QUAND L’INVRAISEMBLABLE SE CONFOND AVEC LA RÉALITÉ

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Surveillant d'externat - conseiller d'éducation au lycée Privé Théophile LEGRAND de Louvroil, ville mitoyenne de Maubeuge, étudiant en théologie à l'Université Catholique de Lille. La  [+]

UFO* POUR DE VRAI !


Cette histoire est vraie, je l’ai vécue !
Les faits qui vont suivre sont véridiques et bien réels. Tout du moins émanent-ils d’une certaine forme de réalité, confinés entre l’invraisemblable et le réel, dans une confusion de mondes jusqu’ici si éloignés l’un de l’autre qu’on aurait bien du mal à imaginer qu’ils puissent se trouver, un jour, un soir, en l’occurrence ici, superposés et confondus en un même lieu et un même instant !


UNE HISTOIRE VRAIE ET POURTANT
SI INVRAISEMBLABLE !


Pour peu que l’on puisse considérer la réalité comme un critère de vérité, considérons et tenons alors pour vrai ce qui va suivre. Car cette histoire est vraie, si incroyable et si invraisemblable puisse-t-elle paraître, je l’ai vécue véritablement... Et que les choses soient réelles ou non, et que ce que l’on en dit ou ce que l’on en pense soit juste ou pas, peu importe : elles ont existé et sont encore aujourd’hui, bien des années après leurs survenances, bien présentes dans mon esprit, intactes dans ma mémoire.
Vous ne pouvez donc plus, et dès à présent, remettre en doute la véracité de mes propos, la réalité même des faits, (même si votre démarche apparaît pourtant bien légitime ) sans prendre le risque de passer à côté d’une bien étrange, mystérieuse et véridique histoire.
Nous aimons tous les histoires, et cela depuis notre plus tendre, notre plus jeune et lointaine enfance. Mais celle que je vais vous raconter maintenant, n’a rien à voir avec tout ce que vous avez entendu et pu imaginer jusqu’à présent. Cette histoire est unique et de surcroit, extraordinaire !
Avant d’entamer par écrit le récit de mon aventure, j’ai dû me résoudre à oublier tout ce que j’avais bien pu lire entendre et voir sur le sujet. Je devais en effet éviter à tous prix que ma mémoire ne fusse « polluée » par toute les informations concernant de près ou de loin cette fameuse nuit de novembre 1990, d’exclure définitivement, consciemment et inconsciemment tout élément étranger et exogène qui aurait pu se glisser de façon volontaire ou non dans mon récit et mes propos. Je ne suis pas le seul à avoir été le témoin de cet étrange phénomène, mais peut être un des rares à avoir pu le contempler d’aussi près... Et jusqu’à aujourd’hui, vous étiez les seuls à l’ignorer...

