Quatre vies pour une déesse

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40 ans dans l'industrie, les machines et la robotique ça laisse des traces... et des interrogations ! Heureusement la découverte tardive de l'écriture me permet d'aller au delà d'une rude  [+]

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Niguish longe la falaise. Il espère y trouver une cavité pour un abri temporaire. Par endroits, il est obligé de dégager la neige entassée au pied. Heureusement que les chutes se sont arrêtées en fin de nuit. Il profite de la chaleur relative qui règne au pied de la falaise frappée par le soleil pour prendre une pause. Il ôte ses chausses et ses guêtres en peau de renne qui sont trop humides et se frictionne les pieds. Écartant les pans de sa cape, il offre sa poitrine au soleil et tire de sa besace un filet de saumon séché. La faim le tenaille depuis le matin, mais il se rationne. La remontée du glacier a été longue et sans répit depuis l’aube. De l’autre côté du col, il retrouvera son clan, le clan Serdène, si toutefois le chaman Pernaguesh n’a pas décidé que le mieux était de redescendre plus bas dans la vallée avant son retour. Il lui faudra alors au moins deux jours de plus pour le rejoindre au bord du grand fleuve.
Ce qui l’inquiète ce sont les autres. Ceux qui sont éventuellement à sa poursuite. Quelle serait son avance sur eux ? Il n’en sait rien. Au mieux une demi-journée. Et puis combien seraient-ils ? Deux, trois, quatre ? Pas plus certainement. Ils sont peu nombreux dans le clan Bérak qui ne peut pas se départir de ses meilleurs chasseurs. Surtout en ce début d’hiver. Il espère que son stratagème a fonctionné et que ceux-ci le traquent dans la direction opposée. Mais rien n’est sûr. Aussi il ne faut pas qu’il s’attarde. S’il se repose trop longtemps, avec les traces qu’il laisse dans la neige, leur approche sera simplifiée.
Au fond de sa besace, il caresse l’objet qu’il a subtilisé. Ce n’est pas le produit d’un vol, c’est un juste retour des choses. Il boit au filet d’eau qui coule le long de la paroi chauffée par le soleil, se rechausse, récupère son matériel et reprend sa course. Il lui faut absolument passer le col avant la nuit.
Il longe la dernière barre rocheuse qui se déploie sur sa gauche jusqu’au col. Il en est presque à courir dans la neige à mi-mollet pour rattraper le temps perdu. À cette hauteur, la couche de neige poussée par le vent qui monte de l’autre versant est de moins en moins épaisse. Encore une centaine de foulées avant d’atteindre le col et d’entamer la descente. Pourtant il s’arrête et lève les yeux vers le haut de la barre. S’il grimpe les quelques roches au-dessus de lui et redescend sur l’autre versant, il évitera de laisser des traces au passage le plus évident. Et puis ce sera un bon point d’observation sur ses poursuivants. Peut-être qu’il n’en sera que plus repérable, mais il n’a pas le choix, il doit connaître son avance avant de continuer. Il grimpe aisément les quelques rochers.
Débouchant au sommet, il se plaque soudain au sol. Il y a deux hommes sur l’autre versant. Le vent qui remonte transporte jusqu’à lui leurs voix et leur odeur. Il les entend discuter sans comprendre un mot. Il avance prudemment au bord de la corniche et jette un œil en contrebas. Ce sont des poursuivants, adossés à la roche. Niguish reconnaît le grand rouquin qu’on appelle Zaïmane et un autre, plus petit avec une longue balafre au visage. Comment ont-ils fait pour le devancer sans qu’il s’en aperçoive ? Peut-être en remontant de l’autre côté du glacier. Ou en grimpant plus à gauche et en suivant la corniche. Il comprend qu’ils sont montés plus vite, car contrairement à lui, ils sont chaussés de raquettes. N’ayant pas trouvé de traces au col, ils sont presque sûrs de l’avoir devancé. Aussi, leur position est stratégique, bien protégée sous la barre rocheuse à guetter son passage à moins d’une trentaine de pas.
