUS.

VOIR LES YEUX RÉVULSÉS, LA BOUCHE TORDUE, LE VISAGE VIOLACÉ DE CELLE QUE J'AVAIS TANT AIMÉE.

Mais la nature commandait : je n'avais d'autre choix que de me redresser et d'atteindre les toilettes au plus vite.

Ce qui se passa dans la foulée fut une nouvelle cause de sidération. Pour tout dire, alors que je tentai précipitamment de me relever, ma main droite rencontra de la peau humaine, mais pas comme je l'avais anticipé, de la peau froide et rigidifiée par la mort. Non, c'était de la peau douce et tiède. Mon cœur accéléra encore - si c'était possible - ses battements frénétiques et mes paupières qui, jusque-là, étaient restées résolument closes, se soulevèrent comme mues par un ressort :

LE CORPS CHAUD, PALPITANT DE CÉCILE, A PEINE COUVERT D'UNE VAPOREUSE TENUE DE NUIT...

SA POITRINE SE SOULEVANT ET S'ABAISSANT RÉGULIÈREMENT...

CÉCILE VIVANTE...!!!

Me redressant dans le lit, je contemplai ce miracle de la nature qu'était ma jeune compagne. Je m'entendis rire et sangloter en même temps. Je n'avais plus envie de vomir : rien de ce que je venais de vivre n'avait existé ailleurs que dans mon cerveau abusé par le sommeil.

Je ne dis pas que j'étais en excellente forme. Les yeux encore gonflés, le souffle toujours un peu court, la bouche désagréablement pâteuse, j'attendais que veuillent bien se dissiper les effluves nocifs d'une nuit agitée. Mais tout ça n'était rien face à la bonne nouvelle : je n'avais pas assassiné la joie de mes jours. Comment l'aurais-je pu d'ailleurs, moi qui répugne à tuer ne serait-ce qu'un minuscule insecte ? Dans quelques minutes le balai du réveil aurait fait le ménage dans mon crâne et je me réjouissais de la belle journée d'été qui s'annonçait et que nous nous étions réservée à tous les deux pour ce dernier jour de congé commun.

Je jetai un coup d’œil circulaire à notre grande chambre et constatai avec soulagement que tout était normal. Meubles, objets usuels et décoratifs, tout se trouvait à sa place attitrée.

Fou de joie, transporté par un enthousiasme effréné, j'entrepris de réveiller Cécile en la couvrant de baisers. Avec quelques marmonnements à peine audibles, ma bien-aimée s'extirpant de son sommeil, m'en rendit quelques-uns. Mais elle était encore trop endormie pour s'interroger sur mon tendre débordement. Pas si étonnant que cela d'ailleurs si l'on songe que nous avions commémoré la veille notre premier... mois de mariage. Bientôt, les yeux mi-clos, elle s'étira comme la jeune chatte qu'elle était.

- Bonjour toi, lui fis-je, d'une voix rieuse mais que l'émotion rendait légèrement chevrotante.

Je mis probablement trop de hâte à me relever, ce qui m'occasionna un léger étourdissement... Cette nuit atroce n'avait pas été sans séquelles après tout. L'estomac encore un peu boursouflé, la démarche encore mal assurée, mais le moral au beau fixe, les pieds nus assourdis par l'épais tapis, j'allai lever les volets et voulant faire pénétrer dans la chambre le temps magnifique du dehors, j'ouvris toute grande la fenêtre. Un air pur, encore vivifiant de fraîcheur matinale, ruissela à l'intérieur. Je m'accoudai au rebord, humai l'oxygène bienfaisant tout en me laissant bercer par le chant énergique des oiseaux déjà en pleine activité.

En me retournant vers Cécile, je ne vis plus que la forme de son corps : elle s'était réfugiée sous le drap ; l'air du dehors avait dû la réveiller complètement et... la saisir. Sortant la tête de sa protection acrylique, elle me fit un petit coucou agrémenté d'un signe de la main en direction de la fenêtre. Je jugulai le flux d'air frisquet. Dès lors plus rien ne s'opposait à son lever ; ce à quoi elle se livra pour le plus grand plaisir de mes yeux. D'abord de face, je pus admirer une fois de plus sa silhouette svelte et bien proportionnée tout en me concentrant plus particulièrement sur des territoires à peine voilés et à moi réservés, les collines de ses seins ainsi que le triangle des Bermudes dans lequel j'aimais à me perdre. Puis elle se retourna, faisant maintenant face à la salle de bains : je suivis avec gourmandise l'arrondi mobile de ses fesses. "La femme nue vue de dos" de Bonnard avait succédé à "La naissance de Vénus" de Botticelli !