C’ÉTAIT UN SOIR DE NOVEMBRE

C’était un soir de novembre (non, je ne cherchais pas un raccourci), je me suis retrouvé bien malgré moi devant un phénomène singulier, étonnant et extraordinaire. Lorsque certains soirs ressemblent à ce fameux soir, sous les scintillantes et étincelantes étoiles qui baignent dans l’insondable mystère et profondeur de la nuit, se ravivent et ressurgissent alors tous mes souvenirs. Auparavant, même si le sujet, il est vrai, m’intéressait, mais sans outre mesure, je ne me posais pas, tout du moins avec la même insistance et la même conviction, la question de savoir si je devais croire ou non aux OVNI (objets volants non identifiés) et par résultante directe, à une quelconque vie « extraterrestres ». Ce n’est que depuis cette rencontre fortuite et d’un autre genre, sans doute « du troisième type » que je me demande depuis, après mon aventure, comment pourrais-je ne pas y croire...
Cet épisode de novembre 1990 à véritablement et profondément changé ma conception de l’espace, du cosmos, de la place de l’homme dans l’univers. Comment s’intéresser, entre autre, à Dieu, et de la façon dont on nous incite à le faire depuis plus de deux mille ans dans la chrétienté après ce que j’ai eu l’occasion de vivre ? Le lien entre ce que j’ai aperçu ce soir-là et Dieu n’est pas, à l’heure où j’écris ces lignes, formellement établi, je précise... Il n’existe peut-être, qui sait, aucun rapport entre ces deux mystères, mystères mystérieux qui ont de fortes chances de conserver cet état... Certaines personnes estiment que j’ai eu beaucoup de chance et que ce fut une bien belle opportunité d’avoir pu assister à « ce spectacle paranormal », ils sont si nombreux à rêver de voir en effet un jour ce que j’ai vu ! Observer un objet de ce type est effectivement et indubitablement une formidable occasion pour tous les passionnés comme moi qui, en outre et de surcroît, aiment tout ce qui vole. Au risque de les décevoir et de laisser paraître toute la fausse modestie dont je suis capable, je dois avouer néanmoins ici, que j’étais bien plus tranquille avant toute cette histoire car bien moins préoccupé ! La sempiternelle question demeure : qu’ai-je vu réellement ?! Cette interrogation est, en outre, source d’un grand inconfort intellectuel et d’une grande frustration. Que dire aussi du reflux incessants des questions auxquels je dois faire face : la place de l’homme dans l’univers, sommes-nous seuls, et les « fameux » extraterrestres, s’ils existent vraiment, sont-ils déjà parmi nous ? Aujourd’hui, et je me suis fait avec le temps une raison, je dois vivre avec cette désagréable et inconfortable obsession que je ne saurais sans doute jamais ce que j’ai vu exactement. Ce genre d’expérience, nous renvoie inextricablement à l’inconnu sous toutes ses formes, tout ce que l’on ne sait pas et qui essence même nous inquiète, car l’inconnu, c’est bien connu, nous fait peur... Je ne suis pas un spécialiste des OVNI et de tous les domaines qui s’y rattachent, mais le sujet m’intéresse comme beaucoup de mes contemporains, et à chaque fois que l’opportunité se présente de regarder un reportage télévisé, un article dans les journaux ou tout autre support médiatique, j’avoue le parcourir avec intérêt. Que penser de ce que j’ai observé ?! Hallucination ? Maladie mentale de l’observateur ? Phénomène météorologique ou simple survol d’un nuage de débris d’un 3ème étage de fusée soviétique PROTON comme il a été indiqué quelques jours après dans différents médias. Ce serait alors dans ce cas précis, la puissance lumineuse du phénomène qui l’a fait paraître proche à tous les témoins. Un simple observateur profane comme moi ne peut pas tirer de grandes théories (ni même de plan sur la comète), pas grand-chose, pas même la plus infime des explications malgré toutes les hypothèses officielles ou non... Mais à ce que je sache, si débris de fusée en « décomposition » il y a, une question se pose et s’impose : depuis quand des débris suivent une trajectoire parallèle au sol, au-dessus d’un bâtiment scolaire, à pas même dix mètres du sol, et à une distance observable d’une trentaine de mètres...?!
- « Proton toi-même » !

Aucun phénomène connu ne peut, de près ou de loin, s’apparenter à mon observation et étayer la moindre explication ou interprétation de ma part...
Mais renoncer à comprendre, et c’est un sentiment qui transparait toujours en filagramme dès l’instant qu’on évoque ce phénomène, je m’y suis toujours refusé... Il me manque pourtant tellement d’éléments... Une seule certitude émerge de tout cela néanmoins : je suis persuadé, que si l’apparition de la vie a été possible une fois, qu’est-ce qui pourrait l’empêcher de se développer ailleurs, même sous une forme quelconque ? Ce qui me perturbe dans ce raisonnement, c’est que, technologiquement parlant, cette intelligence «venue d’ailleurs », extraterrestre donc, à plus d’une longueur (sinon plusieurs) d’avance sur notre propre technologie. Ce n’est pas un sentiment très rassurant. J’espère qu’ils sont plus sages que nous...
Mais renoncer à comprendre, ce serait un peu comme arrêter de respirer...