Niguish réfléchit. Il ne peut pas rester où il est. Il n’y a pas de quoi s’abriter, le vent y est plus violent et le froid plus intense. Il risque de mourir gelé dès que le jour tombera. Faire demi-tour est inenvisageable. Il n’a pas le choix. Il ne peut qu’engager le combat, mais pas à deux contre un.
Il s’approche presque en rampant au bord de la barre et regarde à nouveau en contrebas. Les deux hommes sont accroupis côte à côte contre la paroi. Il les surplombe de trois ou quatre hauteurs d’homme, pile à la verticale. Il se redresse et cherche autour de lui une pierre qu’il arrache du sol. Il se place au-dessus du vide juste à l’aplomb du rouquin, car c’est lui le plus fort, le plus puissant, celui qu’il doit éliminer en premier. La pierre, lourde comme un sanglier mort, vient frapper le crâne du rouquin. Il entend le bruit sourd du choc et voit le corps de l’homme basculer en avant, la face dans la neige. Le balafré, pousse un cri, se redresse, lève la tête et a juste le temps de voir en contre-jour un buste disparaître. Il crie de plus belle, se précipite sur son compagnon, le retourne. Le crâne est enfoncé sur tout un côté, découvrant une partie de la cervelle. Le sang qui s’échappe encore imbibe la neige autour. L’homme crie de rage et sans plus réfléchir jette sa cape, décroche la hache qui pend le long de sa cuisse et grimpe avec agilité la paroi rocheuse, ne s’aidant que d’une main. Niguish, surpris par cette réaction, le regarde progresser sans bouger. Il ne doit pas lui laisser le temps d’atteindre le sommet. Il se reprend, ramasse une pierre grosse comme le poing et la lance. Elle passe à deux doigts du crâne du balafré. Celui-ci, galvanisé et d’une souplesse peu commune, débouche au sommet avant que Niguish ait eu le temps d’attraper sa sagaie posée au sol, il ne peut que tirer de sa ceinture le poignard effilé en ivoire qu’il tient de son père. Il esquive la hache balancée d’un ample mouvement qui déséquilibre l’homme. Niguish se jette sur lui. Son poignard s’enfonce juste sous les côtes.
Il y a de la surprise dans le regard du balafré. Niguish le saisit à la gorge et entraîne par son propre poids, tombe sur son adversaire. À califourchon sur lui, à trois reprises le poignard pénètre entre les côtes. Le sang gicle sur ses mains et ses cuisses. Le balafré expire les yeux grands ouverts fixés dans ceux de son tueur.
C’est la première fois que Niguish voit l’âme s’enfuir des yeux d’un homme. Il a tué des centaines d’animaux et veillé l’agonie de membre du clan, mais jamais il n’avait été troublé à ce point. Jamais il n’avait vu la vie s’enfuir de cette manière chez un être humain. En regardant le sang qui coule encore des plaies sur ses mains poisseuses, il comprend soudain ce que lui disait son père, de l’exaltation ressentie lorsqu’on tue un autre homme. Une exaltation qui fait de soi un guerrier.
Une brusque rafale de vent le tire de son état. Il ne faut pas qu’il reste là. Une tempête de neige remonte derrière lui le long du glacier. Il récupère ses affaires qu’il jette au pied de la barre rocheuse là où gît le rouquin. Il laisse le balafré exposé au sommet de la barre. Il y a peu de chance pour que quelqu’un passe à cet endroit dans les semaines qui suivent et reconnaisse les corps. Et puis les charognards auront bientôt dispersé les os des cadavres, bien avant que les neiges ne fondent.
Il descend de la barre rocheuse. La lumière faiblit d’un coup. Il est à peine au pied que la neige se met à tomber. Des flocons en rafale qui viennent de passer le col et lui fouettent le visage. Le vent qui a tourné est de plus en plus violent et glacial. Impossible de continuer son chemin dans ces conditions. Il récupère les capes et les besaces des deux hommes et ainsi chargé se ménage un abri à quelques pas entre deux rochers. Protégé par plusieurs épaisseurs de fourrures, il y passe la nuit.