Je savais d'avance ce qu'elle ferait une fois dans la salle d'eau : elle boirait d'abord un grand verre d'eau, puis démêlerait - opération complexe ponctuée d'une série de grimaces à croquer - sa longue chevelure de jais tout embroussaillée par la nuit, débarbouillerait enfin sa drôle de frimousse avant d'enfiler son paréo de bain turquoise. Je savais même que la dite sortie de bain, elle la récupérerait au fond de la baignoire où elle l'avait jetée sans façons la veille au soir. Négligence exquise qui me la rendait plus chère encore à mon cœur... La grande toilette serait pour après le petit déjeuner et j'anticipai déjà la tenue qui serait l'objet de son choix du jour : blue-jeans et marinière à rayures bleues sur tee-shirt blanc avec ballerines tressées noires ? ou peut-être pantalon de lin blanc ajusté et chemisier cintré lilas avec escarpins gris à petits talons ? ou encore la tenue dans laquelle je la préférais entre toutes, cette fabuleuse mini-robe-chemise noire ceinturée dans le dos, mi-chaste mi-sexy, qu'elle portait le jour béni où nos routes s'étaient croisées ?

Mais il y a un temps pour tout et pour l'heure j'avais quelques tâches domestiques à accomplir, le temps que Madame s'apprête : moudre le café, ou pour être plus exact, mettre en marche la commodité électrique prévue à cet effet ; verser la mouture dans un filtre préalablement disposé dans le porte-filtre ; mettre en marche la cafetière ; mettre la table du petit déjeuner... Pour tout dire, des tâches pas trop compliquées et donc tout à fait dans le domaine de mes compétences. Ce stade préparatoire à notre premier repas du jour une fois achevé, Cécile devait normalement apparaître à l'issue de son séjour dans la salle de bains. Si je ne me pressais pas trop ! Ensuite je lui passerais le relais et pendant qu'elle aérerait le lit et la chambre, qu'elle se livrerait à deux ou trois autres tâches prosaïques mais indispensables, que le café resterait au chaud dans la cafetière électrique, j'aurais juste le temps de prendre un bain rapide.

Tout se passa comme prévu, à la grande satisfaction de cet amoureux de l'ordre et de l'harmonie que je suis. Je succédai bientôt à Cécile dans la salle d'eau, me rasant tout en sifflotant un petit air guilleret qui me trottait dans la tête depuis l'enfance. J'avais juste le temps nécessaire pour prendre un bain rapide. Cécile avait eu la délicate attention de me remplir la baignoire et je n'eus plus qu'à me glisser avec délice dans l'eau bien chaude, propre à me nettoyer le cerveau de tous les miasmes de la nuit. Je me savonnai avec toute l'énergie dont mes muscles étaient capables à cette heure de la matinée puis m'allongeai quelques minutes dans l'eau fumante, laissant mon corps se délasser et se débarrasser de toutes ses toxines. Si tout se passait comme prévu Cécile devait en être à l'aération du lit et de la chambre, alors je jugeai qu'il était temps pour moi de quitter l’élément liquide. A peine m'étais-je séché et rhabillé que mes oreilles captèrent l'appel attendu :

- C'est prêt.

Tout s'enchaînait parfaitement... Rien ne me plaît davantage que les choses qui se passent comme elles doivent se passer. Rien ne me déplaît plus que ce qui contrecarre la fluidité des événements...

Je m'attablai devant mon grand bol de café fumant que je portai à mes lèvres puis laissant tourner le liquide brûlant dans ma bouche, je le dégustai avec délice, comme je l'aurais fait d'un grand vin. Ensuite je pris du bout de mon couteau une noix de beurre que j'étalai lentement sur un toast tiédi et le portai à mes lèvres, le mordillant à petits coups pour laisser exprimer sur mes papilles gustatives et le génie du pain et l'âme du beurre. Le tout sans quitter Cécile des yeux, m'abreuvant de l'élixir de son sourire...

Des paroles émises sur un registre on ne peut plus quotidien ne troublèrent qu'à peine la rêverie séraphique dans laquelle j'étais plongé.

- On fait quoi pour ce dernier jour de congé ?