LE TRIANGLE

C’était en semaine, ce soir-là j’ai travaillé un peu plus tard qu’à l’accoutumée. J’avais effectué la sortie des élèves à 17h05, comme toutes les fins de journée de la semaine. Je suis surveillant d’externat dans un lycée du nord de la France (région devenue « les hauts de France en 2016), à Louvroil plus précisément, une ville mitoyenne de Maubeuge, la ville rendue célèbre par la fameuse chanson de Bourvil et de son « clair de lune à Maubeuge ». Mais « tout c’la n’vaut pas » la suite ! La nuit était vite tombée, comme tous les soirs d’automne où le soleil devenu bien frileux se couche tôt. En ce début de soirée, tous les élèves n’étaient pas rentrés directement chez eux, et pour cause, c’était un soir de « réunion parents-professeurs ». Dès la dernière heure de cours, j’avais parcouru, une grande partie du lycée pour y coller les affiches regroupant toutes les informations destinées aux parents afin qu’ils évitent de se perdent et qu’ils trouvent facilement et au plus vite les professeurs que j’avais préalablement installés dans les différentes salles de l’établissement.
Le flot des parents et des élèves était presque ininterrompu, ceux qui arrivaient croisaient ceux qui repartaient, certains étaient plutôt souriants, d’autres un peu moins, et l’humeur des uns ou des autres était certainement fonction et intiment lié, du moins je le présume, aux résultats scolaires de leurs enfants.... Je serrais beaucoup de mains, j’échangeais aussi de belles et profondes paroles ainsi que de gracieuses et réchauffées formules de politesse. Le lycée, à cette époque, venait de construire un nouveau bâtiment, l’atelier de la section bac technologique en électrotechnique, et c’est d’ailleurs dans celui-ci que tout le « staff » de l’établissement avait élu domicile pour un soir et pour la circonstance lors de cette réunion. L’atelier et les classes adjacentes avaient fière allure et nous étions tous très « crânes » de le présenter aux parents.
J’ai fait de nombreux kilomètres à pied ce soir-là. Je n’ai en effet pas compté le nombre de fois où j’ai fait le tour complet du lycée dans un sens ou dans l’autre, et tout cela sous le clair de lune car clair de lune, il y avait bien ce soir-là. La lune n’était pas complète mais je me rappelle parfaitement qu’elle était là, dissimulée la plupart du temps. Je me souviens de ce ciel sombre parsemé de nuages épars poussés par un vent léger. La lune blafarde et spectrale baignait dans un ciel noir souillé dans son bas étage par l’éclairage public de la ville. Mais il faisait franchement noir dès que le regard s’aventurait au-delà de cette limite, c’est à dire au-dessus de cet halo créé par les lumières artificielles.
En traversant une énième fois la cour de récréation, au lieu de me rendre dans le nouvel atelier fraichement construit, j’ai alors bifurqué sur ma gauche cette fois-ci afin de me diriger vers trois salles de classe situées en contre bas de la cour. Les cours se déroulaient dans une bâtisse que l’on appelait « les préfabriqués », car ils portaient bien leur nom. Cet édifice qui ressemblait plus à des cabanes de chantier qu’à des salles de cours, n’a pas perduré bien longtemps par la suite car il était devenu inadapté tant au niveau acoustique qu’au point de vue de l’isolation thermique et surtout vis-à-vis des normes et règles de sécurité qui n’avaient pas cessées de devenir plus restrictives au fil des années pour les locaux qui accueillaient du public! Mais ce vieux bâtiment avait un certain charme, c’était le seul qui permettait en effet aux élèves de suivre plusieurs cours en même temps tant l’isolation phonique était tout sauf performante. C’était aussi le seul bâtiment dans lequel il y faisait pratiquement le temps qu’il y faisait au dehors ! C’était aussi les seules salles de classe où le plancher permettait de savoir autrement qu’avec la propagation du son, si les autres classes étaient occupées tant le plancher ondulant était lui aussi vivant que les langues vivantes qu’on pouvait y enseignait par ailleurs...