***
Le lendemain, le ciel est clair à son réveil alors que le soleil n’a pas encore émergé des sommets. Il dégage la neige qui s’est accumulée sur les fourrures et constate qu’il n’en est pas tombé tant que ça. À quelques pas, dépassant du manteau neigeux, se dresse un bras du cadavre du rouquin. Avant de se lever, il mange ce qu’il trouve dans les besaces des deux hommes, de la viande séchée, des noix et même des racines blanches très amères qu’il ne connaît pas. Avant de partir, il retourne le corps du rouquin, aussi raide qu’un tronc d’arbre. Autour de son cou est accroché un collier fait de trois canines d’ours espacées par deux rangs de quatre magnifiques pierres noires. Niguish avait déjà remarqué l’objet lorsqu’il était dans le clan Bérak. Il le trouve très beau et se dit que cette parure serait une juste rétribution pour avoir vaincu un homme au combat, comme il l’avait vu faire par son père. Il le récupère et se le passe autour du cou. Avant de partir, il déplace le corps au pied de la paroi et sans trop savoir pourquoi, le recouvre avec la peau d’ours lui ayant appartenu. Le soleil surgit soudain au-dessus des sommets. Il est temps pour lui de descendre en espérant arriver avant la nuit.
***
Il franchit la ligne des derniers sapins qui couvre le fond du vallon et fait une pause. Il n’y a plus de neige à cet endroit. Devant lui court le torrent qu’il suit depuis la mi-journée, torrent parsemé de rochers et bordé par les premiers feuillus en partie dégarnis. Il estime le temps qu’il lui reste pour le longer avant d’atteindre l’endroit où il se jette dans la rivière. Arrivé à cet endroit, la nuit sera sans doute tombée, mais le terrain est plat et le campement, tapi au pied d’une falaise, plus très loin. Il reprend sa course avec plus de vigueur malgré la fatigue.
Une fois la rivière atteinte, la lune apparaît au-dessus des arbres, se reflétant dans l’eau. Il hume le vent qui lui apporte par moments l’odeur d’un feu. Lorsqu’il dépasse le premier coude de la rivière, il aperçoit sur sa gauche à une portée de voix, la lueur du feu qui éclaire la base de la falaise. Il a soudain très faim et la fatigue se fait sentir. Il était temps d’arriver.
Dès qu’il se présente à l’orée du campement, les enfants se précipitent vers lui, à crier et sauter comme de jeunes chiots. Bientôt, tout le clan s’approche, s’inquiétant de sa forme, lui apportant de quoi se restaurer. Il s’assoit près du feu et mange tout ce qu’on lui apporte. Une main se pose sur son épaule. Pernaguesh le chaman vient lui murmurer à l’oreille :
— Nous avons à parler.
Niguish opine de la tête et lui fait comprendre que ce sera après avoir mangé.
Curieusement, aucun membre adulte du clan ne lui pose de questions sur sa mission. Même sa compagne reste muette à ce sujet. C’est en se redressant qu’il comprend pourquoi. Il aperçoit dans la lueur des flammes, un homme grand et blond debout à côté du chaman qui lui pose la main sur l’épaule. Il dit à Niguish :
— Je te présente Jovaïm, fils de Koraïmane et frère de Zaïmane du clan Bérak. Nous lui avons donné l’hospitalité pour la nuit. Il vient du clan Kénoar plus bas dans la plaine où il vit depuis que sa compagne l’a choisi. Il doit rejoindre son clan pour porter la nouvelle de la naissance d’un fils. Tu as sans doute rencontré Zaïmane ?
Niguish déglutit. Pernaguesh n’aurait jamais dû faire état de cette rencontre. Quelle erreur ! Il ne sait quoi répondre et se trouble. Ça n’échappe pas au chaman ni à Jovaïm qui ne sait comment interpréter cette attitude. Mais Niguish se reprend, se fend d’un large sourire et tape dans la main de Jovaïm en signe de bienvenue.