Revenant à moi, je quittai les hautes sphères où je planais pour les limbes du quotidien, mais quel quotidien !

- Je ne sais pas moi. Peut-être un petit-pique-nique et une balade en forêt. Avec tout ce soleil, ça devrait être sympa.
- Motion adoptée mais à une condition...

Il y eut un instant de silence.

- Qu'est-ce tu as, ça ne va pas ? Tu es devenu tout pâle tout d'un coup...
- Ce n'est rien, ma puce... juste un petit malaise... ça va passer....

A nouveau l'estomac hypertrophié... A nouveau la nausée... A nouveau l'irrépressible montée de l'angoisse et la cauchemardesque impression de vivre un cauchemar diurne, réplique infâme de mon cauchemar nocturne.

Car, l'évidence était là. ELLE CREVAIT LES YEUX : la scène dont Cécile et moi étions les protagonistes REPRODUISAIT POUR L'INSTANT ET QUASI A L'IDENTIQUE les prémices de L'ABOMINATION...

Nom d'un chien, qu'avait dit Cécile tout de suite après dans mon rêve ? Quelque chose comme... " On peut savoir laquelle, Votre Altesse ? ". Oui, c'était ça. C'était exactement ça. Les mots mêmes dont s'était servi Cécile, des mots pas banals, teintés de tendre ironie. Je ne pouvais pas me tromper.

ET IL NE FALLAIT PAS QU'ELLE LES REDISE !

SINON...

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IL FALLAIT QUE J'EN AIE LE CŒUR NET.

Dans un effort désespéré, je parvins à rassembler mes dernières forces, à afficher un sourire à peu près convainquant.. Alors, utilisant les termes exacts qui avaient été les miens, je reposai ma dernière question. POUR VOIR...

- Excuse-moi, ça va mieux, je disais donc : Motion adoptée mais à une condition...

EN AUCUN CAS IL FALLAIT QU'ELLE NE REPONDE : On peut savoir laquelle, Votre altesse ?

SINON...

Le soulagement se lisait dans les yeux de Cécile, qui me croyait tiré d'affaire. Comme pour alléger encore l'atmosphère, elle me répondit, badine :

- ON PEUT SAVOIR LAQUELLE, VOTRE ALTESSE ?

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LE DÉCOR QUI M’ÉTAIT CHER SE MIT A TOURNER AUTOUR DE MOI, TRÈS LENTEMENT POUR COMMENCER PUIS PLUS VITE PUIS PLUS VITE ENCORE, TEL UN TOURBILLON DÉVASTATEUR EMPORTANT AVEC LUI TOUTES MES JOIES, TOUT MON AMOUR, TOUS MES ESPOIRS,TOUTES MES CERTITUDES... LIBÉRANT MES ANGOISSES, OUVRANT LA PORTE A LA TERREUR, ME LIVRANT PIEDS ET POINGS LIÉS AU DÉSESPOIR...

TOUT ÉTAIT CLAIR MAINTENANT : SI CÉCILE FAISAIT TOMBER LE BOL, L'HORRIBLE SCÈNE DE LA NUIT ALLAIT SE REPRODUIRE A L'IDENTIQUE. ET JE NE LE SUPPORTERAIS PAS !...

DU PUITS SANS FOND DE MON MALAISE JE VOULUS ALERTER MA COMPAGNE, LUI CRIER, LUI HURLER DE PRENDRE GARDE MAIS LES MOTS NE VOULAIENT PAS SORTIR...

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Inquiète, Cécile tenta, elle, de m'aider :

- Ça ne va vraiment pas, on dirait... Attends, je vais aller te chercher de l'aspirine.

En se levant , sous l'effet de la hâte, elle heurta son bol de café qui se mit à tourner, à tourner,...A TOURNER AU BORD DE LA TABLE.

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JE PREFERAI FERMER LES YEUX.