Je suis passé devant les vitres de chaque classe afin de m’assurer que tout allait bien. C’est en remontant les quelques marches de l’escalier en béton qui mène dans la cour de récréation que j’ai ressenti une sensation étrange. J’ai eu l’impression que mes oreilles s’étaient bouchées tout à coup, elles bourdonnaient. Puis il y a eu ce profond et inquiétant silence... Je ne sais pas si c’était dû au fait que la cour de récréation s’était vidée tout à coup de toute présence humaine, mais il n’y avait plus un bruit. Pourtant, la circulation automobile et tous les bruits de la ville si proche devaient être audibles comme à l’accoutumée ?! Mais non ! Le silence qui s’était abattu d’un coup était assourdissant. Après coup, cela m’a rappelé le même calme que l’on entend (si je peux dire) les jours de neige, lorsque celle-ci est tombée abondement pendant la nuit et que l’on découvre, toujours émerveillé, cet épais manteau blanc qui recouvre tout. Les bruits sont eux-aussi étouffés, littéralement absorbés. La nature retenait son souffle, elle était en apnée. Cela me faisait la même impression, la neige en moins. Et puis j’ai très vite ressenti cette désagréable sensation d’être observé. Nous avons tous éprouvé au moins une fois dans notre vie ce sentiment diffus, confus et si déplaisant. J’ai alors aperçu sur ma gauche, une élève et ses parents qui sortaient de l’atelier. C’est donc tout naturellement que mon regard fut attiré par cette présence presque rassurante mais pourtant si banale et anodine. Puis j’ai entendu (tiens j’entends à nouveau) ce même élève dire à ses parents en levant le doigt vers le ciel :
- « papa !? Regarde ! Un ovni ?! »
Évidemment, j’ai tout de suite pensé que cet élève, (c’était une élève) que je connaissais bien par ailleurs, était sans doute bien fatigué par une longue et pénible journée scolaire pour avoir ce genre d’hallucinations... Il était temps pour elle de rentrer et de prendre un peu de repos... Mais machinalement, en levant la tête, mon regard s’est porté au-dessus du bâtiment qui jouxte le nouvel atelier. Je n’ai pas remarqué tout de suite les lumières, c’est comme si elles n’étaient pas apparues tout de suite mais qu’elles s’étaient dévoilées à ma vue, comme offertes à mon regard... Pour ceux qui aiment les nuances je vous offre celle-ci... C’est en effet au bout de quelques secondes, comme si mes yeux avaient éprouvé le besoin de s’acclimater à l’obscurité, qu’au sommet du bâtiment, un peu moins éclairé que la cour de récréation elle-même, que j’ai vite compris que ce que je voyais tout à coup n’avait rien d’habituel, et qui plus est de normal. Parfois j’ai du mal à tout comprendre, avec rapidité, mais cette fois-ci, croyez-moi, j’ai été rapide, très rapide même. Je suis resté immobile, comme figé et ceci pendant toute la durée du phénomène et rien n’aurait pu me distraire de mon observation. Combien de temps cela a duré ? Je suis bien incapable de vous le dire mais j’ai la certitude qu’on n’a pas dépassé le cap de la minute...Je scrutais les lumières, pour peu que cela en était d’ailleurs. Était-ce réellement des lumières ? Les couleurs n’étaient pas bien définies et identifiables, il y avait un peu de tout, c’était plus un mélange coloré de plusieurs teintes qui émergeait. Ce n’était pas non plus d’un trou d’où elles sortaient, c’était comme si le ciel lui-même laissait sortir des halos de lumières, et ces lumières, bougeaient légèrement. La lumière s’échappait donc, mais de quoi au juste ? D’habitude, il est plutôt aisé de voir les bords et le pourtour du support d’où la lumière jailli. On remarque en effet aisément le protège lampe d’un réverbère même par temps de brouillard le pourtour d’un phare, d’une lampe de poche, etc... Mais là, non ! On ne distinguait rien. La lumière sortait, c’est tout. Trois « trous » dans le ciel et qui formaient un triangle laissaient donc sortir de la lumière, en fait, des lumières plus précisément. Cette lumière n’était même pas aveuglante, elle était, à peine, un peu éclairante. C’était de la lumière qui n’avait pas pour but d’éclairer, donc ce n’était donc pas des phares ?! C’est Sherlock Holmes qui va être jaloux de tant de déduction... Alors que les « lueurs » avançaient lentement (à la vitesse d’un homme au pas environ), moi je demeurais parfaitement immobile, comme dans l’impossibilité de faire le moindre mouvement. Et d’ailleurs, bouger ? Oui mais pourquoi faire ?!