— Ton frère est un homme très intelligent et d’une grande force, dit-il. Tu lui ressembles beaucoup.
La flatterie fait son effet. L’homme blond acquiesce au compliment, mais soudain son sourire se fige. Niguish referme les pans de sa cape et se tourne vers le chaman.
— Je suis fatigué. Permets-moi de me retirer.
Il fait demi-tour et rejoint sa yourte. Une fois à l’intérieur avec sa compagne, il repense à ces derniers jours, à se demander ce qu’il doit raconter de ce qu’il a vécu et surtout quelle attitude avoir vis-à-vis de Jovaïm. Il devrait partir demain ou même plus tard, mais dans tous les cas, le risque qu’il tombe sur le cadavre de son frère est un gros problème. Doit-il en parler à Pernaguesh ? Et puis a-t-il vraiment remarqué le collier ? C’est très possible et même presque certain.
La peau à l’entrée de la yourte s’écarte et Pernaguesh entre :
— Tu l’as rapportée ?
Niguish tapote sa besace :
— Elle est là. Mais ça n’a pas été facile.
— Je m’en doute. En attendant, garde-la. Tu as sûrement compris que nous ne pouvons pas la remettre en place pour l’instant. Attendons le départ de Jovaïm, car il pourrait la voir.
— Tu n’aurais jamais dû mentionner ma rencontre avec le frère de Jovaïm. Il ne me connaissait pas, et à ces yeux, je ne suis pas censé revenir de son clan.
— Je sais. Ma langue s’est agitée trop vite. Je le regrette.
— Il doit partir demain ?
— Il ne semble pas que ce soit dans ses intentions. Après-demain peut-être.
Niguish soupire et baisse la tête :
— Moi aussi, il est possible que j’aie commis une erreur.
— De quoi parles-tu ?
— Nous verrons ça au réveil. La situation est délicate. Je dois réfléchir.
— Bien. Que la nuit te porte conseil. À demain, dit le chaman avant de sortir.
L’idole mère en ivoire que Niguish conserve dans sa besace est celle qui leur a été volée par Goaïm, le chaman du clan Bérak lors de son passage avant le dernier hiver. Du moins, c’est ce qu’on supposait avant l’été dernier, avant que des chasseurs de passage, ceux du clan Verloff avec qui l’entente est bonne, ne confirment la présence de l’idole au clan Bérak. Car depuis ce vol, tous les nouveau-nés du clan Serdène meurent. Aucun doute, le clan a perdu la protection de la déesse. La première compagne de Niguish est morte en accouchant ainsi que le bébé. Sa seconde compagne a perdu son enfant quelques jours après la naissance. Niguish, qui n’était pas présent le jour du vol, donc inconnu du clan Bérak, s’était naturellement porté volontaire pour récupérer l’idole. Sachant depuis peu que le campement se situait au bas de la vallée au glacier. Il était donc parti seul avant que l’hiver ne s’installe vraiment, ce qui les mettait un temps à l’abri d’éventuelles représailles. Il lui fallut user de finesse pour se faire héberger par le clan Bérak. Il se présenta sous le nom de Rahanoum, prétextant un voyage vers la plaine des bisons pour rejoindre, dit-il, son clan, les Dashima, établi près du grand lac salé. Une fois dans la place, il repéra l’idole dans la cavité sacrée, la vola et s’enfuit avant l’aube en remontant le glacier. Il avait espéré que le clan le traque dans la direction opposée. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Il avait pourtant tout fait pour ne laisser aucune trace.
Niguish malgré la fatigue a du mal à trouver le sommeil. La présence de Jovaïm ou son départ du campement sont tous deux un gros problème. Pour l’instant, ce dernier ne peut faire le rapprochement entre son retour et la disparition de l’idole, mais ce sera le cas dès son clan retrouvé. En espérant qu’il ne découvre pas les deux cadavres, car il risque de se douter que Niguish, qui vient de passer le col, y est pour quelque chose. Ils sont peu nombreux dans le clan Bérak, mais très vaillants et pourraient vouloir se venger au plus tôt. Sauf si Jovaïm ne rejoint pas les siens. Le clan pourrait imputer la disparition des deux hommes à un accident, au froid de l’hiver ou à une attaque de fauve.