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Cudillero · il y a
Merci pour votre invitation à vous lire ! Votre nouvelle est excellente, fort bien écrite et entretient l'angoisse et le suspens jusqu'au bout. Une bien belle approche du thème "entre rêve (ou cauchemar) et réalité". Très bonne fin de journée. :)
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Guy Bellinger · il y a
Je suis heureux que mon récit vous ait plu. J'avais tellement aimé le vôtre que j'aurais été déçu de... vous décevoir.
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Adèle · il y a
texte long mais on ne s'ennuie pas une seconde: il est bien écrit avec un suspense renouvelé. Belle histoire !
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Guy Bellinger · il y a
Vous avez adhéré à ce récit assez long sans vous ennuyer. J'en suis heureux.
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Sapho des landes · il y a
J'ai beaucoup aimé ce cauchemar sans fin, ce destin qui paraît inéluctable mais qui au final laisse au lecteur le choix de l'espoir ou pas. Seul petit bémol dont vous ne me tiendrez pas rigueur j'espère, le style un peu trop "chiadé", peut-être l'emploi du passé simple, qui du coup rend improbable le langage injurieux échangé entre les deux personnages.
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Guy Bellinger · il y a
Heureux que vous ayez aimé ce texte cauchemardesque. Pour ce qui est du style trop "chiadé", je préfère cette critique à l'inverse, qui m'est aussi adressée lorsque je pratique une langue moins soutenue, par exemple dans "Palme d'or au Festival des tronches de cake" ou "Mille et trois". Le choix du passé simple est volontaire : il est censé accentuer le malaise en créant une distance avec le côté (faussement) rassurant du quotidien, que rend bien le présent de l'indicatif.
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Brigitte Bellac · il y a
Une effroyable maîtrise dans l'horreur... Je suis sous le coup de cette histoire atroce qui fait semblant d'être légère et tendre jusqu'à ce que... Le "fatum" est là, en embuscade... La tragédie se noue inéluctablement... Brrr! Merci à mon monsieur Bellingerde m'avoir traînée, entraînée ainsi la camisole de la folie... POSSIBLE!
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Guy Bellinger · il y a
Ah, vous tremblâtes, carcasse ! Il faut dire que j'ai mis le paquet, entre la tendresse trognon des débuts et l'horreur la plus absolue qui frappe de manière aveugle (comme c'est le cas aussi dans "Le tas d'os et la grenouille éclatée" et "Rouge Mirabelle"). Peut-être suis-je un monstre tapi dans le velours de ma courtoisie et de mon humour ? Attention en tout cas, Brigitte, car si je suis le psychopathe qu'on peut craindre, il faut que vous votiez tout de suite : sinon l'incroyable Hulk va devenir tout vert et tout boursouflé !
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Brigitte Bellac · il y a
Arghhh! tout à ma trouille ,le fait est que j'avions oubbbbiiiiiéééé de votasser! Oubli réparé! Bonne journée comme on dit vulgairement! J'ira voir vos autres z(oeuvres très vite bien sûr! A très vite!
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Caro · il y a
(pardon pour le doublon, mon commentaire ne passait pas)
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Guy Bellinger · il y a
Pas de problème. Un doublon pareil, j'en redemande !
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Caro · il y a
Plus vrai que nature, du grand art !
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Caro · il y a
Plus vrai que nature, du grand art !
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Roxane73 · il y a
Un si bel amour. ...ne pourrait-il être démoniaque? On est pris dans cette histoire presque "gothique "( selon mon ressenti) et qui pourrait être le début d un film .. à la Stephen King...qu en pensez vous? ...j aime +++et je vote! !!
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Guy Bellinger · il y a
Très touché par votre commentaire. Le côté "gothique" n'est pas illogique. Je suis en train d'écrire avec un ami un recueil de nouvelles, "Metz noir" d'où le Satanique n'est pas absent. et je suis loin d'être un ennemi de Stephen King. Si cela vous intéresse, j'ai écrit un poème d'introduction "Polychrome, la ville" (http://short-edition.com/oeuvre/poetik/polychrome-la-ville-ou-metz-noir) qui va dans le sens que vous indiquez.
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Roxane73 · il y a
Oui cela m interesse. .et je suis une fan absolue de Stephen King!
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Miss Free · il y a
Très prenant et cauchemardesque! Impossible de modifier l'issue dramatique. Et si tout était écrit d'avance?
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Guy Bellinger · il y a
C'est une des possibilités. Mais avec cette fin ouverte malgré tout, j'ai voulu laisser une chance malgré tout à ce gentil petit couple.
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Jeff Morel · il y a
Très belle histoire d'amour qui vire au cauchemar et à la folie. On ne sait pas si le personnage est un maniaque ou simplement victime d'une mauvaise nuit. Bien vu et très bien écrit.
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Guy Bellinger · il y a
Content que mon histoire et mon style vous aient plu, d'autant que j'ai affaire à un connaisseur.
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