J’ai regardé plus précisément au milieu du triangle. Je n’ai pas distingué le même paysage et décor que celui qui se trouvait aux alentours de cette forme géométrique. J’avais l’impression de distinguer, de deviner plus précisément, une masse noire. Les points, quant à eux, se déplaçaient à la même vitesse, à l’unisson, ils devaient donc être logiquement liés ?! Allez me chercher Sherlock Holmes ! J’ai alors décidé de balayer l’horizon du regard, et je vous assure qu’il a été difficile de se détourner de cet « objet » ne serait-ce que quelques secondes. J’avais en effet peur de le perdre.

Alors j’ai regardé le spectacle pendant quelques secondes encore. J’ai très vite compris que j’allais perdre de vue très rapidement l’objet volant qui n’allait pas tarder à survoler le nouvel atelier. J’ai longé le mur et je me suis dirigé à l’angle du bâtiment. Mais rien, plus rien, il avait disparu. J’avais beau scruter le ciel de long en large au-dessus de la ville, je devais me résoudre : le triangle avait disparu... Je ne me souviens plus exactement combien de temps suis-je resté seul dans la cour de récréation à réfléchir, tout du moins à essayer de mettre une idée à la suite de l’autre... J’étais il est vrai dans un tel état d’excitation que j’avais toutes les peines du monde à penser, et surtout, à ce moment précis, à savoir ce que je devais faire... Mettez-vous deux secondes à ma place... Je ne sais plus si j’ai croisé parents et élèves juste après. La seule chose dont je me souviens c’est de mettre précipité dans l’atelier afin de raconter mon aventure au directeur et à son adjoint. Perplexes, l’un et l’autre, et en affichant un air circonspect qui aurait non seulement pu être vu à des kilomètres mais aussi jusque dans l’espace (c’est les extraterrestres qui ont dû se marrer) ils m’ont néanmoins écouté plus par politesse que par intérêt. Et puis la phrase est tombée comme la lame d’une guillotine :
- « Tu es fatigué Laurent, je crois que tu peux rentrer chez toi maintenant et profiter d’’un peu de repos ? Allez, à demain...
- Je vous assure que je n’invente rien ! J’ai vu passé un triangle lumineux il y a quelques minutes ! Il a survolé à deux ou trois mètres maximum, et sans aucun bruit, le bâtiment des ateliers de maintenance et a disparu d’un coup ! Je ne suis pas le seul témoin, un élève accompagné de ses parents a lui aussi vu tout cela ! C’est véridique tout ce que je vous raconte...Croyez-moi !

Quand le directeur était agacé, il avait la manie de répéter ses phrases, les mêmes phrases pratiquement mot à mot. C’est ce qu’il fit ce soir-là, et ce n’était certes pas la première fois que j’étais la cause de son agacement, mais c’était une première cette fois-ci, car en dehors du boulot (ou presque) et pour une histoire d’engin volant non identifié.
- « Tu es fatigué Laurent, je crois que tu devrais rentrer chez toi maintenant et te reposer ? Allez, à demain...