Il doit prendre une décision, mais laquelle ?
***
Le jour est à peine levé que Niguish sort de sa yourte. Il est le seul debout dans le campement. Il ranime le feu avec les quelques braises encore rougeoyantes. À quelques pas, Jovaïm dort sous l’abri qui jouxte celui du chaman comme c’est la tradition lorsque vient à passer un voyageur.
Le ciel blanchit à peine. Dans peu de temps, ce sera le grand jour et tout le clan sera levé. Il sait ce qu’il doit faire avant cela, il y a réfléchi toute la nuit.
Il se lève et va écarter la peau à l’entrée de l’abri. Dans la demi-obscurité, Jovaïm est assis en tailleur comme s’il attendait. Niguish ne voit que ses yeux qui le regardent sans surprise.
— Il me semble que nous avons à parler, murmure Niguish.
— Il me semble aussi.
— Alors, viens. Éloignons-nous pour ne pas éveiller le campement.
Niguish se dirige vers la berge de la rivière. Il s’y arrête et se tourne vers Jovaïm. Celui-ci reste à bonne distance. Il se méfie, c’est évident. Il ne comprend pas trop la démarche de Niguish. Que cherche-t-il ? Il sait néanmoins que le collier est un point important pour l’un comme pour l’autre. Il n’a aucun doute, c’est celui de son frère. Hier devant le chaman, il n’a pas osé poser la question. Pour sa sécurité, mieux valait ne pas provoquer un trouble dans ce clan qui offrait l’hospitalité. D’une certaine manière, il est reconnaissant à Niguish pour cette confrontation en dehors du campement.
— D’où tiens-tu ce collier que tu portes ?
— Il a été confectionné par ma première compagne.
— Ce collier ressemble étrangement à celui de mon frère.
— Il lui ressemble peut-être, mais ce n’est pas le sien.
— Il tient ce collier de notre mère et je sais le reconnaître.
— Ton frère aussi en le voyant à mon cou, avait remarqué la ressemblance.
— Je ne te crois pas.
— Écoute, lorsque tu retrouveras ton frère, tu t’apercevras de ton erreur.
— Tu mens. Tu le lui as volé.
Niguish ricane.
— C’est grave d’accuser un membre du clan qui t’offre l’hospitalité. Ce n’est pas dans les usages.
— Il n’est pas non plus d’usage de mentir face à l’évidence. Je te pose une question à laquelle tu as intérêt de répondre. Qu’est-il arrivé à mon frère pour que son collier se retrouve autour de ton cou ?
— Puisque tu as l’air si sûr de toi, regarde-le de plus près. Tu verras bien à quelques détails que ce n’est pas celui de ton frère.
Jovaïm sort de son pagne un poignard de silex, celui qui lui sert à trancher la viande. Il s’approche et saisit le collier, faisant défiler sous ses doigts les dents et les pierres. Les deux visages sont presque à se toucher. Niguish ne recule pas et reste bien droit. Montrer sa confiance et son assurance. Sous sa pelisse, ses doigts cherchent le poignard glissé dans sa ceinture et se referment sur le manche. Frapper en premier. Jovaïm affiche un petit sourire moqueur et dit les yeux dans ceux de Niguish :
— C’est bien ce que je pensais, tu...
Le poignard lui perfore l’estomac juste sous le cœur avant qu’il n’ait pu terminer sa phrase. Mais Niguish n’a pas le temps d’esquiver le poignard de Jovaïm qui au même instant le frappe à la base du cou. Les deux hommes s’affaissent à genoux, accrochés l’un à l’autre comme deux amants pour une étreinte mortelle, mêlant leurs sangs et leur dernier souffle. De la roche où ils se tenaient, ils basculent dans la rivière qui les emporte.
Désormais, au clan Bérak, on a tout l’hiver pour se préparer à reprendre l’idole. Mais à qui ?
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