Toute discussion étant impossible, je me suis décidé à faire ce que l’on me recommandait de faire bien sagement, et je suis donc parti. J’ai du mal à me souvenir si j’avais dit au revoir à qui que ce soit d’ailleurs, bien trop préoccupé sans doute par ce que je venais de vivre et de constater, et je pensais, au passage, combien il serait difficile de convaincre quiconque sur toute cette histoire « abracadabrantesque ». Tout aurait pu s’arrêter là... Tout aurait pu, oui... Mais non ! J’ai traversé la cour une dernière fois. Qui ai-je croisé ? Impossible à dire. Mon esprit sans doute encore bien trop accaparé par mon triangle, je n’ai vu personne, tout du moins je le suppose, et, aux personnes que j’ai pourtant dû croiser en partant, j’ai du paraître bien impoli, et je le déplore ici, et je m’en excuse. J’ai pris mes affaires dans mon bureau et je suis sorti. À l’époque, j’avais une vieille Renault 18 que j’avais restauré avec l’aide de mon père. C’est lui qui a presque tout fait pour tout vous dire... C’était ma toute première voiture (mon tout premier vaisseau terrestre au cas où, un jour, qui sait, des extraterrestres lisent cet article). On se souvient toujours avec une émotion particulière de sa première voiture (comme de son premier ovni ! Et oui, vingt ans plus tard, « rebelote », mais en plein jour cette fois, mais c’est une autre histoire). Cette voiture n’avait rien de bien particulier, excepté le fait que lorsque je la mettais en route, l’auto radio se mettait lui aussi en route tout seul. À Peine avais-je donc mis le contact et actionné le démarreur, que de suite, la radio (Europe 1, j’étais toujours branché sur Europe 1) s’est mise en marche elle aussi, et là, si vous saviez combien j’étais tout à coup soulagé ! Non pas de constater que ma voiture ou radio fonctionnaient l’une et l’autre parfaitement, mais plus particulièrement par ce que j’entendais sur Europe 1 !
« Nous demandons à tous nos auditeurs qui ont été témoins d’un phénomène dans le Nord de la France et dans le sud de la Belgique de ne plus essayer d’appeler notre station. En effet, vous êtes nombreux à nous signaler depuis le début de soirée des lumières en forme de triangle dans le ciel ce soir aux alentours de 19 heures, mais nous ne pouvons pas répondre à tous nos interlocuteurs. Notre standard est saturé. Merci de nous rappeler demain dans la journée. » C’était à peu près ça sur les ondes, à quelques mots près...
Ouf ! Quel soulagement ! Rendez-vous compte, je n’étais plus le seul « illuminé » de la planète, de France, de la région Nord Pas de Calais (des hauts de France aujourd’hui), de Belgique et de la soirée ! Sur le chemin du retour, je n’ai pas « décollé les oreilles » des hautparleurs de mon auto radio. Les flashs d’infos concernant ces apparitions de lumières étaient ininterrompus. À la sortie du village de Beaufort, sur la route en direction de Wattignies La Victoire, il y a un endroit surélevé d’où on peut embrasser sur une grande distance tout le paysage aux alentours. Mon regard s’est attardé plus particulièrement et machinalement en direction de Maubeuge. Je me suis arrêté quelques instants sur le bord de la route puis j’ai éteints mes phares... Au bout de quelques secondes (interminables) mes yeux se sont enfin acclimatés à la pénombre. J’ai remarqué alors immédiatement des feux de navigation d’un avion de tourisme sans doute. Les vols nocturnes sont plutôt rares et bien peu de pilotes de mon aéroclub de l’époque possédaient la qualification vol de nuit. Que faisait cet appareil en pleine nuit ? C’était plutôt gonflé de leur part mais j’avoue que ça ne m’aurait pas déplu de faire partie de cette expédition ! J’ai appris par la suite en lisant le journal local, que des pilotes avaient empoignées ce soir-là leur courage à deux mains et leur manche à balai pour aller faire un tour dans les airs à la rencontre de cet OVNI. J’ai contemplé le manège de ces flashs dans la sombre nuit maubeugeoise quelques minutes tout en balayant l’horizon à la recherche de toutes lumières suspectes. Excepté les phares des quelques voitures qui sont passées par là, mais au ras du sol et dont j’imagine, que leur chauffeur ont du se demander ce que je pouvais bien foutre là, à cette heure, à regarder le ciel comme pour la toute première fois !? Au bout de quelques minutes, comme tout était normal, dans le ciel comme sur terre, mais un peu moins dans ma tête, je suis remonté, déçu, dans ma voiture. J’aurais tant aimé qu’un vaisseau spatial surgisse tout à coup de nulle part et se pose auprès de ma Renault 18, que son chauffeur (pourquoi pas une jolie extraterrestre tant qu’on y est) qui passait par là eut alors baissé sa vitre, et m’aurait demandé :
-  (Belle machine terrestre ! Vous êtes en panne ? Je peux vous déposer quelque part ?!)
Mais non, rien ! L’autoradio de mon vaisseau terrestre s’est remis en marche en même temps que le moteur s’est mis en route. Les commentaires à la radio n’avaient pas, pour ainsi dire, changés. Les journalistes, comme les spécialistes aéronautiques et ainsi que les ufologues avaient plutôt l’air de tourner en rond, un peu comme le petit avion que j’avais suivi du regard il y a quelques instants. A part moi dans ma voiture, tout cela n’avançait pas beaucoup... Je suis rentré bien décidé à raconter chez moi, ce que je venais de voir.
Je me suis bien évidemment précipité sur mon téléviseur une fois rentré.
Je n’ai pas fermé l’œil cette nuit-là... De toute la nuit...
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